Livres - Classique

Lettre d’une inconnue suivi de Trois nouvelles de jeunesse de Stefan Zweig

Titre : Lettre d’une inconnue suivi de Trois nouvelles de jeunesse

Auteur : Stefan Zweig

Editeur vf : Robert Laffont (Pavillons Poche)

Année de parution vf : 2013

Nombre de pages : 85

Histoire : Le jour de ses quarante et un ans, un écrivain viennois reçoit une lettre d’une femme qui l’aime passionnément depuis son adolescence et qui, sur son lit de mort, désire lui raconter cet amour qui la consume encore. Elle l’a aperçu pour la première fois seize ans plus tôt, alors qu’il emménageait dans l’appartement face au sien, où elle vivait avec sa mère. Pour la jeune fille de treize ans, ce fut un coup de foudre et le moment où sa vie commença réellement.
Lettre d’une inconnue est le récit d’une des grandes passions de la littérature du XXe siècle et une des nouvelles les plus célèbres et les plus intenses de Stefan Zweig. Avec humanisme, l’auteur y dépeint l’amour absolu d’une femme pour un homme insouciant.
Les trois textes de jeunesse qui suivent, « Rêves oubliés », « Deux solitudes » et « Jeunesse gâchée », essentiels à la connaissance de l’oeuvre de Zweig, contiennent déjà les thèmes de ses meilleurs récits : le rêve, la rencontre, la désillusion, le suicide.

Mon avis :

J’ai redécouvert Stefan Zweig il y a quelques années avec Le joueur d’échec, une nouvelle qui m’avait époustouflée par son brio dans sa narration. Il est depuis devenu une valeur sûre pour moi dans ce format et avec ma résolution de me remettre à lire plus de classique, c’est naturellement que j’ai eu envie de le retrouver.

En fan d’histoires d’amour un peu tragiques, j’ai de suite été attirée par Lettre d’une inconnue, une nouvelle de 45 pages où il met en scène la tragédie d’un amour à sens unique poussé à son extrême. C’est superbement écrit, d’une façon très brute, presque brutale dans ce qu’elle raconte et pourtant c’est également d’une grande poésie et modernité. La plume toujours incisive de Zweig disséquant avec justesse et puissance cet amour étrange.

L’héroïne de l’histoire, c’est la lettre écrite par cette inconnue, qui pourtant ne devrait pas l’être pour celui qui la lit. Elle est d’une superbe tragédie et d’une grand humanité. Les sentiments qui se déversent en noue nous serrent à la gorge tant on ressent tout l’amour et la détresse de cette femme, qui a tout voué à cet amour plutôt qu’à l’homme qui en était l’objet. C’est étrange et singulier, c’est ce qui fait la force de cette nouvelle. Elle nous bouleverse et nous émeu, changeant à jamais notre vision de l’amour à sens unique, du moins le mien.

Pour autant, l’auteur ne rend pas cette histoire « belle », au contraire. Il flirte avec des registres et des ambiances tous sauf romantiques voire même plutôt sordides. L’amour n’est pas beau. Il est sale et rude, âpre et douloureux, mais toujours magnifié sous sa plume si juste.

Les textes qui suivent cette nouvelle si marquante sont bien plus courts, moins de 10 pages chacun, mais ils ont aussi une aura forte et on sent déjà en eux la richesse de la plume et des thèmes de l’auteur, qui en donnant l’impression de flâneries classiques, proposent en fait des textes bien plus forts.

Dans « Rêves oubliés », il est question de mariage d’intérêt et d’idéaux le temps d’une rencontre furtive presque évanescente qui m’a fait penser à Call me by your name. Dans « Deux solitudes », ma préférée des trois, ce sont deux êtres qui ont un handicap physique sujet de moqueries et de complexes, qui se trouvent. Quant à « Jeunesse gâchée », elle parle de la frustration de rester sur les bancs de l’école plutôt que de partir à la découverte du monde, elle donc pleine de fougue.

Ce sont des textes courts mais qui racontent vraiment quelque chose et où on sent déjà la force de la plume de Zweig en l’espace de quelques lignes.

Avec ce court recueil proposé à tout petit prix par Robert Laffont, sous une superbe couverture au passage, je continue à découvrir encore et encore de nouvelles facettes de l’écriture de Zweig et je suis toujours aussi séduite !

13 commentaires sur “Lettre d’une inconnue suivi de Trois nouvelles de jeunesse de Stefan Zweig

  1. C’est avec Lettre d’une inconnue que je suis tombée vraiment vraiment sous le charme de la plume de Zweig. Ça reste encore sa nouvelle préférée grâce cet amour, voire cette abnégation totale de cette femme. Je n’ai pas lu les autres qui accompagnent ton livre, dans mon édition j’avais aussi Amok et La Ruelle au clair de lune qui parle toutes trois de passion et de folie mais dans un registre différent.

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