Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Adekan de Tsukiji Nao

Titre : Adekan

Auteur : Tsukiji Nao

Traduction : Nicolas Pujol

Éditeur vf : Ototo

Année de parution vf : Depuis 2012

Nombre de pages  : 13 (en cours)

Résumé : Shirô, un fabricant de parapluie lascif et sensuel, ancien maître d’arme de l’ombre, détestant par-dessus tout porter des sous- vêtements, rencontre Kôjirô, un lieutenant de police au sang chaud et amoureux de justice, dans un univers fantastique où l’extraordinaire surpasse bien souvent la raison. Ils se retrouvent tous les deux confrontés à une série d’incidents rocambolesques et paranormaux dans les bas-quartiers de leur ville…

Mon avis :

Tome 1

J’entends parler d’Adekan depuis sa sortie, il y a 10 ans déjà… Pourtant je n’avais jamais osé franchir le cap. Je trouvais ses couvertures étranges et son histoire pas très claire, alors j’avais peur de m’embarquer dans une aventure trop loufoque pour moi. Cependant en cherchant parmi les shojos parus en France ceux qui avaient pu m’échapper et qui pourraient me plaire, je suis retombée dessus et j’ai eu envie de lui donner sa chance. A raison !

Adekan est le premier titre publié en volume relié de son autrice, Tsukiji Nao. Elle n’avait dessiné auparavant, pour un concours, qu’une histoire avec des filles à robes pleines de froufrou et voulait s’éloigner de cette esthétique. Elle y a parfaitement réussi. Avec son dessin et son ambiance plus que singulière, Adekan sort du lot et avec plus de 16 tomes parus au Japon depuis 2008, on peut dire que la série a son petit succès.

Chez nous, c’est Ototo qui s’est attaqué à sa parution et n’en a pas démordu depuis, merci à eux, car c’était vraiment rare d’avoir des shojos aussi atypiques à l’époque et encore plus actuellement. Pourquoi je dis qu’Adekan est atypique ? Parce que c’est un étrange mélange entre manga en costume et esthétique ero-guro, cette horreur pleine de luxure et de stupre à la japonaise, avec une pointe de polar à la Rampo Edogawa. Inattendu. Dans le même style, j’avais lu et beaucoup aimé il y a quelques années : La Tour Fantôme de Taro Nogizaka (Pour le pire), alors j’ai été surprise mais ravie de retrouver cette ambiance.

L’autrice bâti son succès sur un schéma assez simple : un chapitre = une enquête ou un mystère à résoudre dans la ville d’inspiration Edo où évoluent ses héros. Ceux-ci forment le duo détonnant typique : un policier droit dans ses bottes et fiable + un jeune éphèbe à la tête dans les nuages qui ne sait rien faire de ses dix doigts mais qui renferme bien des secrets. Rien de neuf sous le soleil mais ça fonctionne à merveille tant c’est écrit de manière efficace et addictive.

Les chapitres sont un pétillant mélange d’humour, d’action et de mystère avec une pointe de fantastique voire de steampunk. Les héros sont confrontés à de pauvres bougres qui tombent dans la folie après avoir été heurtés par la vie ce qui leur fait commettre des crimes atroces. On est alors dans une belle ambiance de série à costume, à l’ancienne, comme ont pu l’être Kenshin le vagabond ou L’habitant de l’infini, dans une ville qui semble en pleine transition entre passé et futur, mais qu’on a bien du mal à dater, car l’autrice ajoute en plus des petites teintes futuristes rétro à la steampunk parfois. J’adore le cachet que ça donne !

Le duo principal fonctionne à merveille. Il se retrouve toujours impliqué dans de drôles d’affaires et l’un d’eux a un passé bien mystérieux qui explique en partie son grain de folie et sa dextérité lors des combats. Ceux-ci sont d’ailleurs l’un des points forts du titre. L’autrice les met en scène avec une vivacité rare. Les héros s’engagent dans les combats avec force et énergie, tranchant à tout va et virevoltant dans les airs comme s’ils étaient dans leur élément. C’est majestueux.

Le trait de Tsukiji Nao est vraiment ce que j’ai préféré ici. Elle a un superbe sens de la mise en scène. Elle a imaginé un décor à l’ancienne plus vrai que nature. Elle sait merveilleusement bien jouer avec les drapés des kimonos et tenues plus modernes des personnages. Elle a un trait percutant et archi dynamique lors des combats, telle une lame tranchante. C’est super beau ! Et en plus, avec cette esthétique ero-guro, rappelant le Sakura-Gari de Yuu Watase, elle ajoute une touche inquiétante et malaisante qui se mélange à merveille avec les touches fantastiques glissées également rappelant les contes de fantômes à l’ancienne que les Japonais aiment tant, le tout avec des personnages marqués par la vie. C’est magique.

Adekan est vraiment une révélation pour moi. De titre que je ne voulais pas lire à l’époque, il est devenu celui que je compte bien découvrir et suivre dans les mois à venir, le temps de me refaire de mon retard de 13 tomes. J’ai adoré ce mélange étrange de policier, de fantastique, d’ero-guro et d’humour décalé. J’ai aimé les enquêtes, le mystère qui s’y ajoute en sus autour du passé de Shirô, l’ambiance à l’ancienne et bien sûr l’esthétique de folie de l’autrice. Je suis ravie d’avoir osé franchir le cap !

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Endorphinage, Galleane, Tianjun, Fantasyae, Enjoy Books, Belykhalil, Vous ?

Tome 2

Après une si riche découverte, il me fallait poursuivre mon incursion dans cet étrange et singulier univers, qui contrairement à ce que dit l’éditeur est bien un shojo et non seinen, même si ce dernier semble considérer qu’un shojo ne peut pas avoir noirceur, enquête et action… J’espère que ce discours a changé depuis qu’il a été écrit en 2012 sinon ce serait vraiment problématique pour ne pas dire réac !

Mais revenons à Adekan, qui est encore et toujours une excellente surprise avec ses enquêtes qui nous emmènent toujours plus loin dans la noirceur et la folie de l’âme humaine avec des êtres vraiment détraqués et tordues ou juste parfois marqués pour les vicissitudes de la vie. Dans ce tome, l’autrice nous propose à nouveau des enquêtes indépendantes mettant en scène nos héros, mais pas d’approfondissement particulier de leurs passés à part 1 ou 2 très très minces bribes. On est purement sur de l’enquête et de l’action.

Cependant dans chacune de ses affaires, on ne peut qu’être touché par le profil des coupables / victimes. L’autrice joue avec merveille de ce décor début du siècle entre misère et tradition pour confronter les personnages à leurs peurs, peur de vieillir, peur d’assumer une perte, peur d’être seul, peur d’aimer ou de ne pas être aimé. Derrière des dehors très accrocheurs et m’as-tu-vu chaque histoire est très sensible.

Après, il faut reconnaître que l’enrobage de la série est très particulier. En plus d’un dessin toujours aussi fin et chargé, marqué « Japon à l’ancienne, fariboles et breloques », l’autrice mâtine tout ça de faux airs de Boys Love avec ses relations toujours tendancieuses entre ses héros et plus. Cela peut rendre la lecture cocasse par moment alors qu’un certain sérieux pourrait être recherché. Il faut donc aimer cet humour décalé et parfois malvenu ^^!

Pour ma part, même si l’intrigue principale n’avance pas, même si c’est un peu WTF, j’aime beaucoup cette ambiance ero-guro + enquête + BL. Je trouve le titre sensible, drôle et immersif également. J’ai donc envie de prolonger l’expérience.

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3 commentaires sur “Adekan de Tsukiji Nao

  1. Je n’en avais jamais entendu parler et j’ai bien envie de découvrir ce manga désormais (mais peut-être en commençant par un emprunt, si je trouve, histoire de voir à quel point ça devient trop WTF ou non pour moi). Merci pour la découverte 🙂

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