Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Sarissa of Noctilucent Cloud de Miki Matsuda et Kome

Titre : Sarissa of Noctilucent Cloud

Auteurs : Miki Matsuda et Kome

Editeur vf : Panini (Shonen)

Année de parution vf : Depuis 2021

Nombre de tomes : 4 (en cours)

Histoire : Une mystérieuse créature géante appelée Tensho, vole dans la stratosphère supérieure. On ignore d’où elle vient et ce qu’elle veut, mais on sait qu’aucun être humain ne peut lui résister. Shinobi embarque donc dans l’avion militaire affrété pour détruire la « chose » . La jeune fille est une « Fire ball » , littéralement, un enfant boule de feu. Comme d’autres enfants dans le monde, elle possède un pouvoir mis au service de l’armée.
Shinobi va permettre à l’appareil de détruire l’ennemi potentiel en le rendant invisible, car la jeune fille, souvent trop discrète, a le pouvoir « d’effacer » , de rendre et de se rendre invisible. Seul Dunk, son mystérieux coéquipier est capable de la voir lorsqu’elle utilise son pouvoir.

Mon avis :

Tome 1

Depuis sa remise en route à la fin de l’année passée, Sarissa of Noctilucent Cloud est probablement le premier vrai titre inédit que propose Panini et quel titre ! Les deux auteurs, Miki Matsuda (scénario) et Kome (dessins), remettent au goût du jour les fameux manga à base de robots et/ou gamins avec des pouvoirs surnaturels combattants des envahisseurs extraterrestres.

La dessinatrice, Kome, vient de l’univers des maquettes et des livres illustrés, Sarissa est sa première série en manga. Cela s’en ressent dans le soin qu’elle porte aux scènes de combats et dans les détails des engins qui s’y engagent. Miki Matsuda, elle, s’est spécialisée dans les mangas de genre « mecha » et là aussi elle fait parler toute son expérience ici. Sarissa est donc un titre bien huilé aux mains de deux expertes du genre.

Le titre démarre sur Shinobu, une jeune fille qui se sent invisible aux yeux de tous, qui se retrouve poursuivie par des membres du gouvernement qui veulent l’enlever pour l’impliquer dans une mission top secrète. En effet, son impression d’être invisible est en fait un vrai pouvoir et plusieurs enfants de par le monde, 13 exactement, ont vu le jour le même jour avec d’étranges pouvoirs. Ils ont tous été recruté par la mystérieuse « Mum » afin de lutter contre une menace inconnue de l’humanité mais qui fait des ravages : les Arpenteurs, des créateurs célestes immenses qui vivent dans les plus hautes sphères de notre atmosphère. Ces 13 enfants, appelés Fireballs, sont les seuls à pouvoirs les contrecarrer avec leurs pouvoirs.

Ce début vous rappelle quelque chose ? C’est tout à fait normal, il est dans la droite ligne de ce que l’on connait dans les titres du même genre qui sont déjà arrivés chez nous en France. Est-ce dérangeant ? Absolument pas dans mon cas car cela faisait un moment que je n’en avais pas lu, alors je suis ravie de replonger dans ce genre d’univers.

Le premier tome est une longue mise en bouche dans laquelle les auteurs nous font plonger tête la première dans les mystères de cet univers. L’héroïne se fait brutalement enrôler de force et doit directement participer à son premier combat. Nous découvrons rapidement à ses côtés la menace qui pèse sur l’humanité et comment les gouvernements du monde entier réussissent à répliquer à l’aide de ces fameux enfants. Au fil des chapitres, nous en apprenons un tout petit peu plus sur l’organisation, les autres enfants, les méthodes de combats, etc. Mais c’est encore très très succinct.

Le titre m’a fait bonne impression d’emblée. J’en ai aimé le rythme alternant phase de combats et phase de développement des personnages. Même si ceux-ci sont très mal dessinés, ne nous le cachons pas, l’autrice débute dans le genre et c’est plus plus qu’approximatif pour ne pas dire vide et maladroit…, ils proposent déjà des thématiques intéressantes. Il y a l’héroïne et son sentiment d’abandon. Il y a son coéquipier Danke et leur relation qui reproduit celle d’un parent et d’un enfant mais pas que. Il y a aussi la solitude des autres Fireballs. Et probablement bien d’autres thèmes qui vont être développés par la suite.

Du point de vue de l’univers, je suis forcément intriguée par ces Arpenteurs célestes, dont j’ai aimé le design évanescent et effrayant en même temps par leur gigantisme. Les combats aériens sont bien menés mais ils regorgent d’acronymes, pour faire genre, qui surchargent la narration et qui ne sont pas toujours utiles. J’avais trouvé Tenjin, dans le genre combats aériens, bien plus digeste lors de ces phases-là et plus intense également. Ici au final quand on y regarde bien peu de cases à chaque fois y participent vraiment. C’est un peu léger pour l’instant.

Cependant quand je compare le titre à ses aînés chez nous, je pense bien sûr à Evangelion et Bokurano, je dois avouer que je le trouve un peu lisse. Il semble, pour l’instant, surtout cocher les cases d’un cahier des charges mais il lui reste encore à affirmer sa singularité.

Sarissa of Noctilucent Cloud propose donc une jolie entrée en matière intrigante pour les fans de mangas en manquent d’histoires de mecha à la Evangelion ou Bokurano. Cependant ne vous attendez pas pour le moment à la richesse et à la profondeur de ces deux titres, nous sommes sur quelque chose de beaucoup plus lisse. Mais le titre renferme de belles promesses du côté de ses personnages, je demande donc à voir.

Tome 2

Après un premier tome qui offrait une entrée en matière intrigante dans un univers aux inspirations familières, il fallait pour moi que l’auteur fasse ses preuves sur la longueur. Même si je sais que ça n’a pas plu à tous les lecteurs, j’ai pour ma part apprécié le temps qu’il prend à lentement étoffer celui-ci dans ce tome.

Dans ce tome Miki Matsuda reprend les mêmes ingrédients que précédemment, à savoir l’affrontement entre ses jeunes enfants aux pouvoirs surnaturels et les arpenteurs célestes. A chaque nouvel affrontement, il en profite cependant pour nous présenter un nouvel enfant et/ou une nouvelle nation, ce qui nous permet de voir les différentes formes de réponses apportées par les gouvernements et l’aide qu’ils apportent ou non volontairement ou pas à l’organisation de Mum. C’est un déroulé assez classique, qui demande peu d’investissement et pourtant que j’ai trouvé efficace parce que l’auteur tient compte à chaque fois des particularité du pays et du peuple mis en scène, mais aussi parce que ces nouveaux personnages qu’on croise ont tous vécu des pertes ou des choses tristes. Du coup, ça a bien fonctionné sur moi.

Alors oui, je reconnais, la trame principale avance peu. On n’en sait toujours pas plus sur les arpenteurs. On a encore et toujours la même solution pour les affronter et pas plus. La population n’est toujours pas au courant de leur existence. Mais l’héroïne fait de belles rencontres qui la font un peu grandir, que ce soit en Russie ou sur l’île même où elle se trouve où elle croise une figure de son passé. Son instructrice Mme Fushiki se dévoile elle aussi et est assez badass dans son genre. C’est vraiment intéressant dans le genre.

Mais clairement ce qui m’a le plus plu encore une fois, ce sont les affrontements dont j’aime beaucoup la mise en scène. Là où les dessins de la mangaka sont plus que moyens quand il s’agit de faire le portrait d’hommes et de femmes ou de mettre en scène le quotidien, quand les affrontements ont lieu ils prennent une toute autre dimension. J’adore le design des différents Arpenteurs, celui des avions de guerre est également très réaliste et cela confère une puissance à ces scènes qui est absente du reste.

Ainsi même si le mystère perdure et qu’on n’assiste qu’à une faible évolution de l’héroïne, les rencontres qui ont lieu, le petit tour du monde qui est entamé et surtout les scènes de combat qui ravissent mes yeux, continuent de me donner envie de poursuivre cette série un brin atypique.

Tome 3

Série toujours aussi dense et confuse, ce troisième tome présente cependant une surprise intéressante qui rompt avec le schéma précédemment installé.

Depuis le début, nous suivons un(e) élu(e) confronté(e) à une créature semblant menacer la Terre qu’il faut affronter. A chaque créature ou presque l’occasion de rencontre l’un ou l’une d’entre eux. Le dernier en date, Ben, qui est capable de se téléporter n’importe où par la pensée est envoyé en mission avec Shinobu. Mais l’affrontement ne va pas se passer comme prévu.

Dans ce titre de SF largement inspiré d’Evangelion (sur lequel j’ai écoute une émission très intéressante le 18 juin sur France Culture, pour les amateurs de podcast), les fans de combats aériens sont une nouvelle fois à la fête dans cette suite. C’est vraiment l’un des gros points forts pour moi. J’adore leur mise en scène graphique mais aussi l’utilisation des termes techniques justes, apparemment d’après mes pauvres connaissances obtenues sur Tenjin >< Les combats sont palpitants et claques à l’écran ou plutôt sur les pages.

Mais là où l’auteur est malin cette fois, c’est qu’il casse les codes qu’il a lui-même installés. Tout commence comme d’habitude, alors on ne se doute de rien, mais tout va dérailler au moins où on pensait que c’était gagné. Le titre dévie alors et gagne une nouvelle dimension inattendue. Nous découvrons une créature en exil dans les hautes strates de l’atmosphère, qui semble être au courant de bien des choses. L’auteur développe son univers, non pas vers une voie surprenante, car en introduisant ces créatures c’était sûr qu’on allait en venir à parler de leurs origines possibles, mais plutôt en évoquant un lien entre elles, ses créateurs (?) et Danke, le tout avec l’ombre de Maman qui plane et semble au courant de bien des choses. Le mystère est complet.

Cet épaississement du mystère est donc amené de main de maître, de manière inattendue et maîtrisée. J’ai presque retrouvé une aura à la Ulysse 31, du moins ça m’a rappelé certains épisodes où l’on retrouvait le même espace vide, le même sentiment d’omniscience au-dessus de nous, et nous tout petit et faible en-dessous. Le milieu du tome dépayse donc totalement et nous envoie sur de nouvelles pistes de réflexions autour de ces anciennes créatures qui vivaient sur Terre autrefois, auxquelles ressemble Danke et qui connaissaient les Arpenteurs. Le rôle de maman est aussi interrogé et interpelle, vu son rôle en coulisses et son intervention ici. Cela place de nouveaux éléments pour une suite, qui je l’espère, va rompre avec le schéma qu’on connait.

Ce schéma qui malheureusement revient dans les ultimes pages avec l’introduction d’un nouveau personnage tout feu tout flamme, une nouvelle Elue, dont on commence à découvrir le passé traumatique. Ça m’a amusée de la voir en France avec son acolyte Bertrand, ancien membre de l’extrême-droite. Alors oui, c’est encore bourré de clichés sur les Français, mais c’est drôle ^^! La seule chose un peu fort de café, c’est quand un Japonais dit que la France a un problème avec le racisme, je pense qu’il serait bon de balayer devant leur porte. Heureusement l’auteur est plus malin que ça et effectivement il développe ce thème.

Car oui, le racisme est l’une des clés du titre. L’auteur dénonce toute forme de rejet envers quelqu’un de différent, qu’il soit femme, handicapé, étranger ou juste différent. Il fait en plus le lien avec l’utilisation faite des gens par intérêt, ici des enfants, et la façon dont on considère systématique l’autre comme un ennemis, ici les Arpenteurs, alors que peut-être c’est nous qui empiétons sur son espace et sommes à l’origine de tout. C’est un thème qui me parle.

Ainsi, malgré des dessins toujours faiblards et une mise en scène qui tente un peu trop à se répéter, donc à devenir lassante, Sarissa propose tout de même une évolution séduisante et pertinente qui, comme souvent en SF, nous pousse à nous interroger sur notre monde actuel avec le prisme de cette épopée fictionnelle où on combat de drôles d’envahisseurs potentiels. Si le titre peine un peu à trouver sa vitesse de croisière, ce qu’il montre ici donne quand même envie de lui laisser encore une chance.

Tome 4

Malgré des couvertures, qui chaque fois nous indique bien quel est le nouveau fireball que nous allons suivre, mon sentiment de confusion persiste à la lecture et autant j’adore tout ce qui est combat, autant je reste perplexe pour le reste…

Dans Sarissa, Miki Matsuda et Kome propose vraiment une intrigue qui se veut ambitieuse, tellement qu’à chaque étape nous avons des notes (à lire en fin de tome) pour éclaircir ce qu’elles n’ont pas pu rendre dans la narration naturelle de l’intrigue. Mais du coup, cela rend la lecture brouillon. Les transitions sont mal négociées et on cherche encore et toujours des enjeux autres que de battre chaque Arpenteur qui se présente.

Nous avions eu une brève avancée précédemment avec la découverte des Anciens, ce peuple qui étaient là autrefois et dont seul un héritier semble encore nous surveiller depuis l’espace, mais celui-ci est fort ambigu. On avait découvert que Danke en était aussi l’héritier et dans ce tome, nous tombe dessus une sorte de compagne pour Danke, qui comme lui, aurait cet héritage dans son sang bien qu’elle soit en partie humaine. C’est surprenant. J’aime que les autrices tentent de développer le background de l’histoire de cette façon mais reste que j’en vois pas les finalités.

Nous sommes encore et toujours dans le même schéma : des fireballs aidaient par leur compagnon à lutter contre les Arpenteurs sur lesquels ils tombent. Certes on voyage – c’était cool d’entendre parler de la France -, certes on fait des rencontres – j’ai aimé la jolie relation entre Daphné et Bernard -, certes on a des combats qui claquent – j’aime toujours autant le design des vaisseaux et autres armes que les autrices imaginent avec en plus des références à des oeuvres cultes comme Gundam – mais ça en reste là, ça ne décolle pas, ça ne s’agglomère pas pour donner quelque chose de plus dense et consistant, ce qui commence à me peiner.

Seule évolution notable dans ce tome, l’arrivée d’une nouvelle « Ancienne » comme Danke, qui va déclencher la jalousie de Shinobu, qui va se mettre à réfléchir sur Danke et sa relation à ce dernier, mais c’est tout. C’est une évolution psychologique et moi j’attendais plutôt une évolution de l’intrigue.

Un petit sentiment de frustration né peu à peu en moi à la lecture de cette série dont les autrices n’exploitent pas le plein potentiel. J’adore l’ambiance combat contre des aliens ou autres créatures inconnues avec ces super design de mecha. J’aime découvrir de nouveaux fireballs qui à chaque fois sont de pauvres gosses qui n’ont pas eu la vie facile. J’aime les interactions entre ceux-ci et leurs acolytes. Mais j’attends quelque chose en plus qui ne vient pas…

(Merci à Panini et Sanctuary pour ces lectures)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

B lecture

6 commentaires sur “Sarissa of Noctilucent Cloud de Miki Matsuda et Kome

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s