Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Pakka de Daisuke Imai

Titre : Pakka

Auteur : Daisuke Imai

Traduction : Miyaco Slocombe

Éditeur vf : Mangetsu (life)

Année de parution vf : Depuis 2022

Nombre de tomes vf  : 2 / 5 (en cours)

Résumé : Kei Suemori est en première année de lycée et mène une existence paisible. Inscrit au club de natation, sa vie se retrouve bouleversée à jamais lors de sa rencontre avec Shizuku. Malgré son apparence humaine, la lycéenne est en réalité un kappa, une créature folklorique japonaise. Pour sauver Kei de la noyade, elle l’embrasse et le transforme à son tour ! L’adolescent réussira-t-il à cacher sa nouvelle identité ?

Mon avis :

Tome 1

Même si j’aurais encore beaucoup de choses à apprendre ou peut-être justement parce que j’ai beaucoup de choses à apprendre sur le sujet, j’aime me plonger dans des séries qui ont des fonds mythologiques ou folklorique. C’est le cas ici avec Pakka, qui offre un savoureux jeu de mots avec les « kappa », créature fantastique japonaise que j’ai pas encore trop eu l’occasion de croiser. C’est l’occasion d’y remédier.

Aux manettes de cette série histoire, il y a Daisuke Imai, un mangaka que l’on a déjà croisé au cours de deux séries et un oneshot en France : le singulier Sangsues, l’étonnant Instants d’après et l’émouvant Destins parallèles. C’est avec ce dernier que je le connaissais et je reconnais dans sa nouvelle série le même goût de l’auteur pour le tranche de vie, les romances compliquées et un découpage inspiré du cinéma qui fait mouche.

En débutant ma lecture, je m’attendais à lire une histoire totalement centrée sur l’univers des kappas. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver plutôt dans une bluette lycéenne au bord de la piscine du club de natation de l’établissement. Alors que je craignais de ne pas aimer et de me retrouver lésée à cause de ce choix narratif, il fut au contraire totalement gagnant pour moi.

J’ai beaucoup aimé suivre le jeune Kei, adepte de natation depuis tout petit mais un peu dilettante, qui n’a pas le mental nécessaire pour se remettre en question et se battre quand il trouve plus fort que lui. Confronté à son amie d’enfance bien plus douée, il botte souvent en touche au lieu de se confronter à leur différence de niveau. Cependant, il garde une relation forte avec elle et c’est pour ça qu’il lui propose un défit : s’il la bat à la course, elle acceptera de sortir avec lui.

Sur fond d’histoires adolescentes on ne peut plus classiques, l’auteur vient pourtant greffer une ambiance mélancolique où on suit des lycéens en plein questionnements sur la nature de leurs sentiments, les changements qui s’opèrent dans leur corps et ce qui différencie les filles et les garçons. Tout cela est traité avec beaucoup de subtilité, notamment grâce à l’utilisation du fantastique qui vient se glisser dans l’histoire lorsque Kei, sur le point de se noyer est sauvé par une jeune kappa, qui partage son âme avec lui, et le transforme ainsi lui aussi en créature mythologique. Les transformations qui vont s’opérer en lui, les conditions de celles-ci, ainsi que les choix qu’il fait ne sont que le reflet des bouleversements de l’adolescence.

On a d’ailleurs un décor qui change un peu par rapport aux romances lycéennes habituelles. Tout se passe au bord ou dans la piscine du club de natation. Un lieu qu’on ne croise pas si souvent que ça au final comme lieu clé de l’intrigue dans les mangas. Cela donne de suite une petite saveur particulière que Daisuke Imai capture très bien avec sont trait tout en rondeur mais également très vif lors des phases où il faut plus de vitesse.

Je regrette juste que pour le moment le fantastique se fasse aussi discret. Certes il est amené de main de maître avec un premier chapitre qui pourrait être un modèle en la matière, mais ensuite il ne fait que se distiller très succinctement dans la relation qui se noue entre Shizuku et Kei et on n’a que très peu d’infos. J’aurais aimé en avoir plus, même si je sais que ce n’est pas le coeur de l’histoire, mais c’est un décor tellement peu usuité que j’en veux plus.

Nouvelle ode à l’adolescence signée Daisuke Imai, le mangaka nous plonge dans les questionnements de ces jeunes garçons et filles peu sûrs de leurs sentiments et de leur corps, à l’aide d’un fantastique métaphorique reflet de cette réalité changeante. C’est à la fois plein de mélancolie et une bouffée d’air frais surtout après un été si chaud. J’ai beaucoup aimé ce singulier et surprenant mélange.

> N’hésitez pas à lire aussi l’avis de : Floriane, Shoop, Vous ?

Tome 2

Déroulant toujours avec une belle force tranquille son mélange d’histoire adolescente et d’histoire fantastique, Daisuke Ima me séduit avec sa narration tellement efficace et apaisante et pourtant si simple au premier abord.

Rien de flamboyant ici, un fantastique justement maîtrisé et légèrement présent dans une histoire d’adolescent parfaitement maîtrisé, voici la recette de la réussite de Pakka. Il aurait pu y avoir un peu plus de fantastique et cela semble être le cas pour le prochain tome. Ici, l’auteur se concentre sur ce qu’il a déjà mis en place et propose juste une variation plus creusée du tome 1. C’est calme et apaisant.

On assiste à de jolis moments entre Kei et Shizuku qui se rapprochent petit à petit. Kei a tiré un trait sur son premier amour réalisant qu’il était peut-être plus amoureux de l’amour que de son amie. Shizuku, elle, prend plaisir à se lier à ce garçon qui est le premier devant lequel elle se dévoile. L’auteur reprend donc des codes des romances lycéennes : visite de la maison, de la chambre, rencontre des parents… C’est simple et charmant.

Cependant quand on y réfléchit, l’histoire n’avance presque pas ici. On a juste un long passage sans quasiment aucune tension où a lieu cette rencontre, puis on repart au lycée pour une nouvelle journée et on retrouve les lieux et personnages déjà croisés avec juste un petit incident qui nous met sur la piste d’un potentiel autre kappa. Mais entre les deux, c’est assez vide… Pourtant, j’ai pris plaisir à cette lecture étrangement car le ton et le rythme de l’auteur m’ont séduit. Ils dégagent vraiment quelque chose de simple et apaisant qui rend la lecture repose à défaut d’être dense et tendue.

En amoureuse des beaux dessins et des narrations à message, j’aime beaucoup le travail de Daisuke Imai qui, avec une efficacité pleine de simplicité, nous déroule une narration pleine de force où le monsieur a vraiment bien réfléchi sur les cadrages qu’il choisit, les arrières-plans qu’il utilise, le découpage qu’il met en simple. Le trait est simple et pourtant il percute et offre une vraie ode à l’adolescence, une adolescence tranquille mais qui travaille ses protagonistes.

Avec ce tome pourtant sans grands enjeux, Daisuke Imai poursuit son cheminement, celui de nous proposer une douce histoire sur l’adolescence, ses changements et ses tâtonnements, le tout sous couvert d’un fantastique doux et parcimonieusement présent pour mieux saisir le lecteur nostalgique de cette période. C’est beau, c’est doux, c’est simple et surtout prometteur avec des indices sur une suite peut-être un tout petit peu plus remplie.

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2 commentaires sur “Pakka de Daisuke Imai

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