Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Blue Period de Tsubasa Yamaguchi

Titre : Blue Period

Auteur : Tsubasa Yamaguchi

Traduction : Nathalie Lejeune

Éditeur vf : Pika (seinen)

Années de parution vf : Depuis 2021

Nombre de tomes vf : 10 (en cours)

Histoire : Yatora est un lycéen banal qui n’a pas vraiment d’ambition. Un jour, il aperçoit par hasard le tableau peint par une camarade de classe en cours d’arts plastiques : un événement qui va bouleverser sa vie et le projeter dans des sphères où il n’aurait jamais pensé entrer !

Mes avis :

Tome 1

Avec ma sensibilité pour tout ce qui a trait à l’art, j’attendais avec impatience de découvrir Blue Period, le dernier seinen de Pika, qui a été vendu à grand renfort de pub à ce sujet. J’en avais entendu le plus grand bien, je m’attendais donc à être soufflée. Mais si j’ai beaucoup aimé ma lecture, ce ne fut pas un coup de coeur.

Tsubasa Yamaguchi est une jeune autrice de manga qui s’est fait connaitre dans les années 2010. Blue Period est son premier gros succès, toujours en cours au Japon avec 9 tomes à ce jour. Le titre publié dans Afternoon, un magazine dont j’aime la qualité des seinens qui y sont proposés, a déjà remporté de très beaux pris avec le Prix manga Taishô en 2020 et le Prix du manga Kôdansha en 2020 également, sans parler de sa sélection pour le Prix culturel Osamu Tezuka la même année. C’est plutôt gage de qualité.

Dans ce seinen aux couvertures qui claquent et attrapent l’oeil d’emblée, il est question d’un jeune ado japonais typique, qui vivote un peu dans la vie, cherchant à avoir des bonnes notes pour faire plaisir à ses parents et pouvoir entrer dans une fac publique puisqu’ils ne pourront pas lui payer autre chose. Yatora, de son petit nom, aime passer du temps avec ses amis et étudier, mais au final, il n’a aucune passion dans la vie. Jusqu’au jour où il tombe littéralement nez à nez avec le tableau de Mori, élève du club d’art du lycée. Il reste alors figé sur place comme frappé par la foudre.

Blue Period est ainsi le récit d’une rencontre, celle d’un jeune lycéen qui s’ennuie avec ce qui va devenir sa passion. Souvent, dans les mangas abordant ce genre de thème, on est frappé pour la force de cette passion, mais ici ce n’est pas le cas. L’autrice a décidé de nous décrire un cheminement plus long. Si on y perd en force d’attraction primaire, on y gagne en réalisme. J’ai été un brin déçu à cause de la première raison, mais la seconde m’a séduite, alors je suis partagée.

De plus, la mangaka fait le choix de mettre en scène un héros qui n’est pas forcément attachant au premier abord. Yatora est un ado lambda avec tous les défauts que ça implique. Il est superficiel au début, assez pédant vis-à-vis des autres, et a des réflexions sur la vie digne d’un ado de son âge, ce qui peut agacer. C’est dans sa découverte de cette future passion qu’il devient intéressant et gagne de l’épaisseur tout comme son trait. On découvre alors un garçon peu sûr de lui, qui veut avant tout faire plaisir mais qui n’est pas si bien que ça dans ses baskets. On est touché par sa fragilité quand on le voit si flatté des compliments qu’il reçoit sur quelque chose qui vient vraiment de lui. Mais surtout on assiste déjà à une lente évolution vers un personnage plus mature et nuancé qu’au début, qui risque de moins porter de jugement à l’emporte pièce. C’est bien vu.

Autour de lui, nous retrouvons la figure classique de la prof, figure d’autorité dont les longs discours explicatifs sur l’art m’ont souvent semblé un peu lourd et indigeste, mais qui a le don pour frapper juste et savoir tirer les élèves vers le haut en s’adaptant à celui en face d’elle. Il y a également la « madone », figure que l’on retrouve parfois dans les shonens et seinens et qui revêt toujours la même douceur et autorité. Mori est parfaite dans ce rôle et j’espère qu’elle ne va pas nous quitter trop tôt. Il y a bien sûr, le trublion, représenté ici par le pétillant Yuka ou Ryûji, c’est selon, qui aime se travestir. J’espère que ce ne sera pas seulement un élément comique et qu’il y aura un vrai développement autour de l’attitude qu’il adopte, parce que si c’est juste pour nous montrer que certains artistes ont une personnalité haute en couleur, je serai déçue. Enfin, apparait dans les dernières pages le rival, celui qui motivera le héros à s’améliorer, je pense, un jeune génie assez impressionnant mais un peu archétypal, lui aussi, dans sa froideur maladroite. On a donc un joli panel de personnages secondaires pour graviter autour du héros et peut-être former une jolie bande autour de lui.

Le titre se lit très facilement. Les chapitres s’enchaînent rapidement et il y a déjà une belle évolution dans ce premier tome, de la rencontre du héros avec l’art, à son intégration au club d’art, en passant par son entraînement ou ses décisions d’orientation et ses questionnements personnels. La narration est assez dynamiques si on occulte ces passages un peu trop denses où on nous explique comment fonctionne telle ou telle technique. Il y a un vrai sentiment d’allant et de stimulation saine entre les personnages. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le dernier ressort scénaristique à ce sujet même s’il est fort classique. On sent que l’autrice utilise des dynamiques déjà éculées mais parfaites pour insuffler encore plus de vie dans son titre.

Elle interroge de plus sur des questions centrales telles que l’orientation très tôt finalement des jeunes qui sont encore en recherche d’une identité, sur la place de l’art dans la vie : passion ou possible carrière. Elle interroge sur la question des apparences mais aussi sur nos relations aux autres. Enfin, elle questionne sur notre rapport à l’art, comment on le perçoit, comment il peut nous chambouler ou pas, comment c’est plus un pan de celui-ci qui nous parle qu’un autre, etc. C’est très riche et ce sont vraiment les parties qui m’ont fait vibrer et que je souhaite voir développer par la suite.

Du côté des dessins, je suis globalement restée sur ma faim. J’ai beaucoup aimé le choix, dans ce projet, de faire intervenir un grand nombre d’assistants pour qu’ils dessinent pour de vrais les oeuvres réalisées par chacun des personnages croisés. Le choix d’attribuer un plus un assistant à un personnage ou à un type de production me plaît. En revanche en dehors de ces moments-là, je n’ai pas été frappée par les dessins ou les compositions de la mangaka principale : Tsubasa Yamaguchi. Elle a au contraire un trait, certes de qualité, mais tout à fait banal dans la production seinen actuelle sans rien qui la démarque vraiment. C’est beau mais assez lisse. Les seuls moments qui se démarquent pour moi sont ceux où son personnage principal « plonge » dans les paysages qu’il souhaite représenter, là vraiment ça frappe. Mais pour le reste, c’est très banal et il y a bien d’autres mangakas qui se démarquent plus. Alors, je suis un peu déçue de voir dans un titre sur l’art une autrice qui ne se démarque pas vraiment.

Le premier tome de Blue Period est ainsi une belle mise en bouche, appétissante et prometteuse mais à laquelle il manque encore un peu de corps et de densité. Nous sommes pour le moment avec quelque chose d’assez lisse en dehors de quelques rares moments de fulgurances. Je m’attendais à être plus frappée aussi bien du point de vue de l’histoire – j’ai été plus soufflée par la passion de Dai pour la saxo ou de Mori pour l’escalade lors des premiers tomes de Blue Giant et d’Ascension par exemple – que des dessins, mais sûrement que j’en attendais trop ^^! Cela reste tout de même un très bon début et j’ai vraiment envie de suivre la suite des aventures de Yatora et sa découverte de l’univers de l’Art.

Tome 2

Avec un deuxième tome qui commence à corriger les défauts que j’avais perçus dans ses débuts, Blue Period commence à s’affirmer comme une série solide.

Je n’avais pas ressenti le même engouement que la majorité lors de ma lecture du premier tome. Je trouvais la narration assez maladroite dans sa volonté didactique, j’avais du mal à apprécier à ce héros au caractère peu attachant et on n’était pas encore entré assez pleinement dans l’art avec un grand A pour que je vibre de passion comme l’auteur l’aurait voulu.

Cependant les choses évoluent bien dans ce deuxième tome. Tout en poursuivant l’objectif qu’il s’était fixé l’auteur m’a plus embarqué dans son histoire. J’ai beaucoup suivre les différents obstacles qui se mettent sur la route de Yatora et qui le rendent de plus en plus humain, loin de cette figure hautaine détachée des débuts. Si on continue à apprendre des choses sur l’art et son fonctionnement, c’est mieux intégré au récit et donc moins lourd à lire. Il y a vraiment des progrès.

L’auteur mélange bien les interrogations très personnelles du héros sur son devenir et celles encore plus intérieures sur sa perception de ce qu’est l’art. J’ai beaucoup aimé les deux. J’ai éprouvé un vrai sentiment de réalisme dans la façon dont les premiers chapitres traitent de l’orientation de Yatora. Je comprends la réticence première ou plutôt l’inquiétude de ses parents, enfin de sa mère, qui voit bien la précarité de cette démarche. Alors la façon que trouve Yatora pour la rassurer et la convaincre est très belle (même si peut-être un peu facile).

Dans cet épisode et les suivants, j’ai trouvé très pertinent de le voir s’interroger sur les raisons qui l’ont poussé 1/ à se lancer dans l’art avec un tel acharnement 2/ à choisir cette école en particulier. On découvre ainsi un héros moins sûr de lui, plus hésitant et donc plus humain. C’était ce qui lui manquait un peu avant, je trouve. Le voir galérer dans sa compréhension de lui-même, de l’art et de son art, apporte une nouvelle dimension très riche au récit.

L’environnement dans lequel il va évoluer dans ce tome participe aussi à révolutionner mon avis sur ce personnage. En effet, j’ai trouvé la partie se déroulant entre les murs du lycée un peu trop rapide et facile. Ici, à l’inverse on rentre vraiment dans le dur. Le héros n’est pas le génie auquel on pouvait s’attendre, ses amis non plus. Tous ont leurs difficultés et leur façon de voir la vie et l’art. Leurs motivations sont aussi différentes que leurs perceptions et leurs techniques. Leur professeure met très bien cela en avant mais sans que cela soit pompeux cette fois. On est plus frappé par le travail de réflexion sur la composition, la création artistique et la compréhension profonde d’une oeuvre et non juste sa reproduction. L’auteur approfondit vraiment sa réflexion sur l’art et sur ce qui rend une oeuvre unique au point que le spectateur s’arrête dessus.

Tout cela se passe dans un nouveau cadre, celui de l’école préparatoire où la rencontre d’autres artistes participe à donner une nouvelle épaisseur au titre. Les figures croisées sont toutes haute en couleur. Il y a une bonne dynamique dans le groupe qui se forme autour de Yatora. Cependant sous des dehors bon enfant, on est vraiment à fond dans l’image des artistes torturés : qui à cause de sa vision extrême de l’art, qui à cause de la réputation de sa famille, ou encore qui à cause de son orientation sexuelle et de son genre.

Ainsi même si je ne vibre pas encore comme lors de mes lectures de Blue Giant par exemple où l’on perçoit mieux la passion du héros (pour la musique dans ce cas-là), avec ce deuxième tome Tsubasa Yamaguchi me convainc bien plus. Il fait prendre un virage plus sérieux et encore plus réflexif à son héros qui me plaît beaucoup. L’habillage de l’histoire est également plus maîtrisé, notamment dans la narration et dans la construction des personnages. Je reste juste un poil déçu par les dessins du mangaka qui ne sont pas encore à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre d’un tel titre avec notamment des problèmes de proportions anormaux pour moi.

Tome 3

Malgré un côté graphique que je persiste à trouver dans l’ensemble décevant pour un tel titre où j’aurais préféré un trait plus marquant et affirmé comme celui de Kaori Mori, Shin’ichi Sakamoto ou Hiroaki Samura, par exemple, le titre continue son bonhomme de chemin avec bonheur et offre un volume aux réflexions très intéressantes et pertinentes.

L’autrice continue à beaucoup se focaliser sur son héros et sa découverte du monde de l’art. Celui-ci s’enferme dans une bulle pour tenter de comprendre comment mettre ses idées en image ce qui n’a rien de facile. On suit ainsi tout son cheminement intellectuel et artistique pour arriver à y parvenir et c’est passionnant. Les différentes étapes illustrent toutes la difficulté de ce moment dans la vie d’un artiste, car Yatora pour l’instant, même s’il en a parfois la sensibilité, n’en est pas encore tout à fait un. Il lui manque l’expérience pour dépasser le premier stade où il est encore.

C’est passionnant de le voir tâtonner, essayer, tester, expérimenter et surtout écouter les conseils des autres pour enfin briser un certain mur du son artistique. Cependant l’autrice n’en fait pas alors de suite un grand artiste, non. Elle montre que même si parfois on parvient à trouver la brèche, ce n’est pas définitif et que parfois on peut à nouveau se perdre. C’est une image très juste et subtile de l’artiste qu’elle élabore pas à pas.

Il y a ainsi de moins en moins d’explications lourdes pour nous expliquer de quoi il en ressort. On voit plutôt les personnages en action et ce n’est pas plus mal. Par exemple, j’ai beaucoup aimé voir Yatora expérimenter toutes sortes d’outils et se lancer dans une immense toile 100F.

La contre-partie de tout ça, c’est que le récit est très très centré sur lui et que les autres personnages ne passent qu’en coup de vent. Alors oui, il y a bien le mythe de l’artiste et du héros solitaire, mais les interactions avec les autres artistes déjà rencontrés m’ont quand même manquées. On n’en a qu’une portion congrue…

Pour ce qui est du dessin que je critiquais plus haut, je persiste à ne pas le trouver à la hauteur la plupart du temps SAUF lorsque le héros a un trait de génie. Il se transcende alors avec lui, connaît un coup d’accélérateur et devient d’une grande intensité. Alors je me demande de plus en plus si ce n’est quand même pas un peu voulu par la mangaka d’en garder sous la semelle pour mieux nous impressionner à ces moments clés. Parce que vraiment, quand Yatora se réveille face à sa toile 100 F, c’est magique et vraiment intense. Cet enchaînement de 7 pages est vraiment percutant !

Je trouve ainsi que la série gagne vraiment en maturité et en consistance. J’aime de plus en plus suivre l’évolution du héros et son entrée dans le monde de l’art. Le focus sur la transcription des idées en toile était passionnant dans ce tome. J’ai adoré voir le héros expérimenter outils, medium, format, cadrage, ton, intension… Et malgré ses petits défauts et manques que je ressens parfois, cela reste un très joli titre finalement qui fait un beau portrait des artistes.

Tome 4

Malgré un petit décalage dans les couvertures, où la mise en avant des personnages ne correspond pas forcément à celle vécu à la lecture du tome, je trouve cette série sur le monde des écoles d’art toujours aussi percutante à lire.

Tome centré sur le concours qui est se rapproche, se rapproche, jusqu’à être imminent, celui-ci est vraiment un élément perturbateur de haut vol. Notre héros, Yatora, sous ses airs de fier à bras est en fait un grand stressé et nous allons le découvrir dans ce tome, aux côtés de Maki Kuwana, première de la classe, qui elle aussi subit la pression du concours.

Un concours n’est jamais une mince affaire, encore plus dans un pays comme le Japon, où il est vraiment le sésame de tout et où on est considéré comme des moins que rien quand on le rate. La pression est donc très forte. L’auteur nous le montre avec deux personnages qui ont un rapport très différent à ce qu’ils sont en train de faire mais qui se rejoignent sur ce point.

Maki est issue d’une famille où ils sont tous passés par Geidai, mais en plus sa soeur aînée fut classée première au concours d’entrée et pour Maki qui s’est toujours comparée à elle, c’est une pression supplémentaire. J’ai beaucoup aimé la façon nonchalante mais profonde dont est montré ce personnage, qu’on pourrait croire ayant la vie facile, mais pour qui ce n’est pas le cas. Cette comparaison qu’elle s’impose avec sa soeur est triste et difficile à vivre. Ce sera sa plus grande faiblesse, celle qu’elle devra vaincre. Et malgré tout, elle pense aux autres l’air de rien, ce qui en fait vraiment une belle personne.

Avec Yatora, c’est un peu plus brouillon, je dois dire. L’auteur part un peu dans tous les sens, comme son héros chien fou. Il s’enflamme pour plein de sujets, de thème autour de ce personnage, ce qui rend parfois le propos peu clair. Mais ici, en se recentrant sur le concours, ça aide le lecteur à mieux suivre. La prof de Yatora lui signifie sa plus grande faille et ça le perturbe totalement. Nous allons donc suivre un héros qui va lutter avec difficulté pour sortir du nouveau carcan qu’il s’est imposé après s’être libéré du premier. Cela n’a rien de facile, ni de plaisant. Cela donne un héros dans le doute, qui se voile la face, qui est même assez pénible à voir parfois, mais quand on le voit percer c’est d’autant plus jouissif, surtout quand il découvre l’origine de ses problèmes grâce à un ami de toujours.

L’auteur n’oublie donc pas ses fondamentaux : l’amitié, l’entraide, la passion pour l’art. Heureusement, parce que nous entrons dans une nouvelle phase avec le concours qui se tient enfin. Nous assistons à la première épreuve, passionnante sur le papier quand on écoute le narrateur, un peu moins (personnellement) quand on voit le résultat avec le tableau de Yatora. L’intention est une nouvelle fois louable, le cheminement sur la création entre technique, perception personnelle et émotion pertinent, mais la réalisation ne me séduit toujours pas. J’ai vraiment du mal à ne pas m’emballer pour le dessin d’un titre sur l’art… Ici, le sujet était parfaitement calibré pour la série, pour percuter le lecteur, le pousser à réfléchir sur le héros et rentrer dans son cheminement, on le fait, mas uniquement grâce à la narration et c’est un peu dommage, ça aurait mérité mieux.

Ainsi, les tomes passent et je ne parviens pas à m’immerger complètement dans cette série, pourtant de qualité, car le dessin reste trop lisse et n’est pas percutant. C’est dommage parce que l’histoire sur la découverte d’une passion pour l’art et le cheminement du héros dans ce monde est très intéressant. J’aime ses réflexions, ses recherches, ses pensées intérieures, ses rencontres et ses échanges. Tout cela est passionnant, il n’y a que le dessin qui est et reste à la traîne…

Tome 5

Quelle série toujours pleine de surprise ! Alors que le héros est en plein examen pour l’école de ses rêves, le voilà qui va se confronter à une quête intérieure bien surprenante en compagnie d’un ancien camarade.

Je vais être honnête, vu la tournure de l’histoire, je m’attendais à une narration bien plus classique ici, sur base d’enchaînement d’épreuves et d’entraînements entre les deux. Quelle surprise j’ai eue en lisant ce tome et en découvrant une toute autre interprétation de la part de l’autrice.

J’ai beaucoup aimé voir son héros douter, se dénigrer, réfléchir et se remettre en question. Cela le rend d’autant plus humain, surtout qu’au début je ne le trouvais pas vraiment attachant. Là, en laissant peu à peu tomber sa carapace, il le devient et est d’autant plus intéressant. Être artiste, c’est se mettre à nu, il était donc temps qu’il le fasse.

Pour l’aider, j’ai été surprise de voir l’autrice proposer de lui refaire croiser la route de Ryuji, celui qui lui a mis le pied à l’étrier mais qu’on avait un peu oublié depuis qu’ils avaient bifurqué. L’histoire de ce dernier est déchirante. Ryuji est un jeune travesti, bi, qui vit avec un père et une mère très froids qui n’accepte pas ce qu’il est. En revanche, il a une grand-mère super qui fait tout ce qu’elle peut pour lui mais sans vraiment le comprendre car il y a un trop grand décalage. Il ne se sent donc à sa place nulle part, compris par personne, et sous sa jovialité et sa grande gueule apparentes, cela devient de plus en plus dur à vivre pour lui.

Ainsi le mal être de Ryuji vient faire écho aux doutes de Yatora qui est en train de se chercher en attendant la deuxième épreuve qui demande de bien plus s’ouvrir. La confrontation des deux va aboutir à des remises en cause profonde de chacun, chacun commettant des erreurs. Cette mise à nue littérale frappe et interpelle mais permet un beau rapprochement des deux et des progrès certains sur la voie qu’ils souhaitent emprunter. C’est donc un moment rare.

Relégué un peu au second rang, l’art fut toutefois le moteur de la rencontre et de la confrontation de ces deux âmes à la recherche d’elles-mêmes. J’ai énormément aimé la surprise que l’autrice nous offre ici avec cette histoire inattendue à ce stade-là. Comme quoi, elle sait écrire une histoire non linéaire et approfondir intelligemment son héros, le rendant petit à petit de plus en plus humain. J’ai hâte de voir les répercussions de ce moment sur son art lors de la deuxième épreuve du concours !

Tome 6

Après des débuts que je trouvais un peu timide, la série gagne vraiment de plus en plus en profondeur et en intensité au fil des tomes, au point ici d’en être devenue vraiment fascinante dans ce qu’elle décrit du passage d’un concours !

J’ai adoré suivre ce tome quasiment en apnée avec le héros. Voir le Yatora si sûr du début tomber le masque, se montrer fragile et vulnérable, c’est jouissif. Enfin, on peut se retrouver en lui. Le voir se mettre à nu comme son modèle pour cette dernière épreuve décisive est très bien vu. C’est certes classique, comme le sujet de son épreuve, mais très efficace. Suivre les cheminements de son esprit, les douleurs de son corps, les doutes de son pinceau et de ses crayons, et les discussions qu’il a avec son entourage était passionnant. J’ai adoré la mise en scène façon mise en abyme de Tsubasa Yamaguchi. Elle rend ainsi vraiment hommage au travail difficile des étudiants en art qui ont dû en baver pour en arriver là et qui ne sont pas juste doués comme on le croit bien souvent.

La  mangaka rend hommage à toute une profession avec sa série. Dans ce premier arc qu’elle conclut ici, elle nous aura montré avec brio la découverte d’une passion et sa transformation en désir d’apprendre, de s’enrichir et de s’enraciner là-dedans. Elle aura aussi montré la diversité des profils dans les rencontres faites par Yatora où certains réussiront facilement, d’autres après beaucoup d’efforts et certains échoueront même. C’est la vie. Elle n’hésite pas ainsi à se montrer réaliste, montrant les obstacles qui peuvent survenir à tout moment qu’ils soient psychologique, physique ou extérieur. Ce n’est pas un long fleuve tranquille mais ça rend le titre bien plus percutant et humain, alors qu’au début il était un peu trop froid et clinique.

Cela s’est ressenti dans son dessin, moins tape à l’oeil qu’au début, il est devenu plus concis, plus réfléchi et plus intime aussi. J’aime ce trait plus discret où ainsi les fulgurances frappent encore plus. J’aime la profondeur qu’elle commence à donner à ses compositions avec les échos qu’elle trouve dans des scènes passées. Tout comme son héros, elle a mûri avec lui au fil de ses aventures et propose désormais une oeuvre plus complète.

Avec cette première boucle bouclée, Tsubasa Yamaguchi touche et fait mouche. Elle émeut grâce à la fragilité nouvelle d’un héros un peu trop archétypal au début, dont les failles le rendent désormais bien plus humain et intéressant. Le concours étant terminé, une nouvelle voie s’offre à lui et à nous qu’on a hâte d’emprunter.

Tome 7

Quel tome passionnant ! Plus le temps passe, plus je trouve la série forte et profonde. Elle a réussi à se défaire petit à petit de ce côté trop didactique que je lui reprochais au début pour devenir bien plus humaine.

Yatora est désormais étudiant à Geidai mais loin d’être un accomplissement, ce n’est que le début de quelque chose de totalement nouveau et la nouveauté peut déconcerter et faire peur. Avec beaucoup de justesse et de profondeur, Tsubasa Yamaguchi revient sur les difficultés qui attendent désormais notre héros et c’est un régal de le voir à nouveau douter et tâtonner pour avancer.

Je pensais avoir déjà vécu un grand moment lors des épreuves, je n’étais pas au bout de mes surprises. A peine Yatora entré à Geidai que les épreuves s’enchaînent. L’autrice nous plonge avec beaucoup de réalisme dans la réalité d’un étudiant de première année en école d’art, avec peu d’heures de cours et beaucoup de temps libre, avec peu de guidage et surtout des guides un peu obscur, mais surtout avec une vision du monde à totalement redécouvrir. On comprend que le héros perde pied mais c’est ce qui va rendre cette nouvelle phase encore plus passionnante car voir les gens se chercher, c’est magnifique.

Alors oui, l’autrice utilise pour cela beaucoup de pathos et de dramatisation. On a souvent l’impression que le héros est au bout de sa vie et qu’il mériterait un bon coup de pied au cul. Mais au final, les questions qu’il se pose sont légitimes, tout comme ses hésitations. Les profs sont très exigeants, lui il est très jeune, forcément l’alliance des deux coincent et il faut se rappeler qu’en plus il a commencé le dessin et la peinture que tout récemment, il n’a donc pas un passif aussi solide que les autres. C’est d’ailleurs l’une de mes incompréhensions de la série. S’il aime tant l’art et s’il est tellement novice, pourquoi ne va-t-il pas plus souvent au musée ? Pourquoi ne se plonge-t-il pas plus dans les livres d’arts ? Pourquoi ne part-il pas plus en exploration du monde extérieur pour avoir des références ? Ses parents eux-mêmes semblent plus s’y intéresser que lui… C’est étrange.

En attendant, Yatora ne fait pas marche arrière, il reste le garçon sensible qu’on a découvert. Et malgré le poids qui pèse sur ses épaules : poids d’être entré du premier coup, poids d’être la fierté de ses parents et de son entourage, il n’abandonne pas. Son choix final est d’ailleurs assez judicieux, montrant qu’il a bien compris ce qu’il lui manquait et ce qu’il lui restait à accomplir. C’est d’ailleurs très chouette de la part de l’autrice de le confronter dans son cheminement aux pensées et visions d’autres camarades reçus ou non et de nouvelles figures comme ses professeurs. Cela augure vraiment une suite pleine de profondeurs sur ce que c’est que d’être un artiste.

Blue Period est donc le genre de manga qui se bonifie vraiment au final des tomes. Tout comme son héros grandit, l’oeuvre de l’autrice également. Elle affûte sa narration, ses personnages, ses mises en scène. Il y a encore des petits réglages à faire mais la mise en oeuvre est déjà superbe et ce nouveau chapitre sur les premiers temps compliqués d’un élève en école d’art est passionnant !

Tome 8

Blue Period est toujours une lecture aussi dense et complexe, très bavarde aussi sur l’univers des écoles d’art et elle entre ici de plein pied dans la nouvelle vie estudiantine de Yatora avec ses bonheurs et surtout ses nombreuses difficultés.

Le début de la série, c’était montré trop pédago et donc trop bavard pour moi. Cependant depuis quelque temps, je trouvais le problème résolu. Il a au final seulement été déplacé car je dois dire que les très très nombreuses introspections de ce tome m’ont parfois fait décrocher tant elle alourdissaient la narration.

Dommage car les propos eux sont passionnant. Nous avons d’abord une première partie, occasion de découvrir un nouveau personnage haut en couleur : Yakumo, un petit génie égocentrique qui aime être nu, qui propose également d’aborder le concept de la réalisation d’une oeuvre. Avec l’épreuve donnée par les professeurs, les étudiants doivent sérieusement se creuser les méninges et ne pas rester sur leurs acquis ou leurs premières idées et dégager plutôt la substantifique moelle de ce qui fait UNE oeuvre. C’est compliqué pour Yatora, qui après avoir été démotivé par sa première rencontre avec ses profs, se sent perdu face à ce projet. Il revient à son premier amour : Shibuya, qu’il avait déjà utilisé comme support de sa première oeuvre, mais il est perdu dans la façon de l’aborder. C’est très intéressant de suivre son cheminement surtout que cela permet d’apprendre plein de choses sur ce quartier emblématique, mais la narration pêche vraiment par bien bien trop de textes et de répétitions…

La seconde partie plus accès collectif est plus facile à appréhender et se veut plus dynamique et facile à suivre. Les étudiants se voient donner pour mission de réaliser un char, des costumes, une danses et des stands pour la fête de l’université en septembre. On retrouve alors l’ambiance des fêtes de lycée mais avec ce nouvelles responsabilités et un nouvel engagement des protagonistes. Se dégage une nouvelle figure que l’auteur souhaitait mettre en avant : Kinemi Miki, une ancienne joueuse de volley qui prend son rôle très à coeur. Entre manque de motivation et aléas climatiques, les membres de l’équipe de Yatora vont devoir apprendre à travailler ensemble et s’épauler pour mener à bien ce projet et tenter de remporter le concours. On aime le changement qui s’opère en eux, les liens qui se tissent, les difficultés qu’ils rencontrent et qui les obligent à changer. C’est classique mais efficace.

Par contre, l’ensemble manque quand même pas mal de fulgurances artistiques par rapport aux tomes précédents. On est bien plus dans l’introspection et cela manque de dynamisme du coup. Il n’y a pas l’effet wow de d’habitude étant donné qu’on est concentré sur les difficultés de chacun. Mais c’est un passage obligé et important dans leur parcours qui rendra leur évolution d’autant plus intéressante car il faut montrer que c’est difficile et que ce n’est pas ouvert à tout le monde de créer.

Récit toujours aussi fidèle et complexe de la vie d’un étudiant en art, l’autrice jongle entre ce héros qui se démotive avant de retrouver la motivation, qui se cherche avant de se trouver, qui fait des rencontres et teste plein de choses. C’est souvent trop bavard, trop introspectif, mais encore plus souvent pertinent et propice à la réflexion. On aime se triturer les méninges avec eux.

Tome 9

Malgré une narration toujours aussi lourdingue pour moi qui rend la lecture malaisée, les thèmes de cette série sont toujours aussi passionnant à aborder et ça fait du bien de voir que la fac n’est pas un long fleuve tranquille.

Yatora est toujours aussi perdu dans cette première année de fac d’art, mais il n’est pas le seul. Il est très intéressant de voir comme Tsubasa Yamaguchi décrit ce milieu où les professeurs laissent leurs élèves tellement dans le flou au point de les perdre parfois. C’est bien d’essayer de les pousser à réfléchir par eux-mêmes, de ne pas tout leur donner tout cuit, mais sans même les accompagner, c’est rude. On a ici une vision de l’enseignement assez japonaise qui ne correspond pas forcément à notre philosophie française, du moins dans ma branche à moi avec les plus petits, et qui m’interroge.

A la lecture, cela débouche sur de longues, longues introspections avec le sentiment d’un héros perdu, qui tourne en rond. Et comme je ne suis pas une grande fan de Yatora quand il est dans cet état, j’ai été ravie de voir la réflexion complétée par un focus sur Yotasuke, celui qu’on qualifie de génie, mais qui semble en avoir assez et qui n’a pas l’air plus avancé que notre héros. Avec eux, on a deux visions différentes des artistes, du moins depuis l’extérieur et la mangaka nous pousse à nous interroger sur notre façon de considérer chacun d’eux. Est-ce que le génie vaut mieux que le travail acharné ? Les deux ne peuvent-ils pas être complémentaires ? Des réflexions qu’on doit soi-même se faire.

L’autrice s’attarde aussi longuement, dans ce tome, sur ce qu’est l’art selon les époques, sur sa réception de nos jours en comparaison, sur les différentes techniques, et ça, j’ai adoré. J’ai beaucoup aimé la petite sortie de nos héros pour aller voir le travail de Velázquez. C’était passionnant de revoir l’oeuvre, les intentions et la technique de l’artiste remise dans leur contexte. J’ai également beaucoup apprécié de voir nos jeunes étudiants s’essayer à des techniques passées comme la fresque et la mosaïque, même si ça aurait pu être plus développé, car c’est fait sur peu de pages au final. Il y a une réflexion très intéressante sur l’art, ses médiums, sa mise en perspective selon l’époque.

Enfin, aborder la réception des oeuvres dans le passé, c’était bien, mais le voir dans le présent c’est encore mieux. Et ainsi les quelques pages avec l’une des prof de Yatora qui expose également des oeuvres très contemporaines, des installations à base d’emballage, fut passionnant. On aborde de manière subtile mais réaliste et grinçante la question du mécénat, le besoin de lécher des bottes et savoir être dans les petits papiers de certains pour être visible, le besoin d’être aussi dans l’air du temps. Il y a également, tout comme par le passé, la dimension du message qu’on souhaite transmettre qui peut être double, celui visible au premier abord et celui caché. C’est assez fascinant d’entendre et de voir Nekoyashiki en parler.

Cependant si on prend tout celui mis bout à bout, je dois avouer que je trouve parfois que Blue Period manque de cohérence. J’ai l’impression que l’autrice met bout à bout des éléments propres au milieu de l’art mais sans une histoire vraiment poussée et construite. J’ai ainsi le sentiment d’une histoire qui patine, qui s’écoute aussi beaucoup en mode méta, avec trop trop de blabla discursif sur le monde de l’art, ce qui donne l’impression d’avoir entre les mains un essai sur le sujet et non un texte narratif. Moi, j’ai besoin d’une histoire qui m’emporte dans ce type d’oeuvre et non d’un texte documentaire. Je ne dis pas que ce n’est pas intéressant mais j’aimerais que ce soit intégré de manière plus légère et subtile et non avec tous ces gros pavés bien lourds à lire.

Blue Period reste une lecture enrichissante mais fort maladroite dans sa forme, avec un héros pas forcément des plus sympathique et entraînant à lire avec son spleen qui ne le quitte pas et qui touche également ses amis. Heureusement qu’à côté, on apprend des choses passionnantes sur la vie d’un étudiant en art et l’art en général.

(Merci à Pika et Sanctuary pour ces lectures)

Tome 10

Depuis le début, je suis partagée sur cette série malgré les fortes qualités que j’y trouve. Il y a des intentions intéressantes chez Tsubasa Yamaguchi mais une mise en oeuvre que je trouve poussive. Cela s’efface lors de certains tomes et revient à grand galop dans d’autres comme ici…

Nous arrivons à la fin de la première année de Yatora à Geidai et il ne s’est jamais posé autant de question. Entraînant cette fois Yotasuke dans sa spirale négative infernale, rien ne va plus pour choisir leur sujet de fin d’année.

J’ai beaucoup aimé tout du long voir des artistes ou apprentis artistes, doués ou non, travailleurs ou non, se poser mille question sur leur art, son sens, etc. Yotasuke étant un peu l’un de ces petits génies depuis qu’on l’a rencontré, ça m’a plu de voir un focus sur lui cette fois. J’ai aimé que l’autrice nous dévoile ses failles, ses faiblesses, ses blessures et la réponse qu’il va chercher maladroitement à trouver et à proposer au regard des autres. C’était très intéressant et j’ai vraiment eu de la peine pour lui à plusieurs reprises, à la fois à cause de l’incompréhension des autres, de son renfermement et de la façon dont ses parents se comportaient avec lui, sans qu’il remette vraiment ça en question.

Cependant tout cela est enrobé dans une narration extrêmement poussive une fois de plus, qui se veut souvent faussement psychologique avec des effets de manche qui assombrissent inutilement l’histoire. Tout ça est très artificiel. C’est encore pire du côté du héros avec qui on tourne sévèrement en rond quant à ses questionnements et leurs réponses. Les professeurs n’aident en rien la plupart du temps en étant tour à tour négatifs, agressifs et passifs, sans apporter beaucoup d’aide à ces étudiants qu’ils sont censés guidés. Ce n’est pas l’image que je me fais d’un enseignant.

Ce fut dont une lecture assez longue et pénible cette fois, très grise et morose, assez crispante aussi et je le regrette car il y a à côté de belles fulgurances. Les productions finales des deux héros, Yatora et Yotasuke, sont saisissantes et ont vraiment du sens. J’ai beaucoup aimé. Leur parcours accroché a donc eu un vrai but et en ça, je ne peux rien reprocher à l’autrice. Je n’accroche juste pas beaucoup à sa mise en scène trop artificielle et surjouée à mon goût pour faire « artiste torturé », « artiste plein de profondeur »… Bof.

21 commentaires sur “Blue Period de Tsubasa Yamaguchi

  1. Je t’avoue que, pour ma part, c’est surtout l’histoire et la manière dont est traité le sujet que je trouve génial et qui m’a emballé. Surtout que ça reste très réaliste. Concernant le dessin, c’est un style, on y adhère ou pas et je pense que de ce côté là tout reste très subjectif. Niveau mise en pages et tout le reste c’est de bonne facture. Je suis curieuse de découvrir la suite 🙂

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    1. Je n’ai pas détesté non plus, je m’attendais juste à plus après tous les bons avis sur le net. A force de lire autant de titres, je suis devenue plus difficile. Mais tant mieux s’il y a encore des lecteurs pour être totalement sous le charme. Je ne souhaite au titre que de se bonifier et de continuer à nous montrer la découverte de cette passion avec réalisme ^-^

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  2. Salut, je me permet de faire une remarque sur le style (j’ai été plus loin que le tome 1, je précise). Oui, il y a des seinen qui se démarque plus d’un point de vue style graphique mais là, de mon point de vue, c’est cette simplicité qui fait la force de ce récit. Ça fait ressortir les œuvres des personnages, et aussi les moments importants des différents parcours de ces dernier. Et ça porte une force au réalisme. Parfois la simplicité c’est ce qu’il y a de mieux.

    Sinon le tome 1 c’est vraiment une mise en bouche et le titre se bonifie au fur est à mesure. Il ne faut surtout pas s’arrêter au premier tome. ; ) (message de quelqu’un qui vient de sortir d’école d’art et qui est devenue difficile au fur est a mesure de ses lectures de mangas et d’essais sur l’art ^^)

    p.s. : je pense qu’il faut avoir l’œil mais il y a beaucoup de ref visuelle à plein de peintures dans certaines compositions de l’autrice, donc pas si simple que ça ;). Le titre fait peut être référence à Picasso et sa période bleue, juste tellement de références partout dans ce manga

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    1. C’est chouette alors si ça s’améliore et si ça a plus d’impacts par la suite.
      J’avais déjà noté les références à d’autres artistes que Picasso, mais il reste que pour moi son propre coup de crayon manque encore de personnalité dans ce tome par rapport à d’autres artistes, mais ce n’est effectivement que mon propre ressenti en réaction aux avis dithyrambiques que je lis partout et aux attentes peut-être démesurées que j’avais ^^
      Merci en tout cas pour tes précisions 😉

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      1. C’est vrai que, dans mon cas, je suis tombé sur le manga sans en avoir entendu parlé donc je n’avais pas d’attentes. Et disons qu’à partir d’un moment, certains personnages résonnent beaucoup avec mon vécu en école d’art, donc la corde sensible a très vite été touchée ^^

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  3. « Yatora est un ado lambda avec tous les défauts que ça implique. Il est superficiel au début, assez pédant vis-à-vis des autres, »
    Pour le coup j’ai relu le résumé plusieurs fois et je me suis dit non mais attends c’est quoi ce descriptif, sérieux, banale ce n’est pas vraiment ça oups
    Donc je te confirme qu’il m’a bien énervé au départ j’avais envie de lui mettre des baffes
    mais c’est intéressant sur le côté qui on est, image …
    Oui c’est possible moi j’en attendais pas de trop de lui XD

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    1. Lol plus on me vante les mérites d’un titre plus j’ai d’attente et forcément plus je suis sévère 😉
      Mais sincèrement ici, j’ai lu mieux en titre décrivant une passion naissante. J’aime le parti pris choisi et en même temps ça rend le titre un peu plus faible au démarrage. En espérant que ce soit pour mieux monter monter par la suite !

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      1. Moi c’est le contraire ça coupe mon envie et je passe le post vitesse grand V pour ne pas le voir XD
        Quand tout le monde a reçu un truc et moi pas ça me coupe encore plus l’envie, sauf si elle était déjà bien présente avant.
        Du coup je retarde … on verra …

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