Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

YuYu Hakusho, Star Edition de Yoshihiro Togashi

Titre : Yu Yu Hakusho, Star Edition

Auteur : Yoshihiro Togashi

Éditeur vf : Kana (shonen)

Année de parution vf : Depuis 2021

Nombre de tomes : 7 / 12 (en cours)

Histoire : Yusuke Urameshi, 14 ans, est un parfait voyou en herbe, dont la seule occupation est de se battre. Considéré comme de la vermine par ses professeurs, évité par ses condisciples, il éveille même la méfiance des commerçants du quartier. Un jour, alors qu’il sèche les cours, il saute sur la route pour sauver la vie d’un jeune garçon, et se fait écraser par une voiture à sa place. Mais, Yusuke n’était pas destiné à mourir ce jour là, et l’enfant devait s’en sortir même sans son intervention : il n’y a donc pas de place prévue dans l’au-delà pour lui ! Il lui est alors donné la possibilité de ressusciter, mais pour cela, il va falloir réussir l’épreuve que lui impose Enma, le juge des portes des enfers : il lui faut faire éclore un oeuf, qui déterminera par sa nature bonne ou maléfique s’il est digne ou non de retourner sur Terre. Commence pour lui une série d’aventures, accompagné de Botan, la guide du fleuve Sanzu, où il lui faudra s’illustrer et prouver qu’il a sa place dans le monde des vivants…!

Mon avis :

Tome 1

Parmi la flopée de shonen qui sortait quand j’étais ado, Yu Yu Hakusho fait partie de ceux que j’avais zappé. Quand j’ai découvert Hunter x Hunter du même auteur sur le tard, il était déjà devenu trop difficile de se le procurer. Je remercie donc Kana pour cette réédition, même si ce n’est pas l’édition Perfect que j’aurais souhaité. Mais tout comme avec Slam Dunk, ces star éditions sont l’occasion de découvrir une oeuvre ancienne à prix raisonnable.

Ce shonen du début des années 90 comptait 19 tomes à l’origine. Ceux-ci seront compilés en 12 tomes dans la nouvelle édition avec des couvertures redessinées par l’auteur, ainsi qu’une page couleur ajouté en ouverture et une page d’introduction et de clôture dessinées récemment par celui-ci, un joli petit plus. De plus, au vu du design des couvertures de la série, cette fois contrairement à Slam Dunk, le fait de la couper pour insérer une frise sur le dos ne gâche rien, bien au contraire.

Mais revenons à l’histoire. Yu Yu Hakusho, c’est le shonen d’aventure fantastique par excellence et Togashi y excelle dès le premier chapitre grâce à une narration impeccable. Il nous fait faire la connaissance de son héros Yusuke, alors que celui-ci vient de mourir après avoir sauvé un petit garçon. Yusuke est pourtant un sacré loubard, aimant fumer et sécher les courts. Seul son prof principal et son amie d’enfance croient en lui, mais il faut dire qu’il n’a pas la vie facile en vivant seul avec sa mère et en ayant une mauvaise réputation même si celle-ci n’est pas pleinement vraie. Sauf que c’est un garçon au grand coeur, du coup, le dieu des Enfers : Enma, décide de lui offrir une seconde chance.

J’ai trouvé l’implantation du récit juste excellente. C’est extrêmement propre grâce à une narration parfaitement calibrée pour le genre. L’auteur introduit de manière archi fluide et avec une jolie touche d’humour grinçant son univers, ses personnages et les enjeux. C’est à la fois profond et loufoque, totalement dans l’esprit de ce qui se faisait alors. On est dans une ambiance fantastique sur fond de fantôme et dieux des morts, avec une touche de loubard (bosozoku) et une pincée de critique sociale. L’auteur dénonce certains mauvais profs, le poids des rumeurs, la difficulté d’être mère célibataire, la pression sociale sur les jeunes, etc. C’est très riche.

Cependant passé quelques chapitres d’introduction où l’on apprend grosso modo sans entrer dans les détails ce que Yusuke va devoir faire pour ressusciter, on enchaîne les chapitres un peu filers dans lesquels il va connaître de gentilles missions où il va aider des êtres humains potentiellement à la dérive. On est en plein dans la dynamique des fantômes devant faire le bien pour racheter leur âme même si ce n’est pas à proprement dit. Cependant, quand je vois les images sur lesquelles j’ai pu tomber, j’ai l’impression qu’on est loin du plein potentiel de la série, ainsi que de ce qui en fera le sel plus tard, mais que l’auteur s’amuse plutôt à faire connaissance avec nous, nous entraînant sur une fausse piste. Mais ce n’est que supposition de ma part.

Côté dessin, même si c’est assez oldschool, cela a un charme certain. J’adore le look loubard à banane du héros et les tenues so années 80’s. J’adore l’humour de l’auteur qui transpire dans les pages lorsqu’il déforme son visage en mode Collège fou fou fou. J’adore la vivacité qui se fait sentir ici dans les scènes d’action notamment. Alors bien sûr le design est daté, ça ne plaira pas à tout le monde, mais les planches sont ultra fluides et il n’y a aucune faute de goût ou autre au final. C’est donc juste une question d’appréciation et d’époque mais non de talent.

Grâce à la nouvelle édition de Kana, j’ai donc eu la chance de pouvoir découvrir ce shonen fantastique qui a tout pour me plaire. Entre son humour, ses critiques sociétales et son jeu autour des fantômes cherchant à se racheter, j’ai de quoi passer un très bon moment. J’espère juste que les chapitres en mode un « mission » auxquels on assiste ne dureront pas trop longtemps et qu’on entrera prochainement dans le vif du sujet. Mais déjà, je trouve le héros fort attachant et j’adore l’ambiance graphique du titre, grâce à un Togashi vraiment hyper à l’aise dans le genre. Très belle découverte !

 >N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Balin, Vous ?

Tome 2

Sorti en même temps que le tome 1, cette suite permet de commencer à vraiment lancer la série, bien que l’auteur semble encore chercher dans quelle direction mener les aventures de son héros.

Le tome est donc très riche en événements. Nous enchaînons la fin de la résurrection de Yusuke, sa nouvelle vie et les missions diverses et variées que lui confient les hautes autorités de l’Enfer. C’est clairement dynamique mais cela donne aussi une petite impression de fouillis car le fil rouge du tome précédent est bien vite évacuer pour en proposer un autre, qui semble déjà en passe d’être évacué lui aussi, comme si l’auteur cherchait sa voie.

Cependant, il est plaisant de retrouver ce héros voyou au grand coeur. L’auteur met toujours en avant de belles valeurs. Il forme un duo intéressant avec Botan, qui elle sait bien plus de choses sur lui sur cet univers s’ouvrant à lui. Son duo avec Kuwabara est toujours aussi détonnant et ils ressemblent de plus en plus à de vieux potes ensemble. J’aime cette dynamique. En revanche, son amie d’enfance qui avait une certaine utilité dans le tome 1 se voit peu à peu éclipser et refourguée au rang de potentielle petite amie du héros ou juste fille amoureuse de lui. Bof. –

En fait, je trouve ce début très classique. Je retrouve des éléments à la mode dans les shonens des années 80-90, comme les références culturelles chinoises, bouddhistes et shintoïstes, avec ces personnages inspirés de leur folklore. Je retrouve surtout les prémices de bien des thèmes développés plus tard dans Hunter x Hunter comme tout ce qui tourne autour des énergies que possèdes les personnages dans la dernière partie. L’auteur commence à établir une sorte de classification autour de la sensibilité, la puissance et l’aura. On voit apparaître des pouvoirs liés à la puissance, à la force de leur caractère, qui se matérialise différemment pour chacun. Ça rappelle beaucoup le Nen.

Côté mythologie de la série, ça y est Yusuke étant ressuscité, on lui confie une mission de détective paranormal. Il rencontre alors ceux avec qui il forme un quatuor plus tard, comme nous le spoile les premières pages de cette réédition. Pour le moment, parmi ces derniers Hiei ne m’a pas fait forte impression. J’ai même trouvé son dessin un peu raté… En revanche, Kurama qui ressemble à un Andromède version démon m’a paru plus prometteur et j’ai aimé son histoire et sa sensibilité.

Cependant, nous sommes encore en phase d’installation de la série. Nous enchaînons encore parfois des chapitres anecdotiques où les missions remplies par Yusuke n’ont rien de transcendantes et de marquantes. Les affrontements que l’on suit, même lorsqu’il doit retrouver des artefacts volés en Enfer, sont prévisibles et un peu bourrins. Seule la dernière partie, où il va participer à un tournoi pour sélectionner l’apprenti d’un maître en énergie spirituelle m’a un peu réveillée, même si cela n’a rien de franchement innovant, mais y voir des prémices de HxH m’a séduite. Yuyu Hakusho est donc un sympathique shonen sur fond de folklore asiatique séduisant dans sa forme mais aussi un brin trop classique pour le moment. L’exposition est un peu longue.

Tome 3

Après trois tomes, je suis un peu partagée sur les débuts de cette série. Elle est très fun à lire, bourrée d’humour et très dynamique mais il me manque pour le moment le petit truc en plus et je la trouve loin d’être aussi originale que je l’imaginais.

En effet, même si Togashi utilise à bon escient les codes du shonen d’aventure et du shonen fantastique, je n’ai pas l’impression qu’il a inventé l’eau chaude ici. Plus les chapitres passent, plus j’ai le sentiment de retrouver des choses que j’ai déjà lues ailleurs : des combats à la Saint Seiya, un Kurama dont l’attaque fait penser à celle de Shun, des méchants cachés dans l’ombre avec un oeil mystérieux comme dans Fly, des attaques faisant penser à celles de DragonBall ou une mythologie directement empruntée à la culture asiatique avec les Dieux des 4 points cardinaux. Et j’avoue que je m’attendais à plus d’originalité de la part de Togashi.

Après, je dois quand même avouer que le mélange shonen d’action fantastique et humoristique change quand même des autres. L’auteur a beau nous proposer des combats bien dramatiques avec de vrais méchants bien cruels, il ne peut non plus s’empêcher de faire la petite blague potache qu’il faut quand on lui tend la perche et ça arrive souvent, ce qui m’amuse beaucoup. C’est donc plus ce ton décalé que je trouve original que le fond de l’histoire qui est assez basique encore pour l’instant.

Nous sommes encore dans une course à la puissance et une lutte contre des adversaires apparaissant les uns à la suite des autres avec des motifs très simplistes et manichéens. Dans un premier temps, Yusuke achève de participer à ce tournoi lui permettant de gagner un nouveau pouvoir, un classique. L’originalité vient de la mise en scène où c’est plus la chance de cocu du héros qui l’aide à gagner que sa force intérieure, ce qui est fort amusant. Togashi s’amuse vraiment à casser les codes du shonen nekketsu ici grâce à cet humour de situation lourdeau mais efficace. Dans un second temps, de nouveaux méchants tirés des contes chinois arrivent : les 4 démons Shiseijus qui ont envoyé des insectes démoniaques pour posséder les hommes impurs et les transformer en zombies. Avec Kuwabara et plus tard Hiei et Kurama qui les rejoignent, Yusuke va chercher à les éliminer en s’emparant de la flûte commandant les insectes, et ainsi à sauver Keiko, qui a été prise pour cible sur Terre avec Botan. C’est un enchaînement de combats en mode archi classique mais là aussi la part de l’humour venant casser le sérieux des situations est le gros plus. Pour le reste, c’est un peu fade.

Je m’amuse ainsi à suivre les embûches que Togashi va mettre sur le chemin de ses héros mais je peine à trouver l’originalité que je m’attendais à trouver ici, dans ce shonen que beaucoup ont qualifié de fondateur. Pour le moment, je trouve l’aventure drôle et sympathique, avec la touche de noirceur que j’aime, mais l’univers me laisse sur ma faim. J’aimerais moins d’emprunts ou d’hommages, c’est selon, et plus d’invention.

Tome 4

Ça y est la série semble avoir trouvé sa vitesse de croisière entre missions qui peuvent sembler anecdotiques et moments plus sérieux sur fond de tournoi. J’aime beaucoup ce mélange dans cet univers décalé de bozoku en mode fantastique.

Depuis le début de la série, j’avais l’impression que Togashi se cherchait un peu, testant plein de modes narratifs différents pour trouver la couleur à donner à sa saga, mais j’ai l’impression qui ça y est, il a trouvé où il voulait aller et du coup, je me mets à bien plus apprécier la série.

Je me suis ainsi autant plu à suivre Yusuke lors des petites missions confiées par Enma que lors des tournois où il va encore plus mettre sa vie en danger aux côtés des amis de sa fine équipe. L’humour de Togashi fait des ravages avec ce décalage savoureux de héros en mode cailleras et d’un monde où les esprits et les démons interagissent beaucoup avec nous. C’est un fantastique fort savoureux et je dois avouer que l’ambiance désormais old school pour le lecteur n’est pas pour rien non plus dans le plaisir que je prends à ma lecture, car ces codes datant des années 80-90, me rappelant mon enfance, sont hyper savoureux pour moi.

J’ai donc apprécié de voir la fin de l’affrontement contre Suzaku, qui va sceller la réputation de Yusuke dans le monde des esprits. C’était plaisant ensuite de le revoir dans le monde des humains et de suivre avec cocasserie les embûches qui surviennent sur son chemin suite à cela. Mais plus que ça, c’est la constitution progressive d’une vraie équipe entre lui Kuwabara, Hyei et Kurama, tandis que lui-même monte en puissance suite à un entraînement intensif, qui me séduit. C’est très shonenesque mais avec une belle maîtrise des codes du genre qui rend cela fort savoureux, car il y a à la fois la naissance d’amitiés fortes et l’évolution de héros qui se forgent une carapace physique et spirituelle solide. Pourtant, leurs adversaires n’ont pas à démériter mais la montée en puissance est là.

Là où Togashi est fort, c’est qu’il parvient à associer à cela un ton à la fois sérieux et humoristique. Le sérieux venant du fait que nos héros mettent sans cesse leur vie en danger et voient celle de leurs proches menacées avec de vraies poussées de violence parfois, l’auteur n’hésitant pas à nous offrir quelques décapitations et éviscérations avec des démons inspirés tout droit du folklore yokai japonais. Mais l’humour n’est jamais bien loin, comme lorsque le grand méchant de ce tome ressemble à s’y méprendre au Terminator d’un Schwarzenegger inimitable, c’est cocasse ; ou que le grand chef de l’Enfer est un bébé avec une tétine dans la bouche qui se transforme en ado gardant toujours cette tétine ; ou encore que les femmes mortelles de l’entourage de nos héros ressemblent à leur tour à des racailles en puissance. Tout cela détend agréablement l’atmosphère.

Avec ce quatrième tome, j’ai donc eu l’impression d’enfin découvrir le vrai visage de ce que Togashi a voulu faire dans Yuyu Hakusho et je me suis délectée à la fois des combats de ce héros en pleine évolution, de la naissance de son groupe de potes et de l’humour singulier de l’auteur dans cet univers fantastique pourtant sérieux inspiré du bestiaire japonais. Délectable.

Tome 5

Chaque lecture de Yuyu Hakusho est vraiment un pur plaisir car avec elle, on replonge dans ce shonen nekketsu des années 80-90 qui avaient quand même un petit quelque dans l’humour, le rythme, l’intensité, que n’ont plus forcément leurs confrères actuels.

Nous sommes cependant sur un format assez classique de tournoi. Sauf que l’auteur s’amuse à détourner cela en faisant explicitement de l’équipe de ses héros les dindons de la farce. En effet, on voit les règles se modifier sans cesse à leurs détriments sans que ça ne choque personne ou presque, ce qui est assez drôle pour le lecteur, je l’avoue, tellement c’est contre-intuitif.

Nous ne perdons cependant rien de l’intensité des matchs. Courts mais rondement menés, ceux-ci montrent à la fois les pouvoirs explosifs de notre quintet mais également la puissance brute de leurs poings et la force de leurs convictions. Classique mais très efficace. En face, on retrouve des antagonistes typiques des shonen d’autrefois, à mi-chemin entre les baltringues et les gros méchants bien manichéens. Ça m’a encore une fois beaucoup amusée. On a ainsi à la fois des combats drôles et intenses.

Le revers de tout cela, c’est que j’ai peiné à prendre les choses au sérieux, avec un premier adversaire ivre, un deuxième sorte de Dr Frankenstein raté et les derniers des soi-disant esprits des éléments mais si faibles par rapport à ce que j’imaginais. Dur dur de les prendre au sérieux même quand ils parlent de cobayes pour des expériences ou de créatures rejetées cherchant juste un havre de paix. Ça me passe un peu au-dessus. De la même façon, l’approfondissement des pouvoirs des héros ne me rend pas ceux-ci plus profonds. Je continue juste à voir des amoureux de la bagarre et des amoureux de la justice.

Très bon divertissement old school pour le lecteur des années 2020, Yuyu Hakusho souffre cependant du ton souvent trop léger de son auteur qui vient cassé la violence sanglante de certains combats et les atrocités psychologiques commises à côté. Il y a du potentiel. On retrouve énormément de choses qui seront plus tard exploitées dans Hunter x Hunter avec plus de justesse, ainsi que des clins d’oeil et reprises évidentes à des classiques comme DragonBall mais ça manque un peu de force et d’intensité au final et cela reste encore au stade de série divertissante et c’est tout.

Tome 6

Poursuivant tranquillement la voie du classique tournoi opposant des adversaires aux personnalités et attaques toujours aussi diverses, Togashi offre aussi des personnages loin d’être lisses qui font toute la saveur de son oeuvre.

Scénaristiquement, le mangaka propose quelque chose d’on ne peut plus vu et revu. Ses héros sont encore pris par le tournoi organisé par leur ordre et affrontent à tour de rôle de drôles d’équipes. C’est divertissant mais fort peu original. Cela s’entrecoupe aussi de phases d’entraînement classiques, la saveur de la série ne vient donc pas de là.

Non, là où Togashi réussit avec le plus de brio, c’est dans l’élaboration de ses personnages. Il est plaisant ainsi de découvrir des hommes et femmes qui ne correspondent pas forcément à ce qu’on attend d’eux. Ainsi l’équipe de Yusuke tombe-t-elle sur une équipe de tricheurs. Ainsi Yusuke et Hiei sont prêts à basculer du côté sombre pour répondre à cela. Ainsi la personne sous le masque est quelqu’un en fin de vie qui souhaite juste transmettre son héritage avant de disparaître. Des attitudes qu’on n’attend pas forcément à trouver dans un shonen où c’est souvent des valeurs plus positives qui sont mises en avant. C’est ce qui m’a le plus plu.

Le tournoi, lui, est plus un enchaînement de combats certes divertissants avec quelques petites surprises de-ci de-là mais rien de bien folichon, je trouve. Je n’ai pas su trouver de mises en scène particulièrement percutantes, ni de pouvoirs notables. Togashi continue de s’amuser, notamment avec le choix des adversaires sur un lancement de dés, où la transformation ponctuelle de Kurama en celui qu’il était autrefois, mais c’est bien pauvre. On est clairement dans l’attente d’un plus gros affrontement, celui contre l’équipe Toguro.

Bon petit tome d’affrontements en mode tournoi, ce ne sont cependant pas ceux-ci qui m’ont accrochée mais plus l’écriture des personnages avec toujours des moments où ceux-ci s’écartent parfois des codes héroïques des shonens, ce qui est jouissif. Cependant, cela manque d’approfondissement, d’originalité et de folie par rapport à la série qu’il écrira ensuite : Hunter x Hunter.

Tome 7

Je crois que j’ai enfin eu dans ce tome ce que j’attendais depuis un moment : une montée en puissance, de la noirceur et des combats plein d’impact. Ça fait du bien !

Même si j’aime l’auteur et l’univers développé dans Yuyu, je trouvais la série encore un peu en jachère, avec souvent de bonnes idées semées mais qui peinait à éclore. Ce n’est plus le cas ici. Avec l’affrontement contre les frères Toguro, on passe clairement à la vitesse supérieure et l’auteur laisse éclater son talent pour mettre en scène des pouvoirs surprenants aux évolutions inattendues et surtout son talent pour faire souffrir ses personnages de manière assez cru ce qu’on n’avait pas l’habitude autrefois de voir dans les shonen et encore moins de nos jours.

Ainsi, je me suis vraiment régalée à suivre l’évolution de nos héros dont les pouvoirs grandissent, grandissent au contact de ces frères aux pouvoirs eux-mêmes monstrueux. Togashi sait comment mettre en scène cela pour que ce ne soit pas rébarbatif. Il suggère des entraînements mais les garde secret pour maintenir le suspense et tout faire éclater quand on ne l’attend pas lors des combats. Il a l’art du timing pour révéler les évolutions de ses personnages. J’ai beaucoup aimé voir Kurama dépasser son alter ego pour aller encore plus loin. J’ai été ravie qu’Hiei apprenne à maîtriser ainsi son dragon. Sans parler de Kuwabara qui explose son adversaire alors qu’on aurait pu le croire plus faible que les autres. Chacun nous réserve une surprise alors qu’on le croyait en difficulté et chacun se transcende.

Pourtant face à eux, leurs antagonistes font peur. Ils osent tout ce qui obligent notre groupe de gentils à tout oser également et à être aussi sombre qu’eux à leur façon. Le déclic ? Une mort qui aura un gros impact sur eux et sur nous à cause du lien qu’ils entretenaient avec ce personnage et à cause de la mise en scène sanglante et cinglante de cette disparition pour nous. Togashi ose lui aussi. Les combats sont ainsi explosif, plein de sang et de sueur mais aussi d’entrailles. C’est vraiment sale et dégoulinant. J’aime ! On sent vraiment une montée en puissance dans les pouvoirs, les enjeux, la noirceur et l’horreur. Leurs adversaires ont un but assez effroyable et il faut être dur aussi pour les contrecarrer. J’ai hâte de voir maintenant si Yusuke, le leader de nos héros, sera sur cette ligne ou apportera la lumière qu’on attend quand même d’une telle série.

Avec implacabilité, Togashi offre enfin à sa série l’un des climax nécessaire pour enfin la transcender et la faire passer à la vitesse supérieur. Pari réussi avec moi, j’ai adoré cette noirceur qui nous a explosé au visage tout comme les pouvoirs des garçons qui grandissent, grandissent, le tout dans une maestria de sang et d’entrailles. J’aime quand les promesses de noirceur sont tenues, surtout avec une mise en scène aussi forte où le sens du timing et de l’image sont aussi bien pensés !

Petit aperçu des pages avec notamment un avant-après cette édition

Ce diaporama nécessite JavaScript.

© Yoshihiro Togashi 1990-1994 / © Kana (Dargaud-Lombard s.a.) 2021

 

9 commentaires sur “YuYu Hakusho, Star Edition de Yoshihiro Togashi

      1. Ah oui, pourtant l’aperçu avait l’air joli sur le net, comme quoi. Bon après j’avoue que ce choix a des avantages et des inconvénients. Par exemple, j’ai des fois un léger décalage avec celle de FT mais rien de bien dérangeant 😉

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s