Livres - Histoire

Le Bon Coeur de Michel Bernard

Titre : Le Bon Coeur

Auteur : Michel Bernard

Éditeur : La table ronde

Année de parution : 2018

Nombre de pages : 240

Histoire : Le Bon Cœur est le roman d’une voix, celle d’une paysanne de dix-sept ans qui retint le royaume de France sur le bord de l’abîme, le sauva et en mourut. Elle changea le cours de l’Histoire en réveillant dans le cœur usé des hommes la force de croire et d’aimer. » Le dernier ouvrage de Michel Bernard, publié à La Table Ronde, Deux remords de Claude Monet (2016), a reçu le prix Libraires en Seine et Marguerite Puhl-Demange.

Mon avis :

Je suis une férue d’Histoire et c’est vrai que les grandes figures historiques ont un quelque chose de fascinant pour moi. Ayant été à Rouen lors de mes dernières vacances, lorsqu’on m’a parlé de ce roman de Michel Bernard qui prétend nous faire entendre sa voix, je me suis dit que ce serait l’occasion de l’accompagner dans son périple avec les images que j’avais en tête des différents lieux et paysages qu’elle a traversé.

Malheureusement, je me suis très vite rendue compte que la plume de l’auteur n’était pas faite pour moi. Dans les romans historiques, je suis plutôt habituée à des plumes épiques, pleines de verve, et ici nous avons quelque chose non pas de vraiment froid mais de très sobre et clinique, assez proche en fait de ce que proposent les historiens et ça ne fonctionne pas très bien avec moi.

Au cours de ce voyage qu’il nous propose, je n’ai pas entendu la voix de Jeanne, contrairement à ce que disait la quatrième de couverture, j’ai plutôt entendu celle des gens en face d’elle. J’ai ainsi eu l’impression de lire plutôt un roman sur la réception du phénomène Jeanne d’Arc à l’époque par ceux qui l’ont croisée, plutôt qu’un roman mettant celle-ci au coeur de tout, et j’en suis ressortie déçue parce que ce n’était pas ce que j’attendais. Il n’y a par exemple aucun dialogue dans ce court texte pour nous faire entendre les voix des personnages et très peu de recueil de leurs pensées, tout n’est que faits ou presque. Ce n’est pas ce que j’attends d’un roman historique.

Pour autant, c’est loin d’être mauvais. Pour qui souhaite découvrir le parcours de Jeanne d’Arc, du moment où elle va se présenter pour la première fois à Robert de Baudricourt, jusqu’à son supplice, sans pour autant devoir se farcir une longue somme d’historien avec énormément de faits, dates et personnages où on aurait tendance à se perdre, le texte de Michel Bernard est un bon compromis. Il offre un condensé de l’épopée de Jeanne, nous faisant voyager à ses côtés tout au long de ses multiples étapes, rencontres et batailles, le tout à l’aide de cartes bien utiles. Il présente les principales étapes, les principaux noms, les principaux événements en en faisant un récit concis, ce qui permet à peu près de suivre jusqu’au bout. Pour ma part, je me suis quand même perdue avec les seconds couteaux. Et surtout, il fait oeuvre, comme les historiens, d’un discours assez neutre.

Cependant, il faut savoir qu’aucun détail n’est vraiment donné pour revivre ces grands événements et surtout que le regard porté est ici biaisé. On a en effet un texte à la fois très religieux, du fait de l’époque et du statut qu’on a donné à Jeanne, et un texte qui se veut surtout le rapporteur du regard que les autres portent sur elle et de l’accueil qu’elle reçoit. Il n’y a cependant aucune analyse critique de l’utilisation faite par cette femme transformée en figure de proue par les hautes sphères politiques et religieuses comme on peut cependant le lire dans l’historiographie moderne. C’est dans un peu bancal.

Vous l’aurez compris, je partais très motivée à l’idée des découvertes que j’allais faire dans cette lecture et des moments que j’espérais revivre aux côtés de cette figure historique, je ressors assez déçue, restant sur ma faim sur bien des aspects. Mes attentes étaient toutes autres que ce que souhaitait nous proposer l’auteur. Cependant, je n’en démords pas, je trouve un peu malhonnête de la part de l’éditeur de dire qu’on va entendre la voix de Jeanne d’Arc alors que celle-ci n’ouvre pas la bouche de tout le livre et qu’on entend surtout la voix des hommes autour d’elle… J’espère que sa « suite » : Le bon sens, sur la révision du procès de Jeanne n’aura pas les mêmes écueils.

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Muse Aurania, Mimi Pinson, Top biblioteca, Vous ?

7 commentaires sur “Le Bon Coeur de Michel Bernard

  1. Le résumé me tentait bien et puis ton avis me laisse songeur. Je préfère me raviser en pensant qu’il y a plus percutant et immersif dans le genre. Dommage pour cette lecture en demi-teinte qui n’est pas parvenue à faire écho en toi.

    Aimé par 1 personne

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