Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Escale à Yokohama d’Hitoshi Ashinano

Titre : Escale à Yokohama

Auteur : Hitoshi Ashinano

Éditeur vf : Meian

Année de parution vf : Depuis 2021

Nombre de tomes vf : 10 / 14

Résumé : Alpha tient un petit café, à l’écart de la ville. Le temps s’y écoule paisiblement, comme si plus rien n’avait d’importance… Entre deux approvisionnements à la ville de Yokohama, elle observe le monde, regarde le soleil se lever puis se coucher, et profite du temps qu’elle passe avec ses rares clients. Malgré les apparences, la belle Alpha est un robot, et cela fait bien longtemps qu’elle est là. Jour après jour, elle attend patiemment le retour de son maître, en jouissant tranquillement de la vie qui lui a été offerte…

Mes avis :

Tome 1

Escale à Yokohama est une série avec une certaine aura que beaucoup de vieux lecteurs de scans et autres avaient envie de découvrir dans les librairies, mais franchement on avait peu d’espoir. Ce fut donc une superbe surprise de voir Meian l’annoncer et la sortir cette année !

Escale à Yokohama est une série en 14 tomes de Hitoshi Ashinano sortie en 1995 au Japon, donc ça date ! Et pourtant, le titre n’a pas pris une ride car il est intemporel. Comment cela se fait ? Tout simplement parce que comme Aria, c’est le genre de titre ultra contemplatif qu’on peut se plaire à lire aujourd’hui, tout comme dans 10 ans ou 20 ans. Et c’est un vrai bonheur de pouvoir le faire dans une édition aussi simple et qualitative que celle de Meian, qui offre une belle qualité d’impression, de papier mais aussi des pages en couleur, le tout pour seulement 6,95€.

Alors oui, ne vous attendez pas à quelque chose de fou fou. Comme Aria, Escale à Yokohama est un titre simple qui se déroule dans le futur mais sur Terre cette fois. On y suit une androïde, Alpha, qui tient un petit café perdu au milieu de nulle part au bord de la mer, dans un Japon ravagé par la montée des eaux mais qui semble plutôt bien le vivre, y voyant un moyen de retourner à la beauté simple de la nature. Escale à Yokohama est donc une lecture ultra reposante.

Les chapitres d’une vingtaine de pages chacun s’enchainent sans déplaisir. On aime suivre les petits moments du quotidien d’Alpha, les visites de ses rares voisins, ses courses dans les villes voisines, les légendes du coin, etc. Tout est extrêmement positif, bon enfant, plein d’une douce chaleur qui fait du bien en ces temps agités.

Le cadre de l’histoire est reposant. On rêverait tous d’aller prendre un verre dans ce petit café isolé de tout mais avec une vue superbe et une charmante serveuse-barista qui joue de la musique comme personne et dans de manière envoûtante quand elle a un coup dans le nez. Tout le monde est hyper gentil ce qui met du baume au coeur et donne envie de rencontre ces gens charmants et accueillant.

Le dessin d’Hitoshi Ashinano contribue énormément au bien être qu’on ressent à la lecture du titre. D’abord, il a su trouver le bon tempo pour raconter son histoire grâce à un découpage qui fait la part belle aux grandes cases et aux paysages apaisants que traversent ses personnages. Les planches ont rarement plus de 4-5 cases. Ensuite son choix d’utiliser très peu de noirs profonds rend l’histoire encore plus lumineuse et lui donne aussi un petit air rétro savoureux. Cette ambiance rétro se retrouve également dans le choix des looks et accessoires, ça plonge ainsi dans une sorte de passé fantasmé où le temps se serait arrêté. J’ai adoré.

Escale à Yokohama se révèle donc comme promis une belle lecture très apaisante où il fait bon de s’arrêter le temps de boire un café ou de discuter avec Alpha et ses voisins. C’est une lecture qui fait beaucoup de bien en ces temps actuels où tout le monde est pressé, où tout le monde est stressé. Une petite bulle charmante et reposante hors du temps, voilà ce qui propose Hitoshi Ashinano.

Tome 2

En parallèle du tome 1 un peu fin (160 pages), l’éditeur nous sortait le tome 2 encore plus plus fin (126 pages) pour encore mieux nous immerger dans l’ambiance si charmante et apaisante du titre.

C’est donc avec plaisir que j’ai poursuivi ma plongée dans l’univers d’Alpha et de son café. Entre rencontres avec d’autres connaissances, réflexions autour de la vie et observations émerveillées des paysages environnants, on ressort encore une fois souriant et apaisé de cette lecture.

Pourtant, il ne s’y passe pas grand-chose. On n’apprend pas vraiment de choses en plus. C’est vraiment purement un titre d’ambiance, un titre tranche de vie mais il met du baume au coeur justement par sa simplicité et ses valeurs. Ainsi, j’ai été amusée face à la naïveté d’Alpha lorsqu’elle reçoit un baiser inattendu, émue face à son indécision concernant l’appareil photo qu’elle vient de recevoir et qu’elle ne veut pas gâcher et attendrie une nouvelle fois par sa relation charmante avec le petit Takahiro. C’est charmant tout plein.

Les réflexions sur la brièveté mais l’importance de la vie me parlent et me touchent. Quand l’auteur met en exergue l’important de vivre l’instant présent et de s’en rappeler soi-même et non seulement à travers des photos, forcément ça fait écho à la société dans laquelle on vit de nos jours et où les gens passent plus de temps à photographier ce qu’ils voient plutôt que de le vivre, un phénomène qui m’a souvent attristée. J’ai presque l’impression que l’auteur était visionnaire ici et ça m’a fait sourire.

En attendant, Escale à Yokohama reste une charmante lecture apaisante qui fait toujours autant de bien en ces temps agités où tout va trop vite, où tout est hyper stressant, là on apprend à relativiser, à trouver du bon même dans ce qui semble douloureux. Ça fait vraiment du bien.

Tome 3

C’est toujours un bonheur de replonger dans l’univers calme et apaisant du Café Alpha.

Meian continue son joli travail sur ce titre tranche de vie, avec des pages couleurs et du papier de qualité, sous une jaquette de qualité et une reliure lisse agréable, ce qui compense bien à chaque fois le faible nombre de pages. J’aime.

L’histoire, elle, ne change pas. Nous suivons toujours Alpha dans son café au gré de ces jours qui se ressemblent sans se ressembler grâce aux visites qu’elle reçoit et qu’elle fait. C’est un quotidien futuriste bien tranquille, qui repose le lecteur. Pour autant, l’auteur n’oublie pas de glisser quelques petits messages dans son oeuvre, sur l’importance de préserver la nature, de ne pas foncer tête la première dans la technologie mais de ne pas la rejeter non plus car elle peut être source de beauté. J’aime ce discours nuancé.

La visite de Koko offre un joli duo dans le café et ajoute une dimension critique sur la nature des robots qui n’ont pas à faire semblant d’être humain, ce qu’ils ne sont pas. On croise ensuite une connaissance du jeune Takahiro qui revisite joliment le mythe du voyageur vagabond et nous replonge dans les mystères des paysages qui nous entourent. Puis Alpha croise la Docteur sur un lieu emblématique riche en souvenirs qui nous émeut. Et pour finir, on retrouve notre charmante esprit de la rivière, le temps d’un chapitre quasiment muet fort bien cadencé !

Ce n’est donc rien d’extraordinaire en soi, mais ça fait un bien fou à lire. Ça permet de se déconnecter, se mettre au vert et en même temps ressentir un vent de fraicheur, dans une ambiance futuriste et vintage où la nature tient une belle place sans pour autant rejeter la technologie qui n’est pas le grand diable telle qu’on la décrit souvent. C’est fort agréable.

Tome 4

Encore un nouveau tome charmant aux d’Alpha et ses amis au pays du soleil levant, qui pourrait être celui des matins calmes vu comme tout est reposant.

Encore et toujours les mêmes ressorts mais aucune lassitude à l’horizon. Je prends toujours plaisir à suivre Alpha dans son café et en dehors. J’aime son tendre duo avec Kokone, elles sont comme deux soeurs. C’est mignon tout plein de les voir interagir ensemble en allant à la plage par exemple ou en sillonnant les routes. De la même façon, j’aime beaucoup voir Alpha avec Takahiro, c’est très attendrissant, l’auteur jouant et détournant les codes de la comédie romantique.

C’est donc cette ambiance hors du temps qui continue à tout faire. Ici, nous sommes dans un tome un peu plus estival, entre sortie à la plage, chasse aux insectes, chaleur, pluie chaude, sieste, et du coup c’est totalement dans l’air du temps et ça me parle.

Cependant, il ne faudrait pas croire que ce n’est que cela. Au détour d’un petit moment anodin, on en apprend plus sur cette Terre du futur qui a tellement été ravagée par l’homme et qu’on laisse se reposer un peu désormais. On découvre que les plages ne sont plus très nombreuses, que les hommes ont bien travaillé pour pouvoir aller dans l’espace et construire des robots, et qu’Alpha est loin d’être un modèle unique dans son genre, mais qu’elle a connu une belle évolution inattendue.

Tout cela est raconté avec une sorte de déconnexion douce qui étrangement rendent les thèmes développés encore plus percutants et proches de nous. C’est assez perturbant car on ne s’y attend pas forcément dans un titre aussi tranche de vie qui semble très loin de toutes ces considérations.

Graphiquement, j’ai encore vécu un grand moment avec notamment l’épisode magique où Alpha va nager à la mer. Ce sont des planches fluides et sublimes. Cette même fluidité frappante se retrouve quand on rencontre son homologue dans l’espace. J’ai trouvé ça fascinant. Quant aux pages couleurs, j’ai justement adoré le choix colorimétrique de l’auteur en ce qui les concerne.

Tout le titre dégage une grande humanité. C’est extrêmement apaisant pour le coeur. Et sous des dehors nonchalant et un peu vide, on se retrouve avec une histoire pleine de chaleur qui donne envie d’aimer son prochain et la terre qui nous entoure. Quel joli titre !

Tome 5

Toujours dans le plus pur style du manga tranche de vie, Hitoshi Ashinano nous met du baume au coeur avec de nouveaux épisodes de la vie tranquille d’Alpha. Cela n’a rien de fou mais c’est tranquille et apaisant.

Dans ce nouveau tome, l’auteur développe d’abord dans un premier temps des histoires un tantinet plus longues avant de revenir à son format court habituel. Un changement que j’ai apprécié le temps qu’il a duré.

L’ambiance est toujours aussi douce et nostalgique voire mélancolique. Nous retrouvons dans ces histoires l’importance de la famille et des amis dans notre quotidien. La façon dont ils nous mettent du baume au coeur même dans les moments anodins, en venant combler les vides et nous distraire ou juste par leur présence. Nous retrouvons également l’importance des souvenirs que l’on se forge et il est original de voir la façon dont Alpha procède en tant qu’androïde avec un appareil lui permettant de les revivre comme si elle y était.

La science-fiction est toujours présente elle aussi par petite touche mais avec un discours touchant et important où l’auteur rappelle l’importance de prendre soin des choses si on veut les avoir encore à l’avenir. C’est un discours engagé glissé subtilement au fil des pages qui me séduit assez. De la même façon, ces paysages identiques et pourtant différents du Japon qu’on connaît, où même l’emblème du pays a changé, interpelle et devrait faire réfléchir le lecteur, même si c’est fait avec douceur et bienveillance.

Voilà donc un nouveau tome peuplé de rien pourrait-on croire mais qui est en fait peuplé de beaucoup de bienveillance et de chaleur humaine. On se plaît ainsi à retrouver régulièrement Alpha et ses amis dans leur doux Japon futuriste.

Tome 6

Et encore une lecture bien apaisante signée Hitoshi Ashinano dont Meian a l’exemple idée de sortir les tomes 2 par 2 pour avoir à chaque fois une double dose et vu l’espacement des sorties on ne va pas cracher dessus.

Ce fut à nouveau un plaisir de retrouver Alpha et ses amis dans un tome où peut-être on les voit encore plus profiter tranquillement de leur vie présente. Entre sieste, balade et nouvelle rencontre, le temps défile devant nous dans une atmosphère douce et chaleureuse avec toujours cette pointe de mélancolie si particulière au titre. L’auteur se fend même de plusieurs pages muettes dans plusieurs chapitres ce qui accentue l’aura particulière du titre.

On retombe cependant dans le schéma des histoires ultra courtes et indépendantes avec peu de liant entre elles et pouvant se lire indépendamment comme de toutes petites nouvelles, avec juste pour thème le tranche de vie dans une campagne bucolique légèrement post-apo. La SF d’ailleurs se retrouve encore plus chichement mais peut-être de façon plus marquante avec ces brèves pages où l’on s’interroge sur le modèle Alpha présent et passé, ainsi que sur le robot qui observe la lente déliquescence de la Terre depuis l’espace. Il est alors fort singulier de suivre la douce et tranquille vie de nos héros sur cette Terre mourante, une vie qui défile pour eux sans qu’ils sachent qu’elle défile aussi pour leur planète en bout de course.

L’auteur nous apprend ainsi à profiter de chaque instant, qu’il soit solitaire ou joyeux, tranquille ou agité, passé ou présent, ce qui compte c’est de prendre du plaisir à ce qu’on fait et de se faire du bien. Une belle philosophie de vie accompagnée de beaux dessins poétiques comme lorsqu’Alpha se transforme et s’envole dans ses rêves alcoolisés.

Entre humour tendre et douceur de vivre, Escale à Yokohama poursuit sa lente course chez nous à un rythme de parution cependant fort aléatoire. Heureusement que la série est l’archétype même du tranche de vie et qu’il n’y a donc pas de tension narrative, ça permet de mieux profiter de chaque tome lorsqu’il sort enfin.

Tome 7

A mi-chemin, l’auteur vient nous surprendre avec un tome qui rompt en douceur la routine dans laquelle on s’était installée.

Dès les premiers chapitres, on sent le changement arriver. L’air de rien l’auteur introduit des micro-changements, de la présence renforcée de Takahiro auprès d’Alpha, aux souvenirs de celle-ci sur ce maître qu’on ne connaît pas, à des flash dont on ne sait pas s’ils sont du futur ou du passé, avec ou sans Alpha. C’est très mystérieux et le lecteur sent que quelque chose se prépare.

Pourtant le reste du temps, on a la douce recette qu’on connaît bien avec ce quotidien ronronnant de notre petite serveuse de café et de ses proches qui aiment bien passer. Ceux-ci se font un peu plus rare dans ce tome où l’auteur décide plutôt de saluer la nature et ses changements, que ce soit avec le givre de l’hiver ou l’air tempéré du printemps.

Tout cela ne fait que nous préparer à la tornade, ou plutôt au typhon, qui va s’abattre sur nous et sur le café d’Alpha. Avec le calme qu’on prête à la série et que l’auteur essaie de nous transmettre à nous aussi, on est pourtant soufflés par l’événement qui se produit et qui change tellement de choses. Mais au vu de la dynamique passée de la série, je ne peux que saluer cette évolution qui promet de nouvelles aventures bouleversantes avec cette charmante héroïne-robot.

Surprise par la teneur de ce tome, j’ai aimé le ton à la fois calme, désuet, naturaliste et amical de l’histoire. Le bouleversement promis qui a lieu m’a tout de même surprise et j’ai hâte d’en voir les conséquences.

Tome 8

Une nouvelle s’aventure s’offre à nous maintenant qu’Alpha a quitté son café pour se lancer sur les routes de ce Japon post-apo qu’on n’avait pas encore trop eu l’occasion de découvrir. C’est un nouveau voyage plein de charme.

Petite révolution pour le manga, l’auteur a décidé de changer de paradigme et nous invite à suivre une Alpha en pleine quête initiatique. L’heure de l’enfance est terminée, place à l’adolescence et à ses découvertes du vaste monde. Pour autant, il ne coupe pas complètement le cordon et nous offre quelques rares passages où l’on voit le temps passer dans ce petit café avec les habitués d’Alpha et notamment Takahiro qui grandit aussi de son côté. C’est charmant.

Mais nous avec Alpha, on part à la découverte de ce qu’est devenu le Japon et ce faisant, c’est très ressemblant aux Promeneuses de l’apocalypse chez qui j’avais ressenti l’affiliation avant même de lire ce tome. Alpha alterne petits boulots et découvertes de nouveaux lieux. Pour le lecteur, c’est l’occasion d’imaginer comment les paysages ont pu se transformer après la catastrophe et nous sommes dans quelque chose de très contemplatif et philosophique.

Il se dégage en effet quelque chose de ces rencontres paysagères ou humaines que fait Alpha. Il y a par exemple la mise en scène d’un des plus grand rêve de l’homme : voler, qui semble au coeur de quelque chose pour Alpha. Il y a la rencontre d’un des rares robots hommes également. Mais pour l’essentiel, c’est le plaisir de la découverte et de la formation de nouveaux souvenirs à capturer sur son cher appareil photo, si unique et si important à son coeur comme on l’avait découvert dans le tome précédent.

Escale à Yokohoma évolue donc tout en restant le même. On retrouve cette ambiance hors du temps, en apesanteur, qui permet de prendre de la hauteur et d’apprécier chaque petit moment, chaque découverte, chaque rencontre mais cela se passe dans de nouveaux paysages, de nouveaux lieux et avec de nouvelles personnages. J’aime.

Tome 9

Lecture apaisante qu’il est toujours bon de retrouver. A l’image de sa couverture, on ressent la sérénité de son héroïne à revenir chez elle et c’est un nouvel émerveillement qui nous saisit.

On avait quitté Alpha en pleine découverte du monde hors des murs de son café. Ce petit périple ouvrait de nouveaux horizons. Si j’ai été frustrée de la voir si vite revenir, j’ai beaucoup apprécié les émotions que cela suscitait. Le retour chez soi après un certain temps était une thématique qu’on n’avait pas encore abordé dans la série et c’est fait, comme on pouvait s’en doutait, avec beaucoup de finesse et de doigté, ainsi qu’un brin de légèreté presque évaporescente. C’est cette sérénité qui nous touche et nous fait du bien.

On prend plaisir à voir Alpha recroisé les gens qu’elle appréciait mais qui ont changé en son absence, qui a grandi, qui a mué, qui a vieilli. Il est charmant aussi de la voir tenter de reprendre sa vie où elle l’avait laissée, qui en faisant à nouveau des balades dans le coin avec des amis, qui en restaurant son café dévasté précédemment et en reprenant son activité. Tout se passe tranquillement, sans heurt ni drame, et ça fait un bien fou. C’est reposant. Mais c’est également plein de philosophie, sur la vie, sur soi, sur nos attentes sur l’avenir, sur la joie de l’instant présent.

En peu de mots et avec une vraie économie de moyens, l’auteur fait passer énormément de choses. Le découpage et la mise en scène d’Hitoshi Ashihano peuvent sembler fort simple, c’est tout sauf cela. Tout est parfaitement pensé pour rythmer et accompagner le cheminement de son héroïne. C’est fort.

Et cerise sur le gâteau, on a même droit à une courte introduction au passé des Alpha, question peut-être pas centrale dans la série mais qui me turlupine pas mal lorsqu’elle est abordée, alors j’ai été ravie de grappiller quelques informations supplémentaires.

Retour au pays réussi donc pour notre baroudeuse du dimanche qui n’a rien perdu de sa nonchalance et de sa sérénité tellement apaisante. On prend plaisir à la retrouver, à la voir elle-même retrouver ses marques et à découvrir nos autres personnages changés. Une nouvelle bouffée de bien être se dégage du titre et de sa lecture.

Tome 10

Adeptes des romans feel good, vous avez aussi ici le pendant en manga avec ce titre tellement apaisant signé Hitoshi Ashinano, qui malgré les tomes qui passent ne lasse pas et procure toujours de belles sensations.

En SF, il y a Becky Chambers et ses aventures toujours reposantes et positives, dans le manga, il y a Hitoshi Ashinano qui dans la même veine que les titre de Kozue Amano propose ici une saga où il fait bon de regarder le temps qui passe.

Dans ce nouveau tome, on prend plaisir à retrouver Alpha qui continue de reconstruire sa vie après son absence de plusieurs années. Cela peut prendre la forme du café à rebâtir, qui est fait de bric et de broc, comme elle, mais avec amour, patiente et persévérance, ce que sont vieil ami comprend et soutient. Ça fait chaud au coeur. Ça peut prendre aussi la forme de retrouvailles avec ses amis qui ont bien changé depuis, à l’image de Takahiro qui a bien grandi et est un jeune homme désormais avec d’autres aspirations concernant sa relation avec Alpha qu’il exprime de manière bien maladroite. Nous, nous assistons à tout cela le sourire aux lèvres, amusés et touchés.

Le mangaka n’a pas son pareil pour traduire paisiblement ce temps qui passe et ce plaisir à prendre dans les choses simples : une tasse de café ou de thé, une petite discussion, une sortie pour aller regarder le ciel ou une drôle de plante à admirer. Il ne faut pas grand-chose pour se sentir bien dans Escale à Yokohama et ça devrait être pareil dans la vie, c’est ce que l’auteur essaie de nous enseigner avec la douceur et la nonchalance qu’on lui connaît. Ainsi, il évite chaque écueil, chaque terrain glissant et propose également une belle histoire de transmission et de mémoire qui fait chaud au coeur.

Chaque tome est un vrai délice à lire. Il ne s’y passe pas grand-chose et pourtant ça fait un bien fait de retrouver ces personnages, ces paysages, ces thèmes et surtout ce rythme et cette ambiance. C’est reposant et cela fait du bien au moral en même temps. On devrait tous lire ce manga comme une thérapie contre la déprime ou la vie qui nous pousse à vouloir aller trop vite.

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13 commentaires sur “Escale à Yokohama d’Hitoshi Ashinano

  1. Je suis passé totalement à côté, de cette lecture, j’ai eu beau me forcer pour finir le tome, je crois que rarement un titre m’aura autant ennuyé 😭😭
    Pourtant j’aime les tranches de vie, mais là, je suis resté hermétique à l’ambiance et aux persos 😞

    Aimé par 1 personne

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