Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Dandara de Kira

Titre : Dandara

Auteur :  Kira

Traduction : Alexandre Goy

Éditeur vf : Akata (Oneshot Shojo)

Année de parution vf : 2022

Nombre de pages  : 191

Résumé : Quelque part, au Japon… un acteur spécialisé dans des rôles de samurai de seconde zone se réveille. Mais tandis qu’il pense avoir fini son tout dernier tournage, il réalise qu’il a du mal à tenir debout. C’est alors qu’une jeune femme apparaît devant lui et l’appelle « Okita Sôji ». Il se rappelle ainsi avoir effectivement incarné ce guerrier bien connu de l’histoire du Japon… Pourtant, quelque chose ne va pas?: personne ne semble comprendre de quoi il parle et surtout, son katana paraît bel et bien réel… Est-il en train de vivre un rêve éveillé ? Ou est-il plutôt un samurai du passé qui sombre dans la folie ?

Mon avis :

Quand j’ai vu passer l’annonce d’Akata, j’ai de suite été attirée par ce oneshot datant de 2001 au trait donc très proche des shojos des années 90-2000 que j’aime tant. Je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion, s’il avait son petit succès, d’en voir arriver d’autres peut-être au format série. Alors j’ai directement sauté dessus !

En plus, Kira, bien que je ne la connaissais pas avant, semble être une mangaka à la carrière assez longue au Japon. Elle publie des titres depuis le début des années 90, qui le plus souvent sont des josei, mon genre de prédilection, dans les magazines Chorus, You ou Bessatsu de la Shueisha dont sont issues nombre de mangakas et de titres que j’adore. Ce fut donc un gage de qualité pour moi.

Pour autant, je n’ai pas été totalement emportée par le titre proposé ici dont le format m’a un peu frustrée. Proposer l’histoire d’un homme du présent qui se retrouve propulsé dans le passé, dans le corps d’un autre, à l’époque où les samouraïs du Shinsengumi se disputent avec ceux de Chôshû, c’est quand même assez ambitieux et là, le nombre de pages n’a pas permis, selon moi, de répondre à toute cette ambition. Le récit est trop rapide, trop condensé, d’une certaine manière, avec un développement des personnages quasiment absent, qui le rend un peu anecdotique…

Cependant, j’ai beaucoup aimé replonger dans cette époque que je découvre en ce moment avec Sidooh où l’on retrouve un peu la même dynamique d’opposition. Mais tandis que celui-ci a une visée très politique, nous sommes ici dans un récit bien plus intime et c’est ce qui m’a plu. J’ai aimé suivre cet homme qui se retrouve dans la peau du célèbre Sôji Okita, capitaine de la première division de la Shinsengumi, milice basée à Kyoto. C’était singulier de le voir découvrir cet univers très violent, lui qui se définit comme un perdant et un trouillard. Il va être confronté à une toute autre vision de la vie et être embarqué dans des histoires le dépassent, sachant que lui-même doit déjà gérer la jeune fille étrange qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son ex- qui vient le voir.

L’histoire est donc assez mystérieuse avec une interrogation sur ce Soji. Vient-il vraiment du futur ? Mais également avec les événements qui se préparent entre les deux camps qui s’affrontent. J’ai aimé cette ambiance singulière avec deux éléments qui sur le papier ont du mal à se mélanger, notamment parce que le héros est vraiment perdu face à ce monde, face à cette violence, face à celui qu’il semble être. L’autrice pose ainsi de réelle question sur ce qui définissait un samouraï, ce qu’il faisait, devait faire, et ses relations avec les autres. Le portrait historique de cette époque est assez réussi même s’il est plutôt léger car au final rien n’est creusé mais tout est juste posé comme si le lecteur savait pertinemment de quoi la mangaka parlait, ce qui n’est pas forcément le cas du lecteur, notamment, français.

Là où naît la frustration, c’est justement parce que derrière ses interrogations sur la violence et les dynamiques du Shinsengumi avec Chôshû, tout va trop vite. On a quelque chose qui se veut lent avec ce héros perdu qui se cherche, mais l’action derrière, elle, avance rapidement et avec bien trop peu d’explications. J’aurais aimé que l’autrice prenne peut-être un tome de plus pour approfondir le cadre historique, les relations entre samouräis, les relations entre ceux-ci et les filles des auberges voisines, mais aussi les figures du Shinsengumi croisées et la relation entre nos héros et la petite servante. Là, j’ai vraiment eu un sentiment de trop peu.

Pour autant, j’ai adoré l’aventure graphique. C’était un vrai plaisir de retrouver un trait proche de ceux de Reiko Shimizu, Fuyumi Soryo ou encore Kazune Kawahara tels que celui qu’elles avaient dans ces années là, avec beaucoup de blanc, un trait très fin, des regards félins profonds et même ces lèvres au design si particulier ^^! L’ambiance historique est là avec ces hautes landes, ces kimonos, ces échoppes, ces maisons / dojos en bois typiques. J’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé et j’apprécierais vraiment de retrouver l’autrice sur un titre plus long comme Genji : Genjimonogatari, qui adapte un grand classique japonais, en espérant juste ne pas avoir à nouveau en couverture un dessin colorisé venant de l’histoire, car je n’aime vraiment pas ça, mais je n’étais pas non plus fan de la couverture originale…

Je remercie donc les éditions Akata de m’avoir permis de découvrir le trait d’une autrice comme Kira, qui a réveillé mon goût pour les shojos des années 90 et ces trait vintage si particulier et cher à mon coeur vu que j’ai débuté avec lui. Certes l’histoire est un peu survolée mais elle est originale et singulière, offrant de belles réflexions sur notre vision de la violence et la notion d’identité et d’amitié. Un joli moment.

>> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : …, Vous ?

7 commentaires sur “Dandara de Kira

  1. Malgré le fait que tout aille trop vite, je suis assez intriguée notamment par la dichotomie entre la personnalité du héros et la période/place dans lesquelles il se retrouve. Et si je connais peu le monde des samouraïs, j’avoue qu’il m’intéresse même de ce que tu en dis, il ne faut pas compter sur le manga pour en avoir une compréhension pointue. Merci pour la découverte parce que de prime abord, la couverture ne m’aurait pas arrêtée en librairie. Pas qu’elle ne soit pas attrayante mais qu’elle évoque un genre d’histoire qui ne m’attire pas plus que cela…

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