Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Nos jours heureux de Kihara Noriko

Titre : Nos jours heureux

Auteur : Kihara Noriko

Traduction : Laurie Asin

Éditeur vf : IDP – Boys Love (Hana)

Années de parution vf : 2022

Nombre de pages : 192

Histoire : Kôtarô (surnommé Kota) et Shunpei sont deux amis d’enfance qui habitent à la campagne. Camarades de lycée, proches comme des frères, ils sont inséparables, quitte à dormir l’un chez l’autre la moitié du temps.
Mais leur relation prend petit à petit une autre tournure, lorsqu’ils se réfugient dans la maison abandonnée près de chez eux…
Kota se satisfait de la situation telle qu’elle est, et ne réfléchit pas trop à l’avenir, mais les choses sont différentes pour Shunpei, qui arbore des sentiments profonds pour son meilleur ami. Lui et Kota parviendront-ils à se retrouver sur la même longueur d’ondes ?
Une histoire pleine de douceur et de délicatesse qui suit le quotidien de deux garçons de la campagne !

Mon avis :

Dans les Boys Love, j’aime assez les titres doux et un peu tranche de vie, alors quand j’ai vu la superbe couverture printanière et campagnarde de Nos jours heureux avec ce titre, j’ai su qu’il était fait pour moi. Et les vibes à la Aki Irie que j’ai ressenti dès les premières pages ont confirmé ce joli sentiment.

Kihara Noriko est une mangaka méconnue pour moi, c’est son premier titre publié en France et j’espère que ce ne sera pas le dernier même si sa carrière semble tout juste débuter au Japon, ce qui ne se ressent absolument pas quand on la lit, loin de là. Elle s’inscrit ici dans la vague d’autrices comme Sagan Sagan dont je vous ai déjà parlé ici et ici, qui proposent des titres avec un découpage un peu différent, fait d’une narration entrecoupée de petits épisodes de vie, qui donne une toute nouvelle saveur à l’instant de vie raconté.

Ici, tout démarre assez classiquement avec deux voisins, deux amis d’enfance, qui se considèrent comme des membres de la même famille, mais qui à la puberté voient leurs désirs les titiller et qui décident d’expérimenter l’un avec l’autre. Kôta et Shunpei m’ont d’emblée paru très attachant. On ressent beaucoup de fraîcheur et de naïveté en eux, ce qui leur fait commettre des erreurs sans le vouloir, mais les sentiments profonds qu’ils éprouvent l’un pour l’autre les rendent prompt au pardon. Nous allons donc tout tranquillement suivre l’évolution de leurs sentiments et de leur relation du lycée au début de leurs années à la fac avec un regard tout attendri.

Le schéma narratif choisi par l’autrice n’a rien d’original. Les histoires de garçons qui se font plaisir l’un l’autre avant de découvrir que derrière cela il y a des sentiments plus profonds, j’en ai pas mal lu. Mais j’avoue qu’ici le cadre campagnard, leur attachement à leur vie dans ce petit village ainsi que leur attachement mutuel m’ont totalement séduite. J’ai adoré la simplicité sans drama avec laquelle l’autrice raconte leur histoire et met en scène leurs sentiments. Du coup, chaque étape a sonné juste même lorsqu’on a eu un pseudo drame lorsque l’un s’est déclaré et a montré sa jalousie. C’est géré avec beaucoup de douceur et une mise en scène axée sur la communication et l’écoute qui forcément me parle. Aucun n’impose rien à l’autre.

En revanche, je trouve que l’autrice reste un peu en surface sur la question du coming-out. Elle aborde trop brièvement ce que ça ferait de se déclarer à leurs amis que ce soit au lycée ou à la fac. Elle aborde trop discrètement la possible confession à leurs familles et les réceptions de celles-ci. Ça aurait aussi été intéressant à traiter même si oui c’est déjà vu.

En fait, c’est vraiment l’ambiance quasiment à huis clos entre ces deux amis de toujours qui m’a plu. Les non-dits du début font monter une tension nécessaire entre eux. L’affection est toujours au centre de tout et c’est émouvant de les voir lentement évoluer et s’avouer ce qu’ils ressentent après avoir enfin compris. L’expression de leurs sentiments à travers le sexe est vraiment joliment fait montrant l’importance qu’il revêt dans le couple sans pour autant qu’il remplace les sentiments. C’est vraiment très doux. Cette douceur omniprésente est probablement due à l’affection que l’autrice porte également à cette campagne qu’elle souhaitait mettre en avant, ce qu’elle réussit fort joliment dans l’attachement que lui portent les héros.

Ainsi bien qu’étant on ne peut plus classique, cette charmante histoire entre deux amis d’enfance m’a plu de bout en bout. Avec ses dessins et compositions me rappelant parfois Aki Irie (Dans le sens du vent, Le monde de Ran) l’autrice propose une très belle oeuvre douce et émouvante où l’éclosion de sentiments amoureux entre deux amis-amants touche en plein coeur pour sa simplicité et son évidence. Ce sont deux belles âmes ici mises en scène. On aurait peut-être aimé rester encore à leurs côtés.

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Vous ?

© Boys Love IDP – 2021

 

4 commentaires sur “Nos jours heureux de Kihara Noriko

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