Livres - BD / Illustrations

Graines de cheffes de Lily LaMotte et Ann Xu

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Titre : Graines de cheffes

Auteurs : Lily LaMotte et Ann Xu

Editeur : Rue de Sèvres

Date de parution : 9 juin 2021

Nombre de pages : 208

Histoire : « Je me sentais à ma place en cuisine. Je faisais découvrir à mes nouvelles amies le goût de Taïwan… Et maintenant, j’allais faire venir A-Ma grâce à sa spécialité. »

Mon avis :

J’ai pris l’habitude de découvrir plutôt des titres historiques ou fantastiques chez Rue de Sèvres mais quand j’ai entendu parler de leur future publication autour de la cuisine traditionnelle taïwanaise, mon amour pour l’Asie a pris le dessus ^^

Avec ce titre tout en couleur au format un peu particulier, 15 x 21 cm, j’ai fait la rencontre avec un joli duo de créatrices. Lily LaMotte est une jeune femme pleine de passion qui aime écrire, cuisiner, soutenir des bibliothèques. Graines de cheffes est son premier roman graphique (BD). On peut la suivre sur son blog ici (lien). Ann Xu, elle, est une dessinatrice et illustratrice qui a déjà été nommée aux Ignatz Awards alors qu’elle n’est diplômée que depuis 2017. On peut également la suivre sur son site riche en illustrations, ici (lien).

Ce jeune duo a imaginé ici, dans ce roman graphique comme certains aiment les appeler (je préfère le terme de bande dessinée pour ma part…), une très belle et touchante histoire familiale sur fond de cuisine, mais également une belle histoire d’intégration grâce au mélange des cultures.

Tout commence quand la famille taïwanaise de Cici, 12 ans, décide d’émigrer aux Etats-Unis sans sa grand-mère à qui elle est très attachée. Ne pouvant pas la voir pendant des mois, Cici cherche un moyen pour la faire venir, mais ce n’est pas donné. Le jour où elle tombe sur l’affiche présentant un concours de cuisine permettant de remporter un prix de 1000$, elle y voit l’occasion rêvée. Mais ce n’est pas si simple de remporter un concours de cuisine aux Etats-Unis quand on est taïwanaise.

Dans cette BD fleuve de plus de 200 pages, j’ai de suite aimé la narration très simple et entraînante de l’autrice. En effet, c’est grâce à celle-ci et non aux dessins, qui malheureusement ne m’ont pas fait beaucoup d’effet, que je suis de suite rentrée dans l’histoire et que j’ai aimé suivre les aventures de Cici. L’autrice se met à la hauteur de sa jeune héroïne et nous fait vivre un récit plus vrai que nature dans une Amérique où il n’est pas simple de s’intégrer surtout quand on est une jeune ado d’origine étrangère.

J’ai eu un peu l’impression de me retrouver dans Les Indésirables de Kiku Hughes dans une moindre mesure, où l’éditeur traitait aussi de l’intégration de populations asiatiques aux Etats-Unis. Mais ici, on ne nous questionne pas d’un point de vue historique, juste d’un point de vue culturel. Le lecteur assiste au racisme ordinaire que peuvent subir les asiatiques au sens large, puisqu’on a tendance à les mettre tous dans le même panier. Heureusement, il n’y a pas que des racistes non plus et l’héroïne va très vite se faire des amies sur lesquelles compter même si ce n’est pas toujours simple de s’intégrer quand on a des modes de vie différents. Être ado, c’est souvent avoir honte de ses parents, sa famille, et c’est encore plus le cas pour Cici chez qui c’est accentué par des différences d’ordre culturel. Cependant un vrai cheminement a lieu au cours de l’histoire qui rend ceci vraiment intéressant et pertinent à lire, surtout pour les plus jeunes. Le titre a donc de multiples dimensions.

L’autre dimension d’ailleurs au coeur de l’histoire, qui en sera le déclencheur et le moteur, c’est l’amour de l’héroïne Cici pour sa grand-mère et sa passion pour la cuisine qu’elle va développer. L’idée du concours pour gagner des sous est originale et typique en même temps, tant ce genre d’élément est ancré dans la culturel américaine j’ai l’impression. On a l’habitude de voir des jeunes participer à des concours de tout et n’importe quoi, du concours de miss au concours de celui qui mange le plus de hamburgers. Mais ici, cela a une teinte toute particulière. Il se dégage quelque chose de réconfortant de cet art qui fait le lien entre les cultures et les générations.

En effet, ce concours est l’occasion pour l’héroïne de se confronter maintenant à sa double identité : ses racines taïwanaises et la culture américaine dans laquelle elle baigne désormais. Les autrices nous offre une jolie variation sur le thème du mélange des cultures, de l’intégration et de l’acculturation. C’est charmant et vivifiant.

L’ensemble est parfaitement rythmé et se laisse très bien lire. Elles y mélangent des préoccupations adolescentes (peur des médisances des autres ados, légères hontes des parents, histoires de copines…) aux préoccupations plus personnelles à l’héroïne liées à sa famille. La cuisine tient une belle place grâce au concours. On y voit Cici participer puis inventer de jolis plats forts appétissants qui vont mélanger différentes cultures et produits de tout bord. C’est vraiment un aspect que j’ai beaucoup aimé.

Les personnages en plus sont charmants. L’héroïne aime beaucoup sa famille et ses racines même si elle a parfois du mal à oser les faire cohabiter avec sa nouvelle vie. Ses parents sont très compréhensifs en général. Il n’y a que l’épisode cliché sur l’obsession des notes et de la réussite scolaire chez le père qui m’a un peu fait lever les yeux au ciel. Sa grand-mère, elle, est telle qu’on aimerait tous en avoir une comme ça. Ses amies sont pleine de sollicitude et de jovialité également. Elle parvient même à transformer une potentielle rivale en grande amie. C’est mignon tout plein.

Il n’y a que les dessins qui ne m’ont pas charmée dans ce titre. Même s’ils sont très expressifs et que leur simplicité est parfaite pour un jeune public, je les trouve trop classiques et simplistes pour moi. Ils ont quelque chose d’un peu figé dans le mouvement des personnages. La colorisation à l’ordinateur les rend parfois un peu froids également. C’est amusant comme les titres qu’on qualifie de « romans graphiques » ont souvent des dessins manquant de recherche, du moins d’après mon expérience. J’avoue que je suis venue à la BD pour les claques visuelles que ce médium me fait prendre mais là c’est tout sauf le cas, alors ça me déçoit un peu, sans vouloir dénigrer le travail de l’illustratrice…

Graines de cheffes est vraiment une belle histoire de famille autour d’une jeune adolescente taïwanaise venant s’installer aux Etats-Unis et devant allier ces deux cultures désormais. L’histoire de ce concours auquel elle participe pour permettre à sa grand-mère de la rejoindre est riche en enseignements et charmant à suivre. En plus, le titre donne vraiment faim et sait expliquer simplement les recettes pour donner envie aux lecteurs de les essayer. Je n’en demandais pas tant ! Je valide donc totalement cette jolie lecture 😀

 Je remercie les éditions Rue de Sèvres pour leur confiance et cet envoi !

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TB lecture

3 commentaires sur “Graines de cheffes de Lily LaMotte et Ann Xu

  1. Très tentant ! J’aime beaucoup les histoires parlant intégration et de la difficulté de concilier différentes cultures. Malgré le cliché des notes, je trouve pas mal que la famille reste compréhensive, parce que souvent dans ce genre d’histoire, ce n’est pas le cas…

    Aimé par 1 personne

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