Livres - Science-Fiction

Le Courage de l’Arbre de Leafar Izen

Titre : Le Courage de l’Arbre

Auteur : Léafar Izen

Éditeur : Albin Michel Imaginaire

Années de parution : 2022

Nombre de pages  : 404

Histoire : Un space opera d’une puissante originalité qui interroge notre hyper connectivité et notre rapport à l’environnement.
Grâce au Phytoïde De Katz, arbre prodigue et mystérieux, l’humanité a conquis une bonne partie de la galaxie. L’Égrégore, un réseau de communication tentaculaire, synchronise le temps des Hommes et fait vibrer leurs âmes sur-connectées au son du même diapason.
Recluse dans la jungle artificielle du plateau d’Okodrée, Thyra, une jeune ethnologue, étudie un peuple retourné à l’état primitif à la suite du naufrage de ses lointains ancêtres. Aux antipodes de cette petite lune, dans la banlieue d’une cité minière, Roonis bricole et fait trafic de divers gadgets « psyentifiques ». La vie suit paisiblement son cours, jusqu’à ce que les énigmatiques instances égrégoriennes exigent l’impensable : le meurtre d’un vieil autochtone. Ce crime, la jeune chercheuse ne peut s’y résoudre. Accompagnée de Roonis, traquée par l’Egrégore, Thyra embarque alors dans une incroyable aventure interstellaire.

Mon avis :

Il y a deux ans, je lisais le singulier La Marche du Levant dont l’univers visuel me frappe encore. J’ai donc été ravie de découvrir qu’Albin Michel Imaginaire suivait son auteur et nous proposait de ce fait son nouveau récit, un space opera fort singulier lui aussi.

Quand j’ai débuté cette lecture, plus courte que son prédécesseur d’un bon quart de pages, j’ai d’abord été enchantée. Forcément la fan de SF se déroulant à la fois dans l’espace et sur des planètes en moi était plus que ravie de découvrir cet univers où l’humanité est reliée entre elle par un réseau de communication tentaculaire et fort invasif qui bien sûr va se révéler être une menace.

L’auteur nous offre d’entrée de jeu, un récit immersif, qui nous plonge aux côtés de son héroïne, Thyra, dans les méandres du fonctionnement de la galaxie. Cela commence tranquillement par la découverte du fonctionnement de cette humanité qui s’est répandue un peu partout sur divers planète et garde le contact grâce à l’Egrégore, ce fameux réseau de com tentaculaire. Avec Thyra, nous allons à la découverte d’un peuple primitif qui justement ne rentre pas dans les cases, mais c’est alors que tout déraille. Tout se serait très bien passé si les instances du pouvoir central n’avait pas demandé à Thyra une mission contre nature : éliminer un autochtone qui semble les déranger. Le rythme du récit change alors et s’emballe pour nous embarquer dans une mission qui conduira l’héroïne à percer les secrets de l’organisme régissant son univers. Une quête des origines qui rappelle de nombreux récits de SF que j’ai adoré, comme l’emblématique Fondation d’Asimov ou Hypérion et Endymion de Dan Simmons, ce qui ne pouvait que me séduire.

Faisons un petit point sur l’univers. Tout comme chez ses illustres prédécesseurs, Le Courage de l’Arbre nous emmène dans un futur très lointain où la Terre originelle est bien loin et où l’humanité s’est répandue partout dans la galaxie. Si elle a réussi cet exploit, c’est grâce un arbre mystérieux qui a apporté les éléments nécessaires pour que la vie puisse s’implanter partout même si la planète, la lune ou l’astéroïde n’y était pas propice à la base. Cet arbre, c’est le Phytoïde de Katz. Cependant, on ne sait rien de sa nature propre. Pour pouvoir s’imposer partout à si grande échelle, l’humanité, qui est la seule espèce intelligente a priori, a également dû développer une technologie pour communiquer sur de longue distance, c’est l’Egrégore, qui via un implant neuronal permet ce large réseau de communication, mais pas que. Il permet également de contrôler la population et cela en agissant à de multiples niveaux sur leur vie personnelle, pouvant modifier leur perception de la réalité, donc leurs sentiments et du coup leur personnalité. Il est capable de créer des sauvegardes de d’eux-même et donc de leur conférer une forme d’immortalité – Total Recall si tu m’entends 😉 -. Et tout cela semble mystérieusement intriqué.

Pour mettre en scène ce space opéra à la plongée vertigineuse dans notre hyper connectivité et ses dangers, l’auteur a eu la bonne idée d’imaginer un duo de héros chien-chat comme on les connaît bien, rappelant pour ne pas les citer une Leia affublée d’un Han Solo. En effet, Thyra, jeune ethnologue, n’a que faire de Roonis, sorte de trafiquant en tout genre, qui va directement se prendre d’affection pour elle, mais les hasards de cette aventure inattendue vont les mettre sans cesse en relation et les amener à être bien plus proche qu’elle ne l’aurait désirait. De cela naît une balance séduisante où chacun tente de mordre l’autre dans un premier temps. Puis suite à un twist que je tairai, nous verrons naître une toute autre relation bien plus profonde entre eux, qui apportera une nouvelle dynamique fort intéressante.

Mais si j’ai aimé les personnages, c’est plus du côté de la mythologie qu’il faut chercher ce qui m’a séduit. En effet, en recevant un ordre qu’elle ne comprend pas et en refusant de le suivre, Thyra va se frotter aux fondements même de son univers et nous allons alors suivre, nous lecteur, sa quête pour comprendre ce qui se cache derrière l’Egrégore. J’ai beaucoup aimé la métaphore ou l’avertissement, c’est selon, que ça cache sur notre rapport et notre envie d’être hyper connecté à tout et à tous ou notre désir d’immortalité. J’ai beaucoup aimé, forcément, la place et le rôle joué par les I.A. que l’on découvre au fil des chapitres. C’est en soi assez classique, déjà vu dans de multiples titres de SF et cela a des relents de grands classiques du genre, mais cela fonctionne cependant très bien, car on a sans cesse envie de la suivre pour être nous aussi confronté à cette réalité qu’on devine, surtout que s’y mélange aussi une mythologie plus terre à terre au sens le plus strict du terme, ce qui est assez singulier. C’est toujours étrange de voir la nature et la technologie se mélanger comme ici avec le mystérieux Phytoïde de Katz (un arbre) qui a permis de rendre viables et donc de coloniser des milliers de planètes.

Cependant, si j’ai eu du rythme dans ma lecture, de l’aventure, des tensions, des personnages haut en couleur et de la réflexion, il m’a manqué ce côté très visuel, clinquant et singulier, et quasi cinématographique que j’avais eu avec le précédent roman de l’auteur et que je m’attendais à retrouver ici. Celui-ci avait un vrai concept frappant qui m’a manqué ici. Je ne dis pas que tout ce qui tourne autour du Phytoïde de Katz et de l’Egrégore n’interpelle pas, mais j’ai trouvé ça assez classique au final. J’ai déjà eu des romans avec une espèce de nature singulière au coeur du récit. J’ai déjà eu des histoires avec de la théorie quantique en veux-tu en voilà où je ne comprenais pas grand-chose lol. J’ai déjà eu des histoires avec un réseau tentaculaire connectant tout le monde. Ici, j’ai eu l’impression de rester un peu en dehors à cause de cela.

Je reste donc une nouvelle fois un peu sur ma faim avec Léafar Izen, qui a le chic pour titiller ma corde sensible et toucher à des sujets qui me plaisent, trouver des concepts qui me restent en mémoire, mais qui pêche à me capturer totalement lors de leur mise en oeuvre. J’aime sa plume, j’aime son univers, mais il me manque tout de même quelque chose, une implication plus forte, une originalité plus grande encore pour lui permettre de s’éloigner de ses inspirations qu’on sent un peu trop et surtout une fin qui m’impacterait plus, me mettrait une vraie claque avec une grosse surprise, parce que je crains un peu d’oublier très vite le dénouement pour ne retenir que le voyage qui y a conduit. Est-ce une déception ? Loin de là car j’ai tout de même beaucoup voyagé et surtout pas mal réfléchi à ses côtés, ce qui est déjà très bien.

A nouveau, merci à Albin Michel Imaginaire, pour cette lecture.

> N’hésitez pas à lire également les avis de : L’Epaule d’Orion, Apophis, Sometimes, Le nocher des livres, Au pays des cave trolls, Vous ?

5 commentaires sur “Le Courage de l’Arbre de Leafar Izen

    1. Comme je pense que tu l’as compris, c’est quand même une plume à découvrir et on peut aussi se faire plaisir avec du classique, même si personnellement j’ai préféré son titre précédent 😁

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