Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Aozora Yell : Un amour en fanfare de Kazune Kawahara

Titre : Aozora Yell : Un amour en fanfare

Auteur : Kazune Kawahara

Éditeur vf : Panini (shojo)

Année de parution vf : Depuis 2021 (pour cette réédition)

Nombre de tomes vf : 9 / 19 (pour cette réédition)

Histoire : Complexée et timide, Tsubasa Ono rêve d’entrer dans la célèbre fanfare de son nouveau lycée pour y jouer de la trompette. Mais elle n’a jamais joué d’un instrument, et celui qu’elle a choisi n’est pas le plus facile à maîtriser. En plus, l’orchestre de son école est très réputé, seuls les meilleurs musiciens peuvent y accéder. Sa rencontre avec Daisuke Yamada, un sportif accompli et membre du club de base-ball du lycée, va être pour elle une révélation. Elle qui jusque-là avait toujours marché les yeux baissés, relève enfin la tête. Entourée d’une bande d’amis, elle est prête à relever tous les défis.

Mon avis :

Tome 1

Il y a quelques années, Panini avait tenté de publier ce shojo, malheureusement cela n’avait pas dû très bien marcher parce que la série avait été stoppée au bout de 5 tomes. En 2021, avec le changement de direction dans la collection pris l’année précédente, ils se sont décider à relancer le titre, qui a depuis connu entre autre un joli succès au Japon avec une adaptation en film. C’est donc avec de nouvelles couvertures et un nouveau lancement que j’ai pu redécouvrir ce joli shojo lycéen !

Je dois avouer que lors de sa sortie au Japon, à la fin des années 2000, j’avais tenté de découvrir les premiers chapitres de cette série en lisant les scans disponibles sur le net à l’époque, ne croyant pas trop à son arrivée chez nous. Je n’avais clairement pas accroché au style graphique de l’autrice alors, mais heureusement mes goûts ont évolué, et si je continue à trouver ceux-ci un peu grossier et naïf pour moi, j’ai en revanche été totalement emportée par la douce bienveillance de ce titre et la bonne humeur communicative des personnages. Ce fut donc une lecture qui a frôlé le coup de coeur.

Aozora Yell est pourtant un shojo lycéen on ne peut plus classique, avec une héroïne banale, qui comme bien d’autres atterrit dans le lycée de ses rêves poussée par une certaine aspiration, mais qui bridée par son entourage n’ose pas relever la tête et s’affirmer, jusqu’à une rencontre clé !

J’avoue que les premières pages m’ont un peu fait peur. Je craignais de tomber sur une de ces sempiternelles histoires d’amour qui allait éclipser tout le reste, ce dont je n’avais clairement pas envie. J’ai heureusement été bien vite rassurée car le propos de l’autrice est tout autre. En effet, dans ce shojo, elle veut mettre en avant des valeurs qui me touchent et me parlent : l‘acceptation de soi, le courage, la force de caractère, la persévérance et bien sûr la passion ! Pour cela, elle met en scène deux héros extrêmement mignons et attachants : l’une fan de trompette et l’autre fan de baseball, qui vont tous deux se battre pour leur passion.

La série est alors devenue juste trop trop mignonne à lire. Mes appréhensions se sont envolées devant ce titre ultra positif qui m’a beaucoup plu. J’ai toujours aimé les titres sur les passions, mais ici c’est encore présenté sous un autre angle. J’adore aussi les titres sur le baseball, mais encore une fois, ce n’est pas montré tel qu’on s’y attend. La surprise est au rendez-vous sur les deux points que j’attendais le plus. Parfait !

L’angle choisi, c’est celui d’une passion qui se travaille et se mérite, une valeur typiquement japonaise qui me parle également. On suit ainsi une héroïne, Tsubasa, pas douée pour un sou qui part de 0 mais qui donne tout. Son pendant masculin, Daisuke, lui, semble être une sorte de petit génie pour les autres mais c’est uniquement parce qu’il travaille d’arrache-pied. Ce sont donc deux personnages joliment introduits par l’autrice. Cependant, elle ne s’arrête pas là, de leur rencontre naissent des encouragements respectifs qui les tirent chacun vers le haut. Ils se réconfortent aussi mutuellement et cela devient juste terriblement émouvant d’assister à la naissance de leur amitié.

Ce sont des personnages profondément bons et gentils, qui cassent le mythe du badboy ou de la nunuche. D’ailleurs Daisuke, le garçon, a une allure qui rompt avec les codes du genre. C’est quelque chose qu’aime faire l’autrice, cela se retrouve dans l’ensemble de ses titres, que ce soit Koko Debut avec son héroïne « garçon manqué » et son héros tout mou, ou Mon Histoire avec son héros à la mine patibulaire dont l’héroïne toute mimi tombe amoureuse. J’apprécie vraiment ce parti pris. Les premiers personnages secondaires sont également bien travaillés, loin du manichéisme auquel on aurait pu s’attendre ici, tous ont des forces et des faiblesses, mais aucun n’est jamais vraiment méchant. Ce sont tous de beaux personnages et j’ai vraiment apprécié cela.

Ainsi l’autrice met en avant avec eux de beaux messages sur l’ardeur au travail, la persévérance qui porte ses fruits, l’honnêteté, l’importance du dialogue. J’ai beaucoup beaucoup aimé, cela a vraiment raisonné en moi et je trouve important de mettre en avant de telles valeurs auprès des jeunes lecteurs auxquels s’adressent ce titre à l’origine. Cependant, l’ambiance a beau être douce et chaleureuse, la mangaka n’hésite tout de même pas à faire quelques critiques sur certains traits de notre société qui peuvent mettre à mal les personnes au caractère réservé ou un peu fragile. Par exemple à vouloir toujours donner des conseils aux autres pour leur éviter des déceptions on peut décourager les gens. Il ne faut pas se fier aux apparences, elles sont trompeuses. On a le droit d’être ambitieux sans pour autant casser les autres, on peut l’être juste pour progresser soi-même. Etc.

Alors que je partais avec le sentiment que cette série ne serait peut-être qu’une bluette de plus, j’ai vraiment été surprise par son fort potentiel et la beauté de ses personnages ainsi que de ses messages. Ainsi même si sa longueur me fait peur – 19 tomes quand même, ce n’est pas rien ! – j’ai vraiment envie de poursuivre l’aventure !

Tome 2

Après avoir redécouvert la série sous de meilleurs auspices, j’ai poursuivi avec le tome 2 sorti simultanément et je ressors à nouveau toute chamboulée.

Loin du cliché du shojo romantique, nous sommes ici vraiment avec un très beau récit tranche de vie sur des adolescents vivants pour leurs passions et cela n’a rien de facile. A nouveau loin du cliché quand on veut on peut, l’autrice nous montre au contraire la difficulté qu’il y a à atteindre son but aussi bien en musique qu’en sport, et encore plus quand on se croit arrivé. Cela donne une histoire vraiment touchante et émouvante avec de très beaux personnages et de belles valeurs.

La première partie du tome est consacrée à un camp d’entraînement auquel va participer Tsubasa. Pour elle qui est très réservée, ça n’a rien de facile. Elle en vient à se rendre compte que les amis qu’elle s’est fait au lycée sont venus à elle et non l’inverse. Alors quand il s’agit pour elle d’aller vers les autres pour se faire à son tour des amis, c’est très très compliqué. J’ai vraiment été touchée par cette mise en scène car je me suis retrouvée en elle. Ses difficultés à aller vers les autres alors qu’elle le voudrait sont celles de bien des gens et sont parfaitement retranscrites ici avec beaucoup de douceur et de bienveillance mais aucun jugement. L’aide qu’elle trouve auprès de Daisuke m’émeut toujours autant. Ils forment un très beau binôme.

La seconde partie plus tournée vers leurs passions à tout d’eux est également d’excellente qualité. Chacun d’eux trouve des obstacles sur sa route et travaille à les surmonter. L’effort et la persévérance sont vraiment de belles valeurs mises en avant ici. Tsubasa est une débutante, c’est normal que ce soit encore dur pour elle dans son domaine. Daisuke beau pratiquer depuis des années, ce n’est pas pour autant qu’il est au top et peut se reposer sur ses lauriers. On les voit tous deux butter mais se relever, et encore une fois leurs conversations sont de belles sources d’entraide.

Là où l’autrice l’a joué très finement c’est dans le parallèle qu’elle va être amenée à faire entre le but ultime de chacun. Daisuke vise le Koshien, parfait, Tsubasa va avoir elle aussi une compétition en ligne de mire qui va être l’équivalent du Koshien pour les joueurs d’orchestre lycéens. Excellente idée ! Ils partagent ainsi un but commun et on découvre une héroïne de plus en plus avide de performance maintenant qu’elle a mis le doigt dans l’engrenage. C’est très beau de voir cette passion grandir et grandir.

Cependant tout n’est pas tout rose. Daisuke a du mal lors des entraînements. Tsubasa a de plus en plus peur de l’échec. Et c’est cette justesse dans une passion qui n’est pas faite que de moments d’euphorie et de dépassement de soi, mais également d’échecs et de désillusions, qui m’a vraiment séduite ici. L’autrice est vraiment fine.

Avec ce shojo qui se veut classique au premier abord, Panini nous offre en fait une histoire qui se déroule au lycée mais qui ne parle pas d’amour romantique pour le moment mais plutôt d’amitié, de passion et de dépassement de soi dans tous les sens du terme. Je suis touchée par les failles et les faiblesses des héros car ça rend leurs accomplissements encore plus beau. Je suis touchée par leur belle amitié qui rend leurs échanges encore plus profond. C’est vraiment une très belle surprise.

Tome 3

Mignon, mignon, c’est vraiment mignon tout plein et pourtant l’autrice nous fait vivre à sa façon de gentils drames adolescents.

Sur fond de repentir, d’échecs et de seconde chance, ce tome nous fait vivre encore tout un panel d’émotions. Le rythme est plus lent, plus lancinant qu’au début, mais c’est pour mieux nous conduire vers l’apothéose finale qui marque la fin d’un premier arc fort bien pensé pendant lequel l’amitié et la passion de nos héros n’ont fait que grandir.

J’ai été moyennement séduite par la première partie assez dense en texte mais assez pauvre en apport à l’histoire. Nous suivons Tsubasa qui relève la tête et remonte en scelle après avoir échoué à jouer lors d’un spectacle. J’ai été touchée une fois de plus par sa très grande gentillesse et surtout son honnêteté qui la pousse à reconnaitre on ne peut plus facilement ses fautes. Par contre, le ton est doux mais un peu morose, ça manque de peps’. La narration en plus est décousue avec un enchaînement de scènes assez banales qui manquent parfois un peu de liant entre elles, comme si l’autrice avait voulu se faire plaisir avec des petits moments de vie sans lien entre eux.

Heureusement apparait très vite un nouveau but pour nos héros : soutenir l’équipe de baseball qui brille par ses résultats dans le tournoi auquel elle participe. L’histoire change alors de focus. On passe de chapitre très centré sur Tsubasa et la musique à des chapitres dévoilant enfin un peu plus Daisuke qui avait été un peu mis en retrait. J’ai vraiment apprécié de découvrir ce personnage très humble, qui est au clair sur ses capacités par rapport à celles de ses aînés et qui ne cherche pas à époustoufler les autres ou à se vanter.

L’histoire mêle alors très joliment musique et baseball et on assiste pour la première fois à ce que voulait l’héroïne en venant dans ce lycée : encourager en plein air depuis les gradins son équipe et son ami. C’est un moment riche en émotion où c’est vraiment cette fusion des deux genres qui est centrale, car le match en lui-même est peu lisible et peu montré, de même que l’activité de la fanfare seule. Ce sont plutôt les sentiments des personnages qui sont mis en avant et c’est très joliment fait grâce à un dessin doux, poétique et très expressif, où le découpage joue un rôle clé que l’autrice maîtrise à merveille. Chapeau.

L’ambiance douce amère du tome prend tout son sens ici, montrant encore une fois que l’adolescence n’a rien d’une période facile même si on est bien entouré par sa famille, ses professeurs et ses amis. La chute et la révélation finale n’en sont pas vraiment tant on se doutait de comment cela allait se terminer, mais ça n’enlève rien à l’émotion de ces moments, car on s’est attaché aux personnages et on vibre, tout comme on pleure avec eux. C’est charmant.

Troisième tome consécutif qui me fait vivre un très joli moment. Ce shojo change des autres se déroulant au lycée, il me rappelle un peu les titres d’Adachi où la passion pour un sport et la romance se mélangent à merveille sous couvert de belles amitiés également. J’aime beaucoup la douceur, la gentillesse et l’honnêteté des personnages. Ils me mettent à chaque fois du baume au coeur malgré les épreuves.

Tome 4

De manière assez prévisible, voici le tome romantique que les lecteurs attendaient, mais l’autrice leur réserve une jolie surprise à sa façon.

Depuis le début, Tsubasa craque pour Daisuke. C’est ce qui la motive au lycée. Mais elle vient tout juste de réaliser ses sentiments. Impossible pour elle de les garder secrets dans son coeur, elle est trop nature pour ça. Mais sa déclaration ne se passe pas comme elle l’attendait.

J’avoue que voir la série tomber dans le mélo romantique me faisait un peu peur. Depuis le début, je ne la lis pas vraiment pour ça. Ce qui me plait, ce sont plutôt les interactions des uns envers les autres et les belles amitiés qui en naissent. Du coup, j’appréhendais et le choix de l’autrice que Daisuke réponde négativement à Tsubasa parce qu’il préfère se concentrer sur sa passion, m’a beaucoup plu. Il reste fidèle à lui-même et à ses objectifs. Ce ne sont pas les sentiments d’une midinette, même une très bonne amie, qui vont le faire changer. Il reste droit dans ses bottes et c’est ce que j’aime chez lui.

J’avais peur qu’on ait tout un tome de regards timides, de gestes maladroits, de je t’approche/je me cache, mais du tout l’autrice évite ça. On y a bien droit au début, il faut bien mettre en scène les premiers émois de l’héroïne mais ça passe vite. A la place, on s’intéresse encore une fois à leurs passions respectives. Daisuke, que j’aime ce personnage, veut se donner à fond pour le baseball tant qu’il est au lycée et qu’il le peut, ce que je comprends parfaitement. Tsubasa, elle, trouve du réconfort auprès de ses amis du club de la fanfare, qui viennent l’épauler. Ce sont deux très belles ambiances qui mettent vraiment du baume au coeur.

Kazune Kawahara démontre ainsi pour le moment dans Aozora Yell qu’on peut écrire de très belles histoires se passant au lycée sans qu’il ait de relations de couple. L’amitié et les clubs jouent un rôle phare dans cette histoire pleine de chaleur humaine. J’aime ce parti pris et j’espère qu’il sera longtemps suivi.

Tome 5

Comme je l’espérais voici le retour du Aozora Yell que j’aime, c’est-à-dire une histoire 100% basée sur l’amitié, ou peut-être 99% maintenant ^^!

Le passage obligé de la déclaration et ses conséquences sont évacuées. Ça c’est fait. Il y a juste une légère pointe de jalousie qu’on fait ressentir à l’héroïne au début du volume lorsqu’une manager presque du même nom qu’elle apparait, mais c’est vite évacué, car le plus important c’est leur vie au lycée.

Cette vie, elle se résume au baseball pour Daisuke, mais on ne le voit pas beaucoup jouer ici, et à la fanfare pour Tsubasa, ce sera un peu le coeur de ce tome. La déception étant passée, Tsubasa se fixe un nouvel objectif, participer au Koshien de la fanfare : le Fumonkan. Elle s’y jette à coeur perdu, mais ce n’est pas simple quand on est une débutante peu douée comme elle. J’ai beaucoup aimé voir notre héroïne ne jamais baisser la tête et toujours foncer vers son rêve. Elle est pleine de courage et de force intérieur. C’est ultra positif.

Grâce à ce regain d’intérêt pour la fanfare, nous retrouvons de jolis petits moments de vie : des échanges sur les amours des uns et des autres, des ragots sur les membres du club, mais aussi et surtout beaucoup d’entraide. Celle qui est la plus proche de Tsubasa, c’est Mori, mais Mori a un problème, ce qui va mettre Tsubasa en porte-à-faux. J’ai aimé voir l’autrice interroger son héroïne sur ce tiraillement entre la fidélité envers son amie et la fidélité envers la fanfare toute entière. C’est intéressant et elle ne nous donne pas une réponse toute faite, c’est plus compliqué que ça.

Ce joli shojo lycéen se remet donc sur les rails avec ce 5e tome, avec lequel nous arrivons au quart de la série. Le retour de la belle amitié Tsubasa-Daisuke et de leurs échanges motivants fait plaisir à voir, de même que je trouve pertinent de revoir la fanfare car c’est l’originalité du titre. Je suis donc ravie de la direction prise.

Tome 6

Malgré une base d’intrigue que j’affectionne tout particulièrement, parce que ça fait du bien de voir l’amitié et la passion mises en avant, la série, elle, comporte des tocs narratifs qui déjà au bout de 6 tomes peuvent lasser et faire peur au lecteur quand il sait qu’il y a en 19 tomes…

Dans ce tome, place à la fanfare. Celle-ci et ses membres occupent la première place. On s’intéresse d’abord à Mori, l’une des anciennes, qui ne peut plus jouer suite à une blessure, puis à notre héroïne qui tente de progresser mais s’engage sur une route très longue et pavée d’ennuis. C’est fort sympathique de voir un shojo lycéen où les romances occupent si peu de place au profit d’autre chose. On aime voir l’entraide et le soutien entre membre de la fanfare pour tenter de rattraper un membre qui veut partir. On aime l’effet de groupe où tout le monde se serre les coudes. On aime l’héroïne qui cherche à se dépasser en partant de rien. C’est très chaleureux.

Ça change d’avoir une héroïne pas douée du tout, qui se défonce pour avancer mais y arrive vraiment lentement et péniblement. Ça change de voir autour d’elle des personnages pas toujours sympathiques qui vont venir lui secouer les plumes pour la pousser à ne pas rester sur ses ergots. Le programme d’entraînement de Tsubasa est donc rude mais plutôt réaliste car on n’est pas sur une héroïne qui subitement se révèle être un génie, un thème un peu trop vu et revu.

Pour autant l’ambiance reste toujours positive. Même si des personnages doutent, elles trouvent aussi bien des gens pour les bousculer que pour les rassurer et en cela, Aozora Yell est une série qui fait chaud au coeur. Les interactions entre Tsubasa et Daisuke sont toujours aussi mignonnes. Ils ont vraiment développé une belle amitié, amitié que la jeune fille ressent également pour Maru pendant qu’elles se soutiennent mutuellement pendant le stage. Ainsi chaque moment où elle déprime un peu est soutenu par un beau moment où l’amitié l’aide à se relever. C’est beau.

Le seul souci, c’est que pour raconter cela, l’autrice se répète beaucoup et est trop bavarde ce qui donne une narration assez lourde et quand je vois que la série fera 19 tomes, je prends un peu peur, me demandant ce qu’elle va bien pouvoir raconter et à quel rythme. Car si je dois passer par autant d’atermoiements répétitifs, je risque de me lasser au fil du temps, et c’est dommage parce qu’il y a plein de qualités dans ce shojo.

Aozora Yell reste un titre atypique dans le paysage shojo actuel mettant en scène des lycéens. Ça fait du bien de suivre un groupe de jeunes gens passionnés par quelque chose et se donnant les moyens pour même si c’est dur et parfois douloureux. Ça fait du bien de voir autant de beaux moments d’amitié. Il faudrait juste avoir une narration plus concise et moins répétitive pour ne pas lasser le lecteur.

Tome 7

Saluons d’abord la volonté de Panini de poursuivre cette série qui malgré sa réédition continue à ne pas se vendre… Alors tant pis pour l’augmentation de prix si ça permet aux quelques lecteurs de celle-ci de la poursuivre car elle le mérite.

Unique série disponible en France traitant d’une fanfare, contrairement à Nodame Cantabile et son orchestre, ce sont des lycéens qu’elle met en scène et elle le fait avec beaucoup de bienveillance et de chaleur humaine, sans occulter les difficultés qui émaillent le chemin des musiciens. J’aime beaucoup l’ambiance lycéenne du titre avec ses clubs artistiques et sportifs, l’entraide qui y naît, les sentiments qui y pointent. C’est très rafraîchissant.

A ma connaissance, c’est le premier titre qui en France met en avant à ce point la musique jouée par un groupe d’ado et j’adore ça. Certes d’un point de vue formel, la série est parfois peu digeste. L’autrice a le chic pour encombrer ses pages de bulles narratives pas toujours très utiles. Elle fait aussi parler ses personnages à tort et à travers chargeant trop les pages. Kazune Kawahara a aussi un trait assez singulier qui partage ses bouches sous forme de trait unique rendant les lèvres très charnues et ses yeux proéminents avec parfois de lourdes cernes. Je peux donc comprendre que des lecteurs aient lâché l’affaire.

Cependant, c’est dommage car la série offre vraiment une intrigue intéressante, fine et réaliste sur la vie dans les clubs. J’ai un petit regret sur la discrétion du club de baseball dont j’espérais une présence plus forte. C’est mon amour pour les mangas d’Adachi qui me fait dire ça. En revanche, le club de la fanfare, lui, est parfaitement décrit. On y suit avec passion leurs durs entraînements aux côtés d’une héroïne qui met les bouchées doubles pour rattraper les autres et ne pas les gêner par ses faiblesses de débutantes. C’est beau de sentir leur passion, leur amour pour leur instrument et la cohésion qui forge le groupe. Car vraiment il y a quelque chose dans ce qui noue l’ensemble de ces personnages fans de musique, c’est extrêmement touchant.

Dans ce nouveau volume, j’ai apprécié de suivre leur quotidien fait d’entraînements pendant les vacances, de répétitions, de préparation à un grand concours, de moments de détente aussi et d’entretien de leur instrument. On suit une héroïne vraiment passionnée qui voit tout avec un regard neuf et débordant de sentiments. Elle est vraiment à fleur de peau et c’est ce qui entraîne le lecteur dans cette farandole de notes. Ses liens avec les membres du club et en particulier Mizushima sont beaux à voir. J’ai aimé le voir la soutenir à chaque instant, notamment dans l’achat de son instrument à elle. C’est une nouvelle étape de franchie. Puis vient le grand concours et si j’ai eu du mal à en saisir le fonctionnement, ce qui m’a poussé à relire certaines pages, j’ai été touchée par ce qu’il représente pour le groupe avec le soutien que les différentes générations s’apportent. C’est émouvant.

Quant à la romance qui soutient le titre, elle est fort discrète pour le moment, ce qui n’est pas pour me déplaire. Je peste souvent contre les titres qui ne peuvent s’empêcher de nous coller une romance alors qu’une belle amitié suffirait, l’autrice m’a entendue ici. La relation Daisuke – Ono est en statu-quo et on les voit plus amis qu’amoureux, se soutenant dans les moments clés. Daisuke est notamment adorable quand il va voir les parents d’Ono pour combler sa peur de leur parler de ce qui compte pour elle. Alors j’aimerais bien qu’on continue sur cette voie avec de belles relations amicales.

Aozora Yell est une série qui sort du lot au milieu des innombrables romances et histoires lycéennes que nous avons eu en France. Elle traite d’une fanfare, un sujet fort peu connu. Elle met en avant les valeurs de l’effort et de l’amitié, reléguant l’amour loin derrière. Je regrette pour cela qu’elle n’ait pas le succès qu’elle mérite en France car elle met en avant de belles valeurs. Cependant la longueur de la série m’inquiète toujours…

Tome 8

Alors que j’ai appris que la série, malgré sa seconde chance, se vendait toujours très mal chez Panini, je suis triste que les lecteurs fans d’histoires se déroulant au lycée ne lui donnent pas sa chance tant le titre est porteur de belles valeurs entre les mains de beaux personnages.

Après la défaite de la fanfare, les personnages pourraient être au plus bas, mais non, ils ne sont que plus motivés, Ono en tête ! Nous allons donc assister à un tome très axé « fanfare » dans lequel la musique et les relations humaines vont nous offrir de très beaux moments porteurs de belles leçons.

J’ai beaucoup aimé la positivité qui empreint ce titre depuis de le début et c’est encore plus le cas ici. J’ai vraiment trouvé les héros rayonnant et le grand sourire qu’ils affichent sur la couverture reflète bien celui qu’ils ont tout au long de ce volume. C’est lumineux. Ça fait vraiment du bien des héros qui prennent leur passion à bras le corps et donnent tout. Voir Ono s’entraîner à fond avec sa prof est émouvant, on sent qu’elle sue vraiment sang et eau. Et voir Daisuke continuer à l’encourager, parfois même dans l’ombre, fait vraiment chaud au coeur. C’est une très belle dynamique, parfois un peu idyllique mais ça fait du bien aussi d’avoir des titres aussi positifs.

La réalité est cependant bien présente également, avec la jalousie des autres premières années. Ce n’est pas un passage que j’ai beaucoup apprécié, car ça m’agace toujours de voir ce genre de comportement. Cependant, l’autrice gère cela de main de maître. Elle offre la parole à chacun, écoute leurs arguments et récriminations, pour poser les choses à plat et en tirer une leçon qui motivera encore plus l’ensemble du groupe. C’était beau à voir et pour la première fois, comme l’héroïne, j’ai eu le sentiment d’être vraiment face à un ensemble et non pas juste avec un bout de la fanfare. J’espère que cela augure un portrait encore plus fin et complet de celle-ci à l’avenir.

L’autrice nous montre donc une très belle évolution de ses personnages, axée sur leur passion respective pour le moment puisque Daisuke est à fond dans le baseball aussi, mais où sent poindre de plus en plus des sentiments romantiques également. En effet, c’est charmant de voir combien Daisuke évolue dans ce tome. Il semble peu à peu prendre conscience de ses sentiments plus qu’amicaux pour Ono. C’est décrit avec tendresse et subtilité par une autrice qui le regarde comme une adulte regarde un enfant découvrir l’amour. J’adore. Il en va de même pour Ono qui malgré ses sentiments pour lui, commence à remarquer un peu son camarade de fanfare qui grandit et devient plus « homme », en quelque sorte. Serait-ce la naissance d’un futur triangle amoureux ? Voir de carré, si on ajoute la manager de Daisuke qui lui tourne autour ? Dans tous les cas, je sais que ce sera bien géré car tout est bon enfant dans cette série, chaleureux, amical, dans l’affection et la tolérance, et c’est vraiment chouette.

De plus, je trouve le trait de l’autrice vraiment de plus en plus joli. Ses pages sont ultra lumineuses avec une composition parfois plus sobre et aérée. Mais surtout, le changement de coiffure de l’héroïne lui dégage vraiment l’horizon et c’est rafraîchissant, j’adore !

J’ai donc savouré ce nouveau tome comme un petit bonbon acidulé en plein été. C’était frais, doux et pétillant à la fois, plein de jolis moments chaleureux et avec pourtant une belle évolution avec des personnages qui foncent vers leur rêve et s’en donnent les moyen. Une série de qualité à découvrir !

Tome 9

Comme ses héros malgré le manque de succès en France, la série résiste et fait face avec courage, l’éditeur continuant à nous en proposer un tome de temps en temps à un rythme malheureusement ralenti.

Pourtant la série porte de belles valeurs. Dans ce tome, l’héroïne et ses collègues musiciens vont nous montrer toute la force de la musique dans l’adversité. En effet, un drame va se produire et Daisuke va se retrouver blessé à la cheville, l’empêchant de jouer pendant un long moment, alors qu’il était peut-être au pic de son jeu. Dur dur. Pour le soutenir, Tsubasa va alors avoir l’idée de lui offrir une composition de la fanfare car comme le dit si bien Mizushima : « La musique peut devenir une force. Une belle interprétation résonne dans le cœur des gens. ».

Cependant ce drame ne sera pas la seule complication du tome. Les tensions grouillent dans le club de musique de Shirato et en particulier dans le pupitre des trompettes. Les secondes années (= classe de Première en France) cherchent à imposer leur autorité d’aînées et en ont marre des passes droits des plus jeunes. Je trouve franchement ces filles détestables et j’aime assez qu’on ose remettre en question cette règle idiote qu’on doit le respect à ses aînés sans qu’on parle de la réciproque. Ici, ce sera le talent qui fera foi ainsi que la persévérance et je préfère largement ces valeurs-là. Alors bien sûr, l’autrice nous enrobe tout cela dans un discours un peu gnian gnian où il faut tous avancer en unissant ses forces et parler d’une même voix, mais dans la vie, ce n’est pas comme ça que ça marche et ce serait plus honnête de remettre ces filles à leur place !

Romance, sport et musique font donc toujours bon ménage dans cette bluette lycéenne. Si je regrette un baseball toujours autant en retrait pour rapport à la musique et avec des termes assez approximatifs en terme de traduction, ne correspondant pas au credo, j’apprécie de voir la vie de ses lycéens dans le cadre scolaire et extra-scolaire de leur club. C’est beau de voir des jeunes aussi emportés par leur passion et avec l’envie de former des groupes soudés, se soutenant les uns les autres.

Bien que discret, Aozora Yell est donc un joli shojo plein de belles valeurs qui, malgré quelques mélodrames pas toujours bien sentis, met du baume au coeur au lecteur nostalgique de ces années-là.

(Merci à Panini et Sanctuary pour ces lectures)

10 commentaires sur “Aozora Yell : Un amour en fanfare de Kazune Kawahara

  1. Ton avis semble rejoindre celui de L’Apprenti Otaku, notamment sur la bienveillance et la bonne humeur communicative, ce qui ne peut que me séduire : il y a tellement de titres avec du harcèlement ou des personnages méchants à outrance sans raison que la première qualité fait plaisir à voir !

    Aimé par 1 personne

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