Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Barbarities de Tsuta Suzuki

Titre : Barbarities

Auteur : Tsuta Suzuki

Éditeur vf : Taifu (Yaoi)

Année de parution vf : Depuis 2021

Nombre de tomes vf : 1 (en cours)

Histoire : Dans le royaume de Lorraine, le vicomte Adam Cunning se voit assigné la garde du vieux ministre de la Justice de la couronne, le seigneur Montague. Le jeune noble, hédoniste et libertin, décide pour tromper son ennui de se rendre à une partie fine où est censé apparaître Joël, le neveu de son maître. Timide et maladroit, ce dernier n’est toutefois pas là pour prendre du bon temps, mais pour tirer parti de la situation afin de mener à bien une certaine mission. Semblant être bien moins à l’aise avec les choses de la chair qu’avec les choses de l’esprit, il aura besoin de toute l’aide que le bel Adam pourra lui apporter.

Mon avis :

Tome 1

Quand j’ai entendu parler de la sortie de ce Boys’ Love chez Taifu, j’ai de suite pensé à la série Ludwig II qui était sortie il y a une dizaine d’années chez nous. Ce genre de romance MxM historique est trop peu présent chez nous pour que la fan d’Histoire que je suis passe à côté.

L’autrice, Tsuta Suzuki, ne nous avait pourtant pas habitués à ce genre de titre. Nous la trouvions plutôt disponible sur des titres plus fantastiques ou working men, toujours chez Taifu qui l’avait publiée dans les années 2012-2013 avant cette longue pause. C’est donc un plaisir de retrouver son trait fin et ciselé après tant d’années.

J’ai été enchantée par la féerie de ses dessins, la couverture ne rendant vraiment pas hommage à la douceur de ses compositions. J’aime beaucoup le jeu de contraste qu’elle organise entre les personnages, les profondeurs de ses blancs et la force de ses noirs. Ses héros sont à l’opposé l’un de l’autre, l’un ressemble presque à un Fae vu la finesse de ses traits et ses longs cheveux blonds, l’autre est plus humain avec un type méditerranéen assumé grâce aux bouclettes de ses sombres cheveux et sa petite barbichette. Un style qui me convient à merveille.

L’histoire, elle, change de ce qu’on peut lire habituellement en Boy’s Love. L’autrice offre un vrai décor historique, certes totalement imaginaire, mais parfaitement crédible. On se retrouve plongés dans un pays où le roi tout jeune se voit aidé dans la gouvernance par un vieil homme d’Église renfrogné et un vieux savant fin connaisseur du droit. Ce royaume, à qui on a donné le nom de Lorraine, est secoué par des troubles internes orchestrés par des hérétiques que ceux-ci surveillent de près. Le vieux savant, Lord Montague, voit ainsi sa vie menacée et c’est un parent de la reine mère : le vicomte Cunning qui arrive pour lui servir de garde du corps.

J’ai aimé la solidité du cadre historique, directement inspiré de notre histoire, mélange d’ambiance médiévale et renaissance. Il occupe une place non négligeable dans l’histoire à grand renfort de discussions entre Lord Montague et son homologue, mais aussi avec les dangers qu’il rencontre, le roi qu’il fréquente et un prince étranger qui vient encore pimenter la chose.

J’ai moins aimé la romance, que j’ai trouvée fort maladroitement écrite ou plutôt mise en scène. Elle naît entre Lord Montague, qui en fait n’est pas si vieux que ça, et son garde du corps Adam Cunning. Celui-ci est présenté comme un noceur aimant hommes comme femmes sans que ça ne gêne personne. L’anachronisme fait mal à voir et l’autrice commettra plusieurs maladresses dans ce sens… Tant qu’à vouloir de la diversité, autant oublier tout cadre historique, sinon ça ne colle pas. Adam est celui dont le coeur cède en premier, tandis que Montague est plus naïf et néophyte en amour. J’ai eu beaucoup de mal à apprécier l’attitude d’Adam qui force les choses sans arrêt et a du mal à respecter le consentement de Montague, sur la base : il aimera s’il teste. Bof bof. L’autrice aborde même la question du viol avec beaucoup de légèreté à un moment, avec un Adam qui se jette sur tout ce qui bouge sans penser à eux et bien sûr ces derniers qui finissent par aimer… C’est exactement ce que je n’aime pas personnellement dans bon nombre de yaoi. Alors je regrette de le trouver ici.

C’est d’autant plus dommage qu’en dehors de cette morale plus que nauséabonde, le reste est plutôt bien écrit. On comprend qu’Adam nourrit des sentiments pour la première fois, ce qui est mignon. On comprend qu’il est fasciné par les idéaux de Montague, ce qui est touchant. On le voit batailler pour lui exprimer ses sentiments, ce qui est amusant. Et on voit ce dernier peu à peu succomber à son charme et ses belles actions, ce qui est touchant. Il y a donc vraiment du potentiel.

Barbarities est donc un Boys Love comme on en lit trop peu, avec une romance sur fond historique où le cadre politico-religieux est vraiment crédible et bien écrit. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la romance et de l’un des deux héros dont le comportement marqué par l’absence de respect de son compagnon est vraiment gênant. Dommage car les dessins sont somptueux et l’histoire prometteuse en dehors de ça. Ce sera donc à juger sur la longueur.

(Merci à Taifu et Sanctuary pour cette lecture.)

 >N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Songe d’une nuit d’été, Vous ?

 

 

4 commentaires sur “Barbarities de Tsuta Suzuki

  1. ah zut, c’était bien parti avec le décor historique qui me fait très envie mais ça se gâte ensuite avec ce même problème qu’on retrouve dans beaucoup de yaoi : le consentement. Plus ça va et plus sa me gène (surtout maintenant que Mimiko lit aussi des yaoi) du coup… je vais éviter celui-ci 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. La même… J’ai lu plein de yaoi autrefois mais maintenant que mon regard est plus éclairé cette notion de consentement me gène vraiment aux entournures et ce serait pire effectivement si j’avais un enfant en lisant ><

      J’aime

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