Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Aozora Yell : Un amour en fanfare de Kazune Kawahara

Titre : Aozora Yell : Un amour en fanfare

Auteur : Kazune Kawahara

Editeur vf : Panini (shojo)

Année de parution vf : Depuis 2021 (pour cette réédition)

Nombre de tomes vf : 3 / 19 (pour cette réédition)

Histoire : Complexée et timide, Tsubasa Ono rêve d’entrer dans la célèbre fanfare de son nouveau lycée pour y jouer de la trompette. Mais elle n’a jamais joué d’un instrument, et celui qu’elle a choisi n’est pas le plus facile à maîtriser. En plus, l’orchestre de son école est très réputé, seuls les meilleurs musiciens peuvent y accéder. Sa rencontre avec Daisuke Yamada, un sportif accompli et membre du club de base-ball du lycée, va être pour elle une révélation. Elle qui jusque-là avait toujours marché les yeux baissés, relève enfin la tête. Entourée d’une bande d’amis, elle est prête à relever tous les défis.

Mon avis :

Tome 1

Il y a quelques années, Panini avait tenté de publier ce shojo, malheureusement cela n’avait pas dû très bien marcher parce que la série avait été stoppée au bout de 5 tomes. En 2021, avec le changement de direction dans la collection pris l’année précédente, ils se sont décider à relancer le titre, qui a depuis connu entre autre un joli succès au Japon avec une adaptation en film. C’est donc avec de nouvelles couvertures et un nouveau lancement que j’ai pu redécouvrir ce joli shojo lycéen !

Je dois avouer que lors de sa sortie au Japon, à la fin des années 2000, j’avais tenté de découvrir les premiers chapitres de cette série en lisant les scans disponibles sur le net à l’époque, ne croyant pas trop à son arrivée chez nous. Je n’avais clairement pas accroché au style graphique de l’autrice alors, mais heureusement mes goûts ont évolué, et si je continue à trouver ceux-ci un peu grossier et naïf pour moi, j’ai en revanche été totalement emportée par la douce bienveillance de ce titre et la bonne humeur communicative des personnages. Ce fut donc une lecture qui a frôlé le coup de coeur.

Aozora Yell est pourtant un shojo lycéen on ne peut plus classique, avec une héroïne banale, qui comme bien d’autres atterrit dans le lycée de ses rêves poussée par une certaine aspiration, mais qui bridée par son entourage n’ose pas relever la tête et s’affirmer, jusqu’à une rencontre clé !

J’avoue que les premières pages m’ont un peu fait peur. Je craignais de tomber sur une de ces sempiternelles histoires d’amour qui allait éclipser tout le reste, ce dont je n’avais clairement pas envie. J’ai heureusement été bien vite rassurée car le propos de l’autrice est tout autre. En effet, dans ce shojo, elle veut mettre en avant des valeurs qui me touchent et me parlent : l‘acceptation de soi, le courage, la force de caractère, la persévérance et bien sûr la passion ! Pour cela, elle met en scène deux héros extrêmement mignons et attachants : l’une fan de trompette et l’autre fan de baseball, qui vont tous deux se battre pour leur passion.

La série est alors devenue juste trop trop mignonne à lire. Mes appréhensions se sont envolées devant ce titre ultra positif qui m’a beaucoup plu. J’ai toujours aimé les titres sur les passions, mais ici c’est encore présenté sous un autre angle. J’adore aussi les titres sur le baseball, mais encore une fois, ce n’est pas montré tel qu’on s’y attend. La surprise est au rendez-vous sur les deux points que j’attendais le plus. Parfait !

L’angle choisi, c’est celui d’une passion qui se travaille et se mérite, une valeur typiquement japonaise qui me parle également. On suit ainsi une héroïne, Tsubasa, pas douée pour un sou qui part de 0 mais qui donne tout. Son pendant masculin, Daisuke, lui, semble être une sorte de petit génie pour les autres mais c’est uniquement parce qu’il travaille d’arrache-pied. Ce sont donc deux personnages joliment introduits par l’autrice. Cependant, elle ne s’arrête pas là, de leur rencontre naissent des encouragements respectifs qui les tirent chacun vers le haut. Ils se réconfortent aussi mutuellement et cela devient juste terriblement émouvant d’assister à la naissance de leur amitié.

Ce sont des personnages profondément bons et gentils, qui cassent le mythe du badboy ou de la nunuche. D’ailleurs Daisuke, le garçon, a une allure qui rompt avec les codes du genre. C’est quelque chose qu’aime faire l’autrice, cela se retrouve dans l’ensemble de ses titres, que ce soit Koko Debut avec son héroïne « garçon manqué » et son héros tout mou, ou Mon Histoire avec son héros à la mine patibulaire dont l’héroïne toute mimi tombe amoureuse. J’apprécie vraiment ce parti pris. Les premiers personnages secondaires sont également bien travaillés, loin du manichéisme auquel on aurait pu s’attendre ici, tous ont des forces et des faiblesses, mais aucun n’est jamais vraiment méchant. Ce sont tous de beaux personnages et j’ai vraiment apprécié cela.

Ainsi l’autrice met en avant avec eux de beaux messages sur l’ardeur au travail, la persévérance qui porte ses fruits, l’honnêteté, l’importance du dialogue. J’ai beaucoup beaucoup aimé, cela a vraiment raisonné en moi et je trouve important de mettre en avant de telles valeurs auprès des jeunes lecteurs auxquels s’adressent ce titre à l’origine. Cependant, l’ambiance a beau être douce et chaleureuse, la mangaka n’hésite tout de même pas à faire quelques critiques sur certains traits de notre société qui peuvent mettre à mal les personnes au caractère réservé ou un peu fragile. Par exemple à vouloir toujours donner des conseils aux autres pour leur éviter des déceptions on peut décourager les gens. Il ne faut pas se fier aux apparences, elles sont trompeuses. On a le droit d’être ambitieux sans pour autant casser les autres, on peut l’être juste pour progresser soi-même. Etc.

Alors que je partais avec le sentiment que cette série ne serait peut-être qu’une bluette de plus, j’ai vraiment été surprise par son fort potentiel et la beauté de ses personnages ainsi que de ses messages. Ainsi même si sa longueur me fait peur – 19 tomes quand même, ce n’est pas rien ! – j’ai vraiment envie de poursuivre l’aventure !

(Merci à Panini et Sanctuary pour cette découverte)

Tome 2

Après avoir redécouvert la série sous de meilleurs auspices, j’ai poursuivi avec le tome 2 sorti simultanément et je ressors à nouveau toute chamboulée.

Loin du cliché du shojo romantique, nous sommes ici vraiment avec un très beau récit tranche de vie sur des adolescents vivants pour leurs passions et cela n’a rien de facile. A nouveau loin du cliché quand on veut on peut, l’autrice nous montre au contraire la difficulté qu’il y a à atteindre son but aussi bien en musique qu’en sport, et encore plus quand on se croit arrivé. Cela donne une histoire vraiment touchante et émouvante avec de très beaux personnages et de belles valeurs.

La première partie du tome est consacrée à un camp d’entraînement auquel va participer Tsubasa. Pour elle qui est très réservée, ça n’a rien de facile. Elle en vient à se rendre compte que les amis qu’elle s’est fait au lycée sont venus à elle et non l’inverse. Alors quand il s’agit pour elle d’aller vers les autres pour se faire à son tour des amis, c’est très très compliqué. J’ai vraiment été touchée par cette mise en scène car je me suis retrouvée en elle. Ses difficultés à aller vers les autres alors qu’elle le voudrait sont celles de bien des gens et sont parfaitement retranscrites ici avec beaucoup de douceur et de bienveillance mais aucun jugement. L’aide qu’elle trouve auprès de Daisuke m’émeut toujours autant. Ils forment un très beau binôme.

La seconde partie plus tournée vers leurs passions à tout d’eux est également d’excellente qualité. Chacun d’eux trouve des obstacles sur sa route et travaille à les surmonter. L’effort et la persévérance sont vraiment de belles valeurs mises en avant ici. Tsubasa est une débutante, c’est normal que ce soit encore dur pour elle dans son domaine. Daisuke beau pratiquer depuis des années, ce n’est pas pour autant qu’il est au top et peut se reposer sur ses lauriers. On les voit tous deux butter mais se relever, et encore une fois leurs conversations sont de belles sources d’entraide.

Là où l’autrice l’a joué très finement c’est dans le parallèle qu’elle va être amenée à faire entre le but ultime de chacun. Daisuke vise le Koshien, parfait, Tsubasa va avoir elle aussi une compétition en ligne de mire qui va être l’équivalent du Koshien pour les joueurs d’orchestre lycéens. Excellente idée ! Ils partagent ainsi un but commun et on découvre une héroïne de plus en plus avide de performance maintenant qu’elle a mis le doigt dans l’engrenage. C’est très beau de voir cette passion grandir et grandir.

Cependant tout n’est pas tout rose. Daisuke a du mal lors des entraînements. Tsubasa a de plus en plus peur de l’échec. Et c’est cette justesse dans une passion qui n’est pas faite que de moments d’euphorie et de dépassement de soi, mais également d’échecs et de désillusions, qui m’a vraiment séduite ici. L’autrice est vraiment fine.

Avec ce shojo qui se veut classique au premier abord, Panini nous offre en fait une histoire qui se déroule au lycée mais qui ne parle pas d’amour romantique pour le moment mais plutôt d’amitié, de passion et de dépassement de soi dans tous les sens du terme. Je suis touchée par les failles et les faiblesses des héros car ça rend leurs accomplissements encore plus beau. Je suis touchée par leur belle amitié qui rend leurs échanges encore plus profond. C’est vraiment une très belle surprise.

Tome 3

Mignon, mignon, c’est vraiment mignon tout plein et pourtant l’autrice nous fait vivre à sa façon de gentils drames adolescents.

Sur fond de repentir, d’échecs et de seconde chance, ce tome nous fait vivre encore tout un panel d’émotions. Le rythme est plus lent, plus lancinant qu’au début, mais c’est pour mieux nous conduire vers l’apothéose finale qui marque la fin d’un premier arc fort bien pensé pendant lequel l’amitié et la passion de nos héros n’ont fait que grandir.

J’ai été moyennement séduite par la première partie assez dense en texte mais assez pauvre en apport à l’histoire. Nous suivons Tsubasa qui relève la tête et remonte en scelle après avoir échoué à jouer lors d’un spectacle. J’ai été touchée une fois de plus par sa très grande gentillesse et surtout son honnêteté qui la pousse à reconnaitre on ne peut plus facilement ses fautes. Par contre, le ton est doux mais un peu morose, ça manque de peps’. La narration en plus est décousue avec un enchaînement de scènes assez banales qui manquent parfois un peu de liant entre elles, comme si l’autrice avait voulu se faire plaisir avec des petits moments de vie sans lien entre eux.

Heureusement apparait très vite un nouveau but pour nos héros : soutenir l’équipe de baseball qui brille par ses résultats dans le tournoi auquel elle participe. L’histoire change alors de focus. On passe de chapitre très centré sur Tsubasa et la musique à des chapitres dévoilant enfin un peu plus Daisuke qui avait été un peu mis en retrait. J’ai vraiment apprécié de découvrir ce personnage très humble, qui est au clair sur ses capacités par rapport à celles de ses aînés et qui ne cherche pas à époustoufler les autres ou à se vanter.

L’histoire mêle alors très joliment musique et baseball et on assiste pour la première fois à ce que voulait l’héroïne en venant dans ce lycée : encourager en plein air depuis les gradins son équipe et son ami. C’est un moment riche en émotion où c’est vraiment cette fusion des deux genres qui est centrale, car le match en lui-même est peu lisible et peu montré, de même que l’activité de la fanfare seule. Ce sont plutôt les sentiments des personnages qui sont mis en avant et c’est très joliment fait grâce à un dessin doux, poétique et très expressif, où le découpage joue un rôle clé que l’autrice maîtrise à merveille. Chapeau.

L’ambiance douce amère du tome prend tout son sens ici, montrant encore une fois que l’adolescence n’a rien d’une période facile même si on est bien entouré par sa famille, ses professeurs et ses amis. La chute et la révélation finale n’en sont pas vraiment tant on se doutait de comment cela allait se terminer, mais ça n’enlève rien à l’émotion de ces moments, car on s’est attaché aux personnages et on vibre, tout comme on pleure avec eux. C’est charmant.

Troisième tome consécutif qui me fait vivre un très joli moment. Ce shojo change des autres se déroulant au lycée, il me rappelle un peu les titres d’Adachi où la passion pour un sport et la romance se mélangent à merveille sous couvert de belles amitiés également. J’aime beaucoup la douceur, la gentillesse et l’honnêteté des personnages. Ils me mettent à chaque fois du baume au coeur malgré les épreuves.

(Merci à Panini et Sanctuary pour cette lecture)

10 commentaires sur “Aozora Yell : Un amour en fanfare de Kazune Kawahara

  1. Ton avis semble rejoindre celui de L’Apprenti Otaku, notamment sur la bienveillance et la bonne humeur communicative, ce qui ne peut que me séduire : il y a tellement de titres avec du harcèlement ou des personnages méchants à outrance sans raison que la première qualité fait plaisir à voir !

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