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P. Djèli Clark : Les Tambours du Dieu noir / Le Mystère du tramway hanté

Titres : Les Tambours du Dieu noir / Le Mystère du tramway hanté

Auteur : P. Djèli Clark

Traduction :  Mathilde Montier

Année de parution vf : 2021

Éditeur vf : L’Atalante

Nombre de pages : 137 / 101 (respectivement)

Histoire : Le Caire. 1912. Depuis une cinquantaine d’années, les djinns vivent parmi les hommes et, grâce à leur génie mécanique, l’Égypte nouvelle s’est imposée parmi les puissants. Ce qui ne va pas sans complications… Pour preuve l’étrange affaire du djinn du Caire, que se voit confier Fatma el-Sha’arawi – agente du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles – quand un djinn majeur est retrouvé mort. Suicide ? Trop évident. C’est une machination diabolique que Fatma va mettre au jour.

Mon avis :

Les Tambours du Dieu Noir

Louisiane. Années 1880. Tandis qu’une guerre de Sécession interminable démantèle les États-Unis d’Amérique, un complot menace La Nouvelle-Orléans, territoire indépendant libéré de l’esclavage, au cœur duquel les Tambours du dieu noir, une arme dévastatrice jalousement gardée, attisent les convoitises. Il faudra tout le courage et la ténacité de Jacqueline « LaVrille » – jeune pickpocket qui rêve de découvrir le monde –, ainsi que la magie ancestrale des dieux africains qui coule dans ses veines, pour se faire entendre et éviter le désastre.
Le Caire. 1912. Depuis une cinquantaine d’années, les djinns vivent parmi les hommes et, grâce à leur génie mécanique, l’Égypte nouvelle s’est imposée parmi les puissants. Ce qui ne va pas sans complications… Pour preuve l’étrange affaire du djinn du Caire, que se voit confier Fatma el-Sha’arawi – agente du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles – quand un djinn majeur est retrouvé mort. Suicide ? Trop évident. C’est une machination diabolique que Fatma va mettre au jour.

Pour une première plongée dans l’univers de P; Djèli Clark dont j’entendais le plus grand bien des amateurs d’uchronies et de pulp comme moi, j’ai décidé de procédé de manière chronologie en lisant les premières nouvelles parues chez nous grâce à l’Atalante. Je ne sais pas si ce fut le plus judicieux car j’ai failli ne pas aller au bout de la première…

L’auteur nous embarque en effet dans deux univers très différents, l’un américain avec une uchronie se déroulant en Louisiane, l’autre égyptien avec cette fois une aventure dans une Caire uchronique. J’ai beaucoup aimé la seconde mais je suis passée totalement à côté de la première, me demandant même une fois achevée ce que je venais de lire ^^!

Cette première nouvelle a un style assez particulier, avec un langage des rues cru et ambigu, qui a rendue la lecture douloureuse pour moi, même si ce n’était pas une mauvaise idée et que j’ai trouvé ça original en terme de fond comme de fond puisque l’auteur s’appuie sur son vécu et ses recherches pour traiter de sujets comme la ségrégation, le racisme, l’esclavage ou le féminisme. Cependant, ce qui m’a le plus intéressée, c’est comment la bascule se fait peu à peu vers le fantastique et comment l’héroïne va découvrir la magie ancestrale qu’elle a en elle et pour lutter contre une puissante armée : les Tambours du dieu noir.

C’est cependant dans la seconde nouvelle, plus courte, que j’ai véritablement trouvé mon bonheur. Sans cette plume aux accents qui ne me correspondait pas, l’auteur est revenu à quelque chose de plus classique mais également de plus rythmé et percutant à mon goût. J’ai adoré le petit côté polar à l’ancienne du récit. C’était très séduisant. J’ai trouvé à l’enquête menée par une détective hors pair, un bon rythme, un humour grinçant, des créatures dépaysantes et chute décalée. Bref, un excellent divertissement dans un décor auquel je n’étais pas habituée.

Après cette découverte, j’ai donc eu envie de retrouver cette plume et ce ton dans quelque chose de plus long, car la frustration était grande après un premier texte qui m’avait déçu et un second un peu trop court. C’est donc tout naturellement, que je suis allée vers Le Mystère du tramway hanté.

Le Mystère du tramway hanté

Égypte, 1912. Après L’Étrange Affaire du djinn du Caire, nous revoici en compagnie des agents du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, aux prises cette fois avec un spectre mystérieux qui a élu domicile dans un tramway du service public.
Tandis que dans les rues du Caire les suffragettes revendiquent haut et fort le droit de vote, l’agent Hamed Nasr et son nouveau partenaire l’agent Onsi Youssef devront délaisser les méthodes conventionnelles et faire appel à des consultantes inattendues (ainsi qu’à une automate hors du commun) pour comprendre la nature du dangereux squatteur de la voiture 015 et pour le conjurer.

En reprenant l’univers de l’Étrange affaire du djinn du Caire, P. Djèli Clark nous offre une novella bien plus développée et rythmée que ce que j’ai pu lire jusqu’à présent de sa part. C’est amusant, pêchu et revendicateur aussi, tout ce que j’aime, avec en prime un Caire uchronique plus vrai que nature !

Auteur noir ayant grandi au Texas, P. Djèli Clark est aussi historien et chercheur en étude comparée de l’esclavage et de l’émancipation dans le monde atlantique. Il avait déjà exploité ceci dans Les tambours du dieu noir avec son héroïne issue de la communauté noire et son histoire se déroulant dans La Nouvelle-Orléans, territoire indépendant libéré de l’esclavage. Il reprend ceci ici également dans un Caire où les femmes revendiquent le droit de vote en mode « suffragettes ». Excellent !

Après avoir eu droit à une héroïne enquêtrice de haut vol dans l’Étrange affaire du djinn du Caire, nous suivons l’un de ses camarades de promo bien moins célèbre ici, mais qui va vivre à son tour une aventure de haut vol à coup de djinn, effrit, et autres créatures fantastiques venant du folklore du Moyen-Orient, un folklore que j’apprécie mais rencontre trop peu dans mes lectures et que j’ai donc été ravie de découvrir ici. Nous sommes avec une magie ancestrale, proche des liens entre morts et vivants, rappelant un peu le vaudou de La Nouvelle Orléans de son autre nouvelle. Le héros doit aider à résoudre le mystère d’un tramway possiblement hanté.

Une aventure amusante et rythmée nous attend, avec un héros qui à sa façon a de la gouaille. Le cadre cairote est le gros atout de l’histoire, ainsi que son passif historique et folklorique, qui donne un cachet très particulier à l’histoire. J’ai adoré le rythme, le ton, l’ambiance. J’ai adoré ce mélange qui se produit avec des questions de droits civiques pour les femmes, mais aussi d’interrogation sur l’immigration qui faisait écho avec notre époque. Cela apportait une touche contestataire inattendue. Le lien qui se fait naturellement avec l’autre nouvelle de cet univers est hyper sympa et donne envie de retrouver les deux enquêteurs dans d’autres textes. Il me semble que c’est justement le cas dans Maître des Djinns qui vient de sortir, ça tombe bien !

J’ai ainsi découvert une nouvelle plume qui me plaît beaucoup et surtout un univers uchronique égyptien mélangeant critique sociétale, folklore et policier à l’ancienne fort savoureux.

5 commentaires sur “P. Djèli Clark : Les Tambours du Dieu noir / Le Mystère du tramway hanté

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