Les nuits d’Aksehir de Raku Ichikawa

Titre : Les nuits d’Aksehir

Auteur : Raku Ichikawa

Editeur vf : Akata (L)

Année de parution vf : 2017

Nombre de tomes : 1 (en cours)

Résumé du tome 1 : Ayako est une jeune étudiante à Tokyo, en école de mode. Pourtant, peu motivée, elle ne trouve pas l’inspiration pour créer des design satisfaisants et originaux. Mais grâce à l’amulette qu’elle porte autour cou, une inattendue opportunité va s’ouvrir à elle : Hodja, immigré turc, va lui proposer de travailler en tant que serveur au sein d’Ak?ehir, son petit restaurant égaré au coeur de Shinjuku. Au fil de ses rencontres et de ses nuits de service, mais aussi au contact de Zakuro, fascinante danseuse orientale, Ayako va découvrir tout le charme de la culture turque… au-delà de tous clichés ! Et si cette nouvelle ouverture sur l’étranger lui montrait enfin la Voie à suivre ?

Mes avis :

Tome 1

Vendu par Akata comme un titre permettant de découvrir la culture musulmane d’une autre façon, je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette description. Pour moi, Les nuits d’Aksehir est plus un titre permettant de découvrir la cuisine et la danse turque et en parallèle mettant en avant une jeune japonaise qui s’épanouit au contact de cette culture différente et pourtant proche de la sienne.

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Moving Forward de Nagamu Nanaji

 

Titre : Moving Forward – Aruitou

Auteur : Nagamu Nanaji

Editeur vf : Akata (M)

Année de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 3 (en cours)

Résumé du tome 1 : Sourire pour quoi ? Sourire pour qui ?
Pour masquer ses blessures… ou exprimer sa joie ?
Kuko, jeune lycéenne, affiche toujours un sourire radieux ! Mais autour d’elle, personne ne semble soupçonner que derrière cette apparente bonne humeur se cache une profonde douleur. Ni son père. Ni Kiyo, son voisin métisse. Ni Ibuki, son amie d’enfance fan de shôjo mangas. Seul Outa, jeune étudiant en école d’art, réussit à lire en elle, au-delà des apparences. Car en réalité, depuis sa plus tendre enfance, Kuko souffre d’une absence : de celle d’une mère décédée lors du grand séisme de Kobé. Alors, pour exorciser tout son mal-être, la jeune fille aime tenir son blog photo, sur lequel elle poste « sa vision du monde », à travers le regard des animaux. Mais l’arrivée dans son quartier d’un garçon plus perspicace que les autres pourrait bien chambouler son quotidien…

Mes avis :

Tome 1

Nanamu Nanaji est une auteur dont j’ai déjà lu et dévoré les précédentes oeuvres, en particulier Parfait Tic ! où j’avais adoré suivre les aventures d’Ichi et Daiya. Mais ici, l’auteure a choisi de changer de direction, de sortir de ses comédies romantiques habituelles pour faire un titre plus sérieux et c’est une franche réussite.

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Le ciel au-dessus du Louvre de Bernard Yslaire et Jean-Claude Carrière

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Titre : Le ciel au-dessus du Louvre

Auteurs : Bernard Yslaire et Jean-Claude Carrière

Editeurs : Futuropolis et le Musée du Louvre

Année de parution : 2009

Nombre de pages :

Histoire : C’est l’histoire d’un tableau, au temps de la Révolution Française.
Celle du portrait de l’être suprême, commandé par Robespierre à David. Un tableau qui ne sera jamais peint. C’est aussi l’histoire d’une autre oeuvre, que le peintre laissera inachevée : le portrait de Bara, un jeune éphèbe de 13 ans, martyr de la République. De l’inauguration du musée du Louvre à la fête de l’Être suprême, d’août 1793 à la mort de Robespierre, c’est aussi l’évocation, écrite et dessinée en vingt  » tableaux  » urgents, eux aussi inachevés, d’un face à face entre deux acteurs majeurs d’une révolution trop pressée.
Jean-Claude Carrière avait déjà abordé le sujet de la Terreur sous la Révolution dans le film de Danton de Wajda. Pourtant, son regard, confronté à celui de Bernar Yslaire, renouvelle le sujet. Robespierre apparaît à la fois éclairé et perdu, tandis que David accomplit son destin : celui d’un peintre tiraillé entre engagement politique et ambition artistique. Le ciel au-dessus du Louvre est une plongée fascinante dans la Révolution Française sous l’angle, inédit, de sa représentation, au sein même d’un atelier d’artiste.

Mon avis :

Je suis le travail d’Yslaire depuis une quinzaine d’année déjà et ce titre m’intriguait depuis sa sortie de par la mention du Louvre. Je n’avais pas creusé plus que ça avant de le recevoir à Noël. La surprise a donc été totale.

J’ai beaucoup aimé découvrir un pan de la Révolution française sous un angle nouveau, cette période de l’Histoire étant ma préférée. En effet, Le ciel au-dessus du Louvre est l’histoire de la commande par Robespierre du tableau de l’Être suprême à David. Les auteurs retracent donc la relation qui unissait les deux hommes mais aussi toute la folie mégalomaniaque de Robespierre autour de cette figure de l’Être suprême. On suit la chute de ce dernier et des personnages qui l’entouraient. C’est passionnant à lire et comme toujours avec Yslaire c’est de toute beauté. Il y a un vrai attachement à faire en sorte que les décors et les costumes soient le plus réalistes possible. Ainsi les scènes dans les rues ou à l’Assemblée s’inspirent de tableaux et gravures de l’époque et sont très fidèles. On s’y croirait presque. La patte d’Yslaire est tout de même bien présente dans le côté très poétique et mélancolique du récit avec l’obsession de David pour le jeune Jules. On retrouve aussi sa palette si reconnaissable avec ses pointes de rouge écarlate et ce filtre un peu grisâtre.

J’ai vraiment passé un excellent moment à lire ce titre et je compte me pencher quand j’aurai le temps et le budget sur Le ciel au-dessus de Bruxelles, en espérant que ce soit dans la même veine ^^

Ma note : 19 / 20

Frida de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez

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Titre : Frida

Auteurs : Benjamin Lacombe et Sébastien Perez

Editeur : Albin Michel

Année de parution : 2016

Résumé : L’une des plus grandes figures de l’art mexicain du XXe siècle inspire Benjamin Lacombe et Sébastien Perez pour leur nouvelle collaboration. Pour lui rendre hommage, Benjamin Lacombe propose une immersion inédite dans le processus créatif de l’artiste. Une succession de pages découpées et un texte poétique nous entraînent dans les profondeurs de l’âme de Frida Kahlo. À la manière d’un recueil de pensées, le livre explore les thématiques qui sont chères à Frida : l’amour, la mort, la terre, les animaux… Sébastien Perez insère dans son texte des phrases extraites des correspondances de Frida pour restituer de la façon la plus sincère et vraie ce que l’artiste ressentait  » par-devers elle et face à elle « .

Mon avis :

Ce livre est avant tout un très bel objet avec sa couverture recouverte de tissu et ses pages découpées de façon artistiques. Mais c’est aussi un très bel hommage à l’artiste qu’était Frida Kahlo.

Les auteurs et amis ont parfaitement su retranscrire l’univers de l’oeuvre de Frida, la complexité qui se cachait derrière ses tableaux et les thèmes récurrents qui l’obsédaient. J’ai donc trouvé ce livre particulièrement beau et poignant. La tragédie et la douleur qui sont au coeur de l’oeuvre de Frida ont résonné dans mon coeur à la lecture de cet ouvrage. J’ai ressenti sa grande souffrance aussi bien physique qu’émotionnelle. En cela, j’ai trouvé que les pages consacrées à sa relation avec Diego étaient les plus belles et les plus saisissantes que ce soit concernant leur amour et leur désir d’avoir un enfant. En cela, ce livre est le parfait complément au film qui était sorti il y a quelques années sur elle. L’idée d’utiliser des citations de celle-ci et de retravailler ses tableaux est très ingénieux, un peu comme l’avait déjà fait B. Lacombe dans son livre sur Marie-Antoinette et sa BD sur Leonard de Vinci. De même, j’ai beaucoup apprécié la postface où il relate sa relation à Frida. C’est vraiment un livre très beau et très riche, indispensable pour tous les amateurs d’art ou de Benjamin Lacombe.

Ma note : 17 / 20

Et je vous laisse admirer ci-dessous quelques illustrations tirées du livre :

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Le bois dormait de Rebecca Dautremer

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Titre : Le bois dormait

Auteur : Rebecca Dautremer

Editeur : Sarbacane

Année de parution : 2016

Nombre de pages : 64

Histoire : Un prince et son compagnon de voyage découvrent une ville comme figée dans le temps. Au cours de leur progression ils trouvent tous les habitants plongés dans le sommeil. Une relecture de «La belle au bois dormant».

Mon avis :

Mon achat annuel de Rebecca Dautremer. C’est encore un très beau livre et une belle découverte. L’objet en lui-même est superbe. On retrouve le style si typique de Rebecca Dautremer dans la veine de Yéti ou de sa Bible illustrée avec des illustrations dans des tons sépia par endroit mais avec également des touches de couleurs qui les rendent très lumineuses. Une ambiance mélancolique se dégage de l’ensemble des dessins qui sont ici mis en avant comme ils le seraient dans un artbook.

L’oeuvre, elle, est originale. L’auteure a choisi de revisiter à sa façon le conte de La belle au bois dormant, en le transposant dans une petite ville « Le Bois » où tout le monde est endormi et dans laquelle se promènent deux personnages qui s’interroge sur ce qu’il se passe. Ce sont tous les deux le fil directeur de l’oeuvre. D’ailleurs elle nous les présente au tout début de l’ouvrage à l’aide d’un petit message fort original et on les suit comme s’ils étaient deux observateurs extérieurs, un peu comme des personnages de BD, ou bien des personnages qui viendraient se rajouter par-dessus. C’est très original à lire mais malheureusement il y a fort peu de texte, ce que j’avais déjà déploré dans Yéti. J’ai l’impression que plus ça va, plus ses livres tendent à être avant tout de beaux objets avec un petit grain d’originalité, le tout pour mettre en avant ses illustrations, mais le tout au dépend d’une vraie et belle histoire. C’est un peu dommage. J’avais pourtant beaucoup aimé sa relecture de Cyrano, celle de Babayaga ou encore l’originalité de son titre : L’amoureux.

Ma note : 17 / 20

N’hésitez pas aussi à aller lire le très bon avis de Lupiot : ici

Un petit aperçu de l’intérieur :

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Le grand méchant Graou d’Ingrid Chabbert et Guridi

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Titre : Le grand méchant Graou

Auteurs : Ingrid Chabbert et Guridi

Editeur : Samir

Année de parution : 2015

Histoire : Graou aime être seul et faire des siestes au soleil… jusqu’au jour où une rencontre change sa vie !

Mon avis :

J’ai acheté ce joli livre sur les conseils de ma libraire dans le cadre d’un Rallye lecture auquel nous participons avec ma classe et ce fut une très bonne pioche.

Les enfants ont beaucoup aimé cette histoire toute simple et mignonne qui présente un loup bien différent de ceux qu’on rencontre dans les histoires de loups. La petite fille, elle aussi, est bien différente du petit chaperon rouge que nous connaissons. Les enfants ont été séduits par cette jolie histoire d’amitié qui pourrait facilement se transposer dans leur quotidien, ce qu’ils ont bien compris. Ils ont aussi beaucoup aimé les illustrations simples mais amusantes. Le texte n’est pas trop long pour eux et même s’il comprend quelques mots un peu complexe, ils les ont vite compris grâce aux dessins ou au contexte.

De mon côté, j’ai d’abord été séduite par la beauté de l’objet. La couverture avec ses effets fourrure, la reliure cartonnée et le papier épais m’ont plu. De même, j’ai beaucoup aimé les dessins simples mais dynamiques, amusants et plein de peps. Le choix des couleurs m’a plu aussi, avec ce choix de mettre en avant le noir et le rouge représentant chaque personnage avec une pointe de vert et d’autres couleurs pour amener encore plus de vie grâce à la nature qui les entoure. L’ensemble est très harmonieux et moderne.

L’histoire est simple, c’est celle d’un loup qui refuse d’être le cliché qu’on attend de lui et qui n’aime pas l’hystérie de tous les gens qui y croient. Mais quand il rencontre une petite fille qui est différente, il est désarmé. C’est mignon de le voir essayer de se protéger mais finalement de craquer devant ce petit bout de femme plein d’aplomb. De plus, j’ai beaucoup aimé que ce soit un livre qui serve de vecteur à leur réunion, c’est un joli message.

Donc aussi bien mes élèves que moi-même avons été ravis de lire ce bel album.

Ma note : 18 / 20

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Minuit à Paris de Woody Allen

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Titre : Minuit à Paris

Réalisateur : Woody Allen

Année de sortie : 2011

Acteurs : Owen Wilson, Rachel McAdams, Marion Cotillard…

Histoire : Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

Mon avis :

Encore un Woody Allen que je me suis surprise à aimer.

J’ai tout d’abord trouvé la photographie de ce film magnifique. Les images de Paris sont celles d’un Paris rêve, fantasmé. C’est magnifique et cela correspond parfaitement au propos du film.

Le héros, Gil, joué par un Owen Wilson très convaincant ressemble énormément à l’artiste Woody Allen. Il est fiancé à une vraie peste, qui a des parents vraiment envahissants et un ami détestable. J’ai beaucoup aimé voir Paris à travers ses yeux. Ses réflexions sur ce qu’on peut désirer de la vie sont aussi très intéressantes. On est toujours insatisfait par ce qu’on a, comme le montrent ses voyages dans le temps, dans les années 1920 ou même ensuite dans les années 1880. Le film est donc à la fois drôle et touchant. On y rencontre des personnalités très connues comme les époux Fitzgerald, Hemingway, Picasso, Dali, … tous interprétés de manière très convaincante. Les années 1920 sont parfaitement retranscrites à l’écran et j’ai beaucoup aimé la façon dont Gil était conduit à cette époque tous les soirs à minuit.

Ce film est vraiment un très joli film, avec de bons acteurs, une histoire pertinente et des images superbes !

Ma note : 16 / 20

Le Yéti de Rébecca Dautremer et Taï-Marc Le Thanh

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Titre : Yéti

Auteurs : Rébecca Dautremer et Taï-Marc Le Thanh

Editeur : Gautier-Langereau

Année de parution : 2015

Histoire :

Mon avis :

Voici le livre annuel de Rébecca Dautremer, cette fois avec son acolyte Taï-Marc Le Thanh. Comme d’habitude, le duo nous livre un ouvrage très poétique desservi de superbes illustrations. Mais je reste un peu sur ma fin tant le texte est court et l’histoire tient en une phrase. Je suis même un peu déçue, je l’avoue. On est loin du si beau Cyrano. Bien sûr, c’est une jolie histoire que celle de cette jeune fille qui rêve d’évasion et d’aventure et qui décide d’aller à la poursuite du Yéti, tout en ignorant que celui-ci se trouve tout près d’elle. D’ailleurs, la fin ouverte nous laisse libre d’interpréter selon nos souhaits la présence réelle ou fictive de cette grande bête ^^ Du côté des dessins, on est plutôt dans la veine et la palette des derniers ouvrage de Rébecca, avec ce très beau choix de couleurs qu’on lui connaît bien (avec les rouge, bleu, vert) et de doux camaïeux de beige/sable. Le trait a un petit côté américain avec une ambiance triste et solitaire mais pleine d’espoir. C’est vraiment un joli livre, d’autant plus qu’il y a de nombreuses doubles pages qui mettent parfaitement en valeur les illustrations. C’est donc plus un livre d’image qu’un livre racontant une histoire pour moi. J’attends maintenant le prochain Rébecca Dautremer avec une nouvelle impatience, celle d’avoir une histoire plus fournie.

Ma note : 14 / 20

Où est mon étoile ? de Satoe Tone

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Titre :  Où est mon étoile ?

Auteur : Satoe Tone

Editeur : Nobi Nobi

Année de parution vf : 2015

Histoire : Petite souris a bien du chagrin : elle a perdu un ami auquel elle tenait beaucoup.
Mais on raconte que les êtres chers à notre cœur se changent en belles étoiles dorées pour nous protéger. Bien décidée à trouver son étoile, Petite souris parcourt vastes prairies et hautes herbes en se laissant uniquement guider par les souvenirs de leurs moments passés.
« Étoile ! Étoile ! Est-ce toi là-bas ? »

Mon avis :

Après le Voyage de Pippo, je retrouve avec grand plaisir la poésie de Satoe Tone dans une nouvelle histoire et un plus grand format. A l’image de son histoire qui parle d’étoile, nous voilà embarquer dans un album qui prend de la hauteur.

Ainsi nous suivons les pas d’une petite souris qui a perdu son ami, et avec elle nous voilà embarquer dans un voyage métaphorique pour accepter la mort d’un être cher. Que faire quand on perd quelqu’un ? Doit-on l’oublier ? Le garder près de nous ? Comment tourner la page et avancer ? C’est avec une petite histoire toute simple, très belle et très poétique que Satoe Tone essaie d’y donne une réponse. Les pages sont toutes plus belles les unes que les autres, dans des teintes plus sombres et moins lumineuses que celles de Pippo, le sujet étant plus sombre. Mais il n’empêche que l’espoir va poindre peu à peu et la lumière revenir. Il y a une vraie symbolique dans le choix des couleurs, qui représentent très bien la nuit dans laquelle semble perdue la souris qui est partie à la recherche de son ami perdu, mais que les étoiles vont aider à trouver la lumière et l’espoir. C’est aussi beau que touchant. J’adore le dessin des animaux, plein de douceur, qui me donne envie de les avoir en peluche avec moi >< J’adore le dessin des paysages fait de petites touches mais avec un agencement des formes et des couleurs donnant un rendu très doux à nouveau. On sent parfaitement la peine de la souris, mais aussi l’amour de ses amis encore en vie et qui veulent l’aider.

Cette petite histoire onirique est encore une réussite. A lire à tout âge !

Ma note : 19 / 20

Pour le plaisir des yeux une fois de plus, voici quelques images tirées de l’album ^^

Arte de Kei Ohkubo

arteTitre : Arte

Auteur : Kei Ohkubo

Editeur vf : Komikku

Années de parution vf : Depuis 2015

Nb de tomes : 5 (série en cours)

Résumé du tome 1 : Florence, début du 16e siècle. Dans ce berceau de la Renaissance, qui vit l’art s’épanouir dans toute sa splendeur, une jeune aristocrate prénommée Arte rêve de devenir artiste peintre et aspire à entrer en apprentissage dans un des nombreux ateliers de la ville… Hélas ! Cette époque de foisonnement culturel était aussi celle de la misogynie, et il n’était pas concevable qu’une jeune femme ambitionne de vivre de son art et de son travail. Les nombreux obstacles qui se dresseront sur le chemin d’Arte auront-ils raison de la folle énergie de cette aristo déjantée ?

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Tome 1

Cette nouvelle série parlant de la Renaissance et d’Art, il me fallait absolument la lire ! En plus, le titre étant chez Komikku dont je connais la qualité de travail, je n’ai eu aucune hésitation à le prendre, et j’en suis bien contente. J’ai accroché dès les premières pages grâce à la personnalité passionnée de l’héroïne. Arte est une forte tête, elle fait tout ce qu’elle peut pour sa passion et n’hésite pas à aller contre sa famille pour ça. Attention, ne cherchez aucune vraisemblance historique ici, aucune jeune fille de l’aristocratie n’aurait pu faire ça sous la Renaissance… Et c’est malheureusement ce qui m’a particulièrement gêné dans ce titre, alors que j’ai aimé plein de choses dont je reparlerai plus tard. Il y a un trop grand décalage avec la réalité de l’époque. Le contexte n’est pas maîtrisé et on sent trop l’esprit anachronique que l’auteur a insufflé dans son titre. Tout respire notre époque contemporaine dans les réactions des personnages et c’est fort dommage. Cela ne m’empêche pas d’aimer suivre le parcours d’Arte, du moment où elle part de chez elle, à celle où elle devient apprenti chez Leo. J’aime voir les travaux, les corvées qu’il lui confie et j’espère qu’ils seront développés par la suite. J’aurais aimé voir la vie d’un vrai atelier, un atelier avec bien plus de monde, mais j’aime bien celui-ci déjà. J’ai aimé rencontrer la mécène de Leo. Mais une fois de plus, une gêne est apparue : les sentiments qu’Arte est en train de développer par Leo me gâchent mon plaisir. Pourquoi faut-il absolument passer par là ? Pourquoi ne pas plus s’attacher au développement de sa carrière artistique et c’est tout ? Comme si une histoire ne pouvait pas se passer de romance pour être intéressante… Les choix narratifs de Kei Ohkubo sont trop classiques, dommage. Il y a de bonnes idées, les dessins sont beaux, j’aime les personnalités des personnages, mais si les défauts persistent cela restera malheureusement une série moyenne.

Tome 2

J’ai largement préféré ce tome au précédent. En effet l’histoire d’amour est peu à peu laissée de côté au profit de l’apprentissage d’Arte. Alors certes il y a encore quelques relents par ci par là, mais c’est bien moins agaçant que dans le tome 1. Au contraire, j’ai beaucoup apprécié la leçon que la courtisane essaie d’inculquer à Arte au début du tome, même si celle-ci la rejette. Au moins, ça a l’air bien plus crédible que le restant de l’histoire. En plus, l’amitié qui nait entre elles a quelque chose de bien plus sincère une fois toutes les cartes mises sur table. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé les décors qui accompagnent cette partie de l’histoire, la demeure de Veronica étant de toute beauté. La deuxième partie avec Angelo est plus légère et drôle, mais elle est l’occasion pour nous montrer le fonctionnement d’un atelier plus grand que celui de Leo. J’espère qu’on l’y reverra d’autres fois. J’ai bien ri aussi de la famille si féminine d’Angelo et de son changement de point de vue après sa rencontre avec Arte. Ils forment un bon duo tous les deux. Enfin, la dernière partie est peut-être la plus intéressante car elle est au coeur du métier qu’Arte veut exercer. J’ai appris plein de choses sur cet aspect des commandes aux artistes que je ne connaissais pas et j’aime le caractère dur et bourru de ce nouveau personnage. En plus, sa demeure est encore une fois sublime, et sa relation avec Arte promet des étincelles. Je m’en frotte d’avance les mains.

Tome 3

L’auteur est vraiment partie dans une bonne direction depuis qu’elle a mis l’histoire d’amour en sourdine pour se consacrer sur l’apprentissage d’Arte. Dans ce tome encore, elle a fait de l’excellent travail pour nous montrer toute la richesse de son univers. Dans la première partie, nous suivons Arte qui doit apprendre l’art de la négociation. Être artiste ce n’est pas seulement peindre, c’est aussi vendre ses oeuvres et répondre à des commandes, ce qu’elle doit apprendre ici. J’ai aimé son idée d’aller cherche de l’aide auprès de Veronica, c’est bien vu. Mais surtout, j’ai aimé découvrir un petit peu le passé de Leo, comment il était quand il était apprenti. Dans la seconde partie, plus intéressante selon moi, Arte va devoir se faire accepter par ses confrères mâles, ce qui n’est pas une mince affaire. C’est l’occasion de découvrir d’autres pans de son métier : la réalisation de fresque et le rôle de la corporation. On voit bien que ce n’est pas simple pour une femme de se faire accepter dans un milieu d’homme, mais Arte ne baisse jamais les doigts et parvient même à se faire accepter pour elle-même. On la voit remonter ses manches et travailler aussi dur que n’importe qui sur le chantier. J’ai plus de mal avec Angelo qui continue encore beaucoup trop souvent à la voir comme une faible femme, il faut qu’il perde cette mauvaise habitude. Sinon, je suis très intriguée par l’arrivée de ce voyageur à la fin et je pense que nous allons vite le retrouver dans le prochain tome avec peut-être enfin un arc sur les dessins et tableaux d’Arte (?).

Tome 4

Toujours pas d’arc consacré aux dessins et tableaux d’Arte ici mais ça ne saurait tarder. Ce tome s’intéresse à la prise d’indépendance de la jeune femme. Avec la proposition qu’elle reçoit, elle doit réfléchir à son avenir. Mais malheureusement, sa décision ne sera pas prise de façon sereine mais plutôt sous la contrainte, ce qui m’embête bien, surtout qu’elle ne connait pas assez celle pour qui elle fait ce sacrifice. J’ai été gênée par cet aspect d’Arte dans ce tome, je la pensais plus indépendante et frondeuse. Par contre, j’ai aimé l’évolution de sa relation avec Leo où on sent qu’ils sont de plus en plus sur un pied d’égalité. Leo lui fait vraiment toute confiance, c’est beau à voir surtout pour quelqu’un comme lui. Les quelques bribes qu’on continue à apprendre sur son passé me plaisent toujours et enrichissent le personnage. J’ai aussi aimé les nouvelles interactions d’Arte dans ce tome aussi bien avec Veronica qu’avec Dacia ou avec la nouvelle venue : Lusanna. L’autre nouveau venu, Youri, m’intrigue énormément avec son caractère tellement fantasque et je me demande ce que va donner la nouvelle vie d’Arte auprès de sa nièce. En tout cas, même s’il ne se passe pas énormément de choses, le tome reste très dynamique. Je n’ai, une fois de plus, pas vu les pages filer.

Tome 5

Finalement ce n’est pas non plus ici qu’on s’intéresse aux talents d’Arte comme artiste. La mangaka est plutôt partie pour exploiter son talent naturel à se lier avec les autres et à en devenir leur amie. J’ai pris ce nouveau tome un peu comme un oneshot mais je dois dire que Leo m’a beaucoup manqué. J’ai tout de même aimé découvrir le nouvel environnement d’Arte. Cependant, je trouve ça vraiment artificiel d’y consacré autant de tant pour au final s’intéresser à si peu de choses. On reste en effet bloqué sur la famille de Caterina et les problèmes de celle-ci et c’est tout. Tout tourne autour d’elle et rien n’avance en dehors, alors qu’il reste pas mal de choses en suspens du côté d’Arte, c’est dommage. Alors, oui j’ai bien aimé Caterina et je trouve son histoire mignonne mais on s’éloigne beaucoup trop des thèmes d’origine à mon goût.

Ma note : 15 / 20

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