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Comet Girl de Yuriko Akase

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Titre : Comet Girl

Auteur : Yuriko Akase

Editeur vf : Casterman (Sakka)

Année de parution vf : 2021

Nombre de tomes vf  : 2 (série terminée)

Résumé : Sazan, jeune Terrien, est agent de voirie interplanétaire : il saute d’astre en astre pour opérer sur des chantiers. Son quotidien bascule lorsque Mina, chevelure flamboyante et scooter volant rouge, débarque en trombe dans sa vie… Pour repartir aussitôt : la jeune fille est pourchassée par tout ce que l’univers compte de pirates de l’espace, car elle abrite en elle un pouvoir incommensurable… Il n’en faut pas plus à Sazan pour décider de porter secours à Mina. Mais où chercher ? L’aventure commence !

Mes avis :

Tome 1

Contrairement à pas de gens sur les réseaux sociaux, j’ai d’emblée accrochée aux couvertures vf de Comet Girl, ça me vendait un titre fun et un peu rétro, quelque chose d’assez rare chez nous et dont je suis amatrice pour me rappeler mes années Club Do’.

Comet Girl est un titre en 2 tomes de Yuriko Akase, dont c’est la toute première oeuvre et chose impressionnante, elle a remporté avec elle la 5e place du prestigieux Manga Taisho en 2019 ! Née dans les années 1990, Yuriko Akase a développé un langage graphique et narratif nourri par les productions japonaises des années 1980, donc justement les fameux animés Club Do que j’aimais tant. Elle a ainsi bâtit un univers où abondent les références amoureuses à cet âge d’or, mais elle y a ajouté sa touche avec une fraîcheur toute colorée, une légèreté toute moderne et un goût évident pour le divertissement grand public.

C’est donc avec ce diptyque tout en couleur que Casterman nous permet de découvrir cette jeune autrice à suivre. J’ai d’abord été surprise par l’objet. Les couvertures sont pleines de peps avec leur fond jaune à rayures. Certes, je préfère la version originale (que je vous ai mis dans le diaporama plus bas) mais je leur trouve tout de même un charme certain qui fait sortir le titre du lot sur les tables des libraires. A l’intérieur, sur un papier qui rappelle malheureusement les mauvaises heures de Panini, nous retrouvons un titre intégralement en couleur qui a des teintes bleues – vertes qui me plaisent beaucoup et me rappellent une SF à l’ancienne que j’aimais retrouver notamment sur les écrans de cinéma. Le trait de l’autrice est léger et vivifiant, plein de rondeur et avec un petit air old school qui rappelle les dessins animés de mon enfance. Elle a en plus un excellent sens du découpage qui fait que malgré ou peut-être en raison de l’absence de chapitrage, j’ai tout dévoré d’un coup ! C’est du bel ouvrage et du très bon divertissement pour moins de 12€.

L’histoire, elle, est fortement influencée par la veine Pulp de la SF. En lisant les aventures de Sazan, ce jeune terrien agent de voirie interplanétaire, qui tombe sous le charme de Mina, la Comet Girl, j’ai eu l’impression de replonger dans des ambiances rétro à la Luc Besson, Georges Lucas ou encore Akira Toriyama. C’est très cool. Que ce soit dans les dessins ou dans l’histoire, on retrouve une ambiance et des références qui parlent aux amoureux des années 80 : un humour à la Collège fou fou fou d’un côté, des décors interplanétaires à la Dragon Ball d’un autre, une Terre à la Shin’ya Komatsu (Souvenirs de la mer assoupie) pour finir et sûrement plein d’autres que je pressens mais sur lesquels je ne parviens pas à mettre un nom. J’adore !

Dans cette peinture un peu désuette de la SF, nous suivons d’abord le quotidien de Sazan, qui officie comme agent de voirie dans l’espace. J’ai trouvé son métier et la façon dont il l’exerce assez cocasse. La peinture de sa petite vie était déjà en soi séduisante, un peu comme dans La Cité de Saturne, mais en plus l’autrice y a agrégé une rencontre qui va bouleverser ce train train, celle de Mina, la truculente et agitée, Comet Girl. Celle-ci est sous cesse pourchassée par des pirates de l’espace, dont le chef ressemble à Porco Rosso, mais aussi par l’organisation à l’origine de sa création. En effet, Mina n’est pas un être comme les autres, elle a été créée à partir d’une comète, ce qui lui confère des pouvoirs extraordinaire. C’est une source d’énergie que tout le monde convoite. Nous allons ainsi la suivre tandis qu’elle essaie d’échapper à ses poursuivants alors que sa rencontre avec Sazan va aussi bouleverser ses plans. Ça avait un petit côté Firefly des plus séduisant !

J’ai beaucoup aimé la narration pêchue de l’autrice, qui enchaîne les différentes scènes sans transition avec beaucoup de peps. Elle passe d’un titre tranche de vie léger, presque humoristique et tirant sur la comédie romantique au début, à une jolie aventure de SF pure avec course-poursuite à travers différentes planètes dans le vaste espace. L’absence de chapitre fait que tout s’enchaîne avec fluidité passé un premier quart peut-être un peu rigide et formaté dans le genre. L’aventure est rythmée, il arrive pas mal de choses à Sazan et Mina qui se partagent bien la vedette.

Ce sont tous deux des héros naïfs et attachants. Il y a une bonne dynamique entre eux malgré une caractérisation assez simple et déjà vue. Les antagonistes m’ont amusée par leur côté un peu carton pâte. Ça me rappelait un peu ceux grandiloquents et théâtrals du Cinquième élément. Ils leur donnent bien la réplique et offre des scènes pleines d’action.

Ainsi, Comet Girl fut une belle surprise. C’est un titre comme j’ai peu eu l’occasion d’en lire, qui brasse plein d’influences old school et pulp. Cela donne une teinte très particulière au titre, qui déjà est un objet à part avec son absence de chapitre et ses pages toutes en couleur. Si vous voulez lire une aventure de SF un peu rétro, fun et sans prise de tête, mais pêchue et pleine de références réconfortantes, foncez !

Tome 2

C’est tout azimut que Yuriko Akase poursuit sa course-poursuite interspatiale dans ce second tome de Comet Girl, le space opera pêchu et ultra divertissant qu’elle a inventé où les références pop continuent à pleuvoir.

Je me suis encore beaucoup amusée à la lecture de cette suite directe des aventures de Sazan et Mina, même si l’autrice propose un tome un brin plus sombre et sérieux où elle reprend plusieurs thèmes fondateurs de la SF comme la relation humains – robots/IA, la notion de conscience, ou le devenir de la planète Terre. C’est classique mais frais et pas prise de tête. Avec une action omniprésente, les pages défilent et le divertissement est au rendez-vous.

Sazan est parti sauver Mina qui a été capturée par Agurda, la toute première IA qui a échappé à ses créateurs et veut désormais attaquer la Terre pour y établir un empire sur lequel il règnera en maître et qui remettra tout d’aplomb. Aidé de ses fidèles amis pirates désormais, il part à sa rescousse dans les entrailles du vaisseau-monde d’Agurda.

Alors que le premier tome était dans des teintes très bleues/vertes, c’est le rouge/orange/jaune qui domine ici pendant longtemps, reflet de la colère d’Agurda et des pouvoirs hors de contrôle de Mina. C’est donc une action sourde et bruyante que nous allons suivre, tout comme les spectateurs terriens pour qui cette lutte est filmée et diffusée à grande échelle. L’autrice livre des pages dynamiques, fluides où se mélange humour et drame, philosophie et bluette romantique. C’est très fun.

Bien sûr, les grosses ficèles sont nombreuses. Pour soutenir un tel rythme, il faut bien quelques ellipses, quelques coups du sorts qui tombent bien, quelques hasards bien pratiques, mais l’ensemble fonctionne à merveille. C’est probablement parce que l’autrice maîtrise bien les références dont elle s’inspire. On croise ainsi une héroïne rappelant Cherry Miel, un méchant tout droit sorti d’un Gundam et qui se la joue en mode Akira, ainsi que des seconds couteaux qui n’ont rien à envier à ceux de Star Wars de George Lucas, le tout matinée d’idées sur les robots tout droit issues des romans d’Asimov. Tout se marie bien, alors que ça pourrait faire un gros gloubiboulga mais non le talent de l’autrice fait que ça donne plutôt une histoire fun, divertissante à suivre et proposant un peu de réflexion autour de notre rapport à nos créations.

J’ai vraiment trouvé cette suite cohérente avec le volet précédent, offrant une aventure bien calibrée, avec de jolis moments de bravoures qui ont permis à Sazan de gagner en charisme, même si je ne suis pas fan de l’héroïne transformée en princesse en détresse ^^! Le duo qu’il forme avec le Gang Pique-Nique apporte la légèreté et l’humour nécessaire. Bref, chaque aspect est bien pensé et travaillé pour produire le meilleur effet.

Pour une première oeuvre, Comet Girl a vraiment un charme unique. C’est le produit des différentes passions pop de l’autrice et ça se sent, mais loin d’être une oeuvre d’entre soi, c’est une oeuvre de divertissement pour le plus grand nombre qui offre une belle aventure avec une légère réflexion sur le rapport des hommes à leurs inventions. J’ai vraiment beaucoup aimé être surprise par cette lecture culottée !

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© Yuriko Akase 2018

TB lecture

12 commentaires sur “Comet Girl de Yuriko Akase

  1. On en avait déjà parlé, mais c’est un titre qui m’intrigue pas mal. Et ce que tu en dis ainsi que les influences que tu soulignes me font encore plus envie (sauf Luc Besson, je dois dire que je fais partie des gens qui pensent qu’il n’y a vraiment rien du tout à sauver dans son oeuvre 😅).

    Aimé par 2 personnes

    1. Haha je pensais que le fan de cinéma que tu étais aimerait ce réal, comme quoi ^^!
      Mais peut-être que toi tu verras d’autres références car j’ai vraiment l’impression que l’auteur s’est fait plaisir de ce côté-là.
      Alors oui, c’est un petit investissement mais ça vaut le coup !

      J’aime

      1. Ah oui, pour le coup Besson c’est juste pas possible pour moi. Je crois que j’ai vu quasiment tous ses films et il n’y en a aucun qui trouve grâce à mon cœur.

        Et si en plus on ajoute à ça la personne et sa propension à la mythomanie, au plagiat et aux petites combines louches (et au viol), ça fait un tableau un peu trop sombre.
        Note qu’il doit y avoir des cinéastes dont j’apprécie le travail qui ne doivent pas être franchement mieux en tant qu’individus… formidable milieu que celui du cinéma !

        Aimé par 1 personne

      2. Effectivement c’est un milieu bien singulier, pour rester polie. J’avoue ne pas m’y intéresser autant que toi et ne pas en savoir autant sur les réal et acteurs. Heureusement d’ailleurs parce que je finirais par le plus rien regarder lol

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  2. On en avait discuté, je ne suis donc pas surpris par ton retour. Par contre ça confirme vraiment ce qu’il semblait se dégager quand j’avais feuilleté le premier tome, au niveau de l’ambiance 80’s et les inspirations diverses qui me parle beaucoup. Très intéressant ton article ça donne bien envie (mais ça tu le savais déjà 😉 )

    Aimé par 2 personnes

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