Livres - BD / Illustrations

Noir Burlesque d’Enrico Marini

Titre : Noir Burlesque

Auteur : Enrico Marini

Éditeur : Dargaud

Année de parution : 2021-2022

Nombre de pages : 96 (x2)

Histoire : Philadelphie, années 1950. Une chambre d’hôtel, la nuit. Assis dans un fauteuil, un homme attend, un revolver à la main. Il s’appelle Slick et guète l’arrivée de Caprice, la femme qui l’a trahi. En ouvrant la porte, Caprice comprend aussitôt : il est venu pour se venger. Quelques mois plus tôt, Slick a loupé un casse. Il doit de l’argent à son commanditaire, Rex, un boss de la mafia irlandaise. Ce dernier compte bien épouser Caprice, danseuse dans sa boite de nuit, après avoir éliminé Slick du paysage. Mais il s’est passé quelque chose entre Caprice et Slick. Il y a longtemps déjà, bien avant toute cette histoire. Ils étaient tombés amoureux. Et maintenant, ils jouent avec le feu…

Mon avis :

Tome 1

Je suis de plus en plus faible face au travail de Marini. A peine une couverture accrocheuse, un travail percutant sur la colorimétrie et un univers un peu sombre et oldschool, que je suis preneuse. Alors merci au Père Noël qui l’a mis sous mon sapin.

Plus honnêtement, si j’ai été emballée par le parti pris graphique du livre, je dois tout de même avouer que l’ensemble est un petit peu fade et convenu et que je m’attendais à plus percutant.

Avec Noir Burlesque, dont nous tenons le premier tome sur deux, l’auteur nous embarque dans un polar à l’ancienne comme on en a déjà lu tout plein. L’histoire n’a rien d’originale et ne fait que reprendre les tropes du genre avec ce gangster taiseux qui retrouve des années plus tard la femme qu’il a aimé dans les bras d’un autre gros bonnet mais ne l’a pas oubliée et elle non plus, ce qui crée un sacré paquet d’embrouilles.

Certes la narration est dynamique, les personnages bien campés malgré les clichés qu’ils revêtent. L’ensemble est donc entraînant à lire, avec de bons rebondissements et une noirceur bien présente comme on l’attendait. Mais tout fait un peu trop lisse et prévisible. Cela manque de vie et on peine à s’attacher aux personnages tant tout est formaté.

En revanche, graphiquement c’est vraiment à la hauteur de ce que j’attendais. J’ai adoré le tableau de cette vieille Amérique sous le joug de la mafia. J’ai adoré le parti pris que tout soit en niveau de gris à part les touches rouges, couleur de la tentation, qui viennent apporter la lumière et la profondeur nécessaire. Oui, cela n’a plus rien d’original depuis La liste de Schindler ou Sambre d’Yslaire mais je trouve ça toujours aussi beau. Et puis, j’aime beaucoup le trait de Marini, que ce soit les visages bien carrés et virils des hommes ou les courbes généreusement féminines de l’héroïne. Je suis fan du travail sur les décors et j’ai beaucoup aimé le rythme cinématographique des planches.

Ainsi même si je reste clairement sur ma faim, ce fut tout de même un bel ouvrage graphique que je suis contente d’avoir dans ma bibliothèque. J’aurais juste aimé que le projet ne se contente pas de cocher des cases déjà listées par d’autres et ait une âme.

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : La petite vendetta, Vous ?

Tome 2 – Fin

Après un premier tome avec une très belle ambiance, j’ai vraiment eu l’impression que l’histoire démarrait réellement ici et qu’elle histoire !

Ce beau polar à l’ancienne coche vraiment toutes les cases du genre et c’est pour ça que j’ai passé un bon moment en sa compagnie malgré son cadre très classique et son scénario archi prévisible. On lit ce genre de titre pour cela : une histoire efficace, des personnages connus bien plantés et des dessins à tomber. Pari réussi.

Bien sûr, je n’aurais pas été contre un peu de surprises et d’originalité mais je me suis aussi plu à suivre notre héros missionné et menacé par un homme qu’il déteste pour récupérer un tableau chez un rival et le faire chanter. On est dans un grand classique des histoires de crapules et ça fonctionne très bien. Les méchants font très méchants, les séducteurs et séductrices réussissent à merveille dans leur art et les guéguerres de clans mafieux avec vengeances à tout va tiennent leurs promesses. C’est très bien fait.

J’ai adoré l’ambiance crapuleuse à l’ancienne du titre grâce au trait très pin-up de Marini et ses choix colorimétrique avec ce rouge entêtant, procédé qu’on connaît bien désormais mais qui a du chien ici. Ses planches sont vraiment superbes et il se dégage définitivement quelque chose des pauses prises par les héros ou plutôt anti-héros de cette histoire. C’est la classe !

Pas forcément un titre qui restera longtemps dans les mémoires mais une histoire classique très bien racontée et mise en scène pour les fans du genre et les amateurs de beaux dessins grâce au trait très polar à l’ancienne de Marini, donc un bon divertissement qui ne demande qu’à séduire ses lecteurs.

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© Editions Dargaud 2021

9 commentaires sur “Noir Burlesque d’Enrico Marini

  1. Sans ton avis, je ne me serais pas arrêtée à la couverture alors que j’aime beaucoup le côté sombre de l’ambiance graphique et le sentiment de profondeur que je ressens en regardant les extraits que tu as insérés à ton article. Quant au côté convenu, ayant peu lu de polar au rayon BD, cela ne me gêne pas trop….

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