Livres - Romance

Les Vauriens de Havisham de Lorraine Heath

Titre : Les vauriens de Havisham

Auteur : Lorraine Heath

Traduction : Paul Benita

Éditeur : J’ai Lu – Pour elle (Aventures & Passions)

Année de parution : 2017

Nombre de tomes  : 3 (série terminée)

Histoire : Après six saisons infructueuses, Minerva Dodger a abandonné l’idée de se marier. Son esprit vif, sa nature indépendante font fuir les prétendants, et seuls les coureurs de dot lui tournent autour. En revanche, elle n’a pas renoncé à la passion. Un soir, le visage dissimulé sous un masque, elle se rend au sulfureux Nightingale Club. Sa rencontre avec le duc d’Ashebury est explosive. Elle découvre le plaisir dans les bras de cet amant expérimenté et, au fil de leurs étreintes, leur complicité sensuelle se mue en une relation plus riche. Mais, terrifiée à l’idée de perdre celui qui est indispensable à son bonheur, Minerva refuse obstinément de lui dévoiler ses secrets.

Mon avis :  

Tome 1 : Pour lui plaire

Je ne sais pas vous, mais il y a certains mots dans les titres qui ont tendance à me faire prêter un oeil plus attentif à un roman. C’est le cas quand je vois « vauriens », le mot a un charme que je pense à coup sûr retrouver ensuite dans l’histoire. Ce fut le cas avec Les vauriens de Havisham, une romance victorienne piquante et émouvante, comme je les aime.

Lorraine Heath est une autrice prolifique de romances historiques dont j’avais déjà apprécié par le passé la trilogue : Les amants de Londres. J’étais donc assez sûre d’aimer celle-ci et ce même sans avoir lu la saga qui la précède, mais publiée chez Harlequin : Les vauriens de St James.

Pourquoi étais-je sûre d’aimer ? Parce que la saga met en scène trois amis, trois orphelins qui se sont élevés ensemble à Havisham après la mort tragique de leurs parents et je sais que ce genre d’incident rapproche les gens, et que forcément ils allaient être très liés. C’est le cas. Ashe, Edward et Locke sont très proches et seront à chaque fois là pour chacun d’entre eux, élément que j’adore dans les sagas romantiques comme celle-ci.

C’est Ashe, l’aîné des trois, qui ouvre le bal et on peut dire que son histoire est d’emblée sulfureuse, ce qui m’a de suite plu. Elle démarre dans un tripot de luxe où les nobles viennent s’encanailler entre eux dans l’anonymat, la règle étant que les femmes sont masquées et peuvent le rester aussi longtemps qu’elles le veulent, et qu’en prime ce sont elles qui choisissent et décident. Forcément quand on me propose que les femmes mènent la danse, j’aime ! Ashe, traumatisé par l’accident de ses parents, cherche dans ces femmes qui paradent devant lui une forme d’oubli artistique, y voyant des corps qu’il aimerait magnifier sous son appareil photo, qu’il manie très bien. Il va alors avoir un coup de foudre pour une paire de jambes : celles de l’anonyme Lady V. Mais qui se cache derrière ce pseudonyme ?

Lady V, c’est Minerva Dodger, une vieille fille qui repousse toutes les demandes en mariages car les hommes n’en ont qu’après l’énorme dot qui lui a donnée son père, mais elle, elle veut être aimée pour elle et a un peu perdu l’espoir avec le temps. Elle décide donc de se faire plaisir en allant dans le fameux club pour perdre sa virginité et en tapant dans l’oeil d’Ashe, qu’elle connaît de réputation avec ses aventures et ses voyages, elle ne savait pas dans quoi elle allait être entraînée.

J’ai beaucoup aimé la maturité de l’histoire des héros et leurs caractères à l’aune de cela. Même s’ils jouent beaucoup sur les masques et jouent au chat et à la souris avec le secret de Minerva, ils savent ce qu’ils veulent au fond. Le traumatisme d’Ashe qui se traduit par une passion pour la photo m’a beaucoup plu. J’ai aimé que Minerva sache autant ce qu’elle veut et fasse tout pour l’obtenir, même en tenant tête aux hommes de sa famille. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé celle-ci, qui est bien plus libérale et moderne, que beaucoup dans ce type de saga. C’était rafraîchissant de voir des hommes apprendre à leur fille et soeur à se défendre et les voir lui faire confiance en affaire ou parler politique avec elle. Vive les Dogder et associés !

Leur romance faite de chassés croisés dans des lieux un peu sulfureux, comme le club Nightingale ou la salle de jeux que possédait autrefois le père de Minerva a de suite rendu leur romance piquante. Ils s’entendent bien tous les deux et doivent juste apprendre à baisser leurs barrières. J’aurais aimé que l’autrice s’attarde un peu plus sur Ashe, qui apprend enfin à gérer la perte de ses parents, notamment en revenant vivre chez eux, et qui doit avouer et vivre avec sa dyscalculie, car l’autrice évoque et oublie un peu trop rapidement son transfert du traumatisme de l’accident sur les bouts de corps qu’il prend parfois en photo. Mais j’ai apprécié ce qu’elle a fait de Minerva, cette femme que la bonne société rejette parce qu’elle est intelligente et sait soutenir et défendre ses opinions. C’était émoustillant de la voir assumer ses désirs de femmes et touchant de la voir douter autant d’elle et des compliments qu’Ashe pouvait lui faire.

Leur romance démarre fort, puis prend son temps, et les ultimes complications narratives furent logiques, l’autrice ne poussant pas trop loin le mélodrame comme parfois. Ça sonnait au contraire assez juste tant c’était ce qu’il y avait à faire au vu des complexes de l’une et des problèmes d’argent de l’autre mais de leur amour commun. La place de leurs amis et famille fut vraiment un atout ici, car aucun n’a sa langue dans sa poche et que ça donne de jolis échanges bien piquants mais on y sent aussi tout l’amour qu’ils ont les uns pour les autres et c’est touchant. Ça donne aussi envie de les retrouver. J’aurais par exemple adoré lire l’histoire de son frère par alliance et sa meilleure amie, car ça avait l’air lui aussi d’un sacré vaurien autrefois.

Ce démarrage de la saga se fait sous les meilleurs auspices avec une romance piquante et émouvante, qui parle joliment de l’égalité homme-femme dans les désirs et les couples mais aussi la vie de tous les jours. J’ai aimé avoir des héros avec une belle envergure, des traumas mais aussi de belles forces et une intelligence peu commune dans des domaines bien spécifiques. C’était vraiment agréable d’apprendre à découvrir tout ce petit monde et j’ai hâte de découvrir plus en profondeur les autres vauriens !

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Tome 2 : Et le comte rafle la belle

Sur son lit de mort aux confins de l’Afrique, Albert, comte de Greyling, a fait promettre à son frère jumeau Edward d’échanger leur identité, au moins jusqu’à l’accouchement de son épouse adorée Julia. Edward rentre en Angleterre auprès de sa belle-sœur qu’il a toujours désirée en secret. Prétextant ne pas se remettre du deuil qui les frappe, il parvient à éviter toute intimité, mais Julia ne comprend pas pourquoi son mari a tellement changé et s’obstine à la tenir à distance. Bien résolue à sauver son couple, elle entreprend de ranimer sa passion avec toutes les armes dont dispose une femme amoureuse.

Après la très belle et piquante romance d’Ashe, l’aîné des vauriens, place au plus vaurien des vauriens : Edward, jumeau d’Albert et l’autrice nous réserve de belles surprises avec lui.

Je n’étais pas sûre d’arriver à aimer cette romance. On avait croisé les jumeaux Edward et Albert dans le tome 1, et Albert m’avait semblé très fade et guindé, quand à Edward c’était le cliché du vilain garçon aimant boire et se donner en spectacle. Cependant j’avais décelé du potentiel chez ce dernier dans le coup de main qu’il avait donné à Ashe avec Minerva, mais je ne pensais pas qu’il me toucherait autant !

Ça commençait pourtant mal. Après un safari en Afrique, Albert décède et Edward décide de prendre sa place comme Comte et époux pour empêche que sa femme, qu’il ne supporte pas, ne perde pas le bébé qu’elle porte. Je n’ai jamais aimé les histoires où les héros se font passer pour quelqu’un d’autre et a fortiori un frère jumeau. Je n’ai jamais aimé les histoires d’adultère non plus. Et pourtant, ici, l’autrice parvient à me faire tout aimer !

Avec beaucoup de délicatesse et de patience, elle nous décrit comment cet homme, qui se cachait derrière l’alcool et les femmes, qui est amoureux de sa belle-soeur depuis toujours, va prendre soin d’elle en lui cachant qui il est. C’était émouvant et déchirant d’assister si longtemps à cette duperie. J’ai adoré la façon dont Edward résiste le plus longtemps possible à ses désirs, tout en essayant de rendre la femme de son frère heureux. C’est beau de les voir tomber amoureux sans qu’elle se rende compte qu’en fait ce n’est pas son mari qui aurait changé mais le frère jumeau de celui-ci qui a toujours fait palpiter son coeur. L’autrice est sans arrêt sur un fil et n’en tombe jamais.

Pourtant dans le huis clos qui se dessine, elle aurait pu lourdement chuter, mais elle reste toujours juste et jamais vulgaire ou maladroite. Comme l’héroïne, je suis peu à peu tomber amoureuse de ce héros tellement doux et protecteur, qui pense avant tout aux autres avant de penser à lui. C’était un tout nouvel Edward qui s’est révélé à nos yeux et je l’ai adoré. Adoré pour son amour pour sa nièce quand elle va naître. Adoré pour sa compassion envers les autres quand il va aider des gens pauvres et malade. Adoré pour tout ce qu’il va sacrifier pour Julia qu’il aime plus que sa vie et pour sa frère qu’il aimait tant lui aussi.

Leur histoire est donc superbe, pleine de passion retenue mais d’amour inconditionnel. Elle nous apprend qu’on peut aimer plusieurs fois et qu’à chaque fois, c’est différent, pas plus pas moins, juste différent. Edward apprend à Julia à être elle-même, à être libre, à être femme. Julia apprend à Edward à assumer ses qualités, à les aimer et à en être fier. J’ai adoré la complicité qui s’est dessinée entre eux, la passion de Julia pour les dessins pour enfants, la passion d’Edward pour les histoires qu’il invente.

Leurs amis et famille sont toujours présents et savent les soutenir de la bonne façon, leur offre le cadre sécurisé nécessaire à leur amour si scandaleux pour l’époque. J’ai notamment adoré les passages où on entendait la voix d’Albert à travers son journal. J’ai aussi été touchée par Marsden, le père de Locke, celui qui les avait recueillis autrefois et qui a perdu la tête en même que celle qui était tout pour lui, mais qui sait les accueillir à nouveau et leur offrir la réponse attendue. C’était superbe.

C’est donc encore avec beaucoup d’émotion que j’ai dévoré cette deuxième romance impliquant l’un de nos vauriens, et peut-être celui qui méritait le plus ce titre. Ce n’était pas une romance facile à écrire tant elle était borderline pour moi, et pourtant l’autrice s’en tire avec les honneurs avec une histoire lente, tendre et éminemment touchante avec une romance superbement composée pour nous faire succomber. Edward est ma révélation de la saga pour le moment !

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Tome 3 : Belle et rebelle

Célibataire endurci, Killian St. John tombe des nues lorsque son toqué de père lui annonce son projet délirant. Puisque Killian refuse de perpétuer la lignée, il a décidé de se remarier. Avec une veuve, recrutée par petites annonces. Dans la foulée, Killian voit débarquer au domaine la belle Portia Gadstone, dont la sensualité provocante lui donne aussitôt le vertige. Manifestement, c’est une aventurière qui cherche à profiter d’un vieux fou. Alors tant pis, il va se sacrifier : c’est lui qui l’épousera. Ainsi son père aura cet héritier tant désiré et lui, Killian, jouira des charmes de cette rousse incendiaire et l’empêchera de nuire. Mais bien des secrets n’ont pas encore été révélés…

J’attendais cet ultime tome consacré au dernier des vauriens, le plus discret des quatre, avec une certaine impatience. Il faut dire qu’on ne savait pas grand-chose de Locke en dehors de sa vie reculé dans son manoir, lieu hanté où les garçons ont grandi.

L’autrice nous entraîne logiquement ici pour un dernier tour avec ces charmants garçons sur le lieu de leur enfance : le manoir où Marsden les a laissé grandir tandis qu’il pourchassait le fantôme de sa femme. J’ai de suite été surprise par le tournant de l’histoire. Comme à chaque fois, l’autrice sait démarrer sur les chapeaux de roue pour lancer ses histoires romantiques. Après des débuts dans un lupanar, puis sur un lourd mensonge, place à un mariage avec une inconnue en mois de 24h !

C’était fort amusant de fort dès les premières pages les manigances du patriarche de l’histoire pour caser son fils et lui faire découvrir l’amour, lui qui n’a vécu que pour et par lui même depuis la mort de sa femme. Nous sommes avec ce tome dans l’essence même du romantisme avec de bien jolies références aux classiques du genre que son les romans des soeurs Brontë dont on ressent bien l’influence avec ce manoir isolé, hanté et son propriétaire battant la landes. J’ai adoré l’ambiance.

La romance, elle, fut étrange. J’ai de suite deviné le secret que cachait Portia, ce n’est donc pas ça qui m’a intéressée. Non, j’ai plutôt aimé voir Locke tomber amoureux, lui, qui ne voulait pas entendre parler de ce sentiment. Leur relation a de suite été ardente, Locke ayant un vrai coup de foudre pour l’allure brûlante de la jeune femme. L’autrice nous décrit ainsi très vite une vie maritale tout feu tout flamme sous les draps. Mais l’intérêt est ailleurs.

Ce que j’ai aimé, c’est voir cette femme si nature redonner vie à la demeure de Locke et son père, et réinsuffler la vie également chez eux. Grâce à elle, on va découvrir avec tendresse le vieux Locke, qui est assez différent du fou que je m’étais imaginé. J’ai été émue par son amour par-delà la mort pour sa femme, mais également par son attachement discret pour son fils et sa passion pour les enfants. J’ai aussi adoré voir Locke s’éveiller à l’amour sans qu’il le sache, devenir complice avec sa femme même en dehors de leur chambre, découvrir l’homme derrière le titre, celui qui travailler à redonner vie à sa mine. C’est une très belle personne. Enfin, j’ai aimé voir le manoir reprendre vie, les pièces s’ouvrir, se nettoyer, avoir une seconde jeunesse et être à nouveau habitées.

Bien sûr, j’ai parfois été agacée par l’entêtement de Locke à ne pas reconnaître ses sentiments, ce qui va blesser sa femme. J’ai également trouvé que l’autrice choisissait souvent la facilité dans les développements choisis et les résolutions à tout ce qui a pu poser problème à un moment donné. Mais en même temps, c’est plaisant aussi quand les contrariétés ne durent pas 107 ans et que les couples règlent vite leur problème en discutant et en écoutant l’autre. Je n’aime pas les bouderies qui durent inutilement comme parfois.

Même si ce ne fut pas mon tome préféré des trois. J’ai vraiment apprécié cette douce conclusion à la série qui a mis à l’honneur l’homme et le lieu qui ont accueilli les jeunes années de nos Vauriens. C’était touchant de voir ce père se préoccuper autant du bonheur de son fils. Une bien jolie histoire pour une émouvante conclusion bien loin des tours pendables de nos héros quand ils étaient jeunes.

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