Livres - Science-Fiction

Resilient Thinking de Raphaël Granier de Cassagnac

Titre : Resilient Thinking

Auteur : Raphaël Granier de Cassagnac

Éditeur : Mnémos

Année de parution : 2022

Nombre de pages  : 312

Histoire : À Zanzibar, les derniers humains tentent de reconstruire une société apaisée après la catastrophe causée par les consciences artificielles. Quand l’une d’elles revient d’un long exode spatial, la peur d’une nouvelle apocalypse se manifeste chez les héritiers des premiers survivants. Accompagnée d’un passager, elle prétend que sa volonté est de protéger l’humanité. Qui croire ? La légende ou la machine ?
Motivés par leur soif de connaissances et l’apport d’un nouveau patrimoine génétique, les Résilients s’aventurent sur des territoires inexplorés et engagent leurs forces dans une épopée qui déterminera la survie de l’humanité.

Mon avis :

Très souvent quand je lisais le résumé d’un titre publié chez Mnémos, j’étais emballée par la proposition de l’auteur ou l’autrice mais il y avait des petits couacs à la lecture qui m’empêchaient de l’apprécier pleinement. Avec Raphaël Granier de Cassagnac, enfin, ce ne fut pas le cas. J’ai eu exactement ce que j’attendais et même plus, passant ainsi un très bon moment avec un récit de Science-Fiction reprenant des tropes classiques du genre mais avec maîtrise et passion.
 
Resilient Thinking est le troisième roman dans l’univers d’Eternity imaginé par l’auteur. Je n’ai lu aucun des tomes précédents, ce que je compte bien réparer désormais, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier et de totalement m’immerger dans la proposition de celui-ci qui semble clôturer la saga. L’auteur a pensé aux lecteurs qui prendraient son univers en cours de route et je l’en remercie, car après des débuts un peu difficile de ce côté-là qui me faisaient vraiment sentir que j’avais manqué quelque chose, il a ensuite été fort pédagogue pour notre faire rattraper ce retard, qui ne s’est plus senti par la suite.
 
 
J’ai donc apprécié de plonger dans une science-fiction proposant une ultime confrontation entre l’homme et la machine. Nous découvrons au début de ce tome, une humanité décimée qui vit repliée sur elle-même après qu’autrefois que guerre menée par les I.A. l’ait décimée à l’aide d’un terrible virus. Seul 6 hommes et femmes ont survécu et fondé cette communauté que nous allons suivre. Mais celle-ci va avoir la surprise de voir venir à sa rencontre un homme qui a pendant ce temps-là vécu dans l’espace à bord d’un vaisseau qui n’était pas au courant de ce qui se passait sur Terre et qui à son retour a voulu voir où étaient passés les Hommes.
 
J’ai d’abord beaucoup aimé le cadre géographique de l’histoire qui nous emmène vers une Terre à l’évolution pas si déconnante avec une humanité qui a un temps vécu dans des bulles pour se protéger du virus avant d’en sortir. C’est appréciable de suivre une communauté africaine pour une fois. On a de plus de plus de titres colorés comme ça qui reflètent une belle diversité nécessaire.
 
J’ai également beaucoup apprécié les réflexions menées sur la sociologie et la biologie/génétique du groupe que nous allons suivre dans lequel la natalité est en berne et où l’arrivée d’une nouvelle source de gênes avec cet Eternaute va susciter bien des espérances. J’ai aimé découvrir comment cette société s’était bâtie à partir de seulement 6 individus, les règles qui la régissaient et l’organisation qu’elle avait trouvé avec une élite de 6 hommes et femmes reprenant les caractéristiques de leurs fondateurs pour perpétuer la survie du groupe, mais également la société libre des liens matrimoniaux et parentaux qu’on retrouvait. C’était passionnant de la même façon de voir ce qu’il en était dans l’espace à bord de leur vaisseau où une IA survivante chapeautait leur processus de procréation et leur offrait une vie très libre autrement.
 
Quant à la dimension humains vs intelligences ou consciences artificielles, c’était aussi passionnant. J’ai beaucoup aimé cette histoire sur le long terme imaginée par l’auteur, car elle s’inscrit dans un temps très long permettant une vraie évolution et des vrais questionnements. On touche ainsi à la révolte des machines, au transfert de cerveaux humains dans un monde virtuel, aux machines tueuses et manipulatrices mais aussi parfois salvatrices. Tout au long du récit, on oscille sans cesse entre une vision positive ou négative d’eux tant l’auteur joue avec nous au fil des rencontres et des actes de celles-ci mais aussi des Hommes. C’est classique mais passionnant.
 
Le classique devient passionnant dans ce titre car l’auteur nous offre une aventure qui a un tempo constant puis croissant. J’ai été emballée par les propositions qu’il fait, les voyages dans lesquels il nous embarque, les découvertes qu’il nous fait faire, les réflexions qu’il nous pousse à avoir et la vision de notre potentiel futur dont il nous avertit. On va tout de même à la rencontre d’un homme de l’espace découvrant notre nouvelle société sur Terre, à la découverte de la vie dans l’espace par des terriens, puis des découvertes sur des pans ignorés de la Terre par les héros que l’on suit. L’auteur nous fait démarrer sur le sol africain, pour aller dans l’espace, avant de redescendre et d’aller à la découverte d’autres continents, d’autres sociétés. Et en arrière-plan constant, il y a la question de ces I.A. qui potentiellement sont toujours là à observer les Hommes pour peut-être leur faire du mal ou leur donner le dernier coup de pouce nécessaire pour avancer, ce qui fascine et intrigue.
 
La nuance que l’auteur apporte tout du long dans ses réflexions sur la gestion d’un groupe, l’amour, la natalité, la parentalité, le rapport à la machine, à la vie et au virtuel, était excellent. Il a pour cela construit une flopée de personnages qu’on suit de bout en bout et dont on entend les pensées et cheminements. Certains m’ont plus passionnés que d’autres. En effet, j’ai beaucoup aimé Shéhérazade, celle qui va nous guider le plus et faire le lien avec les Eternautes. De la même façon, j’ai beaucoup apprécié l’I.A. Lia dont le terrible destin m’a pris aux tripes – on parle quand même de viol de la pensée, de la conscience avec elle dans des pages terribles -. Caïn, la conscience artificiel du vaisseau m’a beaucoup interrogée tout du long. En revanche, je suis passée à côté de Tybalt qui a rejoint une branche rebelle. C’est le pan de l’intrigue dans laquelle je ne suis jamais entrée... Mais il y en a également bien d’autres à découvrir.
 
Resilient Thinking fut donc une belle et riche découverte, l’exemple qu’on peut toujours faire une belle et riche aventure de tropes pourtant vus et revus quand un auteur sait s’en saisir, les associer correctement à des personnages, aventures et réflexions forts et maîtrisés. J’entre dans l’aventure par l’ultime porte mais je compte bien ouvrir les précédentes et refaire le cheminement inverse des relations entre les Hommes et ces machines, car si l’ultime volume m’a passionnée, je ne doute pas que les précédents en feront de même.
 

(Merci à Mnémos pour cet envoi et leur confiance.)

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Navigatrice de l’imaginaire, Maki, Les mots étaient livres, FeyGirl, Vous ?

5 commentaires sur “Resilient Thinking de Raphaël Granier de Cassagnac

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