Livres - Fantasy / Fantastique

La Neuvième Maison de Leigh Bardugo

Titre : La Neuvième Maison (Alex Stern, tome 1)

Auteur : Leigh Bardugo

Editeur vf : De Saxus

Année de parution vf : 2020

Nombre de pages : 525

Histoire : Alex  » Galaxy  » Stern a vécu une adolescence chaotique. Élevée à Los Angeles par une mère hippie, elle a abandonné l’école très jeune pour se retrouver dans un monde sombre, violent et sans avenir.
À 20 ans, elle est la seule survivante d’un horrible massacre inexpliqué, et c’est sur son lit d’hôpital qu’elle se voit offrir une seconde chance : rejoindre la prestigieuse université Yale en intégrant la maison Léthé. Cette entité, appelée La Neuvième Maison, surveille les huit sociétés secrètes de Yale ; ces dernières forment les futurs décideurs ainsi que les personnes influentes et pratiquent la magie sous différentes formes, bien souvent sinistres et dangereuses.
Alex a été choisie, car elle possède un pouvoir rare et mystérieux : elle peut voir les fantômes. Alors que son mentor a disparu, elle va devoir enquêter sur le meurtre d’une jeune fille. Ce qu’elle va découvrir va bien au-delà de l’horreur…

Mon avis :

Je remercie Saiwhisper qui m’a accompagnée tout au long de cette lecture pas si facile ^^!

Je suis une inconditionnelle de Leigh Bardugo et de son Grishaverse. J’ai lu et adoré chaque des tomes composant les trois sagas de cet univers et donc quand j’ai appris qu’elle relevait le défi de sortir du Young Adult pour proposer un roman à destination des adultes, j’ai eu très envie de le découvrir. J’ai embarqué l’amie Saiwhisper dans l’aventure, qui avait elle aussi aimé le Grishaverse, mais force est de constater que nous avons toutes les deux vite déchanté…

Je le dis et le répète ici en préambule avant d’aborder tout ce que je n’ai pas aimé dans cette lecture… J’aime beaucoup la plume de Leigh Bardugo que je trouve simple et poétique à la fois, avec une maturité et une noirceur qui résonnent en moi. Ce n’est donc aucunement ce que je remets en cause ici, je pensais d’ailleurs dans les premières pages retrouver le même plaisir que celui ressenti lors de ma lecture de King of Scars qui démarrait tout aussi lentement, mais ce ne fut jamais le cas malheureusement car trop de points négatifs sont venus nuire à ma lecture.

Avec La Neuvième Maison, l’autrice ou du moins ses éditeurs vo et vf disent qu’elle cherche désormais à viser un public adulte différent donc de celui pour lequel elle avait écrit le Grishaverse, laissez-moi être plus que sceptique. Je n’ai pas eu le sentiment, du tout, de lire ici un roman « pour adultes ». Malgré sa noirceur et son contenu à ne pas mettre entre toutes les mains (violence, sexe, drogue, violence sexuelle, langage grossier, descriptions explicites de blessures), il reste pour moi totalement dans la veine d’autres titres et séries TV à destination des adolescents et des jeunes adultes. Bref, ça reste du Y.A. Première déception.

En voyant que l’histoire se déroulait sur un campus comme celui de Yale et que l’autrice allait traiter des sociétés secrètes de celle-ci sous un angle fantastique, j’étais ravie. C’est d’ailleurs le gros point fort du titre car elle a su développer un univers complexe, sombre, intrigant, régi par de multiples règles avec une vraie histoire ou plutôt mythologie. C’est vraiment top. Le hic ? C’est qu’ensuite toutes les aventures qui tournent autour de ce parti pris ont déjà été vues et revues aussi bien dans des sagas de Fantasy urbaine (ou bit-lit) plus anciennes – coucou Charley Davidson et autres Buffy 😉 – que dans des séries télés pour ado – n’est-ce pas Veronica Mars ? -. Du coup, forcément c’est très vite tombé à plat pour moi et plusieurs éléments qui auraient dû être des surprises ou des temps forts ne le furent pas. Si vous n’avez jamais lu, ou presque pas de Fantasy urbaine, vous pourrez peut-être trouver chouette les pouvoirs de l’héroïne qui peut communiquer avec les fantômes. Vous trouverez peut-être sa double quête de vérité sur le meurtre d’une étudiante et sur la disparition de son mentor intéressante. Mais pour quelqu’un qui aime la Fantasy urbaine, comme moi (et encore je suis loin d’être une spécialiste), il n’y a vraiment rien de révolutionnaire contrairement à ce qui était annoncé…

C’est vraiment dommage parce que j’ai trouvé très intéressant d’évoquer, sous un prisme fantastique qui plus est, les dérives des sociétés universitaires avec notamment la question des violences faites aux femmes qui sont souvent passées sous silence. C’était vraiment central ici et il faut dénoncer ce genre de choses. Mais l’autrice insiste tellement qu’elle en fait peut-être un peu trop. L’héroïne et ses amis ne croisent pas un type qui ne soit pas un gros dégueulasse. J’exagère à peine…

Pour ne rien arranger, il y a un vrai problème de rythme dans le récit. Celui-ci ne décolle jamais. Tout est plat, long, lent, avec presque pas d’action et même celle-ci n’emballe pas vraiment le lecteur. Tout est censé s’accélérer dans les 50 dernières pages mais on le ressent à peine tant on est englués dans la mélasse ambiante du récit et de l’ambiance. C’est très très mou et pas du tout vivant.

Cette absence de vie se ressent également dans les personnages qui ne tissent pas vraiment de relations entre eux. Ils vivent leur vie, se rejoignent parfois lorsque l’aventure le rend nécessaire, mais rien ne les lie vraiment en profondeur. D’ailleurs, il n’y a aucun humour dans ce titre et quand l’autrice s’y essaie c’est juste sombre et glauque. Cela m’a vraiment gênée et empêchée de ressentir un véritable attachement aux personnages. Pourtant, celui d’Alex aurait pu être intéressant avec toutes les merdes qu’elle a vécu. D’ailleurs le récit de son passé est l’un des rares moments à m’avoir vraiment passionnée. J’ai également été intéressée par le lien qu’elle semble entretenir avec son mentor mais comme on ne nous sert que des bribes à droite à gauche là-dessus, il est très dur de se prononcer.

Cela m’amène à un autre point gênant : la narration. L’autrice joue sur les temporalités. Un coup, c’est Alex qui nous narre son enquête dans le présent, un coup c’est Darlington, son mentor, qui fait le récit de leur rencontre et premiers temps ensemble dans le passé. Cela aurait pu être sympa, sauf que l’on passe de l’un à l’autre sans trop prévenir et sans que cela fasse sens parfois. Alors autant, j’ai aimé ce choix pour apprendre à connaitre l’un et l’autre, autant du point de vue du récit, cela l’a plutôt desservi…

On pourrait croire en me lisant que j’ai vraiment passé un mauvais moment, cela n’a pas été jusque là. C’est juste qu’adorant l’autrice avec son Grishaverse, je m’attendais à ressentir les mêmes émotions fortes et vives, la même noirceur qui prend aux tripes, la même envie de suivre vaille que vaille les héros, juste dans une aventure plus mature, et ce ne fut pas le cas. Il ne suffit pas pour moi de parler de viol et de violence pour faire d’un texte un texte pour adulte, il faut plus que ça, une maturité de ton et de style qui est absente ici.

Mais je vais quand même conclure par ce que j’ai trouvé de positif dans le premier tome de cette duologie. J’ai tout d’abord adoré partagé mes impressions avec Saiwhisper qui m’a aidée à mettre le doigts sur pas mal de choses. J’ai ensuite apprécié de plonger dans de la Fantasy urbaine, même si j’ai déjà lu mieux dans le genre. Le cadre de Yale et des sociétés secrètes est très intéressant et prometteurs. On navigue vraiment dans tout le campus et on se frotte à toutes sortes de magies. Les toutes dernières pages ont le mérite d’essayer de nous surprendre et je n’ai pas vu arriver une certaine révélation. Ayant été quand même plutôt séduite par le personnage de gentleman de Darlington et me demandant ce qu’il en est vraiment de sa relation avec Alex, je poursuivrai probablement avec le tome 2, mais peut-être pas dans la belle et onéreuse édition vf de De Saxus, qui elle, par contre, m’a vraiment séduite par sa qualité.

Bilan : Je préfère largement me tenir au Grishaverse et je ne pense pas que Leigh Bardugo devrait se lancer dans la Fantasy urbaine ><

31 commentaires sur “La Neuvième Maison de Leigh Bardugo

  1. Je te remercie pour cette chouette lecture commune malgré le contenu pas à notre goût. Comme toi, j’ai du mal à cerner le public : d’un côté on est dans une ambiance New adult avec la fac et de l’autre les thèmes sont sombres et matures… Je n’ai pas pensé parler des dérives des sociétés universitaires, mais tu as parfaitement raison !
    Comme tu sais, je te rejoins sur bien des points ! Et je suis rassurée d’avoir pu échanger avec toi tout au long de la lecture afin de cerner les forces, les faiblesses et les incompréhensions (ex : temporalité) de ce T1. Tu restes plus positive que moi.^^
    Finalement, en lisant ton avis, tu pointes du doigt un élément que je n’avais pas saisi : tu compares le début de ce titre à KIng of scars, pointant ainsi leur lente mise en place… Or, c’est le seul titre du grishaverse que je n’ai pas apprécié. :s Serais-je dans une phase où il faut qu’un titre bouge dès le début ou me happe d’une façon ou d’une autre ?

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    1. Oui, c’était super chouette de pouvoir échanger comme ça. Ça m’a permis de mieux développer mes impressions.
      Après concernant le New Adult, j’avoue que parfois je vois peu la différence avec le Young Adult, ça reste des titres qui ne sont pas encore pour les adultes pour moi, mais je suis peut-être sévère ><

      Effectivement pour ce qui est des mises en place lentes, parfois on est dans le mood et parfois non. Peut-être que tu as besoin que ce soit plus accrocheur. Comme je l'ai dit à d'autres, certains éléments sont inattaquables pour moi, autant là, on est vraiment dans du ressenti perso 😉

      Maintenant, je vais aller te lire pour voir en quoi tu as été plus terrible xD

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      1. Idem ! ^^ On a une meilleure vision d’ensemble / analyse à échanger comme ça.

        Pour moi, la différence entre le new et young adult est le contenu sexuel/violent. Le new se permettra davantage un contenu mature. Notamment en romance par exemple.

        Oui, tu as raison : il y a de bons éléments et d’autres moins. Après, c’est du feeling !

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  2. Oh j’ai un peu peur moi qui adore le grishaverse et cette autrice comme toi. J’ai lu tous ses livres traduits sauf celui-là. Mais comme je n’ai que très peu lu de fantasy urbaine peut-être que ça le fera plus avec moi. J’espère 🤞 même si le manque de rythme risque de ne pas m’aider…

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  3. Pas fameux tout ça 😅 Je retrouve des arguments que j’ai déjà pu lire dans d’autres avis donc ça le fait vraiment peur. Leigh Bardugo a voulu s’essayer à la littérature adulte et ça n’a pas l’air d’avoir marché. En plus, je connais bien les références de fantasy urbaines et les séries que tu cites, donc je ne risque pas detre très surprise par ce livre…

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  4. J’ai lu vos deux chroniques et je ne pense pas lire ce roman, en tout cas pas tout de suite. Sombre et glauque, pourquoi pas, mais je trouve tout ça dans les thrillers. Je ne sais pas si j’ai envie de trouver ça dans un roman YA. Je verrais bien, si je tombe dessus et que l’envie me prend – au moins me voilà prévenue ! Je savais qu’il était sombre, qu’il y avait des scènes gores, mais j’aurais pas pensé à ce point.

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      1. Ah oui, si elle le classe en adulte, c’est plus courant comme lecture ! Comme j’entends parler de cette autrice surtout pour ses romans YA, j’ai tendance à l’associer à cette catégorie – ce qui est un peu stupide, quand même ^^’ Mais oui, il faudra être d’humeur parce que drogue et viol au programme… 😱

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  5. Du coup, je me demande si tu aurais un peu plus apprécié ce texte sans son classement en adulte et sans n’avoir jamais rien lu de l’autrice…
    Quoi qu’il en soit, je trouve intéressant ton avis qui met en avant deux points que je n’ai jamais trouvés ailleurs : le fait qu’on reste dans du YA et pas dans de l’adulte contrairement à que l’autrice et la ME n’ont eu de cesse de rappeler, et que l’histoire en soi n’a rien d’original.
    Je garde le titre en tête parce qu’écrit par Leigh Bardugo, mais ce n’est clairement pas une priorité, préférant m’attaquer à une valeur sûre, Six of crows.

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      1. Je partage parfaitement ton avis là-dessus, c’est pour ça que je trouve inutile de rajouter cette catégorie éditoriale du New Adult dont certains parlent ici.
        C’était quand même plus simple autrefois, y a jeunesse et adulte, point xD

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  6. Je n’ai encore jamais lu de livre de cette autrice et ce roman me tentait bien. J’avoue que ton avis a un peu nuancé les chose ! Cela dit, je préfère autant savoir à quoi m’attendre donc merci pour cet avis sincère 🙂 Et peut-être que je tenterai malgré tout l’expérience !

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