Livres - BD / Illustrations

The Ex-people de Stephen Desberg et Alexander Utkin

Titre : The Ex-people

Auteur : Stephen Desberg et Alexander Utkin

Éditeur : Grand Angle

Année de parution : 2022

Nombre de tomes  : 1 / 2 (en cours)

Histoire : Une croisade de fantômes… qui ne voulaient plus l’être.
Un matin de 1271, sept étranges pèlerins ont pris la route pour la Terre Sainte. Sept à traîner des histoires improbables. Sept à être passés de vie à trépas. Sept à continuer d’arpenter la terre sous la forme de fantômes. Sept à être des ex-gens, des ex-people. Prêt à tout pour retrouver leur intégrité physique, ils ont uni leurs forces, direction Jérusalem avec l’espoir que Dieu leur pardonne leurs erreurs. Ils jubilent pensant avoir les moyens de payer cette rédemption divine, mais Dieu n’accepte que de l’or gagné par de bonnes actions. Commence alors pour eux une croisade d’un genre nouveau…

Mon avis :  

Tome 1

Quand un scénariste chevronné rejoint un jeune dessinateur prometteur avec une idée totalement barrée de super-héros / anti-héros dans un univers de médiéval fantasy, cela donne une des BD de la rentrée les plus étrangement pêchues que j’ai lues.

The Ex-People, on dirait le titre d’une série tv et pourtant c’est un dyptique de BD signé Stephen Desberg (Scorpion, IR$, Billy The Cat, Black Op, Cassio, Empire USA) au scénario et Alexander Utkin (La princesse guerrière, Le roi des oiseaux) aux dessins. Avec la patte très affirmé de ce dernier qui pour l’instant s’était essayé aux adaptations libres de contes et légendes russes, on embarque en plein Moyen Âge et ça va être crade, âpre et flamboyant.

J’ai beaucoup aimé l’angle d’accroche de cette courte série : de pauvres gens qui vont se retrouver dotés de particularités sans rien avoir demandé et qui vous partir en croisade pour qu’on les en guérisse. On va découvrir ainsi 7 portraits très différents de figures emblématiques du Moyen Âge détournées ici dans ce conte fantastique étrange fortement inspiré de la vague des super-héros pas si gentils qu’on a depuis quelques années. Composée de deux tomes, l’histoire va aller à leur rencontre, nous faire remonter le fil de leur passé et nous acheminer vers le but de leur quête dans une ambiance historique propice à l’aventure.

Ce premier tome nous permet d’abord de faire la connaissance des héros à travers une première mission fort rocambolesque qu’ils se donnent. Ça donne de suite la donne. On comprend qu’on va être dans une jolie histoire de cambriole et autres joyeusetés du genre où le groupe de héros ne va pas faire dans la dentelle pour parvenir à ses fins. S’il faut voler, frapper, tuer, pour obtenir ce qu’ils veulent, ils répondent présents ! Pourtant, par la suite, à l’aide de différents flashbacks, on va apprendre que ce ne fut pas toujours le cas. Les auteurs nous emmènent à la rencontre à tour de rôle du passé de chacun et de leur rencontre pour former progressivement ce groupe.

Se dévoile ainsi petit à petit une intrigue à la fois sanglante et cinglante mais aussi plus profonde sur fond de dénonciation des malheurs des petits par les grands. Le chevalier à l’armure trop petit ainsi était-il autrefois un écuyer maltraité, la jeune pyromane rousse étaient une sorcière qu’on a injustement brûlée sur un bûcher, l’oiseau à la tête toute déformée un perroquet coureur de jupons sur lesquels les maris de ses compagnes se sont vengés, et on ne sait pas encore pour les autres, mais nul doute qu’ils auront le même genre d’histoire. Ces laissés pour compte ont pour but d’aller en Terres Saintes pour être guérir et rien ne les arrêtera.

J’ai aimé le décalage du ton entre ce qu’ils commettent et ce qu’ils sont. Les auteurs jouent volontairement sur cette image très sombre, très noire du Moyen Âge et ils en font des caisses. On est ainsi dans une sorte de pulp mais version Moyen âge fantastique. C’est surprenant. On enchaîne ainsi les scènes assez pêchues de combats et courses-poursuites mais également celle plus calme de récit où chacun revient sur lui-même. C’est assez savourent.

Il faut par contre se faire aux dessins qui sont à la fois dans la lignée d’une certaine veine classique avec ces découpages rectangulaire où rien ne dépasse, et qui s’inscrivent également dans une certaine modernité avec cet épais contour noir et ces visage anguleux rappelant une certaine école américaine relevant des comics. Ce n’est pas forcément le style que j’apprécie le plus en BD mais je peux comprendre qu’il y ait un public pour cela. En plus, le dessinateur a une belle palette de couleur riche et soutenue dans des tonalités très marquées avec des oranges, des bruns et des verts profonds, qui eux m’ont beaucoup plu.

The Ex People fut une belle lecture classique et surprenante à la fois, une sorte de pulp à mi-chemin entre la BD classique et les comics avec une histoire qui emprunte énormément pour moi à cette veine des super-héros pas si gentils et donc bien plus humains qu’on aime nous conter en ce moment, le tout dans un univers médiéval classique mais bien sale et violent, donc propice à ce genre d’aventure où l’on dénonce les oppresseurs. C’est une histoire entraînante et un premier tome qui offre une introduction plus profonde que juste de la castagne. Reste que seulement deux tomes, j’ai peur que ça fasse un peu juste vu le rythme et le schéma narratif actuel. A voir.

(Merci à Babelio et Grand Angle pour cette lecture)

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Vous ?

3 commentaires sur “The Ex-people de Stephen Desberg et Alexander Utkin

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