Livres - BD / Illustrations

Alicia, Prima Ballerina Assoluta d’Eileen Hofer et Mayalen Goust

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Titre : Alicia, Prima Ballerina Assoluta

Auteur : Eileen Hofer et Mayalen Goust

Editeur : Rue de Sèvres

Date de parution : 14 avril 2021

Nombre de pages : 144

Histoire : Portrait de l’intrigante danseuse étoile Alicia Alonzo et de Cuba post-révolution où la dictature a fait du ballet national, son meilleur instrument de propagande.

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Mon avis :

Après Les Indésirables qui m’avait découvrir les camps pour Japonais aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, Rue de Sèvres récidive en utilisant cette fois une figure connue de la danse classique pour nous faire découvrir la vie à Cuba sous le régime des frères Castro.

Aux manettes de cet album, Eileen Hofer et Mayalen Goust. La première s’est déjà intéressée à la question dans un documentaire diffusé il y a quelques années et salué par la critique. La seconde, elle, après avoir surtout travaillé comme illustratrice chez Le Père Castor, s’est lancée dans la BD il y a une dizaine d’années avec l’adaptation des Colombes du Roi-Soleil, puis avec ses propres séries Kamarades et Vies volées.

Ici, dès la couverture, le ton est donné. Sous le beau soleil de Cuba, nous allons suivre le destin hautement politique d’une ballerine exceptionnelle. La couverture reprend à merveille les teintes des illustrations que nous allons découvrir à l’intérieur, le tout avec des marqueurs forts : le drapeau cubain, l’étoile de la révolution, une ballerine noire et des palmier. Tout y est.

Malgré tout, j’ai été surprise par l’histoire, une histoire authentique qui repose sur la vie d’une célèbre ballerine cubaine : Alicia Alonso, devenue malgré sa cécité grandissante une des ballerines les plus exceptionnelles de sa génération et de ce fait un instrument de propagande parfait pour le régime castriste. En faisant quelques recherches au cours de ma lecture, j’ai été frappée par la véracité et la neutralité de ce que racontait l’autrice sur la vie à Cuba à cette période. Un appareil critique n’aurait d’ailleurs pas été de trop à la fin du récit pour approfondir certains points. Mais j’ai été happée par ce double récit.

En effet, nous suivons sur une double temporalité, l’histoire parallèle de deux danseuses : Alicia et la jeune Amanda. Avec la première, nous découvrons la beauté de cet art qu’est la danse et la façon insidieuse dont le régime va tenter de s’en servir pour se promouvoir et endoctriner la population pour lui faire croire qu’elle vit dans un petit paradis idyllique. Avec la seconde, le discours est bien plus âpre et nuancé. Nous découvrons le côté miséreux et sordide de la vie à Cuba où la danse peut représenter la seule porte de sortie.

J’ai été frappée par ces deux femmes. Alicia est un modèle de femme forte qui éclipse tout le monde. Suivre son parcours fut marquant. Amanda est une toute jeune fille plus fragile et c’est moins son personnage que celui des adultes autour d’elle qui m’a intéressée. En effet, ses parents représentent les athées du régime qui voient bien la façon dont il se fourvoie au fil des ans. L’amie de sa mère, Manuela, est une danseuse déchue qui élève seule son fils et doit faire des choses innommables pour cela. Il y a également le prêtre qui est tout sauf un prêtre à la mode française comme on les connait nous.

Cette partie contemporaine est réellement la plus riche, car elle décrit un régime menteur et trompeur, qui s’est servi de la danse comme d’une drogue et qui est en passe de faire pareil avec la religion alors qu’il avait renié celle-ci à ses débuts. C’est vraiment très intéressant sur ce que ça dit du régime castriste.

Cependant ce n’est pas qu’un récit historique et politique, Alicia, est également une très belle histoire sur l’amour de la danse et les sacrifices que cela occasionne. L’illustratrice nous livre des pages sublimes lorsqu’elle fait virevolter ses danseurs. Elle décrit également parfaitement l’âpreté de cet art qui exige tant de nos corps. La danse est vraiment superbement présentée comme puissant moyen d’expression, de rêve et d’évasion, élément essentiel dans ce type de régime pour pouvoir quand même survivre et être heureux.

Portée par le trait tendre et poétique de Mayalen Goust dont j’ai adoré la palette (qui n’a pas été sans me rappeler celle de Cy dans Radium Girl), Alicia fut vraiment une superbe lecture. Je m’attendais juste à un simple récit une ballerine et j’ai eu bien plus que ça avec cette plongée dans la vie à Cuba sous les frères Castro. C’est exactement le genre de récit historique que j’aime !

Je remercie les éditions Rue de Sèvres pour leur confiance et cet envoi !

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11 commentaires sur “Alicia, Prima Ballerina Assoluta d’Eileen Hofer et Mayalen Goust

  1. La couverture me tentait déjà beaucoup quand tu l’as présenté dans tes articles précédents mais ta chronique m’a convaincue ! En plus des illustrations qui ont l’air vraiment chouette, le côté historique et véridique m’intrigue énormément. Hop ! Dans la liste de souhaits 👍 merci beaucoup ☺️

    Aimé par 1 personne

    1. Tu me fais très plaisir parce que c’est vraiment le genre de BD que j’aimerais voir mises en avant plus souvent.
      Personnellement, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai appris, mais j’ai aussi cherché en parallèle de ma lecture car il me manquait des choses…

      Aimé par 1 personne

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