Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

L’Homme qui marche de Jirô Taniguchi

Titre : L’Homme qui marche

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur vf : Casterman (écriture)

Année de parution vf : 1995

Nombre de pages : 155

Histoire : L’homme qui marche : c’est celui qui prend le temps de vivre, loin des tracas du monde moderne. Celui qui s’arrête pour regarder un oiseau, aide une vieille dame qui a perdu son chemin ou promène son chien à travers la ville. Un rêveur forcené dont on connaît juste les gestes quotidiens, comme figés dans le temps…

Mon avis :

Depuis quelques années maintenant, je me plais à découvrir la riche de bibliographie de Jiro Taniguchi, un auteur aux multiples facettes.

Dans L’homme qui marche, l’un des premiers titres qu’il a sorti seul puisqu’avant il se contentait de faire les dessins sur les scénarios d’autres auteurs, on retrouve ce qui fera les prémices de ses chefs oeuvres futurs que sont Le Journal de mon Père ou encore Le gourmet solitaire.

Publié entre 1990 et 1991 au Japon, on y découvre l’art à d’apprendre à observer notre quotidien et c’est superbe. Effet apaisant garanti pour ce oneshot de 155 pages composé de 18 courts chapitres d’une dizaine de pages où les planches sont quasiment muettes démontrant qu’on n’a pas besoin de paroles pour en dire long.

C’est un titre au rythme lent et contemplatif qui donne envie de se greffer à la balade toute tranquille que le héros fait régulièrement dans son quartier et les rues de sa ville. Avec poésie, ce dernier observe ce qui l’entoure et nous, lecteurs, nous découvrons un quotidien tout simple le temps d’une balade pour se familiariser au quartier, de sortir faire quelques achats et d’avoir le plaisir de se perdre ou d’acheter un ballon en papier comme autrefois, de faire des rencontres. Seul ou avec son chien, Neige, nous apprenons ou réapprenons le plaisir de flâner et de découvrir ce qui nous entoure. On y admire la nature, la ville, les canaux, les objets peuplant le ciel, la vie du quartier.

L’auteur propose des points de vue à la fois singuliers et connus qui font redécouvrir avec plaisir la beauté dans un quotidien parfois un peu morne, le propos étant de redonner vie à ce qui est ancien, au passé pour en montrer la puissance émotionnelle et la richesse visuelle. Ainsi même si le titre est l’un des plus anciens que j’ai lu de l’auteur, on y ressent déjà l’importance qu’il accorde à la nature qui touche le héros, comme elle nous touche, nous.

Alors tant pis si le trait est moins fins, moins précis, si les décors sont moins détaillés, si les corps sont plus grossiers et les expressions un peu plus figées que ce que je lui connaissais ailleurs. La douce poésie du titre l’emporte et on se laisse bercer par la fragilité et la beauté de la nature de cette petite ville japonaise dans laquelle le héros évolue dans des pages quasi muette mais tellement riche en émotions et en non-dit. Tout un art !

Si vous avez aimé la gourmandise et les flâneries du Gourmet solitaire, vous aimerez les balades apaisantes de L’Homme qui marche.

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12 commentaires sur “L’Homme qui marche de Jirô Taniguchi

  1. Tu l’as lu à l’occasion de la nouvelle édition en sens de lecture japonais ?
    De mon coté je l’ai depuis plusieurs années et c’est un titre que j’aime particulièrement. Il a aussi fait Le Promeneur dans un style similaire mais qui m’a un peu moins parlé, je ne saurai dire pourquoi.

    Aimé par 1 personne

    1. Non, c’est une vieille édition que j’ai chopé en occaz que j’ai lue. Après, je suis habituée à Taniguchi en sens français alors je trouve peu d’intérêt à passer au sens jap ><
      J'avais lu Le promeneur cet été et j'avais tout autant aimé mais dans un genre différent. Les histoires de ce Promeneur ne sont pas des histoires que je garde précisément en mémoire mais l'ambiance, elle, m'avait déjà marquée et donnée envie d'y replonger de temps en temps, pour m'évader ou me détendre. C'était déjà une bien belle réussite.

      J'aime

      1. Sur la question du sens de lecture, je pense comme toi. Comme ses titres les plus importants sont en sens de lecture français chez nous, j’ai l’habitude pour ses mangas de les lire comme ça. Je pense que pour Casterman, c’est surtout une façon de proposer encore un nouveau format pour les ouvrages e l’auteur, j’ai l’impression qu’ils n’arrêtent jamais de faire des nouveaux formats.

        Aimé par 1 personne

    1. Je peux comprendre effectivement que ça ne plaise pas à tous à cause de ça. Moi-même il y a quelques années je pense que j’y aurais été insensible. Heureusement il a plein d’autres titres tout aussi beaux et plus narratifs 😃

      Aimé par 1 personne

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