Livres - Fantasy / Fantastique·Livres - Jeunesse / Young Adult

Nevernight de Jay Kristoff

Titre : Nevernight

Auteur : Jay Kristoff

Editeur vf : De Saxus

Année de parution vf : Depuis 2020

Nombre de tomes : 1 / 3 (en cours)

Histoire : Dans un pays où trois soleils ne se couchent presque jamais, une tueuse débutante rejoint une école d’assassins, cherchant à se venger des forces qui ont détruit sa famille.
Fille d’un traître dont la rébellion a échoué, Mia Corvere parvient de justesse à échapper à l’anéantissement des siens. Livrée à elle-même et sans amis, elle erre dans une ville construite sur les ossements d’un dieu mort, recherchée par le Sénat et les anciens camarades de son père.
Elle possède un don pour parler avec les ténèbres et celui-ci va la mener tout droit vers un tueur à la retraite et un futur qu’elle n’a jamais imaginé.
À 16 ans, elle va devenir l’une des apprentis du groupe d’assassins le plus dangereux de toute la République : L’Église rouge. La trahison et des épreuves l’attendent dans les murs de cet établissement où l’échec est puni par la mort. Mais si elle survit à cette initiation, elle fera partie des élus de Notre-Dame du Saint-Meurtre, et elle se rapprochera un peu plus de la seule chose qu’elle désire : la vengeance.
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Livres - Fantasy / Fantastique

Les Révélations de Riyria de Michael J. Sullivan

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Titre : Les révélations de Riyria

Auteur : Michael J. Sullivan

Editeur vf (poche): Milady

Année de parution vf (poche): Depuis 2012

Nb de tomes (poche) : 2 (en cours ? / arrêtée ?)

Résumé du tome 1 : Royce et Hadrian, voleur et mercenaire, n’ont jamais reculé devant une mission. Le danger, c’est leur fonds de commerce. Alors, quand on leur propose la fortune servie sur un plateau d’argent, ils pensent n’en faire qu’une bouchée.
Ils n’avaient pas prévu qu’on leur tendrait un ignoble piège. Les voilà accusés du pire des crimes : L’assassinat du roi ! Pour sauver leur peau, ils n’auront pas le choix. Il leur faudra dénouer les fils d’un mystère qui, depuis des générations, renverse les monarques et bouleverse les empires.

Mon avis :

Tome 1 : La conspiration de la couronne

Avec une superbe couverture signée Marc Simonetti (une de mes préférées de l’artiste ><), voici une série assez atypique dans parmi mes lectures de Fantasy. En effet, elle est issue d’une saga qui a d’abord été autopubliée sur le net, ce qui je dois le dire me faisait craindre le pire. Le résultat est quelque chose d’assez léché, avec une narration énergique, mais qui manque de profondeur.

L’histoire en soi est assez classique. On suit deux voleurs assez hauts en couleurs qui n’ont pas leur langue dans leur poche et qui sont bien plus généreux qu’ils veulent le montrer. Ils sortent du lot parce qu’ils travaillent à leur compte et sont très méticuleux, mais un jour ils ne suivent pas leur code et tout bascule. L’enchaînement des péripéties qu’il leur arrive est très classique. Il n’y a aucune surprise et on devine assez vite comment cela va s’enchaîner. L’auteur a quand même la force de les faire s’enchaîner rapidement, sans lassitude, tout en rendant peu à peu ses personnages plus attachants.

J’ai beaucoup aimé le duo formé par Royce et Hadrian, chacun cachant bien son jeu. J’ai moins aimé le Prince/Roi et sa soeur qui restent trop immatures à mon goût. J’ai par contre apprécié la célèbre famille Pickering et j’aurais aimé en apprendre plus sur le mystérieux mage Esrahaddon mais il reste plus un prétexte qu’autre chose dans ce premier tome. J’ai également trouvé « les méchants » trop caricaturaux mais surtout faibles. Ils n’ont pas la carrure pour nous faire trembler et leur compte est réglé assez rapidement dans la dernière partie.

C’est bien ce que je reproche à l’histoire. On reste trop en surface, on ne creuse pas assez les personnalités, ni les enjeux. On sent que ce premier tome est le prémisse à bien des aventures mais pour l’instant on n’en voit rien. La géopolitique des royaumes est à peine effleurée alors qu’elle pourrait être très intéressante. La magie, elle, est bien présente mais pour le moment, elle n’a rien d’original et ne me fait pas rêver. Cela reste donc une lecture en demi-teinte dont ce premier tome peut se suffire à lui-même et comme je n’ai pas l’impression que sa publication ait continué en poche en français, je vais m’arrêter là.

Ma note : 13 / 20

Livres - Fantasy / Fantastique

Les Mendiants des mers de Paul Kearney

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Titre : Les mendiants des mers

Auteur : Paul Kearney

Editeur vf (poche) : Le livre de poche

Année de parution vf (poche) : 2010

Nb de tomes : 1 (en vf série interrompue) 2 (en vo série interrompue)

Histoire : Dans un monde abandonné par son créateur a autrefois existé une race très ancienne, « Ceux d’Avant », doués de pouvoirs que l’humanité peut à peine imaginer.
Selon certaines légendes, ils furent les derniers des anges. D’autres prétendent qu’ils étaient des démons. Rol Cortishane a grandi dans un petit village de pêcheurs isolé sans savoir quelle était au juste place en ce monde. Mais le sang de cette race depuis longtemps oubliée coule dans ses veines et va décider de sa destinée. Marqué du sceau de Ran, accusé de sorcellerie et de magie noire, Rol doit fuir son village et trouver refuge dans la Tour du mage Michal Psellos, un personnage sombre et effrayant qui règne en maître.
Là, il sera formé pour devenir un assassin, sous la direction de la séduisante mais trouble Rowen. Psellos utilise cette dernière comme son jouet, ce que Role à beaucoup de mal a supporter. Car la rencontre de Roi et Rowen n’est pas due au hasard, et tous deux vont bientôt découvrir le secret qu’ils partagent sur leur passé. Ce secret les conduira à prendre leur destin, un destin qu’ils devront tracer dans le sang…

Mes avis :

Tome 1 : Le sceau de Ran

Ça fait longtemps que j’entends parler de Paul Kearney et je tenais à découvrir sa plume avec Les mendiants des mers parce que j’ai toujours aimé les sagas maritimes. Si j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur, je ne l’ai pas trouvée aussi sombre qu’on me l’avait annoncé. Par contre, je l’ai trouvée vite prenante et entraînante avec un sens du détail maîtrisé ni trop ni trop peu. Il arrive aussi très rapidement à dépeindre un univers riche et complexe qui intrigue. Bref, tout le décor est très bien planté dès les premières pages.

La magie est présente mais de manière subtile au début puisqu’on se concentre plus sur la formation du héros et ses particularités physiques, ce n’est vraiment que dans la seconde partie qu’elle commencera à prendre sens. Justement pour parler de l’histoire, l’auteur a eu la bonne idée de découper son récit en deux parties ici. La première s’attarde sur la jeunesse et la formation de Rol, qui vient de perdre sa famille et ne sait pas bien qui il est. Elle est assez sombre et un peu glauque parfois. La seconde prend place des années plus tard et on le découvre sous un nouveau jour en tant que second sur un bateau, prêt à vivre de grandes aventures dans lesquelles son passé va avoir une place importante.

J’ai aimé ce mélange de roman d’apprentissage, de quête personnelle, de magie et de politique. L’histoire avance vite, on ne s’ennuie pas. L’apprentissage de Rol est rude, il ne se fait pas sans heurts aussi bien physiques qu’émotionnels. J’ai aimé le côté sans concession de Paul Kearney qui veut nous faire comprendre que tout n’est pas rose pour qui veut gagner en puissance. Le maître de Rol et Rowen, Psellos, en est le parfait exemple même s’il restera assez mystérieux pour moi. Il est extrêmement cruel avec Rol et Rowen et ne leur épargne rien, mais en même temps c’est lui qui leur apprend tout ce qu’ils savent sur eux-même ensuite et notamment sur leurs origines. Celles-ci sont au coeur de l’histoire, elles forment même en quelque sorte la mythologie de la série et même si cette question d’un Ancien peuple d’une race supérieur n’a rien de neuf, c’est une idée que j’aime et qui m’intrigue. J’aimerais que ce soit un peu plus développé par la suite mais j’en doute.

Avec la seconde partie s’ajoute des aventures maritimes comme je les aime entre batailles navales, missions de secours, échouage en mer et marche en milieu hostile. C’est beaucoup plus vivant et moins sombre que la première partie. Rol y est bien plus intéressant vu qu’il n’est plus l’adolescent énamouré et en butte à la figure paternelle des débuts. C’est un homme fait maintenant et j’aime le trio qu’il va former avec Elias et Gallico. Il y a une bonne dynamique entre eux et sans vouloir trop en révéler ils lui seront d’une aide précieuse quand son pouvoir émergera pour qu’il ne se retrouve pas à nouveau seul. Mais seul, on ne laissera jamais vraiment l’être parce que sans le vouloir, il se retrouve toujours mêlé à des intrigues qui le dépassent et avec Rowen qui cherche à récupérer son trône, on sent qu’on va être servis par la suite.

Ce premier tome a donc été un plaisir à lire. Il est court mais intense. Les bases de la mythologie de la saga sont bien posées. Paul Kearney a une plume vive et sans fioriture qui dynamise bien le récit. C’est donc fort dommage que la série ait été interrompue aussi bien français qu’en anglais même s’il y a un tome supplémentaire chez ces derniers que je me suis empressée de commander.

Ma note : 17 / 20

Tome 2 : This Forsaken Earth 

A suivre

Livres - Fantasy / Fantastique

Le livre et l’épée d’Antoine Rouaud

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Titre : Le livre et l’épée

Auteur : Antoine Rouaud

Editeur (poche) : Milady

Année de parution (poche) : 2015

Nb de tome : 1 (série en cours)

Histoire : An 10 de la République, dans la cité portuaire de Masalia.
Dun-Cadal n’est plus que l’ombre de lui-même. Trahi par ses amis et accablé par la mort de son apprenti, celui qui fut le plus grand général de l’Empire déchu passe désormais son temps à boire dans une taverne. Il s’est détourné de la politique, des aventures, et même de l’Histoire. Mais l’Histoire n’en a pas fini avec lui.
Viola est une jeune historienne à la recherche de l’épée de l’Empereur, symbole de l’ancien régime. Elle sait que Dun-Cadal est la dernière personne à avoir été en possession de la précieuse relique, qu’il aurait cachée pendant les dernières heures de la révolution.
Curieusement, c’est lorsqu’elle met enfin la main sur l’ancien chevalier que débute une série d’assassinats. L’un après l’autre, tous les anciens alliés de Dun-Cadal sont abattus par un homme qu’il a bien connu : l’assassin personnel de l’Empereur. L’ex-général en est convaincu : aucun de ces événements n’est le fruit du hasard. Dans l’ombre se dessine une conspiration qui va bouleverser le destin de chacun. Des secrets vont être révélés au fur et à mesure que Dun-Cadal va raconter son histoire. La véritable histoire.

Mon avis :

Tome 1 : La voie de la colère

Avec cette couverture qui ne paie pas de mine, voici mon dernier gros coup de coeur en Fantasy, ce qui est d’autant plus inattendu que l’auteur est français ce dont je ne raffole pas d’habitude. En plus, ces derniers j’enchaînais un peu les déceptions alors j’en suis d’autant plus ravie.

Venons-en à ce qui m’a plu dans ce titre. J’ai d’abord été séduite par la narration choisie par l’auteur. Il alterne le présent avec des flashbacks avant la chute de l’Empire, le tout relaté par un vieux briscard ancien général et gloire en son temps. Ce dernier est un personnage très attachant et en suivant avec lui les derniers soubresauts de l’Empire on est happé par l’histoire dès les premières pages. Dun-Cadal n’a plus goût à la vie, c’est quelqu’un de simple et entier qui a perdu tous ses repères. On le découvre aussi comme quelqu’un de très fidèle au fil de ses souvenirs quand on apprend la relation qu’il entretenait avec le jeune Grenouille. J’ai vraiment beaucoup aimé ces moments passés mais le présent est tout aussi intéressant. C’est Viola, une jeune historienne, qui vient le trouver et le sortir de son anonymat parce qu’elle recherche l’épée magique de l’Empereur qui a disparu lors de sa chute. Elle met en branle toute une série d’événements en venant le chercher et il se retrouve lui aussi emporter dans un nouveau chamboulement auquel il ne voulait pas être mêlé. Ainsi va la première partie du roman, sans être original, il est entraînant et Antoine Rouaud maîtrise parfaitement ses classiques que ce soit les batailles, les entraînements, les découvertes de nouvelles villes, les relations maître-élève…

La seconde partie chamboule tout. La révélation qui arrive à la fin de la première partie est vraiment surprenante. J’en avais deviné une partie mais le reste était vraiment bien caché et nous permet de redécouvrir tous les souvenirs de Dun-Cadal sous un nouveau jour, ce à quoi s’évertue l’auteur. La narration tout en restant sur le même modèle change de narrateur et le rythme s’accélère. Il devient bien plus haletant, prenant, bouleversant. Tout un tas d’émotions entrent en jeux dans cette quête de vengeance qui se met en place, quête qui va même au-delà de la pure vengeance découvre-t-on au fil des pages. Ainsi autour de Dun-Cadal et Viola nous croisons d’anciennes figures de l’Empire qui sont maintenant à la tête de la République mais qui cachent autre chose.

J’ai vraiment aimé la façon dont l’auteur entremêlait une histoire personnelle, à celle d’un régime et au-delà. J’ai aussi aimé que la magie ait une place assez mineure pour l’instant au profit de la politique et de la religion. Le système de magie est simple, il ressemble à une sorte de télékinésie tirée de l’air environnant dont certain apprendrait le maniement pour s’en servir dans leurs combats, ce pouvoir étant intimement lié à la caste des chevaliers. Pour l’instant par contre, on ne voyage pas énormément. L’essentiel de l’action se passe dans une unique ville et on ne découvre que quelques destinations dans le caste monde qui semble l’entourer. J’espère que ce côté-là sera plus développé par la suite. Enfin, l’intrigue est rondement menée. Elle se clôt se manière satisfaisante à la fin de ce tome qui appelle inexorablement une suite (qui tarde à venir au passage) mais dans laquelle Antoine Rouaud ne pourra pas jouer sur les mêmes ressorts narratifs après le retournement qui a lieu dans les dernières pages et qui m’a vraiment attristée. J’attends donc cette suite avec une très grosse impatience !

Ma note : 18 / 20

Livres - Fantasy / Fantastique

Le fou et l’assassin de Robin Hobb

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Titre : Le fou et l’assassin

Auteur : Robin Hobb

Editeur vf : J’ai lu (poche) Pygmalion (grand format)

Années de parution vf : Depuis 2014 (grand format) Depuis 2016 (version poche)

Nombre de tomes : 4 (en cours – poche) ; 6 (terminée – grand format)

Résumé du tome 1 : Fitz, l’assassin royal, est à la retraite et coule des jours paisibles, entouré de sa femme Molly et de ses enfants. Un soir, trois inconnus se présentent en se disant ménestrels puis s’enfuient dans une tempête de neige, tandis qu’une messagère disparaît soudainement sans avoir remis son message à Fitz. Quinze ans plus tard, Fitz se désole de n’avoir aucune nouvelle du Fou…

  

Mes avis :

Tome 1 – Découpage vf

Commençons comme souvent par le point qui dérange : l’édition française qui une fois de plus coupe les volumes originaux en deux pour faire plus de sous mais aussi donner plus de visibilité à la série. Ici, c’est à la fois un choix judicieux parce que ça permet de souffler après une histoire très longue à démarrer, et un choix discutable parce que ça nous laisse en plan en plein milieu de l’histoire et pas forcément au meilleur moment. Maintenant, passons au roman en lui-même.

J’ai été ravie de retrouver la plume de Robin Hobb qui est comme à chaque fois un vrai plaisir à lire. C’est écrit à la fois avec beaucoup de précision (de nombreuses descriptions) et beaucoup de simplicité (une langue simple et fluide, sans fioriture). Du coup, même si le début est un peu mou, on ne voit pas les pages passer. Ce début justement, je l’ai d’abord trouvé incompréhensible. Je ne voyais pas où l’auteur voulait nous mener. On retrouvait nos personnages chéris des années après, et on découvrait leur quotidien, mais c’était vraiment plan plan. Cela me donnait juste envie de replonger dans l’ancienne série pour retrouver un peu d’action. L’action, elle est venue plus tard, enfin si on peut en parler en ces termes.

En effet, à peu près au milieu du roman, on bascule complètement dans le fantastique avec une grossesse interminable. On sent vite qu’il y a anguille sous roche mais les éléments ne nous sont donnés qu’à petite dose. Et ensuite, comme les personnages, on cherche à s’adapter, à en découvrir plus et on élabore des théories. J’ai beaucoup aimé ces chapitres charnières contrairement à ceux du début qui m’ennuyaient un peu.

J’ai aimé retrouver un Fitz/Tom peu sûr de lui, qui doute et se cherche. Je l’ai trouvé moins pleurnichard que dans les précédentes séries. Et surtout, j’ai trouvé ses relations avec Molly et Abeille très belles. Avec Molly, j’ai trouvé triste comment il affrontait le vieillissement de celle-ci, et attachant de le voir toujours amoureux comme dans son adolescence. J’ai l’impression que sentimentalement, il n’a jamais grandi. Avec Abeille, j’ai trouvé poignant comment il affrontait sa différence et son rejet. Cela m’a diablement rappelé la façon dont certains parents gèrent le handicap de leur enfant dans la vraie vie. Superbe !

Et surtout, j’ai beaucoup aimé découvrir la voix d’Abeille au fil des chapitres. Celle-ci est une vraie surprise. Elle rompt et dynamise la narration, alors que l’histoire reste dans le fond assez banale. C’est celle de la découverte d’un père et de sa fille. Abeille fait preuve d’une grande intelligence. Elle est différente des autres. Elle pense le monde différemment, et les sensations qu’elle éprouve me font beaucoup penser à un autre personnage qu’on a déjà croisé et qui est absent de ce tome justement. Je me demande si elle n’est pas comme lui, théorie à vérifier dans les prochains tomes.

Enfin, j’ai surtout beaucoup aimé les derniers chapitres où Fitz/Tom doit faire son deuil et se voit en même temps rattrapé par son passé d’Assassin au service des Loinvoyant. Mon seul regret est l’absence du Fou. Avec un titre pareil, je m’attendais à le voir débarquer, mais ce ne fut pas le cas, il a juste été évoqué. Et j’avoue que sa relation ambigüe mais si belle avec Fitz me manque. C’est le personnage le plus intriguant de l’univers de Robin Hobb et j’aimerais un jour avoir des éclaircissements sur lui. En attendant, je suis très impatiente de lire la suite et cela va être dur d’attendre.

Ma note : 16 / 20

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Tome 2 : La fille de l’Assassin

Après une lecture des plus réjouissantes (Fils des Brumes), j’ai trouvé difficile de me replonger dans le rythme assez mollasson de Robin Hobb. Celle-ci est un peu une force tranquille qui dévoile son intrigue en prenant tout son temps, mais cela donne aussi une sensation d’ennui et de fadeur, comme si l’histoire nous était racontée par quelqu’un qui est très loin de celle-ci, quelqu’un qui n’y serait pas impliqué. Pourtant, les narrateurs : Tom/Fitz et Abeille sont quand même au coeur de celle-ci, alors il est vraiment dommage qu’ils fassent preuve d’un tel détachement. En plus, ils partagent le même défaut à savoir : se plaindre les trois quarts du temps, alors ce n’est pas facile d’adhérer. Heureusement que l’histoire elle-même est très intéressante et permet de passer outre ces défauts.

En effet, dans ce tome, on se concentre sur la relation que tissent petit à petit Abeille et son père. Celui-ci sans le vouloir lui transmet son savoir d’assassin et celle-ci découvre par hasard des pans de son histoire et s’en régale. Les deux bêtes sauvages et blessées apprennent à se connaitre et à panser leurs plaies. Il est aussi temps pour eux de se réveiller et de se reprendre en main, ce qui est fait en grande partie grâce à Umbre et Ortie qui leur envoient du monde pour habiter à Flétribois. Cela permet de recréer tout un petit monde autour d’eux et de les faire sortir de leur enfermement. J’ai beaucoup aimé cette mise en place même si elle fut assez longue. Cela donne une vraie densité au récit et cela permet bien d’approfondir la personnalité d’Abeille. J’ai aimé la voir se rapprocher de Tom, la voir lui ressembler de plus en plus, notamment avec son histoire de couloirs secrets. C’est une vraie petite femme en devenir, et dangereux et courageuse avec ça. Elle s’affirme dans ses amitiés et ses inimitiés. J’ai aimé la voir se lier avec Persévérance et rejeter les artificiels Evite et Lant.

A côté de ce quotidien bien sûr, la magie et le passé de Fitz ne sont pas oubliés. Dès le début avec l’arrivée de cette messagère secrète et si mal en point, on sent qu’on va bientôt repartir vers de nouvelles aventures qui impliquent le Fou (Chouette mon personnage préféré de l’ancienne série revient ! C’est peut-être l’occasion d’en apprendre plus sur lui et les Prophètes Blancs.). J’ai rapidement deviné qui se cachait derrière le nom du « fils inattendu ». Il y avait de telle similitude entre « lui » et le Fou que c’était évident. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé voir ses pouvoirs s’éveiller peu à peu et j’espère que cela continuera, que l’on aura ainsi l’occasion de découvrir comme né et grandit un Prophète Blanc.  Par contre quel dommage que ce pan de l’histoire ne prenne place qu’au début et à la fin du volume, ça ne fait pas beaucoup d’action. D’ailleurs, les deux gros morceaux qui ont lieu à la fin cassent bien le rythme. Le premier : le retour du Fou, je m’étais fait spoilée dessus alors forcément je n’ai pas été surprise mais je pense que d’autre le seront par un retour aussi triste et dramatique, mais que ça fait du bien de le revoir avec Fitz. Ils sont vraiment mignons tous les deux et je trouve leur relation toujours aussi ambigüe. Est-ce de l’amour ou de l’amitié ou un peu des deux ? Le second : l’attaque des serviteurs des prophètes blanc, m’a bien plus surprise et prise à froid. C’était brutal et violent, inattendu et dramatique. Je suis restée soufflée et la froideur et le calme d’Abeille ont très bien retranscrit ce moment, je trouve. Bref, je me suis régalée, mais que ça va être long d’attendre la suite.

Ma note : 16 / 20

Tome 3 : En quête de vengeance

Comme à chaque fois, j’ai retrouvé avec plaisir la plume et le monde de Robin Hobb. Dans ce troisième tome, nous renouons dans un premier temps avec le passé de Fitz et du Fou, ce qui m’a replongée des années en arrière tandis que je découvrais Castelcerf et ses turpitudes avec eux. Puis, nous repartons lentement (peut-être trop ?) dans de nouvelles aventures suite à l’enlèvement brutal d’Abeille. Il y a véritablement deux parties qui se mélangent ainsi sous la plume toute en force tranquille de l’auteure.

J’ai tout d’abord énormément aimé retrouver Castelcerf. Revoir les anciens personnages, reparler de leurs faits d’armes, retrouver les couloirs du châteaux, tout ça a beaucoup joué sur ma fibre nostalgique et du coup je me suis régalée. Je reconnais que cela sert plus à créer une ambiance qu’à faire avancer l’histoire. Celle-ci est assez pauvre ici. Il n’y a que deux, trois faits que l’on suit sur plusieurs centaines de pages, à savoir la guérison du Fou et ce qui lui est arrivé, le retour de Fitz à la Cour et sa reconnaissance, puis bien sûr la découverte de l’enlèvement d’Abeille et Evite. Robin Hobb prend son temps pour assener le choc de la disparition de sa fille à Fitz. Elle lui permet d’abord de renouer avec son ancienne vie, de connaître une certaine consécration enfin, avant de se faire brutalement rappeler à la réalité.

Celle-ci nous la suivons à travers les yeux d’Abeille, dont le ton a énormément évolué depuis le début de la série. Mais ce n’est que sur de courts chapitres que nous suivons son enlèvement par les mystérieux Serviteurs. Les révélations qui s’enchaînent à ce sujet que ce soit sur Evite ou sur qui est vraiment Abeille, ne sont pas vraiment des surprises mais plutôt des confirmations. J’aime bien le duo qu’elles forment, elles vont pouvoir se soutenir dans l’adversité. J’ai également beaucoup apprécié la façon dont Fitz découvre tout et dont tout ce qui a été mis en place à Castelcerf s’imbrique pour former un puzzle bien plus vaste. Dans cette nouvelle saga, on va enfin traiter de ce qui avait été laissé de côté auparavant : les Prophètes blancs et leurs Serviteurs, alors je suis ravie. D’autant plus que Robin Hobb se fait un plaisir de lancer des clins d’oeil à ses précédentes séries que ce soit l’Assassin Royal bien sûr, mais aussi et surtout les Cités des Anciens.

Je suis ravie de voir cette auteur toujours enrichir et relier les différents pans de son univers. Même si je trouve cette saga toujours un peu molle en comparaison des autres, je retrouve un vrai plaisir (peut-être purement nostalgique ?) à la sortie de chaque tome.

Ma note : 17 / 20

Tome 4 : Le retour de l’assassin

Cette deuxième moitié du deuxième tome en VO est vraiment longuette au début. Même si je suis fan de l’univers de Robin Hobb, que j’aime sa plume et sa facilité à nous emporter dans des aventures incroyables, je dois reconnaitre qu’à force de vouloir prendre son temps et tout tout décrire, le récit se ramolit.

Dans ces chapitres, nous suivons Fitz qui attend et tergiverse pour partir à la rescousse d’Abeille. C’est long, c’est mou, c’est répétitif. Robin Hobb en profite heureusement pour satisfaire notre petit coeur de fan en faisant intervenir tous les personnages de la famille Loinvoyant qu’on a croisés depuis les débuts. J’ai donc été contente de voir Devoir assumer son rôle de Roi aux côtés de sa femme tout feu tout flamme et de ses fils plus tranquilles mais un peu trop en retrait pour moi. J’ai apprécié de retrouver Kettriken, toujours aussi attentive à ses proches, et sa relation si honnête et bienveillante avec Fitz m’a touché une fois de plus. Ce sont de vieux amis qui seront toujours là l’un pour l’autre. De la même façon, j’ai apprécié de voir Fitz aux petits soins pour un Fou toujours convalescent mais ô combien pénible parfois. J’ai été attristée par la lente déchéance d’Umbre que la vieillesse rattrape. C’est d’ailleurs un peu l’histoire de ces pages, le temps et la vieillesse rattrapent tout le monde, et c’est peut-être aussi ce qui rend l’ambiance si lente, lourde et pesante parfois.

Heureusement, on a quand même un peu d’aventure avec les courts passages sur Abeille et Evite durant leur captivité, puis après quand Fitz se met enfin en chasse. Cela ne se passe pas comme prévu comme souvent avec Robin Hobb. Elle en profite d’ailleurs pour mettre en avant des personnages peu vus jusqu’à présent, ou du moins secondaires par rapport aux anciens mais que je sentais prometteurs comme Lant, Persévérance et Braise/Cendre. J’aime beaucoup ces derniers qui représentent un peu la relève mais le premier qui m’agace juste souverainement et dont je n’oublierai pas les fautes. Cette aventure est aussi l’occasion de faire enfin concrètement le lien entre quasiment toutes les séries de l’auteure. Enfin, le Fou/Ambre révèle une partie de son rôle dans les Aventuriers de la Mer puis dans La Cité des Anciens.

Du côté de la mythologie, on continue à en apprendre de plus en plus sur Clerre et ses habitants si particulier. J’en suis fan même si ça enlève une partie du mystère du Fou que j’aimais tant, et je croise les doigts pour qu’on sache tout ce qu’il y a à savoir dans le/les dernier(s) tome(s) pour ne pas encore avoir une autre série pour nous le raconter. Robin Hobb n’oublie pas non plus ce qui porte sa série depuis les débuts, la magie des Loinvoyant, l’Art, qui montre enfin concrètement son lien avec les Dragons et Kelsingra, ce qui est assez jouissif et triste à la fois parce qu’une fois de plus, ça fait perdre de ce mystère si cher à mes premières lectures de la série ^^

Après un début mollasson, la suite et fin de ce tome est bien plus entraînant mais on sent que le voyage avec Fitz et le Fou s’achemine vers la fin. Chacun a vécu au-delà de la vie qui lui était promise. L’auteure nous prépare déjà à un au-revoir triste et déchirant, mais nous prépare aussi une relève. Je reste impatiente de lire la suite tout en l’appréhendant.

Ma note : 16 / 20

Tomes 5 – 6 (= Tome 3 vo : Assassin’s Fate)

Après la fin du tome 4 qui promettait tellement de révélations et d’émotion, je n’ai pas pu m’empêcher de me tourner vers la V.O. pour terminer cette saga. Me voilà donc partie en ce début du mois de mars pour lire rien de moins qu’un pavé de plus de 900 en anglais. Je ne connaissais pas la plume de Robin Hobb dans sa langue avant et j’ai été vraiment séduite par celle-ci. Elle est simple et sans fioriture et en même temps pleine de douceur et d’émotion. Elle est d’une précision rare, elle frappe juste et sait raviver nos souvenirs juste au bon moment, ce qui fait que je n’ai pas vu le temps passer et que j’ai même fait trainer ma lecture dans les derniers chapitres, trop triste de leur dire au revoir.

Ce tome est conçu comme la conclusion du vaste cycle que Robin Hobb avait su créer autour de l’Assassin Royal, des Aventuriers de la mer, des Cités des Anciens et bien sur du Fou et de l’Assassin. On y recroise donc tous les personnages chers à notre coeur qu’on avait pu découvrir dans celles-ci et c’est assez déchirant de leur dire au revoir tour à tour. C’est également l’occasion pour l’autrice de nous montrer combien elle avait pensé son univers, en faisant la lumière sur tous les liens qu’il y avait entre les différentes séries et de nous livrer ainsi les dernières révélations relatives aux Dragons, aux Anciens et aux Serviteurs Blancs. J’ai vraiment trouvé ces deux aspects de l’histoire passionnants ici. J’ai éprouvé un énorme plaisir à revoir les dragons et nouveaux anciens de Kelsingra, les marins de Parangon et Vivacia, et bien sûr les anciens de Castelcerf. On laisse à chacun sa place pour conclure en quelque sorte son histoire et c’est un vrai bonheur par exemple de découvrir les nouvelles générations et le futur qui les attend.

Concernant l’histoire qui nous occupe dans ce cycle, à savoir Abeille et ses ascendances blanches, l’aventure continue et trouve une conclusion logique mais brutale. On suit avec effroi son périple et les dures épreuves qu’elle subit. Je n’ai pas toujours été fan des chapitres où elle est la narratrice, la faute à un personnage au caractère un brin agaçant pour moi, même s’il y a eu des progrès de fait. J’ai largement préféré suivre la course poursuite lancée par Fitz et le Fou. Quand Fitz est le narrateur, l’histoire est plus passionnante, d’abord par les personnages qu’il croise mais aussi parce qu’on le sent peu à peu s’effacer pour laisser la place à la nouvelle génération. J’ai aimé suivre ses aventures à Kelsingra, puis sur les Vivenefs et enfin à Clerres. Sans trop en révéler, j’ai trouvé la fin de son histoire juste parfaite.

J’ai eu les réponses à la plupart de mes questions sur l’univers des Dragons et des Anciens, je pense. J’ai trouvé très intéressant tout ce que l’on a découvert sur l’Art, les Serviteurs Blancs, la magie des Anciens, les Vivenefs etc. Il me manque peut-être un petit quelque chose sur les Loinvoyant et la magie du Vif, mais il y avait tellement à raconter en même temps, et puis peut-être se laisse-t-elle une porte ouverte pour plus tard.

Il y a eu pléthores de moments intenses et magnifiques lors du voyage de Fitz pour retrouver Abeille. Des moments que l’on attendait depuis longtemps pour certains. Le sauvetage d’Abeille a tenu toutes ses promesses avec un final à couper le souffle. La dernière partie de l’histoire est un peu plus faible parce que l’on sent que le moment des au revoir est venu, mais cela reste très beau avec une émotion toute en retenue pour moi. Quitter des personnages que l’on suit depuis tant d’année n’est jamais facile, je parle aussi bien pour le lecteur que pour les personnages eux-mêmes. Mais cela a donné à ce tome un vrai équilibre dans sa narration ce qui n’était pas le cas dans les précédents.

Les personnages ont joliment évoluer depuis les début des différentes séries. Ils ont tous mûri et fait des choix. Il y a eu des pertes mais aussi de nouvelles arrivées. La vie continue et Robin Hobb nous conte cela avec une ferme douceur. Abeille est bien sûr au coeur de cette histoire et que de changements depuis qu’on l’a rencontrée. Elle a vraiment pris confiance en elle et elle a trouvé un vrai soutien en Per. Sa relation avec son père est aussi une des grande réussite de ce cycle avec toutes les nuances sur la parentalité qui y sont apportées. De même, j’ai beaucoup aimé le décorticage de la relation entre Fitz et le Fou sous le regard des autres protagonistes. Ce sont vraiment deux beaux personnages que je n’oublierai pas. De la même façon, j’ai été ravie de retrouver Oeil de Nuit dans ce dernier tome, sa relation fusionnelle avec Fitz m’avait tellement manqué, et j’ai adoré ce qu’il a dit sur Kettricken. J’ai été surprise de finir par apprécier Lant, personnage assez antipathique au premier abord pour moi, et j’ai continué à être charmée par la force de Braise/Cendre. Il y aurait tellement à dire sur chaque personnage et les amitiés qui se sont forgées lors de cette aventures. C’était une joie immense de retrouver Parangon, mais aussi et surtout Althéa et Brashen et de découvrir leur fils Boy-O. Je suis un peu plus déçue de ne pas avoir bien pu faire la connaissance de la famille de Devoir, qui sera restée un peu trop en retrait sur toute cette saga, alors que je la sens tellement prometteuse.

C’est donc avec une certaine tristesse mais aussi le sentiment d’avoir eu une belle fin, que j’ai refermé ce dernier tome des aventures de Fitz et du Fou. Je relirai ses tomes quand ils sortiront en poche en français, et j’espère vraiment retrouver un jour cet univers chez Robin Hobb. En attendant, j’attends sa prochaine série avec une grande impatience parce que c’est une autrice qui a longtemps fait partie de ma vie de lectrice et avec qui j’espère encore vivre bien des aventures.

Ma note : 19 / 20