Livres - Jeunesse / Young Adult

Je te hais… de Sara Wolf

Titre : Je te hais…

Auteur : Sarah Wolf

Editeur vf : Pocket Jeunesse – PKJ

Années de parution vf : 2017-2018

Nombre de tomes vf : 3 (série terminée)

Histoire : Isis Blake, 17 ans, a un objectif : ne JAMAIS retomber amoureuse. Alors qu’elle tente de s’intégrer dans son nouveau lycée, elle tient à ce que personne n’apprenne qu’avant elle était obèse… et qu’elle avait un coeur. Mais, au lieu de se faire discrète, Isis colle son poing dans la figure de Jack Hunter, celui qu’on surnomme » le Prince de Glace « . Dès lors les couloirs du lycée deviennent un champ de bataille. Leur guerre sera sans merci…

Mon avis :

Tome 1 : Je te hais… passionnément

Sur les conseils de la même amie, je poursuis ma découverte des romances jeunesses avec cette fois la trilogie Lovely Vicious ou Je te hais… en vf. Première série de l’autrice américaine Sarah Wolf que je regrette de ne pas trouver au format poche chez nous…

Avec son héroïne cabossée qui a des faux airs d’héroïne de bit-lit Sarah Wolf m’a fait vivre une lecture particulièrement addictive. Mais cette addiction aux aventures d’Isis ne m’a pas empêchée de voir les faiblesses d’une plume encore un peu jeune qui imagine ici une histoires aux ressorts assez classiques, au déroulé un peu prévisible et surtout à la narration un peu faiblarde. Ainsi même si je l’ai dévoré, ce titre est plutôt une lecture moyenne de part la qualité de l’écriture de l’autrice.

Mais revenons-en à l’histoire. Celle-ci met en scène Isis Blake, une adolescente en terminale qui débarque dans un nouveau lycée après avoir quitté en assez mauvais terme le dernier où elle était. Elle vit avec une mère dépressive et ne va pas très bien elle-même. C’est une ancienne grosse qui a connu une sale histoire d’amour il y a quelques années, ce qui l’a complètement déglinguée. A peine arrivée, lors d’une fête, en voulant protéger une fille en qui elle se reconnait un peu, elle se met à dos le plus beau gosse du lycée mais aussi le plus terrible, le Prince des Glace : Jack Hunter. Entre eux, la guerre est déclarée.

Je me suis beaucoup amusée de la guéguerre de lycéens que vont se mener les deux héros où tous les coups sont permis. C’est complètement surréaliste quand on y réfléchit mais c’est amusant et très dynamique à lire même s’ils vont très très loin. L’ambiance des lycéens à l’américaine avec leur clan de populaires, leur clan de sportifs, les ragots et autres sales coups qui fleurent bon le harcèlement, est parfaitement rendue ici, mais présentée un peu différemment. En effet, celui qui devrait être à la tête de tout ça car il est beau, sportif et intelligent, a tourné le dos à ça. Cependant il ne faut pas le chercher, ce que fait Isis cependant. La relation de chien-chat qui se noue entre elle et Jack est pleine de piquant, voire de ronces, tant on a l’impression d’avancer sur un champ de mines.

En effet, ce qui change aussi par rapport à d’autres romances lycéennes, je trouve, c’est la profondeur des blessures de chacun d’eux et la façon dont ils les gèrent. Isis cache ses faiblesses derrière un masque de cynisme grinçant et décapant, lui donnant un caractère proche des héroïnes de bit-lit que j’aime. Mais derrière, c’est une ancienne victime de harcèlement qui ne s’en est jamais remise, elle a encore des grosses crises de panique, et ce n’est pas avec ce qu’elle va vivre ici que ça va aller mieux. Jack, lui, cache un passé trouble et veut juste qu’on lui fiche la paix. Il fait donc peut à tout le monde pour cela. Sauf qu’Isis avec sa répartie et son naturel, va percer sa carapace sans qu’il le veuille. Il va se laisser prendre au jeu de leur guéguerre.

Celle-ci est assez malsaine, je l’avoue, mais passionnante à suivre, donnant un vrai rythme à l’histoire. L’ensemble des personnages qui y participent apportent de l’eau au moulin de l’histoire. J’ai aimé l’amitié qu’Isis ressent pour Kayla et qui la réveille. J’ai aimé la relation étrange qu’elle tisse avec Wren, le représentant des élèves ancien meilleur ami de Jack. J’ai aimé la façon dont elle prend soin de sa mère. Et bien sûr, j’ai aimé ce qui crée entre elle et Jack sans que ni l’un ni l’autre ne le souhaite. C’était excellent les rares fois où on entendait la voix intérieure de Jack car on sentait vraiment qu’il luttait contre ces sentiments dont il ne voulait pas.

Il faut dire qu’aucun des deux n’est parti pour une histoire romantique au début, leurs passés respectifs expliquant cela. Même si c’est totalement exagéré et en plein dans le soap à l’américaine, j’ai apprécié que l’héroïne soit une ancienne grosse, qui a souffert à cause de cela, qu’on a harcelée et maltraitée et qui tente de surmonter ça pour continuer à vivre. Je trouve juste extrême qu’elle ait tiré un trait sur l’amour, même si ses réflexions comme quoi personne ne peut aimer une fille comme elle sont criantes de vérité pour ces personnes-là. J’ai aussi trouvé extrême la façon dont Jack se barricade et se renferme sur lui-même après l’incident « Sophia » dont on parle à demi-mots pendant tout le tome. Tout ça n’est pas très crédible et en même temps ça crée une nappe de mystères fort addictive, surtout quand on voit ces deux aimants inexorablement attirés l’un vers l’autre et que ça dérape.

Les rares scènes romantiques entre eux sont poignantes, car ce sont deux âmes à vif. Mais les scènes où ils se détestent et se lancent des vacheries sont encore plus marquantes car ils savent l’un l’autre appuyer là où ça fait mal. Ce n’est absolument pas sain, mais c’est jouissif à lire pour le lecteur et très addictifs. On en vient vite à se demander ce que ça va déclencher chez eux, entre eux, car on sent bien qu’aussi blessés qu’ils soient, ils ont besoin d’être secoués pour être réveillés.

Pourquoi est-ce que je parle de lecture moyenne alors qu’il semble que j’ai tant aimé les personnages et leurs péripéties ? Tout simplement parce que tout est trop dans l’excès, il n’y a presque rien que sonne juste ici. Alors oui, c’est addictif, prenant à lire et on s’attache à eux, mais c’est aussi très bateau. Le genre de duo de héros comme Isis et Jack qui se détestent et finissent par tomber dans les bras l’un de l’autre, tout le monde connait. Le genre de peste – reine du lycée comme Avery qui va faire les pires horreurs, on a déjà vu ça. Les mystères autour de Sophia, Isis et sa mère, on connait aussi et on devine vite ce que ça cache. Pré-vi-si-ble !

En plus, l’écriture n’est pas top top. L’autrice passe parfois du coq à l’âne avec des transitions un peu brutales. La langue est assez pauvre malgré quelques essais à des références plus intellectuelles, comme les nombreuses allusions à Shakespeare mais c’est vu et revu. Les méchants sont très méchants, les cabossés qui grognent vont devenir gentils et les gentils sont très gentils. Il y a aussi une bonne grosse dose de mélo tout au long du livre qui peut faire lever les yeux au ciel. Tout est excessif, de l’ancienne grosse harcelée, à la mère dépressive à l’extrême, en passant par l’utilisation de GHB ou encore d’un personnage qui se prostitue ou d’un autre gravement malade. C’est too much.

Malgré tout, je n’ai pu m’empêcher de dévorer ce roman et de me retrouver particulièrement frustrée à la fin de celui-ci quand l’autrice s’arrête sur l’un des cliffhanger que je déteste le plus (la fameuse amnésie) alors que les personnages avaient joliment évolué, notamment Jack qui avait fait un sacré chemin. Vu comment cela s’arrête, je ne peux qu’avoir envie de replonger dans les histoires des élèves d’East Summit High malgré tout le mélodrame qu’ils aiment y mettre. C’est une romance lycéenne américaine classique mais addictive, alors si vous êtes friand du genre, foncez, je pense que vous craquerez aussi pour les échanges piquants d’Isis et Jack, ainsi que les belles crasses qu’ils se font, avant de fondre face à leurs problèmes et la façon dont ils les affrontent. Moi, je vais courir me trouver les tomes 2 et 3.

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Light and smell, Alice in Neverland, Book is paradise, Une histoire de, Ma vie de livre, Les lectures d’Hachi, Vous ?

Tome 2 : Je te hais… à la folie

Ayant lu le premier tome cet été, c’est un mois plus tard que j’y reviens pour poursuivre et terminer cette saga certes dispensable mais totalement addictive avec un tome 2 qui porte bien son nom et se dévorer en moins de deux !

Le précédent tome se concluait par un ressort scénaristique dont je ne suis pas très friande : l’amnésie. C’est toujours une astuce pour compliquer les choses qui me fait lever les yeux au ciel, mais je dois dire qu’ici je n’ai pas trouvé que l’autrice en abusait exagérément et du coup, c’est plutôt bien passé à la lecture.

Le côté mélodrame est toujours bien bien présent dans cette suite où Isis est désormais débarrassée de son beau-père qui les a agressées sa mère et elle. Elle doit tout de même se remettre de tout ça, mais ce n’est pas vraiment là-dessus étrangement que l’autrice met l’accent, ce que j’aurais aimé, mais plutôt sur les histoires de nos ados, ce que j’ai moins aimé. Le public cible étant des ados, j’aurais dû m’y attendre mais je suis un peu déçue, à nouveau par ce choix facile et déjà vu et revu. Il aurait été plus intéressant de voir comment quelqu’un travaillait pour se remettre d’une agression.

A la place, nous découvrons le personnage de Sophia, celle qui représentait tant de mystères dans le tome 1. J’ai apprécié le caractère entière et sur le fil de la demoiselle. Elle m’a émue même si j’ai trouvé que l’autrice en faisait des tonnes avec elle. Elle forme un joli duo avec Isis et leur séjour à l’hôpital est hilarant grâce à leur humour caustique à toutes deux, mais également poignant à cause de leurs blessures séparées et communes. Le passé de Sophia est émouvant mais exagéré pour moi. Sa relation avec Isis est touchante et amusante mais l’ajout de Jack dans la dynamique est agaçante. On est donc, comme avec Sophia, sur le fil entre les deux filles.

Alors que je m’attendais à le voir au coeur de l’histoire, Jack m’a pas mal manqué dans ce tome. Ce n’est pas le plus grand absent, ce sont leurs amis du lycée et leur famille, mais ses interventions sont superficielles. Je pensais que l’autrice travaillerait la relation Isis-Jack sous le prisme de l’oubli de celle-ci et au final ce fut assez léger, ce qui donne un sentiment de manque de profondeur. Tout est survolé et est trop rapide malgré le haut potentiel émotionnel de la chose. On a tout de même droit à pas mal de papillons dans le ventre quand on entend les pensées de Jack, quand on le voit se débattre entre ses sentiments pour les deux filles, ou juste quand il est avec Isis. Certes scènes m’ont terriblement plu, mais moins que dans le tome 1. Il manquait quelque chose.

Après l’histoire évolue joliment ici. On a d’un côté le séjour d’Isis à l’hôpital et sa nouvelle amitié avec Sophia, le procès de son beau-père et de nouveaux mystères autour toujours du passé de Jack mais aussi des menaces que reçoit Isis. Cela donne un récit prenant et entraînant où l’on tourne les pages à toute vitesse malgré le sentiment pour la lectrice adulte que je suis d’avoir quelque chose de trop lisse et calibré avec une surenchère parfois un peu glauque et malsaine dans le trash avec le secret de Sophia ou les passés de Jack et Isis. Mais ça reste addictif.

Utilisant les mêmes ingrédients que dans son premier tome mais dans un autre contexte, Sara Wolf continue à torturer et malmener émotionnellement ses personnages qui ont bien du mal à avancer dans la vie avec les casseroles lourdingues qu’ils se trimballent. Leur humour tranchant fait du bien, tout comme les nouvelles relations qu’ils nouent et les mystères qu’ils tentent de résoudre qui les occupent bien. Pas de psychologie fine ici, mais plutôt des clichés à la pelle. On s’en moque parce que c’est prenant et émouvant et qu’on a envie de connaitre leur destin. Cependant que l’autrice est cruelle avec eux et nous et ce jusqu’à l’ultime page. Dur dur de voir la lumière au bout du tunnel.

Tome 3 : Je ne te hais… plus du tout

Dernier tome de la série, enfin ! Dans un sens, il me tardait de voir comment tout ce mélo allait pouvoir se terminer, alors j’ai vite enchaîner et je ne fus pas déçue, l’autrice est partie très loin lol

Clairement ce fut une série que j’ai lu pour me vider la tête, sans trop réfléchir, et pour ça elle fait le job. Si en revanche, vous cherchez quelque chose de réfléchi, de juste, de réaliste, passez votre chemin, ce n’est clairement pas le but de la saga et encore plus du dernier tome.

L’héroïne est désormais à l’université. Jack a disparu après la mort de Sophia et elle peine à en faire son deuil. Cependant, elle vit sa vie, se noue d’amitié avec sa colloc et une autre camarade, va à des fêtes, s’amuse et est toujours aussi piquante. Mais, un jour elle croise sur sa route Sans-Nom et là tout déraille. Dur dur de vivre sur le même campus que son ancien bourreau.

J’ai apprécié de retrouver les héros sur un terrain un peu plus mature que le lycée. C’était très chouette de voir Isis s’épanouir dans les clichées de l’étudiante, se faire des amies, sortir, etc. J’ai apprécié qu’on revienne sur Sans-Nom, celui à l’origine un peu de tout quand même. Cependant la façon dont l’autrice a décidé de gérer tout ça m’a fait lever les yeux au ciel pendant tout le livre…

En effet, elle embarque Jack dans une sorte d’organisation privée mi-espion mi-détective mi-garde du corps, où il est recruté pour ses capacités, mais dont il va très vite se servir pour venger Isis de Will (Sans-Nom). Sur le principe c’est louable, mais en réalité c’est totalement barré et irréaliste. On se retrouve avec une nouvelle dynamique un peu pourrie entre les deux, où Jack s’éloigne d’Isis et couche à nouveau non pour le fric mais pour les infos. Bof bof.

Ainsi pendant les trois quart du roman, ce fut vraiment pénible de suivre les deux héros, chacun s’enfermant dans un rôle tout pourri et souffrant malgré les amis d’Isis, malgré la présence des collègues de Jack. Tout cela était totalement surréaliste. Avoir des gamins espions, hackeurs de haut niveau, c’était ridicule. L’autrice a eu beau tenté de glisser un peu d’authenticité avec cette attaque d’un prof pervers ou le traitement des traumas de l’héroïne, ce n’est pas passé, c’était trop absurde.

Je le regrette d’autant plus que quand elle s’intéresse vraiment à ses héros et à ce qu’ils ont au fond d’eux, c’est plutôt touchant. J’ai été émue par l’image tellement dégradée qu’ils avaient de chacun d’eux et le travail que chacun a entrepris pour apprendre soit à s’aimer soit à s’accepter. J’ai été encore plus touchée quand enfin ils se sont trouvés et mis ensemble, c’était un peu rapide, mais magique et extrêmement beau après toutes ces épreuves. Ils le méritaient vraiment et l’autrice a été assez maligne pour leur faire conserver à chacun leur caractère si particulier, ce que j’ai apprécié.

Alors que je vois Je te hais… très bien notée sur plusieurs sites de lecture, j’ai pour ma part trouvé la série certes addictive mais assez médiocre dans son écriture. Rien n’est réaliste, tout est exagéré, beaucoup de choses sont toxiques. Reste deux personnages cabossés dont j’ai aimé les échanges piquants et dont j’ai apprécié de suivre l’évolution une fois tout le mélo et les situations WTF autour d’eux évacuées. Mais ce n’est clairement pas une lecture que je recommanderai à des ados, il y a trop de schémas toxiques pas assez dénoncés dans le titre. Adulte, on le voit, on parvient à ignorer et à ne garder que ce qu’on aime. Ado, je trouve que ce n’est pas donner un bon exemple de relations saines, mais ce n’est que mon avis… J’ai quand même dévoré ces 3 tomes grâce à la plume addictive de l’autrice.

10 commentaires sur “Je te hais… de Sara Wolf

  1. J’avais adoré l’humour d’Isis, mais je te rejoins sur le mélo qui m’avait bien agacée, les personnages stéréotypés et cette impression de soap à l’américaine avec laquelle j’ai personnellement beaucoup de mal. En te lisant et en me souvent donc des points négatifs, je me rends compte que je n’ai finalement pas envie de terminer la série…

    Aimé par 1 personne

  2. Personnellement et malgré ta déception concernant le ton et la forme de cette œuvre, j’ai très envie de découvrir cette romance et de me faire mon propre avis. Il faut dire que le début de ta chronique promet plein de choses que j’adore dans le genre !
    Merci à toi.

    Aimé par 1 personne

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