Livres - Science-Fiction

L’Espace d’un an de Becky Chambers

Titre : L’Espace d’un an

Auteurs : Becky Chambers

Editeurs vf : L’Atalante / Le livre de poche

Année de parution : 2016 / 2020

Nombre de pages : 600

Histoire : Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…

Mon avis :

J’avais adoré Apprendre, si par bonheur où j’avais découvert une SF positive et humaine, où l’individu était au coeur du récit pour nous offrir une aventure réaliste et futuriste, sans rien de superflu dans cette nouvelle. J’y avais aussi adoré le concept des corps qui s’adaptent à des mondes, ce que j’avais trouvé fascinant, tout comme la liberté des corps et des coeurs. Je m’attendais donc à repasser un très bon moment de lecture avec L’Espace d’un an, premier tome d’une quadrilogie. Soyons franche, ce ne fut pas du tout le cas. Voyons voir pourquoi.

Tout d’abord, je ne suis pas sûre que les textes longs conviennent aussi bien à Becky Chambers et à moique les textes courts. Malheureusement pour moi, tout le contenu de ce long volume de 600 pages était contenu dans le résumé de l’éditeur, quand au reste de l’histoire, il ne se passe pas grand-chose concrètement… L’autrice nous propose de suivre la vie d’un équipage à bord de son vaisseau, mais nous sommes dans du pur tranche de vie où il n’y a quasiment pas d’action et quand celle-ci arrive, non seulement elle tient sur une page – j’exagère à peine -, mais en plus elle est d’une banalité. Du coup, je me suis totalement ennuyée ici et j’ai désespérément attendu une tension narrative qui n’est jamais arrivé.

En fait, le concept de l’autriceet il est louable en soiest de proposer une SF foncièrement positive, loin de la sinistrose habituelle. Le revers, c’est qu’on a un peu l’impression d’être au pays des Bisounours, ce qui n’est pas franchement ce qu’il y a de plus attrayant et dynamique pour bâtir un récit selon moi. Alors oui, c’est chouette de découvrir un équipage aussi varié que celui-ci où les formes et origines de vie et intelligence sont très variées. C’est dépaysant de découvrir en mode ethnologue leur mode de vie, leurs us et coutumes, et leurs croyances. Ça fait chaud au coeur de voir autant de tolérance et de bienveillance dans cet univers où tout le monde semble traité à égalité. Mais c’est à la fois la force et la faiblesse du titre en fonction de ce qu’on recherche.

Si vous avez envie de SF un tant soit peu remuante, bandante, bouleversante avec un récit travaillé où le futur n’est pas qu’un décor, vous risquez vous aussi de vous ennuyer. Si vous avez envie de partir à la découvertes de peuples, individus, intelligences divers et variés et de jouer les anthropologues-linguistes en découvrant l’histoire de chacun, vous allez adorer. Ce sont d’ailleurs les moments où on en apprend plus sur le fonctionnement de chacun des membres de l’équipage et sur leur passé qui sont les meilleurs ici. Mais j’aurais préféré les voir développés par petits groupes au sein des nouvelles qui auraient eu un vrai récit, plutôt qu’enchaînés ici façon un peu catalogue, car ces tranches de vie sont entrecoupés de bien trop peu de moments d’action.

Je pense donc que ce texte a vraiment de nombreuses qualités. L’autrice a une jolie plume et de belles idées qui font voyager. Elle a également un ton qui lui est propre et un vrai désir derrière les histoires qu’elle imagine, seulement ce n’est pas pour moi. C’est d’autant plus étrange que j’avais adoré sa nouvelle avec laquelle je l’avais précédemment découverte, mais là, j’ai erré pendant 600 pages en attendant qu’il se passe quelque chose et j’en suis ressortie particulièrement frustrée car il y avait pourtant vraiment matière à devant la variété des personnages et la puissance de leur caractérisation. Dommage. Si vous souhaitez plus de détails, alors lire Apophis qui vous en parlera bien mieux que moi.

 > N’hésitez pas à lire aussi les avis de : YodaBor, BlackWolf, Charmant petit monstre, Vous ?

17 commentaires sur “L’Espace d’un an de Becky Chambers

  1. De la SF positive, une denrée qui me semble rare, du moins dans ma PAL. Du coup, même si ce n’est pas l’aventure du siècle et qu’il ne faut pas s’attendre à de l’action, je serais curieuse de découvrir cet équipage divers et variés et l’histoire de chacun. Ce n’est pas une priorité mais si je trouve la version de l’Atalante d’occasion, je me laisserai tenter.

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    1. Oui, j’aurais aimé aimer comme toi, j’étais hyper emballée avant de commencer mais effectivement ce n’est pas un style de narration / d’histoire fait pour moi ><
      Si l'autrice pouvait maintenant faire un entre deux pour qu'on se rejoigne, ce serait chouette lol

      Aimé par 1 personne

  2. Nos avis se rejoignent totalement : je la préfère aussi en format court cette autrice. Là, c’est très délayé, et ça perd de sa force, selon moi. Et oui, le côté bienveillant a tendance à forcer le trait bisounours, je suis d’accord !

    Aimé par 1 personne

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