Livres - Jeunesse / Young Adult

The Last Hours / The Mortal Instruments : Les dernières heures de Cassandra Clare

Titre : The Last Hours

Auteur : Cassandra Clare

Editeurs vo : Margaret K. McElderry Books / Simon & Schuster

Année de parution vo : Depuis 2019

Nombre de tomes vo : 2 (en cours)

Histoire : Et si tomber amoureuse était plus compliqué que de combattre les créatures des ténèbres ?
Cordélia Carstairs imaginait son avenir tout tracé : s’entraîner dur pour devenir une Chasseuse d’Ombres et protéger le monde. L’arrestation de son père va tout remettre en question. Accompagnée de son frère, la voilà à Londres pour tenter de le tirer d’affaire. Là-bas,
elle renoue avec James et Lucie Herondale, ses amis d’enfance.
Bientôt, Cordélia se retrouve entraînée de bals en missions secrètes… tout en essayant de réprimer ses sentiments naissants pour James, déjà engagé. Pendant ce temps, le danger rôde. Quand une série d’attaques démoniaques d’une ampleur inédite met la ville à feu et à sang, Cordélia et ses amis décident d’agir. Mais comment écraser l’ennemi lorsqu’il est invincible ? Et qui est derrière ces attaques ? Une autre question se fait obsédante : ont-ils les qualités pour être des héros ?

Mon avis :

Tome 1: Chain of Gold (La chaîne d’or)

Je suis une fidèle de la première heure de l’univers de TMI (The Mortal Instruments). J’ai lu avec plaisir l’ensemble des sagas de l’autrice lors de leur parution chez nous, allant même jusqu’à basculer en vo depuis sa saga précédente pour laquelle j’avais eu un grand coup de coeur. J’attendais donc la nouvelle avec grand impatience, impatience qui n’a pas été totalement comblée malheureusement.

Pour replacer un peu la nouvelle trilogie dans son contexte, celle-ci prend place juste après The Mortal Instruments : Les origines ou The Infernal Devices en vo, la saga la plus ancienne d’un point de vue chronologique. On y retrouve les enfants des héros d’alors qui sont devenus grands et qui vont eux aussi être confrontés à une nouvelle menace.

Dans la forme, cette nouvelle saga n’a pas à rougir par rapport aux précédentes. On y retrouve les mêmes ingrédients à savoir un univers solide dans lequel on recroise toutes les familles désormais bien connus du monde des Shadowhunters, ses chasseurs de démons bénis par les Anges. Il y a toujours ce mélange d’aventures de fantasy urbaines et de romance sur fond de multiples triangles (et +) amoureux qui occasionnent bien des drames et des déceptions. Tout est fait pour que les fans des premières sagas soient contents de replonger une nouvelle fois dans l’univers. Et je l’ai été, enfin jusqu’à un certain point…

Si la plume de Cassandra Clare est toujours la même, simple et addictive à lire, il y aurait beaucoup à dire sur les problèmes de rythme qu’elle rencontre dans ce premier tome et qui m’ont vraiment gâché ma lecture par moment… En effet, l’autrice s’attarde beaucoup trop sur la mise en place de son univers pourtant bien connu des lecteurs et comme en même temps elle veut leur faire plaisir en réutilisant TOUTES les familles et personnages possibles déjà croisés, cela rend ce premier tome extrêmement lourd à lire parfois. J’ai eu beaucoup de mal au début à suivre la multitudes de personnages présentés, trop à mon goût, à me rappeler qui était qui, qui appartenait à quelle famille, quels étaient déjà les liens exacts entre chaque famille et ce que chacun avait fait. Parce que oui ça avait une importance pour l’histoire, je le sentais bien, il faut être au clair avec l’ensemble pour pleinement savourer cette lecture. Or quand comme moi on a lu les sagas au fur et à mesure de leurs sorties, ça remonte et c’est tout sauf simple.

J’ai de plus été trompée sur l’héroïne de l’histoire dans un premier temps. Je pensais qu’on allait se focaliser sur les enfants de Will et Tessa, héros de The Infernal Devices. Mais non, c’est Cordelia, la rejetonne Carstairs, qui va être la vraie héroïne. Je vais être honnête, au début, aucun personnage ne me plaisait vraiment. Je les trouvais très lisses et les aventures se déroulant dans un faux cadre victorien créaient un décalage tout sauf savoureux cette fois. Je n’étais vraiment pas dedans. Les amours romantiques – oui, oui, romantique à la Alfred Musset qui pleurniche tout le temps … – des jeunes héros m’ont insupportée dans un premier temps. Je trouvais que tout manquait vraiment de finesse et que l’autrice n’innovait en rien, ni ne m’emportait comme elle avait pu le faire avec le drame de The Dark Artifices et sa Horde Sauvage.

Sauf que malgré ce mauvais départ, comme je suis têtue, j’ai insisté et petit à petit j’en suis venue à plus apprécier ma lecture même si on reste loin du coup de coeur des sagas précédentes.

Il y a d’abord une intrigue multiple classique mais séduisante même si elle emprunte à ce que l’autrice a déjà écrit. Des démons s’en prennent d’un coup mystérieusement aux Shadowhunters londoniens sans qu’on sache pourquoi et ce faisant ils en tuent ou infectent pas mal. Il faut donc les éliminer, en trouver la racine et trouver un antidote. En parallèle, James le fils de Tessa recherche qui est son grand-père démoniaque et se retrouve mêlé à une drôle d’histoire à cause de la fille qu’il aime ; tandis que sa soeur Lucie cherche à aider un mystérieux fantôme de la même famille que cette dernière. L’ensemble se mixe bien, dans un rythme un peu lent et décousu au début plombé par la mise en place, mais qui s’accélère ensuite pour un final qui dépote. Cependant l’autrice utilise énormément de grosses ficelles et autres raccourcis… Ce n’est donc quand même pas le point fort de cette lecture.

Non, ce qui accroche vraiment au fur et à mesure, ce sont les personnages. C’est classique mais ceux-ci se révèlent tous bien plus fins et complexes qu’annonçait. J’ai particulièrement aimé le groupe central des ados qui partent à l’aventure formé par James, Lucie, Matthew, Thomas, Christopher et Cordelia. Même si elle est une mauvaise copie de sa descendante de The Dark Artifices Cordelia fait une belle guerrière farouche avec Cortana et ses sentiments pour James sont touchants. C’est elle qui vient animer tout ce groupe d’amis un peu moribond. J’ai adoré Lucie, ses pouvoirs, son indépendance d’esprit, et sa relation avec le fantôme de Jesse. J’ai encore plus aimé Matthew, le parabatai de James, qui est le beau gosse torturé de l’histoire. L’autrice en a sous le pied avec lui et laisse entrevoir plein de mystères alléchants autour de lui. James en revanche m’a agacée ou énervée la plupart du temps. Il est trop l’archétype caricatural du héros romantique… A l’inverse, il y a de belles promesses chez Thomas, le gay refoulé et chez Alastair, le frère de Cordelia, l’ancien tourmenteur qui voudrait se repentir et souffre d’un drame familial.

La famille est d’ailleurs un sujet clé de cette histoire. L’une des grandes méchantes l’est à la suite d’un drame familiale atroce. L’autre grand méchant compte jouer sur ce sentiment pour pouvoir se faufiler et semer la zizanie et pire. Tous nos petits héros ont des casseroles dans les placards de leurs familles et on est bien loin de l’image de l’élite dorée qu’ils donnent.

Les relations qui se tissent peu à peu entre eux sont un autre gros point fort tout comme les mystères qui les accompagnent. Il y a un entremêlement de sentiments plus complexes les uns que les autres qui les relient, les nouent et les attachent parfois. J’ai aimé les informations distillées en fin de volumes concernant James et Grace. Je suis ultra curieuse en ce qui concerne Matthew et son addiction à l’alcool. Il me tarde de voir ce que Lucie va décider pour la suite, de même que le chemin que vont prendre Thomas ou encore Alastair. Il y a beaucoup de non-dits entre les personnages qui pourrissent leurs relations au lieu de les renforcer mais qui promettent de belles confrontations. Il y a des passifs assez lourds entre certains. Mais ce qui est certains c’est que de beaux liens les unissent que ce soit de nature sentimentale et familiale. On ne peut qu’être touché par la camaraderie de ces Merry Thieves et des familles Herondale, Carstairs et Lightwood.

Pour terminer, Cassandra Clare se fait forte de proposer un univers diversifié, même si pour l’instant on est très centré sur nos jeunes Shadowhunters. Elle met aussi en scène des créatures fantasmagoriques et démoniaques. Elle aborde les questions du métissage ainsi que de l’identité sexuelle avec des personnages homosexuels, bisexuels, pansexuels,… Elle met aussi bien en avant des hommes que des femmes fortes. Ses héros sont d’origines diverses et variées, un tel vient d’Angleterre, un autre d’Asie, une autre du Moyen-Orient. Et tout cela se fait tellement naturellement que contrairement à d’autres titres on sent que ça vient d’elle et que ça ne répond pas à une demande marketing (désolée mais c’est ce que j’ai ressenti dans l’adaptation TV des Bridgerton par exemple ><). Ici, c’est pensé, bien amené, bien travaillé et donc parfaitement intégré.

Alors même si je ressors un peu mitigée de cette lecture pour laquelle j’aurais aimé avoir un coup de coeur mais qui ne fut qu’une longue (trop longue ?) mise en place, j’ai le sentiment qu’elle est aussi pleine de promesses pour la suite. Une suite qui, je l’espère, saura porter comme il faut cette histoire aux relations si belles et si riches, qui pour le moment m’intéressent bien plus que la trame fantastique de fond.

Tome 2 : Chain of Iron

Après un premier tome sympathique mais pas à la hauteur de mes attentes, j’ai donc rempilé tant que la mémoire m’était fraiche et j’ai enchaîné avec ce deuxième tome même si je vais maintenant devoir attendre un petit moment avant d’avoir la suite et fin.

Avec cette saga, j’ai fait mon deuil des précédentes que j’avais tant aimées et qui furent des coups de coeur. Ici, Cassandra Clare est en pilote automatique permettant à ses fans de prendre plaisir à voir la mythologie de son univers s’élargir et s’approfondir encore, mais manquant cruellement de souffle et de passion, car tout comme son héros dont les sentiments sont étouffés, ceux des personnages semblent bien fades et tièdes à mes yeux. Alors oui, c’est une bonne lecture qui tient en haleine, mais ce n’est pas une lecture qui me fait vibrer…

Dans ce deuxième tome, il faut d’abord noter que l’autrice prend son temps pour nous faire re-rentrer dans l’histoire. Pourtant, celle-ci prend suite directement après les bouleversements de la fin du premier tome : mariage rapide entre James et Cordelia pour cacher un scandale, emprisonnement de la mère de Grace, retour du bracelet de Grace autour du poignet de James. Malheureusement toute la première partie se traine en longueur. La cause ? Le mariage soi-disant sans amour de James et Cordelia, et les remords de cette dernière. L’autrice en fait trop et on s’ennuie, surtout qu’elle reprend – mal – tous les poncifs du genre de la romance victorienne.

Heureusement en parallèle, de nouveaux mystères se développent et vont très vite capturer notre attention. Il y a d’un côté Lucie, qui fait désormais équipe avec Grace, pour tenter de ramener à la vie Jesse, dont elle est tombée amoureuse. Il y a également de mystérieux meurtres de Shadowhunters qui se produisent la nuit quand les victimes se promènent seules en ville. Ces deux éléments vont petit à petit permettre d’accélérer le rythme de l’intrigue et rendre celle-ci bien plus intéressante à suivre. Certes, on devine assez vite certains des rebondissements ou des aboutissements mais cela n’empêche pas l’aventure d’être diablement sympathique à suivre.

Ce qui rend la lecture si agréable ? L’alchimie qui se crée entre l’ensemble des personnages qui forment une petite bande d’amis chaleureuse à suivre. Alors certes, il y a des dissensions et des secrets entre eux mais ça crée une bonne dynamique. Ainsi, même si je n’ai pas toujours beaucoup aimé le côté romantique de leurs histoires, notamment parce que la romance principale me semble terriblement fade et maladroite dans son écriture, ou encore parce que les sentiments interdits d’autres m’ont semblé tellement évidents que ça enlevait tout le sel, j’ai quand même beaucoup aimé les suivre dans leur quotidien. L’autrice ne leur épargne aucune épreuve. Ils sont à nouveau rapidement touché par les drames qui se jouent, soient en perdant des proches, soient en se sentant coupables de ce qui se passent. Ils ne peuvent donc que se sentir obligé d’agir.

C’est dont un nouveau groupe de jeunes Shadowhunters que l’on suit dans leur enquête pour découvrir qui commet ces meurtres mais également dans leurs propres histoires secrètes qui se déroulent en parallèle, chacun ayant droit à son développement. James s’interroge sur ses liens avec Belial et leurs conséquences. Cordelia se rend compte que quelque chose cloche avec son épée, Cortana. Matthew devient son ami et protecteur le plus proche, Lucie étant occupée par ses histoires de fantômes et la découverte de ses pouvoirs sur eux. Alastair tente de se racheter et se rapproche de Thomas. Anna redécouvre l’amour dans les bras de son ancienne amante. Seul Christopher semble laissé de côté, oublié dans son développement et ses interaction, c’est dommage. Mais malgré tout quand quelque chose se produit, ils se rassemblent toujours très vite pour agir ensemble et se soutenir, et ce même si les choses changent pour chacun, chacun avançant un peu plus vers l’âge adulte et les responsabilités qui en incombent.

Les anciennes générations sont toujours là en coulisses et participent au récit même si c’est de loin, et l’autrice soigne également les lecteurs ayant découvert les futures générations avec des petits clins d’oeil à certaines intrigues futures, n’est-ce pas Malcom 😉

L’intrigue gagne ainsi peu à peu en complexité et en caractère. Il faut juste parvenir à laisser de côté l’aspect sentimental assez mal maîtrisé, fade et souvent répétitif, donc lassant, parce que l’enquête paranormale, elle, est bien plus sympathique à suivre. L’autrice fait appel à la légende de Jack L’Éventreur qu’elle détourne à sa sauce de manière savoureuse, avec ces très courts chapitres où l’on se coule dans la peau du meurtrier. Elle mélange cela avec la mythologie des anges et des démons propres à l’univers des Shadowhunters, en ajoutant une touche ésotérique supplémentaire avec les fantômes et la nécromancie. C’est bien pensé et ça apporte un tout petit peu de nouveauté dans une saga qui commence à se faire longue et donc devient compliquée à renouveler.

Ce tome du milieu, place qui n’est jamais facile dans une saga, est parvenu à plus m’intéresser que le premier en ce qui concerne l’intrigue principale. L’avancée complexe des personnages dans l’âge adulte, l’âge des responsabilité, continue. Je regrette juste que les romances principales ne soient pas à la hauteur de mes attentes et ne me fassent pas vibrer comme dans les trilogies précédentes de l’autrice. C’est vraiment ce qui me manque à l’heure actuelle et c’est dommage parce qu’il y a un potentiel certain dans celles des personnages secondaires lgbt à revanche. On sent tout de même que Cassandra Clare commence à s’essouffler dans cet univers qu’elle a développé et développé encore au fil de ses trilogies. Peut-être serait-il temps d’arrêter ensuite ? ^^!

B lecture

12 commentaires sur “The Last Hours / The Mortal Instruments : Les dernières heures de Cassandra Clare

  1. bonjour, comment vas tu? je connais ces livres surtout pour leur adaptation netflix que j’ai adorée. j’ai ainsi commencé la lecture des romans avec les trois ou quatre premiers tomes qui les ont inspirés. mais j’ai acheté ce nouveau tome pour la suite. il est dans ma pal. passe un bon mardi et à bientôt!

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  2. Chapeau bas pour la lecture en VO. L’univers est si détaillé et dense que j’avais tenté avec le premier tome de Renaissance pour ne pas attendre mais je m’y suis vite perdu.

    Il est vrai que ce premier tome est très introductif et je l’ai aimé surtout grâce au style totalement addictif de Cassandra Clare. Pour le moment, les premiers arcs chronologiques sont ceux que j’apprécie le moins et comme toi, j’ai eu un coup de cœur pour Renaissance !

    Aimé par 1 personne

  3. Je n’ai lu que la série principale il y a très longtemps (donc je ne me souviens plus des détails) mais j’ai l’impression que l’auteure réutilise toujours la même recette 🤔 Au final j’ai du mal à voir si une des autres séries dans le même univers est vraiment mémorable et originale …

    Aimé par 1 personne

    1. Tu n’as pas tort, c’est un peu toujours la même recette. Chez moi ça fonctionne parce que j’arrive à m’attacher aux personnages et que j’aime retrouver des membres des familles croisées mais je peux comprendre si ça lasse ^^!

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