Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Welcome To The Ballroom de Tomo Takeuchi

Titre : Welcome To The Ballroom

Auteur : Tomo Takeuchi

Éditeur vf : Noeve Grafx

Années de parution vf : Depuis 2021

Nombre de tomes vf  : 4 (en cours)

Résumé : Collégien en déroute, Tatara Fujita ne sait pas quoi faire de sa vie. Il na ni talent, ni passion, ni grande envie de chercher. Le hasard et une bande de caïds mal intentionnés lui feront rencontrer Kaname Sengoku, danseur professionnel qui à la suite dun quiproquo le traînera jusquà un nouveau studio de danse de salon. Tatara y découvre lunivers de la danse sportive. Ne serait-ce pas là le début dune nouvelle passion ?

Mon avis :

Tome 1

Titre ayant sa petite réputation Outre-Manche, j’attendais avec impatience de le voir licencié chez nous sans vraiment y croire, alors j’ai eu une belle surprise grâce à Noeve. Je ne suis pas une grande amatrice de danse, pourtant j’adore dès que les mangakas parlent d’un héros passionné, ainsi j’avais adoré Subaru de Masahito Soda à l’époque, ainsi que Swan de Kyoko Ariyoshi, mais l’un était un seinen, l’autre un shojo, place avec Ballroom à une version shonen !

Welcome to the Ballroom de Tomo Takeuchi est partie pour être une série fleuve dans son pays d’origine, avec pas moins de 11 tomes à l’heure actuelle et un anime adaptant les débuts de celle-ci. Tomo Takeuchi est une jeune mangaka qui rêvait de le devenir depuis sa plus tendre enfance comme nous l’apprenons sur le rabat de ce premier tome. Mais alors qu’elle était étudiante la danse sportive la détourne de sa voie. Elle n’y revient qu’en 2012, quand elle parvient à concilier son amour de la danse et celui du dessin grâce à Welcome to the Ballroom !

Publié dans le Gekkan Shônen Magazine de Kodansha, Ballroom se présente dans sa construction comme un shonen sportif assez classique. C’est son dessin qui le fait détoner et sortir du lot, grâce au trait très puissant de sa mangaka qui nous fait vraiment vibrer sous les pas de danse de ses personnages et transpirer chaque goutte avec eux.

Le titre raconte la rencontre, classique encore une fois, entre un jeune ado qui ne sait pas trop ce qu’il veut, Tatara, et la danse, sa future passion. Le hasard lui fait rencontrer un champion professionnel qui l’embarque pour un cours gratuit là où il pratique. Ce n’est absolument pas un coup de foudre comme c’est souvent le cas, non, mais plutôt une passion lente et insidieuse qui va peu à peu s’emparer de lui au contact de gens bien plus passionnés. J’ai aimé ce point de vue choisi par l’autrice qui me change un peu de ce que je lis habituellement dans les mangas sportifs.

Pour autant, une fois que la danse s’est glissée sous la peau de Tatara, tout va très vite. On suit les premiers pas hésitants du jeune homme, entre lourdeur et coups de génie. L’autrice nous fait bien sentir tout son potentiel encore à l’état brut et atypique en plus, qu’il va falloir polir. Très vite également, il est bien entouré dans ce studio où il est allé par hasard, entre la vedette de la danse latino pro, et le champion toute catégorie des jeunes amateurs. Tatara va pouvoir mettre à profit tout son talent d’observateur et de copieur pour ainsi apprendre peu à peu les pas nécessaires à cette nouvelle passion.

Avec Ballroom l’autrice réussit un pari osé, celui de nous faire apprécier la danse, la danse latine mais aussi et surtout la danse de salon, sport réputé plutôt pour les vieux. Ici, elle dépoussière complètement le genre et nous ouvre les yeux. Ces danses sont des sports comme les autres avec les mêmes exigences et c’est ce que nous allons suivre avec Tatara.

Celui-ci est un héros de shonen typique. L’autrice reprend d’ailleurs énormément de topos du genre, peut-être un peu trop parfois… On a un héros pas dégourdi, maladroit, bouc émissaire, paumé. Ça fait beaucoup pour de si frêles épaules. Heureusement, on le découvre aussi au détour de certaines pages attentionné, attentif et courageux quand il veut, ce qui étoffe ce personnage un peu vide sinon.

Sa découverte de la danse l’emmène dans un nouveau monde, dont il découvre les codes et nous avec. C’est raconté et mis en scène avec beaucoup de pédagogie et une grande simplicité, mais aussi une jolie touche d’humour adolescent à base de timidité dans les contacts, de gêne auprès des filles, etc. La danse est cependant magnifiée sous le trait de Tomo Takeuchi. Sa passion pour ce sport se ressent à chaque page. Elle met beaucoup d’intensité dans les mouvements qu’exécutent les personnages, parfois même un peu trop, ce qui les rend pu lisible et c’est dommage.

Le héros, très vite, se trouve des acolytes comme dans tous les shonen : un mentor, un rival et une fille à aimer. Il titrera profit de chacune de ces relations pour avancer. Et non, ce ne sera pas un génie de la danse de suite, il aura besoin de chacun d’eux pour progresser et faire ses premiers pas, ce qui rend le titre un peu plus humain, malgré le côté trop surhumains de certains personnages.

La narration de l’autrice est vraiment très efficace pour mêler l’ensemble de ses éléments. On dirait qu’elle a fait ça toute sa vie, même si on sent clairement que pour cela, elle s’est inspirée de la production shonen qu’elle a dû lire et que pour le moment, elle peine un peu à s’en éloigner et à proposer quelque chose d’original.

Esthétiquement, comme je le disais dès le début, le titre tire vraiment son épingle du jeu. L’autrice fait vibrer les pages et le lecteur au rythme des pas de danses de ses personnages, donnant vraiment l’impression que leur corps est sous une tension extrême. Elle nous fait comprendre à merveille l’intensité et l’exigence de ce sport. Cependant, autant j’ai l’impression de les voir danser, autant je n’arrive, la plupart du temps, absolument pas à suivre leur pas et c’est frustrant.

Le premier tome de Ballroom est donc une belle première rencontre pleine de promesses. J’ai aimé faire cette incursion dans le milieu de la danse sportive que je connaissais si mal et je pense que j’aimerais en découvrir encore plus les coulisses dans les prochains tomes sous fond de compétition, de sculptage de son corps et de construction de relations humaines. Cependant pour le moment, ce premier tome est plus fade que je ne m’y attendais. Il n’a pas le souffle et l’âpreté de Subaru, ni la beauté poétique et mélancolique de Swan. Je suis donc moins emballée que certains de mes camarades.

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : L’Esprit Otaku, L’Apprenti Otaku, Les voyages de Ly, Vous ?

Tome 2

Après la lecture de ce deuxième tome, je continue à être partagée face à cette série. Elle possède un héros dont l’évolution m’émeut. Elle nous montre un monde de la danse envoûtant sublimé par les dessins de Tomo Takeuchi. Mais elle reprend bien trop de codes du shonen et me met notamment mal à l’aise dans sa représentation des femmes.

En effet, je salue le travail autour de Tatara, le jeune héros de l’histoire, qui est en train de tomber passionnément amoureux de la danse et qui nous transmet à merveille ses sentiments par les pas qu’il exécute. Il est touchant car c’est le seul garçon/homme de l’histoire à se montrer aussi bienveillant envers ses partenaires et son entourage. Il est fascinant car il a un sens inné de la danse en plus d’être travailleur. Les pages où le voit sur la piste sont à chaque fois merveilleuses. On ressent tout son génie mais aussi toute l’attention qu’il porte à sa partenaire, peu importe laquelle, que ce soit Shizuku qui le fascine depuis le début ou Mako qu’il vient de rencontrer.

Cependant malgré ce beau personnage, il y a quelque chose de profondément dérangeant dans les autres garçons/hommes de l’histoire. J’ai été très mal à l’aise par l’attitude de Hyodo vis-à-vis de sa partenaire, tout comme de Gaku, qui vient de débarquer. Tous d’eux n’en ont que faire d’elle, ils ne pensent qu’à eux et sont même franchement toxique. J’ai par exemple été très mal à l’aise lors de la scène où Hyodo danse le tango avec Shizuku, c’était bien trop sexualisé pour moi avec une Shizuki en position de soumission voir plus… Très malaisant. Et cela s’est répété quand les garçons ont juste vu en elle un objet à se passer.

En revanche, le scénario, lui, bien que classique pour qui lit des shonen, est solide. C’est splendide de voir le talent de Tatara exploser miraculeusement lors de sa première compétition, titillant ainsi son futur rival qui reconnait son talent. C’est bien vu de faire en sorte que celui-ci soit blessé (Julian Ross / Jun Misugi sort de ce corps !) pour lui laisser la place et le temps de s’améliorer. C’est également une riche idée de le confronter à une autre partenaire qui sur le papier lui convient mieux que celle dont il rêve, ça va le pousser à assurer ses bases. D’ailleurs, même si c’est trop bavard pour moi, j’aime les phases où il se fait entraîner par Sengoku et où on en apprend ainsi plus sur les arcanes du milieu. Tout cela est passionnant à suivre.

Là où le dessin m’avait paru tellement fougueux que peu lisible parfois dans le tome 1, j’ai trouvé qu’on gardait la même énergie mais qu’on gagnait en simplicité dans ce tome, c’était donc plus facile à suivre et comprendre. J’adore l’énergie, la force, la puissance et la passion qui s’en dégage. Les postures, costumes et expressions des personnages sont splendides. Je regrette juste qu’on ne puisse pas mieux distinguer chaque danse à travers le dessin de Tomo Takeuchi.

Welcome to the ballroom parvient donc à me passionner malgré ses nombreux défauts d’exécution, ce qui est plutôt chouette pour un manga sur la danse, ce qui est si rare chez nous. J’espère que les autres lecteurs seront tout aussi séduits pour que cela donne aux éditeurs l’idée d’en publier d’autres comme celui de George Asakura (Danse, Danse, Danseur) !

Tome 3

Pas de changement pour ce beau shonen sportif sur fond de danse, les amateurs des premiers tomes continueront à prendre leur pied à suivre l’évolution plein de nekketsu de leur héros, le tout arrondi par les rondos de ses valses.

Maintenant que j’ai bien cerné la série, je peux mieux l’apprécier en sachant que oui, l’auteur recycle tous les codes du shonen nekketsu dans cette histoire de compétitions de danses de salon, mais qu’il fait cela avec talent grâce à un superbe sens de la mise en scène et un dessin puissant qui fait vibrer lors des passements de jambes.

Amatrice de compétition, j’ai été ravie de passer tout ce tome à suivre l’une d’entre elle de long en large mais pas une compétition pour le plaisir de la compétition, une compétition pour le plaisir de se dépasser et de se trouver comme partenaires. L’angle choisi par Tomo Takeuchi est en ceci différent de nombre de shonen sportif car le héros n’est pas là pour se dépasser et se mettre en avant lui, mais pour apprendre à mettre en valeur sa partenaire. J’ai beaucoup aimé. De plus, Tatara est fort sympathique par sa passion, sa candeur mais aussi sa profonde gentillesse. Là où ses rivaux sont particulièrement égocentriques lui se construit peu à peu en opposition comme quelqu’un de très altruiste, une valeur que j’apprécie beaucoup.

Ainsi, nous passons tout un volume à le voir s’accorder avec sa partenaire, Mako, afin de venger en quelque sorte celle-ci de sa frère qui la méprise, mais au final pour la mettre en valeur et révéler son véritable talent de danseuse, le temps d’un final puissant et majestueux ! J’ai adoré. J’ai vibré tout au long de la compétition. J’ai aimé les phases de danse où le duo cherche à trouver son style et à s’accorder en s’appuyant sur les bases qu’ils ont rapidement appris avec Sengoku. La mise en scène du mangaka révèle toute la beauté et la complexité également de ses moments hautement techniques aussi bien dans les pas que dans la stratégie. Mais j’ai également beaucoup apprécié ce qui se passait en dehors de la piste où on découvrait un Tatara de plus en plus fin, des rivaux de plus en plus conscient de lui, et des spectateurs danseurs adultes également interpelés par ce jeune garçon.

Bien sûr le focus qui est fait sur lui est un peu trop prégnant parfois. J’aimerais voir un plus bel équilibre avec les autres tant les personnages ont tous l’air intéressant à découvrir, de Shizuku qu’on considère un peu trop comme une femme objet, à Gaku qui cache une grande frustration, à Hyodo qui est tellement lunaire, en passant par Sengoku qui semble avoir une sacrée aura. J’espère que l’auteur leur laissera à tous l’occasion de briller comme il le fait actuellement avec Tatara. Car oui, je sais bien que c’est le héros de l’histoire, oui il me plaît également beaucoup, mais je trouverais ça enfermant de se contenter de suivre son évolution, aussi belle et riche soit-elle.

En tout cas, la plongée dans la découverte de la compétition de danse de salon est encore une fois une réussite pour moi. Petit à petit, je lâche prise sur les ambitions que j’avais pour la série et je me contente de ce que j’ai, c’est à dire un shonen sportif solide et passionnant, qui propose de très belles intentions dans les valeurs mises en avant, mais également des scènes de danse magique à regarder, avec une compétition bien présente et jubilatoire. Je suis bien partante pour continuer un bout de temps à leurs côtés.

Tome 4

Tomo Takeuchi revient dans ce tome 4 pour nous servir des chapitres plein de fougue où la passion pour la danse des héros est palpable sous le feu qui s’échappe de chacun de leur pas. C’est vivifiant !

J’ai adoré suivre la suite de cette bataille à laquelle se livrent les deux couples au cours de cet espèce de tournoi auquel ils participent. C’était passionnant de les voir sur le parquet se défier à chaque danse mais aussi tenter de se dépasser eux-mêmes pour donner le meilleur et faire briller leur partenaire, du moins dans le cas de Tatara.

J’aime vraiment énormément le héros de cette histoire, même s’il est le cliché typique du shonen sportif, surtout face à son adversaire, cliché de l’ennemi égoïste. Cependant, c’est touchant de voir un garçon s’effacer devant sa partenaire femme qu’il a envie de faire briller plus que lui. J’aime l’idée qu’il ne pense pas qu’à lui même quand il est pourtant porté par cette nouvelle passion qui le dévore. A l’inverse, même si l’autrice essaie de nous attendrir en revenant sur son passé avec sa soeur, j’ai trouvé Gaju vraiment détestable de bout en bout. C’est le modèle type du gars macho, je trouve, et je n’en peux plus de ce modèle.

Mais en dehors des personnages, dont je ne doute pas qu’ils seront à nouveau développés dans le prochain tome, notamment le couple Kiyoharu-Shizuku, c’est vraiment la passion pour la danse de salon qui a brillé et été magnifiée dans ce tome et cette compétition. J’ai toujours du mal avec le trop grand nombre de traits de force dans le dessin de l’auteur qui certes retranscrit bien le feu qui brûle dans le coeur des danseurs mais ne pas bien, à mon goût, la fluidité de leurs mouvements. Cependant, je dois avouer que j’ai été passionnée par les danses auxquelles j’ai assisté, par l’importance de leurs déplacements, de leur prestance, du jeu de regard avec le public et les juges, etc. C’est expliqué et exprimé avec beaucoup de pédagogie et de façon à être totalement intégré au récit.

Avec ce nouveau tome, la série continue de monter en puissance, de montrer sa force dans la représentation de la danse et de présenter un héros toujours plus émouvant dans l’attention qu’il porte aux autres. Ce tournoi aura vraiment été vivifiant et donne encore plus envie de poursuivre l’aventure pour voir l’évolution de chacun.

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© 2012 Tomo Takeuchi / © 2021 Editions Noeve Grafx

9 commentaires sur “Welcome To The Ballroom de Tomo Takeuchi

  1. Comme toi, je garde un peu de réserve comme tu le sais par rapport au côté trop classique de l’écriture, qui n’a pas le panache qu’avait par exemple le premier tome de Subaru. Mais l’esthétique et le travail d’écriture concernant la danse en particulier sont vraiment au top, du coup je reste confiant.
    Et je me dis que dans le pire des cas, si on reste dans cet esprit, on aura un shonen sportif très solide, ce qui est déjà bien. Mais j’espère quand même que la petite étincelle arrivera !

    Aimé par 1 personne

    1. On se rejoint. Je pense aussi que ce sera une bonne aventure mais j’aimerais avoir le déclic. Sauf que rares sont les titres qui en sont capables, la preuve avec la claque que j’ai prises ce matin avec les 2 derniers tomes de Slam Dunk !

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      1. Certes mais je t’avoue que même dans ces cas-là pour certains titres, je préfère payer et les avoir en temps et en heure. Dernièrement ce fut le cas pour And par exemple que je n’ai pas voulu attendre ><

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      2. En fait c’est un peu aléatoire aussi, parfois je les ai plus tôt.
        Mais l’argument numéro 1 est financier. Je ne peux tout simplement pas cracher sur l’économie de 20 euros, surtout en ce moment.

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