Livres - Science-Fiction

Chroniques des années noires de Kim Stanley Robinson

Titre : Chroniques des années noires

Auteur : Kim Stanley Robinson

Editeur vf : Pocket (imaginaire)

Année de parution vf : 2006 (réédition 2020)

Nombre de pages : 1015

Histoire : Quelle serait l’histoire du monde si l’Europe avait disparu au Moyen Age, ravagée par la peste ? L’Islam et la Chine seraient alors devenues les civilisations dominantes, découvrant l’Amérique, se faisant la guerre, inventant le chemin de fer et l’atome, cherchant à l’emporter, à imposer la foi de Mahomet, Bouddha ou Confucius. A travers les destins de trois personnages, Kim Stanley Robinson dépeint de façon étonnamment réaliste sept cents ans de l’histoire d’un univers foisonnant, où les aventures individuelles se mêlent à la trame historique, et se répondent à travers les siècles et les continents. Une uchronie époustouflante par l’auteur de la trilogie martienne.

Mon avis :

Je tiens d’abord à remercier Pocket (imaginaire) pour leur confiance et cet envoi.

J’ai découvert Kim Stanley Robinson il y a longtemps avec sa Trilogie martienne, que je n’ai malheureusement jamais terminée. C’est d’ailleurs à mon programme de la reprendre. En gardant tout de même le souvenir d’un récit solide et sérieux, j’étais curieuse de voir ce que pourrait donner entre ses mains la réécriture de notre Histoire sur plus de 700 ans sous le prisme d’une uchronie.

Il faut d’abord dire que Chroniques des années noires est un beau bébé de plus de 1000 pages qui porte très bien son nom. Nous sommes définitivement en présence d’un roman qui ne se lit pas comme n’importe qu’elle aventure romancée. Ici, nous sommes vraiment dans un format de chroniques qui prendra tout son sens au fil de la lecture. Celle-ci se découpe en 10 parties distinctes et en même temps liées les unes avec les autres, qui embarquent le lecteur dans une réécriture de 700 ans de notre histoire après un tournant majeur : la disparition des chrétiens d’Occident après une terrible épidémie de peste.

J’ai beaucoup aimé les idées qui sous-tendent le récit de l’auteur. C’est original et pertinent de sa part d’imaginer toute l’histoire de notre monde comme si l’homme blanc avait disparu et laissé le leadership à la fois aux Musulmans et aux Chinois. Cela donne une toute autre vision des événements qu’on a pu connaître, des relations qui sont nées et des inventions qui ont été faites. De plus, Kim Stanley Robinson propose une relecture très sérieuse et parfaitement crédible de cette nouvelle dynamique en choisissant des moments et éléments clés de notre Histoire et/ou culture. Cela laisse vraiment songeur. Ajoutez à cela qu’il parsème son récit de réflexions assez bien senties sur la religion, la philosophie, les rapports aux pouvoirs ou encore la géopolitique et vous aurez une lecture vraiment enrichissante.

Là où le bas blesse, c’est plutôt du côté du format, du moins pour moi. Le fait de proposer son récit sous forme de chroniques a occasionné un récit que j’ai trouvé froid et impersonnel. Alors même qu’il proposait l’idée de suivre un couple d’individus au fil de leurs réincarnations, je n’ai à aucun moment senti d’attachement pour eux et j’ai en permanence eux le sentiment d’être extérieure au récit. Pour moi, cela manquait vraiment d’immersion. J’aurais aimé vivre les grands moments relatés de l’intérieur et non à posteriori à travers des récits rapportés comme ce fut bien trop souvent le cas. Les seuls chapitres où je n’ai pas ressenti cela, furent le tout premier où j’avais l’impression de me retrouver dans une version revisitée du Bouddha de Tezuka, récit d’aventure passionnant et plein de belles réflexions sur la vie et l’humanité, ainsi que celui de la découverte des Amériques, mon préféré de l’ensemble de ces 1000 pages.

Alors oui, le concept est original. L’idée de découvrir notre histoire revue et corrigée, avec une double domination chinoise et musulmane et une opposition, ainsi qu’une forme de syncrétisme entre eux parfois, est passionnant. Mais la forme choisit pour le raconter ne m’a pas embarquée et ma lecture fut assez compliquée à plusieurs reprise. L’envie de sauter des passages se faisant grandissante au fur et à mesure où j’avais l’impression que les paragraphes n’apportaient pas tous quelque chose au concept. Le style de l’auteur n’est pourtant pas en faute. Il a une plume fluide et facile à lire, qui fait qu’on tourne les pages sans déplaisir. C’est surtout le manque de personnage auquel me raccrocher qui m’a freinée, je pense.

J’aurais aimé parler de coup de coeur parce que l’idée me plaisait énormément, malheureusement je ne peux pas. Il y a pourtant de très beaux passages au milieu de toutes ces pages, mais la narration fut trop décousue pour moi. Je crois vraiment que le format « chronique » ne me convient pas.

(Merci à Pocket imaginaire pour cette lecture.)

9 commentaires sur “Chroniques des années noires de Kim Stanley Robinson

  1. Je n’ai pas encore lu beaucoup d’uchronies mais je trouve très intéressante l’idée de modifier l’Histoire. Sur 70p ans, c’est ambitieux !
    Pour le format, j’ai l’impression que j’ai eu le même problème avec l’uchronie Civilizations de Laurent Binet qui n’apporte pas beaucoup d’émotions à son récit mais relate seulement les faits de son histoires à partir de plusieurs parties.

    Aimé par 1 personne

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