Livres - Classique

Le Magicien d’Oz de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Titre : Le Magicien d’Oz

Auteurs : Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Éditeur : Albin Michel Jeunesse

Année de parution : 2018

Nombre de pages : 120

Histoire : L’histoire du Magicien d’Oz est racontée ici par l’épouvantail donnant un ton naïf à cette quête où cheminent ensemble des personnages très disparates (Dorothy sans moyen de rentrer chez elle, l’épouvantail sans cerveau, l’homme de fer sans coeur, le lion sans courage et le chien Toto). Effrayés par le pouvoir d’Oz et des sorcières, obnubilés par le Palais d’ Émeraude, ils s’apercevront qu’ils portent en eux ce qu’ils cherchaient ailleurs. Le style est alerte, les dialogues sont légers.
Points de vue et échelles, portraits attendrissants, motifs arts déco, omniprésence du vert émeraude donnée par un pantone vert irisé : les images de Benjamin Lacombe imprègnent le récit d’une atmosphère magnétique et troublante, loin du kitsch et du maniéré souvent associés à cette histoire. Une transposition et un renouvellement graphique audacieux.

Mon avis :

Avec cette collection, depuis plusieurs années le dessinateur et plusieurs de ses acolytes dépoussières les classiques de la littérature mondiale. Parfois simple traduction remise au goût du jour, parfois vraie réinterprétation, cette collection renferme de très beaux bijoux. C’est le cas du Magicien d’Oz.

Avec un texte original du à L.F. Baum en 1900, Sébastien Perez s’est fait fort de dépoussiérer tout ça et d’offrir une aventure qui tient cette fois en une centaine de pages dans une langue actuelle et avec un angle de vue accrocheur : raconter cette histoire que l’on connaît tous désormais depuis le point de vue de l’Épouvantail, peut-être le personnage le plus emblématique de l’histoire. Pari réussi à pour moi !

J’ai eu envie de découvrir ce classique, mais j’avoue que n’ayant que deux version en anglais chez moi, après avoir lu péniblement quelques pages, j’ai bien vite lâché l’affaire. C’était vraiment très poussiéreux comme langue. Mais ici, en abrégeant et allant à l’essentiel, l’auteur a su lui redonner vie.

Pour qui connaît l’histoire, notamment grâce à ses nombreuses adaptations : ciné, télé, albums, romans… on retrouve les épisodes clés de celle-ci : la rencontre de Dorothy avec ses différents compagnons, la traversée du fleuve, le champ des coquelicots, la rencontre avec Oz, l’affrontement avec la Sorcière de l’Ouest, la découverte de la supercherie, la rencontre avec la dernière sorcière et le retour à la maison. Tout y est ! L’aventure est donc au rendez-vous, tout comme la dimension humaine de l’oeuvre.

J’ai beaucoup aimé le rôle des illustrations de Benjamin Lacombe sur ce dernier point. En effet, elles donnent vraiment vie aux personnages, leur rendant leur côté américains poussiéreux qui détonnent dans le beau monde d’Oz. C’est splendide ! Le dessinateur n’a pas été avare en plus. Doubles pages couleurs, portraits et dessins rendant hommage aux gravures d’époque mais avec une tonalité très moderne porté par ce vert métallisé, sont au rendez-vous. Il s’adonne à la fois à des illustrations couleurs rappelant celles des contes traditionnels pour eux et y adjoint des gravures en noir, blanc, vert métal très actuels qui déstabilisent. J’adore ! En plus, l’illustrateur explique sa démarche et les raisons de ce côté très « américain d’autrefois » face au « bourge à la Gatsby » qu’on peut retrouver par moment. C’est court mais passionnant !

La plume de Sébastien Perez m’a donc permis d’avoir un beau condensé de l’oeuvre avec de l’aventure et de l’émotion. Les dessins de Benjamin Lacombe m’a offert les sentiments et le dépaysement que j’attendais. Et grâce à l’appareil critique final, j’ai découvert une double lecture de l’oeuvre autour de la question de la dévaluation de la monnaie aux États-Unis à la fin du XIXe qui apporte un tout autre éclairage sur le conte lu, qui est plus que celui de la rencontre d’une petite fille avec des êtres différents à qui elle offre une place en leur redonnant confiance. C’était très finement vu.

Je confirme donc tout le bien que je pense de cette collection, qui en plus d’être de très beaux objets, mettent à porter des lecteurs jeunes et plus vieux, des oeuvres importantes de notre cultures mondiales, les dépoussiérant et leur offrant un appareil critique, bref, mais bien pensé, pour leur redonner leurs lettres de noblesse. J’avais aimé les adaptations du Magicien d’Oz, l’oeuvre originale était un peu trop ardue pour moi, surtout en vo., j’ai beaucoup aimé l’accessibilité et le voyage offert par cette version. Merci à notre duo de choc !

> N’hésitez pas à lire aussi les avis de : Tam, Mallou, Marinette, Yuyine, Vous ?

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9 commentaires sur “Le Magicien d’Oz de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

  1. Il faut vraiment que je le sorte de ma PAL… J’aime beaucoup le Magicien d’Oz et s’il n’y avait pas eu la mention de ce duo de choc, je ne pense pas que j’aurais tenté cette version abrégée de peur que le texte ne soit dénaturé. Alors même si je me doutais de la qualité de cette édition, lire ton avis enthousiaste me rassure 🙂

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