Livres - Fantasy / Fantastique

La Niréide de Fabien Clavel

Titre : La Niréide

Auteur : Fabien Clavel

Éditeur : Mnémos

Année de parution : 2022

Nombre de pages  : 420

Histoire : Troie brûle. Les guerriers grecs, vainqueurs, reprennent leurs navires.
Parmi eux se trouve le prince Niréus de Symé. Arrivé très jeune à la guerre, il en revient balafré et dégoûté par les combats. Il ne demande plus qu’à retrouver sa petite île, comme l’Ithaque d’Ulysse. Cependant, sa propre odyssée ne sera pas de tout repos. Sous l’œil des dieux olympiens, il va errer longtemps en Méditerranée, affrontant Amazones, Gorgones et Telchines, dans un périple qui l’emmènera jusqu’aux Enfers.
Un subtil et savant mélange d’action et de merveilleux, de réflexion et d’émotion, d’humain et de divin… le tout conté avec un souffle épique.

Mon avis :

Mnémos nous prépose ce printemps un titre parfait pour les amateurs de mythologie qui veulent plonger dans un récit aux notes très proches de l’original. Malheureusement le texte est moins fait pour ceux comme moi qui cherchaient quelque chose de plus original comme a su le faire Madeline Miller (Circé, Le chant d’Achille), ce n’est pas trop ça. Ainsi, j’ai beaucoup aimé le fond, moins la forme.

La Niréide est une vraie histoire éditoriale, racontée par son auteur en postface. J’aurais bien vu ces mots plutôt en préface personnellement, ça m’aurait aidée à mieux appréhender et apprécier ce texte, je pense. L’auteur explique que cette oeuvre fut d’abord une publication jeunesse, en 2 tomes écourtés, avant que l’auteur y reviennent et trouve plutôt un éditeur pour un public adulte afin de publier sa nouvelle version enrichie et complétée. Cela explique beaucoup de choses.

La Niréide est tout d’abord un très beau texte porté par une plume entraînante, qui se laisse facilement dévorée et qu’on entend chanter entre les pages. L’amateur de mythologie à l’ancienne sera ravi d’y retrouver une version remastérisée en quelque sorte de l’Odyssée d’Ulysse qu’on connaît, sauf que cette fois, le héros est un jeune premier inconnu de tous : Niréus, le prince d’une île qui a sombré et qui a également participé à la guerre de Troie. Avec lui, les amateurs vont revivre des aventures bien connues mais sous un autre angle, avec d’autres personnages et créatures parfois connus d’autre fois non, le tout dans une ambiance fidèle à l’original. Ils auront donc droit à leur épopée maritime sur fond de quête initiatique, un retour au pays contrarié, un nouvel Argonaute rebaptisé Gorgônautes et une plongée en Enfers. Tout est fait intelligemment avec beaucoup d’érudition, l’auteur jouant sur les parties obscures de ces contes très connus.

Cependant là où ça pêche, c’est dans la narration. J’ai eu beaucoup de mal avec celle-ci. Elle se retrouve affublée dans sa première moitié de beaucoup trop d’aventures, trop d’événements, qui donnent l’impression de sauter du coq à l’âne. L’auteur veut peut-être se faire plaisir et faire plaisir au lecteur mais il en met trop et cela l’empêche d’approfondir, ce qui donne un sentiment de superficialité à l’ensemble. Par la suite, il a le défaut inverse… A la fin de ce deuxième et troisième livres au contraire il développe trop et on s’ennuie un peu par moment. L’équilibre tarde à venir. Les seules parties qui m’ont intéressée de bout en bout sont les chapitres où les dieux sont les acteurs principaux, loin de Niréus, alors quand j’ai appris qu’à l’origine il y avait une double narration entre Niréus et en quelque sorte son rival « le Chasseur noir », je me suis demandée si ce qui m’avait tant dérangée ne venait pas du remaniement que l’oeuvre d’origine a subi.

L’autre problème que j’ai ressenti vient du trop grand nombre de personnages et créatures croisées. A vouloir en mettre toujours plus, on crée un sentiment de superficialité à nouveau qui empêche un véritablement attachement à ceux-ci en dehors des 2-3 principaux et c’est dommage vu le potentiel de chacun. Et même les principaux, ils n’ont au final qu’une caractérisation assez sommaire, qui vient peut-être de la première écriture jeunesse de l’oeuvre. Ainsi Niréus est bien un ado qu’on voit devenir un homme peu à peu, qui prend plein de mauvaises décisions et a du mal à comprendre ce que lui dit son coeur. Les femmes de l’histoire, elles, ont souvent une écriture tout sauf moderne à mes yeux, qui colle certes à l’ambiance mythologique d’autrefois mais qui a depuis été revue et corrigée par des auteurs/autrices actuel(le)s comme Madeline Miller. Je suis donc restée cruellement sur ma faim, à part peut-être avec Rhomé, qui malgré tout a une évolution qui me plaît un tant soit peu. Cependant, le tour de passe passe final sur ces deux personnages principaux m’a bien amusée.

Ainsi même si les intentions de départ sont bonnes, même s’il y a une très belle plume, même si le décor est séduisant et l’aventure au rendez-vous, je n’ai pas autant apprécié ma lecture que je l’aurais souhaité. Je me suis forcée à lire certains passages pour enfin arriver à des morceaux épiques, dramatiques et tragiques avec la densité que j’attendais. Le final fut ainsi un petit bijou pour moi mais les aventures pour y parvenir furent bien longues, trop longues. Je garde donc un sentiment mitigé mais j’ai l’espoir que c’est surtout dû au parcours contrarié de cette oeuvre qui a été bien ballottée et je pense que les prochaines oeuvres de l’auteur, notamment sur la Bretagne, sauront plus me séduire.

(Merci à Mnémos pour cette lecture et leur confiance.)

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : La Geekosophe, Fantasy à la carte, Le Bibliocosme, Vous ?

8 commentaires sur “La Niréide de Fabien Clavel

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