La voie des oracles d’Estelle Faye

Titre : La voie des oracles

Auteur : Estelle Faye

Editeur : Folio sf (format poche) / Scrineo (grand format)

Année de parution : Depuis 2017 (en poche) / 2014-2016 (grand format)

Nombre de tomes : 2 (en cours, en poche) / 3 (fini, en grand format)

Résumé du tome 1 : La Gaule, au début du cinquième siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, minés par les intrigues internes et les jeux malsains du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement.
Dans une villa d’Aquitania, perdue au milieu des forêts, vit Thya, seize ans, fille du général romain Gnaeus Sertor. À cinq ans, elle a manifesté pour la première fois des dons de devin. Mais dans l’Empire chrétien, il ne fait plus bon être oracle, et à cause de ce secret qu’elle doit garder, Thya est devenue une adolescente solitaire, à l’avenir incertain.
Lors d’une des visites en Aquitania, Gnaeus tombe sous les coups d’assassins à la solde de son fils Aedon qui souhaite s’emparer de son siège au sénat. Il est ramené à la villa entre la vie et la mort et Thya cherche dans ses visions un moyen de le sauver. Son don lui permet d’apercevoir la forteresse de Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a obtenu sa plus grande victoire contre les Vandales. Elle comprend alors qu’elle doit s’y rendre et s’enfuit dans la nuit.
Sa route sera pavée de rencontres, Enoch, un jeune et séduisant barbare, ou encore un faune, un être surnaturel issu du monde païen, et Thya va évoluer et découvrir un monde en mutation qui n’est pas exactement celui que lui décrivait son père…

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Mes avis :

Tome 1 : Thya

Avec cette nouvelle saga dont j’ai souvent entendu le plus grand bien, elle a notamment eu un prix sur Elbakin, je redonne sa chance à de la fantasy dans un univers antique. J’avais déjà essayé auparavant avec Le Roi d’Ys et cela c’était soldé par un échec. Ici l’univers et surtout la plume d’Estelle Faye n’ont rien à voir.

Dès les première page, j’ai été emportée par l’histoire qui naissait sous mes yeux. Pourtant, on ne peut pas dire qu’au départ ce soit une grande histoire. C’est même plutôt assez classique avec cette Thya qui a des dons d’Oracle mais qui doit les cacher dans la Gaule chrétienne des premiers siècles de notre ère. Quand elle a une vision où elle se voit perdre son père, elle comprend que pour le sauver, elle doit se rendre à Brog, le lieu de la plus grande victoire de celui-ci quand il était général. Cela reste donc assez flou, je trouve, on ne voit pas trop ce qu’elle va y trouver et ce qui la convainc vraiment de tout lâcher pour y aller. C’est en plus une quête assez personnelle à l’enjeu limité se dit-on.

Mais tout le talent d’Estelle Faye, c’est à partir de là, d’arriver à tisser la toile d’un univers bien plus riche. On ne suit pas seulement Thya en route vers Brog. On la voit aussi tenter d’échapper à la tyrannie de son frère, Aeron, et de la société patriarcale romaine. On croise également, le jeune Enoch, maquilleur de profession, mais au passé bien plus trouble. Ce fils d’une prêtresse Node est vraiment trompeur. Au départ, comme Thya, je ne l’appréciais pas et puis petit à petit, il a su se montrer plus fort et plus humain que je le croyais et il a révélé un vrai potentiel, notamment grâce à ses liens avec la magie Node. Car en effet, en plus de suivre Thya et ses visions, on découvre tout un univers mystique peuplé de divinités et autres créatures magiques comme les Ondines, les Sylvains…

Estelle Faye nous brosse un portrait très vivant et mystérieux de cette Gaule tout juste christianisée. C’est peut-être ce que j’ai préféré dans le titre. J’ai vraiment beaucoup aimé l’ambiance fantastique qui s’en dégage. C’est plein de mythes, de magie et de mystères. On ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre et on se laisse vite emporter dans ce monde enchanteur. Et quand on retombe de pleins pieds dans la réalité comme parfois, la magie n’est jamais bien loin pour nous ramener dans ce monde magique.

Estelle Faye a vraiment une plume enchanteresse qui m’a plu du début à la fin. J’ai aimé son univers. J’ai aimé ce qu’elle a réussi à faire naître à partir d’une histoire un peu simple et banale. J’ai aimé voir ces personnages grandir et faire de nouvelles rencontres mais aussi vivre des pertes, mais toujours lutter contre leur Destin pour créer celui dans lequel ils préfèreraient vivre. Ma seule déception est peut-être le côté un peu trop léger parfois. On sent que l’histoire et les personnages gagnerait à être un peu plus creusés et un peu plus sombre. Et surtout, je regrette d’avoir pris la version poche dont les couvertures sont bien loin d’être aussi belles que celles du grand format…

Ma note : 16 / 20

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Tome 2 : Enoch

Tout comme je n’aime pas la couverture de ce deuxième tome en poche, j’ai moins aimé et adhéré à l’histoire que dans le tome 1. J’ai trouvé que l’auteure allait beaucoup trop vite et que parfois les décisions des personnages n’avaient ni queue ni tête. De plus, le fait d’ajouter de nouveaux personnages, de ne pas forcément approfondir ceux qu’on connaissait déjà et de donner à entendre les voix des personnages secondaires ne m’a pas convaincue.

Pourtant comme dans le premier tome, j’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce tome. Ambiance qui, de plus, devient de plus en plus sombre, au fur et à mesure des épreuves qui attendent Thya. J’ai trouvé remarquable la façon dont on passe de la Gaule romaine à l’Empire bigarré de Constantinople et des différentes peuplades d’Orient. Malgré tout la transition fut brutale, peut-être trop pour moi.

C’est vraiment ce que je reproche à ce nouveau tome, les transitions trop brusques entre les différentes péripéties de Thya et les lieux qu’elle visite. On passe de l’un à l’autre avec beaucoup de brusquerie et on ne s’attarde pas vraiment assez pour bien creuser les choses. Je comprends la volonté de l’auteure de montrer l’urgence de sa quête vers les anciens dieux pour échapper à son frère mais ça m’a dérangée.

J’ai quand même beaucoup aimé la voir utiliser de plus en plus ses pouvoirs, la voir également apprendre à les redouter et en souffrir. J’ai aimé son trio avec Aylus et Enoch. La perte brutale de celui-ci est par contre l’un des passage raté du tome. Je n’ai rien ressenti à ce moment-là et même après alors que Thya est pleine de rage à cause de cela. J’ai par contre apprécié son rapprochement avec Adur que j’ai trouvé vraiment logique et bien amené. La transformation d’Enoch par la suite était bien trouvée aussi, de même que l’intervention de plus en plus importante d’Hécate auprès des différents personnages. Estelle Faye a vraiment réussi à peupler son monde de tout un bestiaire mythologique crédible et intéressant.

La fin, elle, est amenée bien trop rapidement. Elle est vraiment précipitée mais elle donne très envie de lire le dernier tome pour voir ce que la décision de Thya va changer pour leur avenir.

En conclusion, ce deuxième tome au rythme trop rapide manque de maîtrise. L’univers est toujours aussi intéressant et l’ambiance est réussie. L’histoire reste prenante et le développement de la mythologie est intéressante. Maintenant j’attends le dernier tome en poche en impatience.

Ma note : 15 / 20

Tome 3 : Aylus

A venir…

L’Épée des ombres de J. V. Jones

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Titre : L’épée des ombres

Auteur : J.V. Jones

Editeur vf : Le livre de poche

Année de parution vf : 2011-2013 (poche)

Nombre de tomes vf : 4 (série terminée ?)

Résumé du tome 1 : Les Maleterres. Un lieu hostile, figé dans un éternel hiver. Au Nord, des clans guerriers en conflit. Au Sud, des seigneurs avides qui convoitent les territoires des clans. À 16 ans, Raif est un archer accompli. Sa vie bascule le jour où, de retour de la chasse, il découvre que les hommes du clan, parmi lesquels son père, ont été horriblement massacrés. Ash est la fille adoptive de Penthero Iss, haut-seigneur d’une forteresse. À 15 ans, elle est une très belle adolescente, mais elle est hantée la nuit par des cauchemars de glace et de sang. Ensemble, Raif et Ash s’enfuiront sur les Maleterres enneigées, poursuivis par les sbires de Penthero Iss…

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Mes avis :

Tome 1 : La caverne de glace noire

Je ne sais pas pourquoi, je n’ai à aucun moment accroché à ce premier tome malgré les bons avis que j’en avais lu. J’ai trouvé l’histoire et les personnages très très classiques, trop pour moi. Je n’ai pas ressenti la moindre surprise à la lecture de ce premier tome et je n’ai pas adhéré à l’univers clanique de Raif. On m’avait promis un univers sombre et il l’est parfois mais pas de quoi fouetter un chat. Les quelques éléments sur lesquels j’ai accrochés : la « malédiction » d’Ash, le rôle de L’Homme-sans-nom, ont été noyé sous le reste.

J.V. Jones a une plume très volubile. Il parle beaucoup trop. Il entre trop dans les détails et son récit manque de peps. On s’ennuie, il n’y a pas de rythme, tout est mou. Les personnages sont assez plats, les méchants sont terribles, les gentils jouent les héros. Il n’y a pas de nuance.

L’histoire est au début axée autour de trois directions : Raif, le jeune membre d’un clan où il ne se sent pas à sa place ; Ash, la fille adoptive d’un Grand seigneur assez louche veut gagner sa liberté ; et enfin l’Homme-sans-nom et Pentharos Iss qui sont la caution magie, mystère et torture de la série ^^ J’ai trouvé Raif fade, sans saveur. Je n’aime pas son côté héroïque à l’extrême que je ne trouve pas du tout crédible. Par certains côtés il manque de maturité et à d’autres il l’est un peu trop. J’ai par contre bien aimé Ash, que j’ai trouvé assez courageuse mais trop étouffée par les hommes qui l’entourent. J’espère qu’on la verra un peu indépendamment d’eux plus tard. J’ai vu du potentiel dans son histoire de Malédiction et son rôle de Clé avec les voix qu’elle entend mais ce n’est pas beaucoup développé pour le moment malgré le grand nombre de pages passés à lui trouver une sorte de refuge. J’ai aussi vu du potentiel dans la magie et la folie de son père adoptif Pentharos Iss, ainsi que chez l’Homme-sans-nom qui semble se rattacher à la malédiction mais ça reste encore trop flou. De même, le mystérieux peuple des Sulls m’intéresse mais pareil au final on en apprend trop peu sur eux. A la place, l’auteur a préféré nous bassiner en long, en large et en travers sur les affaires du clan de Raif que je trouvé inintéressant à part peut-être sa petite soeur et ses dons de « médium ».

Ce premier tome est donc pour moi une grosse déception. Il est trop long, trop fouillis et ne développe pas les parties qui auraient pu être intéressantes. J’ai les deux tomes suivants dans ma PAL mais honnêtement je ne sais pas si j’aurais l’envie ou le courage de continuer…

Ma note : 10 / 20

(pour le potentiel…)

L’Empire Brisé de Mark Lawrence

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Titre : L’empire brisé

Auteur : Mark Lawrence

Editeur vf : Milady (poche)

Années de parution vf (poche) : Depuis 2015

Nombre de tomes : 3 (série terminée)

Résumé du tome 1 : A treize ans il est le chef d’une bande de hors-la-loi sanguinaires. Il a décidé qu’à quinze ans, il serait roi. L’heure est venue pour le prince Jorg Ancrath de regagner le château qu’il avait quitté sans un regard en arrière, et de s’emparer de ce qui lui revient de droit. Depuis le jour où il fut contraint d’assister au massacre de sa mère et de son frère, il avance porté par sa fureur. Il n’a plus rien à perdre. Mais, de retour à la cour de son père, c’est la traîtrise qui l’accueille. La traîtrise et la magie noire. Or le jeune Jorg ne craint ni les vivants ni les morts. Animé d’une volonté farouche, il va affronter des ennemis dont il n’imagine même pas les pouvoirs. Car tous ceux qui ont pris l’épée doivent périr par l’épée.

Mon avis :

Tome 1 : Le prince écorché

Ce livre est une vraie arnaque !

Je trouvais le résumé vraiment accrocheur et je m’attendais à une bonne histoire bien sombre où la politique et la vengeance se mêleraient autour d’un groupe de hors-la-loi violent mais soudé autour du futur roi. Je n’ai eu droit qu’à l’histoire d’un sale gosse vulgaire et violent qui ne pense qu’à lui. J’ai dès les premières pages détesté ce nouveau anti-héros. Il n’est pas original, il est caricatural et passe son temps à mal parler, à faire n’importe quoi et à être violent sans raison particulière. Les autres personnages ne sont qu’esquissés, c’est lui qu’on voit tout le temps, qui est tout le temps mis en avant et franchement c’est très agaçant. Qui peut croire qu’il n’a que 14 ans quand on lit ce qu’il fait / a fait ? Ce n’est pas du tout crédible !

Côté histoire, elle est d’un classique ! Je me suis vraiment ennuyée. Ce n’est qu’une suite de scènes plus abracadabrantesques les unes que les autres. C’est aussi assez prévisible au niveau du déroulement  et quand on voit où on est amené à la fin du tome 1, on se dit un tiers de l’histoire juste pour ça ?! Non, décidément je n’ai pas du tout accroché et ce n’est pas l’univers qui va faire changer les choses avec ce mélange d’Histoire européenne revisitée grâce aux petites mentions de livres et philosophies bien connues, le reste est vraiment pauvre. L’auteur dépeint à peine les lieux où se rendent les personnages et on a l’impression d’avancer presque en aveugle dans ce monde ou en tout cas avec de bonnes grosses œillères. Côté magie, c’est la portion congrue également avec ces « mages » qui « envoûtent » leurs victimes pour les manipuler. Quant à l’intrigue politique, elle est vue et revue.

Vous l’aurez compris, cette lecture a été un désastre, j’ai dû me forcer pour terminer ce roman, je vais donc m’arrêter là et juste remercier Milady de n’avoir proposé ce roman qu’à 3€99 !

Pas de note

A Court of Thorns and Roses de Sarah J. Maas

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Titre : A court of thorns and roses (Un palais d’épines et de roses)

Auteur : Sarah J. Maas

Editeur vo : Bloomsbury

Années de parution vo : Depuis 2015

Nombre de tomes vo : 3 (série terminée) – mais une suite ou des spin-off sont annoncés

Résumé du tome 1 : Lorsque Feyre, une chasseuse de 19 ans, tue un loup dans la forêt, une créature bestiale arrive et lui réclame une rétribution pour cela. Traînée dans un monde perfide et dangereux qu’elle ne connaît que d’après les légendes, Feyre découvre que son ravisseur n’est pas un animal, mais Tamlin, l’une des dangereuses et immortelles faeries qui régnait autrefois sur leur monde.
Alors qu’elle demeure sur son domaine, l’hostilité qu’elle ressentait pour Tamlin se transforme peu à peu en une intense passion qui brûle tous les mensonges et les avertissements qu’elle a reçus à propos du beau, mais dangereux, monde des Faes. Mais une ancienne force maléfique grandit dans l’ombre du monde des Faes et Feyre doit trouver un moyen de l’arrêter… ou Tamlin – et son monde – seront condamnés pour toujours.
(Traduction : Lybou)

Mon avis :

Tome 1 : A court of thorns and roses

Ce premier tome est une petite déception. J’attendais tellement de cette série après voir lu les avis positifs de plusieurs bloggeurs que j’en attendais beaucoup or je ne fus pas du tout emportée par l’univers de A court of thorns and roses. J’ai été très déçue par le style de l’auteur on ne peut plus banal mais surtout le titre souffre d’un cruel manque de rythme. L’histoire ne devenant intéressante que dans les 50 dernières pages environ…

L’univers est intéressant. J’aime bien l’idée de mélanger la réécriture de la Belle et la Bête avec le monde des Faes mais on reste trop en surface. Du coup, l’écriture fait très Young Adult même si on m’avait dit que c’était du New Adult ce qui fait que je m’attendais à quelque chose de plus proche de la fantasy pour adultes que je lis habituellement or ce n’est pas le cas.

Les personnages sont tous intéressants. J’ai aussi bien aimé Feyre qui a un très fort caractère et est vraiment une belle personne, que Tamlin et son respect des principes, Lucien et sa loyauté, ou encore Rhys le mystérieux Fae à la langue bien aiguisée. Les personnages secondaires sont bien construits aussi comme les domestiques de la cour de Tam ou la mystérieuse Amarantha qui révèle toute sa cruauté et sa folie dans la dernière partie. Ils sont donc attachants et intéressants à suivre.

Mais le gros point noir, c’est le mauvais développement des relations des uns avec les autres. J’ai trouvé le départ de la romance entre Feyre et Tamlin très artificiel et pas du tout crédible, de même que l’amitié qui semble se développer entre elle et Lucien. Par contre, la relation ambigüe qu’elle crée avec Rhys à la fin est très bien amenée et c’est celle que j’ai préféré dans l’histoire. J’espère vite les retrouver ensemble.

Pour terminer, autant je me suis assez ennuyée pendant les trois quarts du livre, autant je n’ai pas décrochée dans les dernières pages. J’ai beaucoup aimé la révélation de toute la malédiction qui pèse sur Tamlin et les autres High Lords, ainsi que les épreuves auxquelles était soumise Feyre. C’était bien plus dynamique que le reste. Cependant malgré cet avis en demi-teinte, je suis impatiente de lire la suite et je l’attends de pieds fermes surtout que les éditions hardbacks originales sont de toute beauté !

Ma note : 14 / 20

Tome 2 : A court of myst and fury

J’ai d’abord mis longtemps à ouvrir ce livre après mon souvenir assez mitigé du tome 1, puis j’ai mis énormément de temps à le lire mais la fin en valait vraiment le coup.

Avec cette suite Sarah J. Maas fait preuve des mêmes défauts et des mêmes qualités que dans son premier tome, à savoir un début assez fade puis une montée progressive de la tension scénaristique et une fin époustouflante. J’ai trouvé le début (les 200 premières pages) très très longues. Je me suis profondément ennuyée et j’ai mis un temps fou à en venir à bout. J’ai vraiment détesté le personnage de Tamlin, un vrai macho dans toute sa splendeur, qui traite celle qu’il aime de la pire des façons. Du coup, cela pèse énormément sur l’ambiance de départ et ça plombe tout même si je comprends très bien l’intention de l’auteur. Heureusement la suite est d’un tout autre calibre et on se laisse vite prendre au jeu une fois que Feyre prend son envol et se retrouve. On sent alors tout l’élan féministe qui anime Sarah J. Maas dans ce tome et surtout la superbe histoire d’amour qui se noue et qu’on avait pu voir poindre dans le tome précédent. En effet, l’auteur nous fait un retournement complet de ce côté-là et ce n’est pas pour me décevoir loin de là.

Si j’ai pu détester Tamlin et son côté homme de Cro-Magnon qui veut absolument contrôler « sa femme » et l’enfermer dans l’idéal qu’il s’est fait d’elle, j’ai adoré Rhysand qui s’est révélé complètement différent. Ce personnage est le personnage clé du tome 2. Je l’avais découvert et adoré dans la dernière partie du tome 1. Sa relation pleine d’étincelles avec Feyre avait été ce qui m’avait poussée à continuer et ici ce fut également le cas. J’ai adoré les retrouvailles entre les deux et ce que l’auteure en a fait. Elle s’est en effet servie de leur relation naissante pour ouvrir tout un pan à son histoire. En plus de la superbe relation qui se noue entre Feyre et lui, on découvre l’univers des Fae sous un tout autre angle. On apprend enfin à connaître ce High Lord et son cercle intime tous plus attachants les uns que les autres. Je suis complètement fan de Mor, de Cassian, d’Azriel et d’Amren (même si cette dernière est plus en retrait). J’adore la relation d’égal à égal qu’ils ont avec Rhysand. J’adore le rêve qu’il partage et j’adore la façon dont ils intègrent Feyre à leur monde. J’ai vraiment eu un gros coup de coeur pour ce petit groupe.

Bien sûr ce qui a le plus fait battre mon coeur, c’est le rapprochement entre Feyre et Rhysand qui n’était pas gagné d’avance tant ils se sont tirés la bourre dans le précédent tome, mais on sentait déjà une vraie attirance entre eux. Le fait que Rhysand l’aide à regagner sa liberté sans rien demander en échange est un vrai bol d’air. Ce fae est l’homme parfait pour moi. Il se comporte divinement avec Feyre, la poussant à se dépasser tout en l’aidant à guérir de ses plaies sans jamais s’imposer. Et ainsi peu à peu, ils apprennent à se faire confiance, à s’apprécier et bien sûr à s’aimer. Toute la seconde partie du livre dégage une tension de fou les concernant. J’ai souvent eu le souffle coupé lors de leurs scènes et j’ai eu du mal à reprendre ensuite. Je suis ébahie par la façon dont Sarah J. Maas a manigancé leur histoire de main de maître, la rendant si parfaite. Je suis totalement fan de ce couple pour une fois qu’une auteur choisie le mâle qui me plaisait le plus et pas forcément le beau prince des contes de fées.

C’est aussi en cela que l’auteure a été très maligne. Elle ne s’est pas contentée de revisiter le conte de la Belle et la Bête, elle l’a aussi complètement retourné et remodelé à sa sauce, le rendant bien plus moderne. La princesse n’est plus une pauvre demoiselle en détresse mais une femme forte qui s’émancipe et apprend à utiliser ses pouvoirs jusqu’à gagner la place qu’elle mérite comme le révèle l’une des surprises finales de ce tome.

Enfin, j’ai aussi beaucoup aimé tout l’aspect politique avec la lutte contre le Chaudron et Hybern même si parfois j’ai eu du mal à tout suivre et que j’ai trouvé leur quête une peu nébuleuse. Cependant les 50 dernières pages viennent tout faire exploser et rebattent les cartes de la meilleure des façons, annonçant un troisième (et dernier ?) tome explosif que je suis très très impatiente de lire.

Ma note : 16 / 20

(à cause de ce début si mou et soporifique…)

Tome 3 : A Court of Wings and Ruin

Dernier tome de la saga, A Court of Wings and Ruin, est certainement celui que Sarah J. Maas a le plus maîtrisé dans sa réalisation. On sent dès le début que l’auteur tient bien son sujet et qu’elle sait où elle va. Il n’y a pas de problèmes de rythme cette fois, pas de début mou pendant lequel on s’ennuie. Au contraire, c’est un tome où on a du mal à souffler et à reprendre notre souffle tellement il se passe de chose et c’est bien normal puisque nous voilà à la fin de la saga et qu’il faut bien que tout ce qui couvait prenne vie et se conclue. Du coup, j’ai beaucoup aimé ce tome que j’ai trouvé mieux construit et plus équilibré que les précédents même si je n’ai pas eu un coup de coeur comme cela avait été le cas lors de certains passage du tome 2.

J’ai d’abord beaucoup aimé les débuts grâce à une histoire qui reprend là où on l’avait laissée avec Feyre qui joue les espionne et les fauteurs de trouble dans la Cour de Tamlin pour se venger de celui-ci et de son alliance avec Hybern. J’ai vraiment apprécié la voir oeuvrer dans l’ombre et manipuler tout le monde pour faire capoter le monde de Tamlin. Celui-ci le méritait bien après tout ce qu’il lui avait fait. Je ne me suis donc pas ennuyée comme la dernière fois où elle avait été avec lui, au contraire. J’ai même trouvé ce passage presque trop court mais cela se comprend avec tout ce qu’il reste à raconter.

Parce que le coeur de ce tome, c’est tout de même l’affrontement entre la Cour des Rêves de Feyre et Rhys, et Hybern qui veut tuer tous les hommes et soumettre les Fae grâce au Chaudron. Cet affrontement prend presque toute la place mais cela ne m’a pas déplu au contraire. J’ai aimé voir les préparatifs qui se font dans le camp de Feyre et Rhys, ce qui permet de retrouver toutes les créatures et les puissances rencontrées dans les tomes précédents. J’ai aimé voir les alliances se faire et se défaire, les plans avancer, puis échouer et se modifier pour mieux nous surprendre. J’ai trouvé l’ensemble vraiment entraînant et palpitant. J’ai beaucoup aimé les scènes de batailles et les stratégies en jeu. Il y avait un vrai côté dramatique dans la mise en scène qui rendait les chapitres très addictifs. L’intrigue est donc rondement menée, pleine de surprises et de drames. On sent que Sarah J. Maas avait bien pensé à tout et qu’elle ne laisse rien au hasard mais maîtrise tout. Sans vouloir trop entrer dans les détails, j’ai aimé la lente montée en puissance de ce tome grâce à l’inquiétude grandissante qui repose sur la menace qu’est le Chaudron et l’utilisation que veut en faire Hybern. J’ai aimé les vraies scènes de batailles mais aussi celles où la magie intervenait. Et j’ai trouvé la fin parfaitement à la hauteur, telle que je l’attendais avec du suspens, du drame, des sentiments exacerbés. Bref, je me suis régalée. J’aurais juste aimé que l’auteur poursuive l’après bataille sur quelques pages supplémentaires parce que j’ai trouvé la fin un peu aride mais sa promesse de suite et/ou spin-off l’an prochain me rassure.

L’autre gros point fort de ce tome, ce sont les relations entre les personnages qui sont encore une fois très bien développées ici. Certes Rhys et Feyre sont au centre de l’intrigue mais les autres ne sont pas en reste. J’ai adoré le rapprochement qui s’est opéré entre Cassian et Nesta, j’ai adoré le dénouement de l’histoire entre Azriel et Mor, cette dernière m’a énormément touchée, j’ai bien ri de la relation entre Amren et Vassian, et j’ai aimé les débuts de l’histoire entre Lucien et Elain que j’espère bien retrouver plus tard. J’ai même été agréablement surprise par l’évolution de Tamlin au final et j’ai été contente que l’auteur n’oublie pas non plus Julian. Les relations amoureuses sont une vraie réussite dans ce titre. Après, j’ai trouvé le couple phare un peu en retrait dans ce tome. Je n’ai pas autant vibré pour eux que lors des tomes précédents, sûrement parce que leur relation est inscrite dans la pierre maintenant. Mais surtout, j’ai trouvé que certains moments manqués cruellement de romantismes et tombaient un peu à plat, sauf dans les dernières pages. De même, j’ai trouvé l’auteure très maladroite lors des scènes de sexe ou même de simple tendresse. J’avais bien plus vibré dans le tome 2. C’est ma petite déception de ce tome alors que pourtant j’adore les personnages et leur évolution. Pris individuellement, Rhys et Feyre, ainsi que Cassian, Azriel, Nesta et Mor sont de gros coup de coeur.

J’attends donc avec beaucoup d’impatience ce que Sarah J. Maas nous prépare pour 2018 en espérant qu’elle revienne sur les couples formés ou pas par les personnages secondaires et qu’on ait le droit ainsi grâce à eux de revoir un peu Rhys et Feyre que j’ai tant aimés.

Ma note : 16 / 20

Prince captif de C. S. Pacat

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Titre : Prince captif

Auteur : C. S. Pacat

Editeur vf : Milady

Années de parution vf : 2015-2016

Nombre de tomes : 3 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d’Akielos. Mais lorsque son demi-frère s empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d’un royaume ennemi.
Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s’allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume.
Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l’homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr…

Mes avis :

Tome 1 : L’esclave

Après avoir lu plusieurs critiques mitigées, j’avais vraiment peur de tester le tome 1 de cette série malgré les bons avis sur la suite mais ce fut un vrai coup de coeur. J’ai dévoré ce premier tome en une petite journée (alors que je travaillais pourtant…) et j’ai été dégoûtée de ne pas avoir la suite sous la main de suite.

J’ai de suite été happée par l’univers créé par C. S. Pacat et son écriture très vive et dynamique. Le monde dans lequel navigue Damen est à mi-chemin entre le récit historique initiatique, la romance et la fantasy (pour le côté aventure). Le contexte est riche et bien construit. On découvre deux nations autrefois en guerre qui tentent de se réconcilier avec l’avènement d’un nouveau roi qui s’est très vite débarrassé de son rival en le donnant comme esclave au pays avec lequel il souhaite conclure une alliance. La politique est l’un des enjeux clés de l’histoire et j’avoue avoir adoré suivre les méandres de celle-ci à la cour de Vère.

Cependant, ce n’est pas la seule richesse de cette saga. Les personnages sont aussi très charismatiques. J’ai de suite été sous le charme de Damen qui ne baisse jamais les bras et qui est fidèle à ses convictions malgré la situation précaire dans laquelle il se trouve. Mais il ne serait rien sans son Némésis : Laurent, qui est le personnage emblématique de la saga pour moi. Il a l’apparence d’un gamin pourri gâté et son attitude parfois, mais c’est un grand stratège et politicien qui sous sa froideur semble cacher de profondes blessures. La relation entre les deux est explosive vu qu’ils ont des personnalités très fortes. J’ai donc adoré suivre leurs prises de bec. Mais ce ne sont pas les seuls personnages intéressants de la saga, j’ai également beaucoup aimé voir Damen interagir avec son « entourage » au harem ainsi qu’avec le Mignon du Régent, avec celui-ci (même si je le trouve plus classique et moins intéressant) ou encore avec les puissances étrangères. L’oeuvre est riche en personnages intéressants à suivre.

L’ambiance est un autre élément de la réussite de la série. Dès les premières pages, j’ai été happée par la noirceur du récit. J’ai vraiment eu la boule au ventre et la nausée parfois. J’ai souvent eu peur pour Damen et j’ai été écoeurée par les pratiques de la cour de Vère. Pourtant, en même temps, cela a créé une vraie urgence dans ma lecture, me faisant tourner les pages à toute vitesse dans l’angoisse de la suite. L’ambiance perverse, érotique et nauséabonde de Vère donne une saveur toute particulière au récit. On suit avec appréhension les machinations de Laurent. On se demande comment va tourner sa relation avec Damen, tout en espérant qu’il trouve le repos avec lui. Et surtout, j’ai trouvé génial que les relations LGBT apparaissent si ouvertement normales dans ce récit, ça fait du bien un peu d’ouverture d’esprit. J’ai même trouvé amusante la présentation qui est faite des relations entre nobles et mignons/maîtresses à la cour de Vère qui contribue avec une grande force à l’ambiance à la fois sordide et très politique du titre.

J’ai donc été complètement séduite par tous les aspects de la série malgré ma réticence première et j’attends l’arrivée de la suite de pied ferme pour découvrir vers quelles aventures s’est embarqué Laurent en affrontant son oncle.

Ma note : 17 / 20

Tome 2 : Le guerrier

Je suis partagée concernant ce tome, autant j’ai adoré le développement des relations des personnages, autant la tension du premier tome et les intrigues politiques m’ont manqué.

J’ai trouvé le début assez perturbant avec le départ en campagne et le troupe complètement désunie et faite de bras cassés, mais j’ai été ravie de voir comment Laurent va la reprendre en main avec l’aide de Jord et Damen. Ces deux derniers m’ont vraiment plu. J’ai adoré voir la façon dont chacun gagne sa place de chef. J’ai aussi trouvé que l’évolution de la relation Laurent-Damen était le gros point fort de ce tome. Je me suis beaucoup amusée de leurs petites escapades. J’ai aimé voir Laurent changer, devenir moins froid et apprendre à faire confiance à Damen. Bien sûr, du coup, j’ai trouvé la fin parfaite avec la reconnaissance des talents de Damen et l’apothéose de leur relation. Les quelques pages où ils passent une nuit à l’auberge et celle où ils passent la nuit ensemble après la dernière bataille sont superbes ! Un vrai coup de coeur où chacun révèle ses failles à l’autre.

Par contre, j’ai eu un vrai manque du côté des intrigues politiques. Malgré le côté glauque de l’ambiance à la cour de Vère celle-ci en me gardant sur le qui-vive était passionnante à suivre. Ici, l’ambiance est plus fade, plus classique avec la mise au pas de la troupe de soldats et les tentatives du Régent mais celle-ci étant au loin la pression est moins présente. Les jeux d’alliances qui se mettent en place sont sans surprise et même la trahison qui arrive à la fin n’a rien de vraiment surprenante, je suis un peu déçue de ce côté-là. J’ai vraiment trouvé ce tome moins palpitant à cause de tout ça mais la fin est telle qu’on ne peut qu’avoir envie de lire la suite et que je l’attends de pieds fermes.

Ma note : 16 / 20

Tome 3 : Le roi

Un dernier tome magistral à la hauteur de cette saga qui fut un vrai coup de coeur et qui a su combler toutes mes attentes !

J’ai retrouvé dans cet ultime tome une grande partie de la tension et des intrigues politiques du tome 1 que j’avais tant aimées. Suivre Laurent et Damen dans leur reconquête était passionnant. Je me suis souvent laissé mener par le bout du nez et j’ai souvent été surprise par les retournements de situation dont l’auteure n’a pas été avare. J’ai beaucoup aimé le mélange qui s’est opéré entre la guerre et la politique dans ce tome, faisant se rejoindre ces deux traits qui avaient été développés dans les tomes précédents. De plus, le duo Laurent – Damen mène parfaitement la danse et j’ai encore été surprise par les méandres de la pensée de Laurent mais aussi par les brefs coups de génie de Damen. Ainsi les 100 dernières pages sont juste passionnantes à suivre et on ne peut alors lâcher le livre.

Concernant ces deux personnages, j’ai vraiment été super touchée par leur rapprochement et la façon dont ils baissent la garde dans ce tome pour se mettre entièrement à nu l’un devant l’auteur. C’est juste sublime ! L’alchimie qu’il y a entre eux était palpable malgré des débuts assez froids dont j’avais bien deviné la raison ^^ Du coup, dès qu’ils sont réellement ensemble je trouve que l’histoire devient bien plus lumineuse et que ça les change véritablement, on sent qu’un poids est parti. Les révélations sur le passé de Laurent, cependant ne sont pas une découverte pour moi, l’auteure ayant laissé trainer de nombreux indices mais même si cela est horrible, c’était nécessaire à la construction de ce personnage si beau et si complexe.

Enfin, j’ai une fois de plus beaucoup aimé les personnages secondaires avec cette fois en plus de Jord, le grand ami de Damen : Nikandros et le médecin de Laurent : Paschal, ils se sont révélés d’une grand fidélité et d’un grand courage. J’ai aussi été ravie de retrouver le Régent que je trouve vraiment diabolique et que j’ai adoré détester. Par contre, j’ai trouvé Kastor très décevant, il était bien trop faible au final, alors que Jocaste, elle, était bien plus complexe et intéressante.

Maintenant que j’ai terminé cette saga, je suis triste que ce soit déjà fini et j’aurais aimé avoir quelques chapitres supplémentaires pour voir Damen et Laurent régner un peu ensemble.

Ma note : 17 / 20

Les Salauds Gentilshommes de Scott Lynch

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Titre : Les salauds gentilshommes

Auteur : Scott Lynch

Editeur vf (poche) : J’ai lu

Année de parution vf (poche) : Depuis 2013

Nombre de tomes : 3 (en cours)

Résumé du tome 1 : On l’appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L’autre moitié pense qu’il n’est qu’un mythe. Les deux moitiés n’ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l’épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n’en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu’une mystérieuse menace plane sur l’ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire…

Mes avis :

Tome 1 : Les mensonges de Locke Lamora

Voici un titre de fantasy qui change un peu de la production habituelle. Avec ce titre, Scott Lynch mélange allègrement les mondes de la magie et des voleurs/arnaqueurs, le tout dans un univers très marqué avec cette ville populeuse de Camorr qui est l’un des héros de l’histoire.

Dans ce titre, c’est vraiment l’ambiance qui m’a marquée. J’ai adoré le côté sale, violent et tordu de Camorr, une ville aux allures très Renaissance pour moi. J’ai aussi adoré suivre une troupe de voleurs et d’arnaqueurs le tout avec une légère pointe de magie. En effet, on pourrait presque oublier qu’on est dans un roman de fantasy tant la magie est au final peu présente sauf avec le Mage et son Faucon. Mais l’ambiance n’est pas la seule chose qui m’ait plu, j’ai aussi beaucoup aimé les personnages avec leur côté mauvais garçon prêts à jouer de mauvais tours mais n’ayant pas mauvais fond. Ils ont un petit côté Gavroche, je trouve, qui me plaît bien et surtout ils sont super filous. Bien sûr, Locke est l’un de mes préférés avec ses tours qui finissent toujours mal et son grand sens de l’amitié. J’ai aussi beaucoup aimé son ami Jean avec qui il forme un joli duo. Les frères Calo et Galdo m’ont plus par leur bonhommie, de même que le petit Moucheron, jeune apprenti qui voulait faire son trou. Ils formaient un joli groupe d’arnaqueurs où chacun avait sa place et son rôle à jouer. Scott Lynch a aussi eu le talent d’introduire des personnages secondaires intéressants et charismatiques, telle que l’Araignée, le père Chain, le Roi Gris ou Barsavi.

Et heureusement que j’ai accroché aux personnages parce que cela a été plus compliquée du côté de l’histoire. J’ai vraiment eu l’impression pendant les deux tiers du volume que celle-ci ne décollait pas. Il faut dire que le choix de la narration qui entrecoupe l’histoire de nombreux flashback n’aide pas celle-ci à accéder à son rythme de croisière. L’auteur ne donne pas un rythme punchy à son histoire mais la laisse avancer tranquillement à son rythme, le temps que tous les événements se mettent en place. Le choix du sujet est assez osé et est plutôt bien traité mais il aurait vraiment pu être casse-gueule. Heureusement il s’en sort plutôt bien en dynamisant la fin de son tome, ce qui m’a donné envie de lire la suite. J’ai beaucoup aimé au final la façon dont Locke et ses acolytes jouaient leurs tours aux nobles de Camorr et j’ai également apprécié les pans du passé de Jean et Locke qu’on a découvert. Je suis même curieuse d’en apprendre plus sur la grande histoire d’amour de Locke dont on nous a parlé à de nombreuses reprises tout en conservant le mystère. Je suis aussi intriguée de découvrir ce qu’ils vont bien trouver à faire par la suite après ce qu’il leur arrive à la fin de ce premier tome où j’ai trouvé courageux de la part de l’auteur d’aller jusque là.

Les Salauds Gentilshommes fut donc une lecture un peu chaotique mais dont l’originalité, le potentiel et la sympathie des personnages m’ont plu. J’ai aussi aimé la plume de l’auteur et son univers et je suis curieuse de lire la suite.

Ma note : 16 / 20

PS/ Je suis fan des couvertures de l’édition poche où chacune semble donner le ton mais la première reste ma préférée avec son côté Venise de la Renaissance ^^

 

Nightrunner de Lynn Flewelling

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Titre : Nightrunner

Auteur : Lynn Flewelling

Editeur vf (poche) : Milady (Fantasy)

Années de parution vf (poche) : Depuis 2013

Nombre de tomes vf (poche) : 4 (série en cours)

Nombre de tomes vo (poche) : 7 (série en cours)

Résumé du tome 1 : Lorsque Le jeune Alec de Kerry est emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis, il croit sa vie ruinée. C’est sans compter sur son étrange compagnon de cellule. Espion, voleur et noble à la fois, Seregil de Rhiminee est bien plus qu’il ne paraît. Lorsqu’il propose à Alec de devenir son apprenti, leurs vies changent à jamais. Alec découvre alors des routes inconnues qui mènent vers une guerre dont le tumulte ne l’avait jamais effleuré. Seregil et lui vont devoir s’infiltrer en territoire ennemi afin de découvrir quels complots s’y trament pour sauver la Couronne… ainsi que leurs propres vies. Mais la fortune est aussi imprévisible que le nouveau mentor d’Alec…

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Mes avis :

Tome 1 : Les maîtres de l’ombre

Il y a plusieurs années, j’ai lu la précédente saga de l’auteur : Le royaume de Tobin et ce fut un véritable coup de coeur. J’avais beaucoup aimé l’originalité et la réflexion sur « le genre » qu’il y avait dedans. C’est donc avec joie que je me lançais dans cette nouvelle série, un peu rebutée quand même par les couvertures de l’édition de Milady…

Cette nouvelle série, sous des dehors très classique, est très addictive. Dès les premières pages alors qu’il ne se passait pas forcément grand-chose et que le sujet de l’histoire restait assez flou, j’ai accroché. J’ai de suite aimé le duo, formé par l’adversité, composé du voleur/troubadour/espion Seregil et de l’innocent Alex, très vite rejoint par la brave Micum. En quelques brèves lignes, Lynn Flewelling parvient à brosser grosso modo la personnalité de chacun et à nous les rendre attachant sans pour autant nous livrer tous leurs mystères. Seregil, qui est un peu le héros intrépide, est le plus mystérieux pour le moment. J’aime son humour, sa légèreté mais surtout la gentillesse qu’il a avec Alec. Ce dernier est encore jeune mais il murit très vite et j’aime découvrir son apprentissage. Les autres personnages ne sont pas en reste. Micum est un excellent ami sur qui on peut compter, il est mature et fiable. Nysandre, le maître de Seregil, est plus ambigüe lui mais il adore son ancien disciple et ses pouvoirs magiques m’intéressent aussi beaucoup. Vient là-dessus rien de moins que la famille royale de Rhiminie et ses intrigues politiques, ainsi que tout plein d’accointance de Seregil dans cette ville, enrichissant encore l’histoire.

C’est ainsi que je me suis laissé porter au fil des pages par cette histoire qui de fil en aiguille gagne en profondeur  et en densité. Si j’ai trouvé le début un peu lent et flou, avec la fuite vers l’inconnu de Seregil et Alec, j’ai été bien plus passionnée par les intrigues qui se sont dessinées à peine étaient-ils arrivés chez le maître du premier. J’ai aimé le mélange entre la magie, les vols et les intrigues politiques sur fond de question raciale. En plus de l’intrigue principale qui se dessine dans ce tome, on sent un fil rouge autour du premier vol que le duo commet au début du livre. C’est vraiment passionnant à suivre, l’auteure arrivant à un équilibre parfait entre humour, aventure et un brin de noirceur. J’ai aussi aimé qu’elle continue à parler de question de « genres » avec la bisexualité (ou l’homosexualité ?) de Seregil.

Maintenant après les dernières pages de ce premier tome et la dernière vision de Nysander, j’ai très très envie de lire la suite, mais j’ai l’impression qu’en France la série s’est arrêtée au tome 4 alors qu’aux Etats-Unis il y en a déjà 7…

Petit bonus : La série se passe dans le même univers que celui du Royaume de Tobin puisque Rhiminie est une ville de Skala.

Tome 2 : Les traqueurs de la nuit

Avec cette suite, on reprend l’histoire exactement où on l’avait laissée mais malheureusement, l’auteure repart avec un rythme très pépère ce qui fait que tout le début du tome est assez mou. Franchement, je me suis presque ennuyée au début et je ne voyais pas trop l’intérêt des différentes missions que Seregil et Alec réalisaient. Heureusement par la suite, Lynn Flewelling relie tout ça à une intrigue passionnante qui fait le lien avec les débuts du tome 1. J’ai trouvé très malin de sa part de repartir avec Mardus et de créer toute une mythologie autour de lui, de la dirmagnos et du casque du Vatharna. Ainsi la dernière partie de l’histoire est très riche et palpitante. Les personnages sont vraiment en danger et on sent rapidement qu’ils ne s’en sortiront pas tous. J’ai d’ailleurs été un peu surprise par le choix du sacrifié même si en y réfléchissant, c’est logique. J’ai en tout cas aimé que l’auteur ose aller aussi loin. Ma seule déception au niveau de l’intrigue c’est la mauvaise utilisation de Beka dont l’histoire casse le rythme à chaque fois. J’avais fini par contre qu’elle jouerait un rôle bien plus important que celui qu’elle eut, alors j’ai été déçue.

Mais la grande richesse de ce tome, comme du premier d’ailleurs, c’est avant tout le développement des relations entre les personnages. J’ai été vraiment séduite par l’évolution de celle entre Seregil et Alec, mes deux chouchous. C’est tellement beau la façon dont ils se rapprochent, la façon dont Alec se rend compte de ses sentiments et celle dont Seregil ose risquer son coeur. J’ai adoré ! J’ai aussi beaucoup aimé les relations de Beka avec ses camarades soldats, celle-ci est une meneuse née, je trouve. Et la surprise du tome vient de Thero qui se révèle bien plus sympathique et dont on perce un peu la carapace. Nysander, lui, reste mystérieux de bout en bout et je n’aime pas trop la façon dont il manipule tout son monde, ça fait trop cliché. Enfin, je suis un peu déçue de voir que la Reine et son entourage sont en retrait ici et j’espère les retrouver vite par la suite.

Nightrunner reste donc une série que j’affectionne beaucoup, surtout à cause de ses personnages, mais qui a vraiment un problème de rythme. Elle ne sait à chaque fois vraiment me passionner que sur la fin et je rame un peu dans les premiers temps.

Tome 3 : La lune des traîtres

Nouveau tome, nouvelle réussite. J’ai eu l’impression de redécouvrir la série avec La lune des traîtres. L’auteure a eu la bonne idée de nous faire retrouver ses héros quelques années plus tard, après la disparition de Nysander qui pèse toujours autant sur Seregil. Elle a aussi eu l’excellente idée de s’intéresser au peuple d’origine de celle-ci, les Aurenfrays, dont on a tant entendu parler. Cela donne un tome qui oscille en permanence entre nostalgie, émotion, action et manigances politiques. D’habitude Lynn Flewelling démarre lentement, voire un peu mollement avant de livrer des fins tonitruantes, mais ici dès les premières pages, j’ai été emportée par le récit.

La mission diplomatique de Klia et Seregil en Aurenen est l’occasion de revoir d’anciens personnages comme Thero qui ont bien évolué mais aussi d’en découvrir des nouveaux qui savent rester mystérieux jusqu’au bout comme Nyal. J’ai beaucoup aimé découvrir les rouages de la politique Aurenfrays qui est si différente celle des Tirfays. L’importance du clan est incroyable et dirige vraiment chacun de leurs mouvements ainsi que la place centrale qu’ils accordent à « l’honneur ». A côté de ça, les négociations durent et durent au point que ça en devient un peu lassant parfois, heureusement qu’il y a d’autres événements qui se passent en parallèle. Ainsi même si Seregil a changé et qu’il ne veut pas reprendre ses anciens activités de voleur et d’espion, il se retrouve malgré lui impliqué. Le voilà donc parti à enquêter sur les fréquentations de Torsin, les magouilles des clans Haman, Viresse, etc, et à chercher le responsable de l’empoisonnement de membres de sa délégation. J’ai beaucoup aimé suivre ses différents moments qui ponctuent et rythment le tome, relançant régulièrement l’intrigue pour la conduire vers une vaste intrigue englobant le tout et assez surprenante dans la simplicité de sa résolution. Chaque personnage rencontré, et ils sont nombreux, aura son rôle à jouer.

A côté de ça, il y a tout un pan plus intime qui se dégage dans ce tome, à la fois à cause des relations compliquées de Seregil avec son peuple et sa famille, celles de Klia avec sa propre famille, mais aussi celle naissante entre Beka et un bel et mystérieux Aurenen. C’est un tome riche en émotions. J’ai beaucoup aimé le nouveau duo formé par Alec et Seregil qui sont désormais amants, leur relation est si belle et semble tellement logique, normale, allant de soi. Leur nouvelle complicité rend leurs missions encore plus intéressante et j’aime comment l’auteure se joue de leur relation pour mettre les autres mal à l’aise parfois. C’est assez amusant parce qu’à côté de ça, ils n’ont rien des clichés des homosexuels.

Avec ce tome, qui reprend le grand fil rouge de la guerre contre les Plenimariens, l’auteur continue à creuser la mythologie de la série. Elle nous offre un tome à l’intrigue parfaitement rythmée et ponctué de jolis moments plein d’émotions. J’ai passé un excellent moment.

Tome 4 : Le retour des ombres

Voici une suite qui rompt avec les tomes précédents de la série. Déjà celui-ci est plus fin, je trouve et ensuite l’histoire est totalement différente. Comme d’habitude, elle part calmement, presque lentement avec le retour de Seregil et Alec à Rhiminie mais on sent bien que ce n’est plus comme avant. Et en effet, Phoria n’est pas sa mère et décide de démanteler l’ordre des Veilleurs (quel dommage !) parce qu’elle est complètement parano. Pour la même raison, elle ne fait pas confiance à sa soeur qui est restée à Aurenen et décide donc d’envoyer Alec et Seregil pour la ramener.

L’histoire commence donc de façon tout à fait classique avec une nouvelle mission pour nos deux héros et comme d’habitude, ça ne va pas se passer comme prévu. Mais ce qui change, c’est déjà le contexte, cette fois fini Rhiminie, fini Aurenen, place à Plenimar et surtout bienvenue à l’un des thèmes chers de la fantasy : l’esclavagisme. Autant vous dire que je craignais le pire, je n’aime pas lire des choses sordides, mais ici ce fut somme toute assez léger même si on n’a pas pu échapper à quelques sévices. L’histoire se déroule donc en grande partie en vase clos et les deux héros se retrouvent séparés, devant survivre chacun de son côté.

La plus grande surprise vient ensuite des personnages que l’on rencontre que ce soit leur « maître » et les liens qu’il a avec le Roi de Plenimar, ou encore l’esclave qui aide Alec dont l’identité m’a vraiment surprise. Les nouveautés magiques ne sont pas en reste avec l’introduction de l’alchimie après la nécromancie du tome 2 et surtout avec la création du Rhekaro, une créature dont j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution aussi bien personnelle qu’au sein du groupe. C’est donc malgré sa moindre épaisseur un tome assez riche en événements et nouveautés.

La partie consacrée à « l’emprisonnement » de Seregil et Alec dure assez longtemps et peu sembler parfois un peu longuette et répétitive mais elle est intéressante pour en apprendre plus sur les ressources de chacun d’eux et surtout, c’est l’occasion de s’intéresser au passé des deux, en particulier celui d’Alec et aussi à ses origines qu’on avait pour le moment juste abordées rapidement. Je pense d’ailleurs que le prochain tome continuera à s’orienter dans cette direction. La seconde partie consacrée à leur fuite est plus courte, plus brève, un peu trop rapide même tant l’auteur va à l’essentiel, mais elle a eu la bonne idée de la coupler avec les recherches de Thero et Micum qui n’allaient pas abandonner leurs amis sans rien faire. J’ai vraiment beaucoup aimé cette partie-là où on découvre encore plus le Rhekaro et où l’auteure joue bien avec nos nerfs.

Maintenant, n’ayant pas la suite disponible en français, je vais donc passer à la version originale pour voir si mes intuitions étaient justes ^^

Tome 5 : White Road

Ça y est avec ce tome, je passe à la vo et j’ai vraiment eu du mal à cause de ça. Il y a des petits changements dans les noms, les expressions qui au début m’ont vraiment freinée. Mais surtout, c’est le fait que l’histoire ne décolle vraiment jamais qui m’a le plus gênée. Je suis assez déçue par ce tome, je dois dire et si je n’aimais pas autant l’ambiance et les personnages de la série, j’aurais sûrement été encore plus sévère.

Ici, nous sommes dans la suite directe du tome précédent et c’est à nouveau la question du rhekaro qui au centre de l’histoire. Les quelques 385 ages de l’histoire auraient très bien pu être mises directement à la suite du tome précédent sans que cela me gêne alors qu’en faire un tome à part, vu le principe de la série, c’était faire espérer quelque chose de nouveau qui n’est jamais venu. L’introduction est très très longue dans ce nouveau tome et l’action est peu présente au final. Elle ne se résume qu’à quelques pages sur la fin. De plus, je m’attendais à de grosses révélation sur les Hazadrielfaies mais ce ne fut qu’un pétard mouillé. Certes, on les croise, on les côtoie un peu, notamment l’un d’eux qui vit l’aventure avec Alec et Seregil, mais c’est quand même assez limité et frustrant. A la place, l’auteur fait plein de clins d’oeil au Royaume de Tobin avec les rhe’tanois, la reine Tamir et sa capitale… J’aurais vraiment aimé qu’elle développe un peu tout ça au lieu de nous pondre une histoire aussi courte et fade. Car au final, tout se résume à Sebrahn, comment faire pour le protéger, le garder en sécurité, éviter qu’on crée à nouveau quelqu’un comme lui ? Ça tourne vite en rond et la décision que prend Alec à la fin, tout le monde l’avait vue venir, je pense.

L’auteur n’a vraiment pas su gérer ce tournant de son histoire. Elle n’a pas su l’embarquer vers quelque chose de différent de ce qu’elle avait prévu au départ et je pense que dans le prochain on risque de retomber dans notre petite routine habituelle de Rhiminie, c’est dommage. J’espère tout de même recroiser un jour Sebrahn et les Hazdrielfaies.

Tome 6 :

A venir

Ma note : 16 / 20

Les Révélations de Riyria de Michael J. Sullivan

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Titre : Les révélations de Riyria

Auteur : Michael J. Sullivan

Editeur vf (poche): Milady

Année de parution vf (poche): Depuis 2012

Nb de tomes (poche) : 2 (en cours ? / arrêtée ?)

Résumé du tome 1 : Royce et Hadrian, voleur et mercenaire, n’ont jamais reculé devant une mission. Le danger, c’est leur fonds de commerce. Alors, quand on leur propose la fortune servie sur un plateau d’argent, ils pensent n’en faire qu’une bouchée.
Ils n’avaient pas prévu qu’on leur tendrait un ignoble piège. Les voilà accusés du pire des crimes : L’assassinat du roi ! Pour sauver leur peau, ils n’auront pas le choix. Il leur faudra dénouer les fils d’un mystère qui, depuis des générations, renverse les monarques et bouleverse les empires.

Mon avis :

Tome 1 : La conspiration de la couronne

Avec une superbe couverture signée Marc Simonetti (une de mes préférées de l’artiste ><), voici une série assez atypique dans parmi mes lectures de Fantasy. En effet, elle est issue d’une saga qui a d’abord été autopubliée sur le net, ce qui je dois le dire me faisait craindre le pire. Le résultat est quelque chose d’assez léché, avec une narration énergique, mais qui manque de profondeur.

L’histoire en soi est assez classique. On suit deux voleurs assez hauts en couleurs qui n’ont pas leur langue dans leur poche et qui sont bien plus généreux qu’ils veulent le montrer. Ils sortent du lot parce qu’ils travaillent à leur compte et sont très méticuleux, mais un jour ils ne suivent pas leur code et tout bascule. L’enchaînement des péripéties qu’il leur arrive est très classique. Il n’y a aucune surprise et on devine assez vite comment cela va s’enchaîner. L’auteur a quand même la force de les faire s’enchaîner rapidement, sans lassitude, tout en rendant peu à peu ses personnages plus attachants.

J’ai beaucoup aimé le duo formé par Royce et Hadrian, chacun cachant bien son jeu. J’ai moins aimé le Prince/Roi et sa soeur qui restent trop immatures à mon goût. J’ai par contre apprécié la célèbre famille Pickering et j’aurais aimé en apprendre plus sur le mystérieux mage Esrahaddon mais il reste plus un prétexte qu’autre chose dans ce premier tome. J’ai également trouvé « les méchants » trop caricaturaux mais surtout faibles. Ils n’ont pas la carrure pour nous faire trembler et leur compte est réglé assez rapidement dans la dernière partie.

C’est bien ce que je reproche à l’histoire. On reste trop en surface, on ne creuse pas assez les personnalités, ni les enjeux. On sent que ce premier tome est le prémisse à bien des aventures mais pour l’instant on n’en voit rien. La géopolitique des royaumes est à peine effleurée alors qu’elle pourrait être très intéressante. La magie, elle, est bien présente mais pour le moment, elle n’a rien d’original et ne me fait pas rêver. Cela reste donc une lecture en demi-teinte dont ce premier tome peut se suffire à lui-même et comme je n’ai pas l’impression que sa publication ait continué en poche en français, je vais m’arrêter là.

Ma note : 13 / 20

Les monarchies divines de Paul Kearney

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Titre : Les monarchies divines

Auteur : Paul Kearney

Editeur vf (poche) : Points (Fantasy) et Le livre de Poche

Année de parution vf (poche) : 2006-2008

Nb de tomes : 5 (série terminée)

Histoire : Les différents royaumes qui gouvernent le monde sont entrés en guerre. Aekir, la grande cité ramusienne, vient de tomber sous le joug de l’armée du sultan Aurungzeb. La ville est en flammes, des milliers d’habitants fuient la guerre et s’exilent aux quatre coins des Cinq Monarchies. À Hebrion, le roi Abeleyn IV est de plus en plus inquiet de la place prise par les Inceptines, ordre religieux fanatique, qui veulent éliminer toute trace de magie sur le monde. Le mage Bardolin va prendre sous son aile une jeune lycanthrope et tenter de survivre à la folie de l’Église. Enfin, revenant à Abrusio à bord de sa caravelle, le noble Hawkwood va voir toute une partie de son équipage arrêtée. Sa seule chance de survie est d’accepter le marché que lui propose un cousin du roi : aller à la recherche du continent légendaire qui se trouverait de l’autre côté des mers. Son équipage : les magiciens et les sorciers devenus indésirables dans la cité. Le seul problème est que personne n’est jamais revenu vivant de ce périple impossible.

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Mes avis :

Tome 1 : Le voyage d’Hawkwood

Après Les mendiants des mers, je voulais absolument tester l’autre série de Paul Kearney dont j’avais tant entendu parler à sa sortie. Malgré quelques défauts sur lesquels je reviendrai, je n’ai absolument pas été déçue.

Dans cette série, Paul Kearney élabore un scénario complexe qui mêle magie, politique, religion, guerre, exploration, mythologie fantastique… C’est un récit très dense aux influences diverses dans lequel on retrouve aussi bien le décor de l’Europe de la fin du Moyen Âge avec ses guerres contre les arabo-musulmans que les voyages d’explorations maritimes que l’on connait bien. C’est aussi un récit aux multiples points de vue, ce qui m’a souvent gênée et m’a handicapée pour rentrer dans l’histoire. On suit aussi bien l’expédition du capitaine Hawkwood que les manoeuvres politiques du roi Abeleyn avec ses pairs ou encore la guerre contre les Medruks et les machinations des religieux des Inceptines. Cela fait beaucoup de fronts différents, beaucoup d’intrigues amorcées et beaucoup de personnages à retenir, ce que je ne suis pas toujours parvenue à faire. Par contre, cela donne un récit très dense, passionnant et plein de rebondissements même si souvent quand on a l’impression que ça y est ça démarre, hop on lâche l’affaire pour changer de point de vue ce qui est très frustrant.

J’ai toutefois beaucoup aimé la mise en place de l’expédition d’Hakwood et Murad pour le continent de l’ouest. Toute la partie maritime m’a beaucoup plu, de même que le fait que le bateau soit un refuge pour les persécutés de la religion des Inceptines. J’ai ainsi aimé y retrouver le mage et sa jeune protégée. Tout le mystère qui entoure les premiers voyages vers ce continent et le fait que cela semble se répéter à nouveau dans ce voyage m’a vraiment accrochée. J’ai été très surprise par l’attaque finale et les révélations que cela promet.

J’ai également apprécié tout le pan de l’histoire qui concerne le roi Abeleyn qui après avoir été trop faible face aux Inceptines doit désormais rétablir son autorité quitte à se brouiller avec les autres rois avec lesquels il formait un alliance. Seul problème, j’ai vraiment du mal à retenir qui est qui parmi eux et à les situer, cela reste encore très flou de mon côté mais j’espère des éclaircissements par la suite.

De même, si j’ai parfois apprécié ce qu’il se passait sur le front face aux Medruks, j’ai souvent trouvé ça trop bavard, avec trop de détails sur les batailles, ce qui m’a empêchée de pleinement apprécier, alors que quand l’auteur allait à l’essentiel c’était bien plus dynamique.

Enfin, du côté des religieux, cela reste pour l’instant très mystérieux. Entre ce qu’ils déclarent et font et ce qu’on apprend sur eux, il y a mille lieux donc je pense que l’auteur devrait mieux creuser de leur côté dans les prochains tomes ce qui me plaît parce que je les trouve assez charismatiques.

Au final, ce tome 1 des Monarchies divines souffre d’une narration un peu trop découpée et parfois lente qui rend l’entrée dans l’histoire difficile, mais il est plein de potentiel de par son univers original et ses personnages rudes et hauts en couleur. C’est un titre sombre avec de vraies références et un mythologie intrigante dont je compte bien me procurer la suite.

Ma note : 15 / 20

Harry Potter and the Cursed Child de J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

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Titre : Harry Potter and the Cursed Child (Harry Potter et l’enfant maudit)

Auteurs : J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

Editeur vo : Little, Brown

Année de parution vo : 2016

Histoire : Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis :

Il faut tout d’abord dire que l’édition anglaise de ce nouvel opus d’Harry Potter est particulièrement réussie. Si l’illustration de la jaquette n’est pas des plus belles, j’ai par contre aimé le soin avec laquelle elle avait été composée ainsi que les constants rappel de celle-ci au fil du livre. La reliure est sobre mais jolie avec ses inscriptions dorées et le rappel du nid. Il ne manque qu’un signet à ce livre pour qu’il soit parfait.

Maintenant venons-en au contenu. Comme il s’agit du script de la pièce qui se joue actuellement à Londres, le livre fait assez vide quand on l’ouvre. En effet, il se lit rapidement et va droit à l’essentiel. Tellement qu’il m’a laissée assez perplexe. Autant il m’a donné envie de voir la pièce parce que tous les effets visuels qu’on imagine à la lecture sont bluffant. Autant j’ai trouvé l’histoire un peu creuse. Le parti pris de nous offrir le script d’une pièce, non écrite par J.K. Rowling en plus, fait que sa patte est absente du livre. En effet toute la richesse de l’auteure vient de la richesse de l’univers qu’elle était parvenu à créer. Or ici, même si cet univers est repris, il n’est que brossé dans les grandes lignes. Il manque les petites descriptions si plaisantes de l’auteur qui donnaient toute sa richesse à la lecture de ses tomes. Ici, leur absence laisse l’impression que quelque chose de froid et vide. Alors peut-être qu’en voyant la pièce (je prie pour qu’une capture soit faite et diffusée plus tard en Bluray) je changerai d’avis mais c’est l’impression que je garde de ma lecture pour l’instant.

Du côté de l’histoire. Il n’y a pas vraiment de surprises. Les auteurs ont repris des éléments qu’on avait pu lire dans les fanfics circulant sur le net depuis des années. Ainsi, on retrouve un Harry adulte qui a du mal dans son rôle de père notamment avec Albus, celui de ses enfants qui lui ressemble le plus. Albus est une vraie tête à claque pendant tout le livre, c’est l’ado incompris et agaçant dans toute sa splendeur… Heureusement, il est ami avec l’adorable Scorpius, LA révélation de la pièce selon moi. Le duo fonctionne plutôt bien mais reste un peu limité du fait qu’ils ne sont que deux. Je préfère les groupes un peu plus larges. On retrouve également en arrière-plan Rose dont Scorpius est amoureux, James le frère d’Albus dont il est jaloux, mais surtout l’intrigante Delphis qui va semer la zizanie entre les deux amis. Sont également présents les anciens d’Harry Potter et si j’ai trouvé Harry assez fidèle à lui-même avec toutes ses imperfections, j’ai détesté ce qu’ils ont fait de Ron. Il avait su acquérir une certaine carrure qui ici est ridiculisée pour le transformer en bouffon de service juste bon à jouer les maris d’Hermione. J’ai détesté. J’ai par contre aimé découvrir Hermione en patronne du Ministère de la magie. Mais surtout le retour le plus réussi est celui de Draco. On le découvre véritablement sous un jour différent et j’ai adoré ses interactions avec Harry. Petit bonus en prime, les interventions des portrait de Dumbledore qui permettent de boucler son histoire avec Harry. J’ai donc été plutôt séduite par le casting et ma seule déception est le manque de nouvelles figures.

En ce qui concerne le scénario, j’ai trouvé la séparation entre les deux parties assez judicieuse. J’ai par contre moins aimé les sauts dans le temps incessants au début de l’histoire pour faire grandir les personnages. J’ai trouvé assez inepte et inutile. C’était même une perte de temps, je pense. Par contre, j’aime bien l’idée de départ des deux adolescents mal dans leur peau qui veulent réparer une erreur commise par le père de l’un d’entre eux dans le passé. L’utilisation du retourneur de temps est bien faite. J’ai aimé qu’il y ait des conséquences à leurs actions et qu’elles soient bien visibles. J’ai également aimé l’idée des univers alternatifs qui est bien dans l’air du temps. J’ai aimé que ce soit Scorpius qui mène la danse et qui soit la tête pensante du duo mais que ni l’un ni l’autre ne soit des génies. Cela reste bien dans la veine de l’univers d’HP. La première partie est assez longue et lourde du fait de la rancoeur d’Albus envers son père. J’ai donc préféré la seconde partie où celle-ci se fait moins ressentir et où l’action est plus présente. On se concentre alors plus sur la résolution du problème qui est ressorti de tous leurs voyages et j’ai aimé qu’Albus soit un peu plus en retrait ainsi que le fait que les adultes travaillent avec leurs enfants. Le retour de certaines figures et la découverte de ce qu’auraient pu devenir certains était amusant et émouvant, même si ça tombait un peu trop dans le fan service parfois. Les auteurs ont su donner la part belle à de jolis dialogues assez émouvants entre les personnages. Dans l’ensemble, j’ai trouvé l’intrigue bien menée, sans réel temps morts avec de l’action juste quand il faut. La conclusion est simple mais convaincante et fidèle à l’univers.

J’ai été contente de retrouver l’univers d’Harry Potter avec ce nouvel opus mais je reste quand même un peu sur ma faim du fait de ne pas avoir vu la pièce. Alors j’espère pouvoir un jour découvrir celle-ci en dvd ou bien en voir l’adaptation au cinéma pour vraiment mieux replonger dans toute la richesse du monde d’Harry Potter.

Ma note : 14 / 20