Livres - Science-Fiction

L’homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu

Titre : L’homme qui mit fin à l’histoire

Auteur : Ken Liu

Editeur vf : Le Bélial’ (Une heure lumière)

Année de parution vf : 2017

Nombre de pages : 107

Résumé : Futur proche.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’État.
Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l’Unité 731 se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi-million de personnes… L’Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d’occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l’Histoire.

Mon avis :

J’ai voulu lire cette nouvelle pour découvrir le style de Ken Liu dont j’attends parler depuis un moment, mais je ne sais pas si j’ai fait le bon choix. En effet, les choix scénaristiques sont tellement originaux que je ne sais pas si c’est vraiment représentatif de ce qu’il peut faire ou non…

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Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Fleurs en suspens de Yao Wei

Titre : Fleurs en suspens

Auteur : Yao Wei

Editeur vf : Urban China

Année de parution vf : 2016

Résumé : Une jeune Chinoise s’installe à Paris et, dans cette ville nouvelle, elle se retrouve confrontée à une culture qui lui est étrangère. Accompagnée de deux amis, l’un Français et l’autre Japonaise, elle va découvrir la ville lumière, la ville des arts et de l’amour, qui deviendra alors le décor paisible d’une réflexion sur les différences, sur la vie et la jeunesse.
Yao Wei nous propose un roman graphique sensible, métissé et contemplatif, inspiré de sa propre expérience de son arrivée en France. 

Mon avis :

C’est encore un très joli titre que nous propose Urban China avec ce oneshot de Yao Wei tout en couleur. Celles-ci sont d’ailleurs très douces et rappellent beaucoup les aquarelles, elles donnent un effet un peu flou aux dessins, comme s’ils sortaient d’un rêve. Les paysages et les décors sont tout particulièrement réussis et transmettent parfaitement l’atmosphère bohème que veut donner l’auteur.

Au niveau de l’histoire, on suit la vie quotidienne de Mudan, une jeune chinoise installée à Paris, dans le quartier de Montmartre. Au fil des saisons, on la voit commencer à sortir de sa bulle et s’intéresser à ceux qui l’entourent aussi bien Sakura, la jeune Japonaise, qu’Adrien, le beau Français qui habite en face. Elle reste tout de même quelqu’un de maladroit et d’introverti mais j’ai aimé suivre l’amitié qui se construit entre les deux filles et l’histoire d’amour naissante de Mudan qui ne s’en rend pas compte. Ce ne sera pas un titre inoubliable parce que c’est une histoire simple et anodine mais l’ambiance qui s’en dégage, elle, marque vraiment. Il n’y a jamais de mauvais esprit. Malgré les défauts de chacun, ils sont tous sympathiques au lecteur. Et la vision de Paris que nous donne Yao Wei a un côté très idyllique, calme et bohème, qui donne envie d’aller y vivre. Les cultures se mélangent aussi les unes aux autres, chacune nourrissant l’autre. C’est un vrai plus dans ce titre. Je serai curieuse de lire d’autres histoire de cette auteure.

Ma note : 17 / 20

Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Mei Lanfang : Une vie à l’opéra de Pékin de Lin Ying

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Titre : Mei Lanfang : une vie à l’opéra de Péki

Auteur : Lin Ying

Editeur vf : Urban China

Année de parution vf : 2016-2017

Nb de tomes : 5 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Le 8 aout 1961, la Chine pleura la mort d’un de ses artistes les plus populaires : Mei Lanfang. Ce chanteur de l’Opéra de Pékin, qui faisait frémir d’émotion ses diverses audiences lors de ses interprétations de rôles féminins, commença sa carrière en 1904, à l’âge de dix ans. Pendant des heures, il entraina sa voix, appris la danse et répéta ses acrobaties, jusqu’à atteindre un niveau de raffinement qui le propulsa en Chine, mais également sur la scène internationale.

Mes avis :

Tome 1

Nous voici encore en présence d’un bien bel ouvrage chez Urban China. La couverture est de toute beauté et rend bien hommage à l’Opéra de Pékin avec ces couleurs vives et percutantes.

Au premier abord, l’histoire est un peu ardue à suivre. On est plongé directement en plein dans le milieu de l’Opéra chinois avec un premier acteur célèbre qui vient se produire devant l’Impératrice. Puis, on change de point de vue et on commence à suivre le jeune Mei dans son apprentissage. Autant vous dire que j’ai dû revenir plusieurs fois en arrière pour comprendre de qui on parlait où en présence de qui on était. J’ai eu beaucoup de mal avec les noms, une fois de plus (j’ai vraiment du mal avec le chinois…). Mais l’immersion dans le monde de l’Opéra est vraiment total. J’ai beaucoup aimé suivre les aventures de Mei, le voir dépité de ne pas y arriver, le voir se sentir rejeté, le voir envier ses camarades plus doué. Puis l’histoire s’emballe quand il commence à avoir un nouveau maître qui a su voir au-delà de ses maladresses, mais on ne voit pas encore assez son entraînement à mon goût même si certains courts passages lui sont consacrés. L’auteur préfère se consacrer aux relations de Mei avec ses condisciples. Elle nous montre les différents rôles qu’il peut jouer ainsi que son parcours pour y parvenir. J’ai beaucoup aimé découvrir toutes les coulisses de cet art typiquement chinois dans sa forme. Les dessins le subliment avec la magnificence des costumes et décors. Il y a une grande attention portée aux visages aussi qui sont l’outil de travail premier de ces acteurs avec leur corps et leur gestuelle. Le tout est rendu avec beaucoup de grâce alors que le crayonné peut parfois être très gras et contrasté comme dans les encres chinoises. On sent vraiment que l’auteur s’est inspiré aussi bien de l’art pictural que des arts du quotidien chinois et le rendu est superbe.

Je conseille donc fortement ce titre à  toute personne curieuse de découvrir les envers de l’Opéra de Pékin à travers la vie de l’un de ses célèbres interprète : Mei Lanfang, ainsi qu’à tous les amateurs de beaux graphismes chinois entre tradition et modernité.

Tome 2

La suite est à l’aune du premier tome, toujours aussi passionnante. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’opéra et l’Histoire se mélangent. C’est intéressant de voir l’évolution des Chinois à travers ce titre. Le changement de régime est brutal mais en même temps on a l’impression que l’opéra et les divertissements ne sont pas vraiment touchés et continuent tranquillement leur petit bout de chemin. Concernant Mei, ce tome est consacré à sa relation naissante avec Monsieur Qi qui va être pour lui un proche conseiller. Il va l’aider à progresser et ainsi à se faire connaître. J’ai la façon tranquille dont on nous raconte la montée en popularité de Mei tout en nous montrant en parallèle la chute peu à peu de Huixin. Ils ont tous les deux des conceptions diamétralement opposée de leur métier et cela se reflète dans leur jeu et leur carrière. C’est triste et tragique comme certaines des pièces qu’ils jouent.

Petit bonus : j’ai trouvé les pages d’explications culturelles et historiques à la fin très intéressantes.

Tome 3

Je ressens comme un coup de mou dans cette partie de l’histoire. En effet, ce tome 3 est presque exclusivement consacrée à Mei. On ne voit presque plus Huixin alors que c’est un personnage que j’appréciais beaucoup. A la place, on rencontre la future femme de Mei et on suit la lente évolution de leur relation. Vu à travers le prisme d’aujourd’hui,celle-ci me dérange assez. Je n’ai pas aimé voir cette femme talentueuse s’effacer pour l’homme qu’elle aime et perdre tous ses moyens à cause de lui. Ensuite, j’ai trouvé l’histoire moins passionnante parce que l’Histoire s’y mêle moins. Il y a aussi moins de tensions et comme en plus je ne connais pas l’histoire de l’opéra ou de la Chine de l’époque, j’ai trouvé ça assez plat. On voit juste Mei devenir de plus en plus populaire et prendre conscience de sa popularité tout en restant humble et en n’oubliant pas d’où il vient. J’ai par contre aimé les brefs passages où on en apprenait plus sur le contexte de l’époque : l’influence des sociétés secrètes (mafia ?) pékinoises, les amis artistes qui gravitent autour de Mei, ses voyages au Japon… Cela reste un titre intéressant mais qui n’exploite pas tout son potentiel.

Tome 4

Ce nouveau tome est très riche et cela s’en ressent dans le rythme qui s’accélère sensiblement. Du coup, on passe bien trop rapidement sur plein de moments importants de la vie de Mei et cela donne aussi une certaines froideur à l’ensemble, ce qui est fort dommage. Il est pourtant question de sujets très intéressants comme le séjour de Mei aux Etats-Unis où il acquiert une grande notoriété, ou tout le passage sur la Chine en guerre contre le Japon et l’occupation subie par les premiers. Ce dernier passage et ce que j’ai trouvé le plus intéressant, voir comment étaient alors considérés les artistes et comment ils ont passé ses années de guerre. En parallèle dans ce tome, on voit surtout la fin d’une génération entre la disparition d’un maître de Mei, puis celle de ses amis et sa séparation d’avec son nouveau mentor, sans parler de la découverte d’un disciple qu’il perd aussitôt. Les dernières pages sont par contre ambigües, l’auteur donne l’impression de finir ainsi sa biographie de Mei Lanfang, et pourtant l’éditeur annonce au moins encore un autre tome. Et pour tout cela, les quelques annexes à la fin qui survolent les événements clés du tome sont particulièrement intéressantes.

Tome 5

L’histoire de Mei Lanfang s’est belle et bien terminée au tome précédent et celui-ci est un petit peu un dernier au revoir que l’auteure a voulu faire à son personnage. Elle nous remontre ainsi des moments clés de sa carrière et nous rappelle à la fois tout son talent mais aussi tout son engagement à son art et à son pays. Ainsi on voit l’annonce de sa mort mais aussi celle de sa naissance. On le croise lors de plusieurs de ses représentations devant des personnages importants, en 1915, en 1931 ou encore en 1946. On le voit aussi lutter pour ne pas jouer devant les Japonais en 1942, ou encore lors de son retour triomphant en 1950. A travers ces récits qu’on pourrait prendre pour des anecdotes, Lin Ying semble faire un portrait assez juste de cet artiste.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette série. On ressent un vrai bien être en la lisant ce qui s’est aussi retrouvé ici malgré les événements durs que l’on croise parfois. Il n’y a aucun manichéisme. La fin de l’Empire chinois, puis la Guerre contre les Japonais nous sont racontés avec pas mal de recul, je trouve. J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur l’Histoire chinoise par ce biais et ça m’a donné envie de me documenter dessus. J’ai également aimé en apprendre plus sur les moeurs, les us et les coutumes des chinois du début du XXe siècle. L’auteure sait vraiment faire partager sa passion pour son pays et son opéra. Je suis presque triste de déjà les quitter.

Ma note : 15 / 20

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Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Mon étoile secrète de Qiaolin Wang & He Wang

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Titre : Mon étoile secrète

Auteurs : Qiaolin Wang & He Wang

Editeur vf : Urban China

Année de parution vf : 2015

Nb de tome : 1 (série terminée)

Résumé : Tout juste arrivée de son bourg natal dans la grande ville de Wuhan, Xiaxu est complexée par ses camarades de classe, qu’elle trouve plus belles et plus brillantes qu’elle. Sa rencontre avec Yanhuan, la plus belle fille de l’école, et Lin’an, un étudiant doué, lui fait connaître ses premiers émois et lui permet de s’épanouir dans ce nouvel environnement.

Mon avis :

Voici un très bel ouvrage tout en couleur avec une véritable réflexion sur la mise et le choix des couleurs en fonction des émotions qui se dégagent des récits, ce qui est une vraie réussite. Le dessin, lui, est un peu plus maladroit et naïf mais la mise en couleur sauve et le tout et donne une dimension poétique à l’ouvrage.

Celui-ci raconte les années lycée d’une bande d’amis dans une petite ville chinoise. Le décor et les paysages sont superbes, tandis que l’histoire est banale mais touchante. En effet, les personnages sont très humains, bien loin des clichés habituels. Ils ne sont ni bons ni mauvais, mais chacun à ses qualités et ses défauts et vit avec. L’héroïne Xiaoxi vient d’arriver d’un petit bled où elle était un peu la star, mais dans sa nouvelle école personne ne la remarque et ça la rend aigri. Elle se renferme peu à peu sur elle-même, et elle jalouse les autres. Sa rencontre avec Lin’an va tout changer. Pour se rapprocher de lui, elle va se rapprocher des autres, et même si elle reste sensible, arrogante, immature, jalouse et peu sûre d’elle, elle est terriblement attachante. En effet malgré ses défauts, je n’ai pu m’empêcher de me retrouver en elle, aussi bien pour son côté ultra timide, mal à l’aise avec les autres que pour son côté « je veux en mettre plein la vie » pour compenser. C’est vraiment LE personnage à suivre. Les autres personnages sont aussi intéressants quand même. Yan Huan cache bien ses sentiments et est bien plus mesquine qu’elle ne le laisse paraitre, mais qui manque aussi beaucoup de confiance en elle, et le cache sous plein d’artifices. Chang Yuan, lui, est le bon copain, gentil garçon qui se fait toujours avoir, le genre trop gentil pour son propre bien. J’aurais aimé le voir plus. Quant à Lin’an, il reste assez mystérieux parce qu’on le voit à travers les yeux de Xiaoxi et qu’elle ne voit pas qu’il est comme les autres au fond. Lui aussi aurait mérité d’être plus développé, mais j’aime quand même ce que dégage ce personnage d’une grande gentillesse. Tous évoluent au fil des ans et deviennent de jeunes adultes fiables qui peuvent compter les uns sur les autres. C’est beau une relation qui perdure comme ça.

Au niveau de la narration, j’ai eu un peu de mal au cours des premiers chapitres un peu moroses comme l’humeur de Xiaoxi. Mais dès que la petite bande se forme, l’histoire décolle et l’envie se fait sentir. Chaque chapitre est plus profond qu’il ne le laisse paraitre et il est intéressant de voir l’utilité du journal intime puis des phrases d’introduction. J’ai aimé cette narration classique mais efficace, appuyée par une mise en page qui claque et attire facilement le regard. On peut ainsi passer de longues minutes à admirer les pages ^^

Bref, une très belle ode à l’adolescence et à l’amitié !

Ma note : 17 / 20

Petite galerie perso pour le plaisir des yeux :

Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Little Yu de Da Xia

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Titre : Little Yu

Auteur : Da Xia

Editeur vf : Urban China

Années de parution vf : Depuis 2015

Nb de tomes vf : 3 (série terminée)

Résumé du tome 1 : La petite yu quitte la ville pour vivre à la campagne avec ses parents. Confrontée à une nature préservée et mystérieuse, elle va découvrir tout un monde poétique, plein de nouvelles amitiés et d’aventures incroyables. Little yu présente un touchant morceau d’enfance qui oscille entre le rêve et la réalité, et dont la lecture est aussi apaisante que l’ombre d’un arbre par un après-midi d’été.

Mes avis :

Tome 1

Encore une très belle découverte avec cette auteur. Nous voici avec un récit mélangeant fantastique et tranche de vie dans la campagne chinoise. Nous suivons les aventures d’une petite fille dont les parents restaurent d’anciens bâtiments ou d’anciens tableaux et qui déménagent au fin fond de la campagne pour réhabiliter un vieux village. Les premières pages où l’on voit une petite fille dans une camionnette sur des routes caillouteuse, m’ont furieusement rappelé le Voyage de Chihiro et les Miyazaki en général. Le reste des chapitres n’a fait que confirmer cette impression. Le monde fantastique qui se développe autour de cette enfant est d’une grande douceur et toujours riche d’enseignement sur le passé et la culture chinoise, sans que cela soit trop moralisateur pour autour. Ce sont plutôt de gentilles leçons de vie qui nous sont offertes. Chaque chapitre est l’occasion d’une nouvelle rencontre, d’une nouvelle aventure, mais toujours dans le même univers, autour des mêmes personnages. Tout d’abord, la joyeuse et pétillante Yu, qui adore fourrer son nez partout (et qui semble de plus en plus rajeunir au fil des pages ^^!) ; le jeune garçon qu’elle croise dès le début et qui semble au fait de toutes les bizarreries de l’endroit ; sa mère, une femme forte et excentrique, qui vit de son amour de l’art ; son père, qui est le reflet parfait de sa femme, et avec qui il forme un très joli couple et des parents rêvés ; ainsi que les membres du villages et les assistants qui gravitent autour d’eux. Cela forme un univers chaleureux et accueillant, prompt à ce qu’un petit rien devienne une grande aventure, et qui surtout ne bride ni les désir de liberté, ni l’imagination des enfants. Une ode à la liberté de l’enfance !

Les dessins sont toujours aussi beaux, même si je regrette comme je l’ai dit plus haut, de voir Yu rajeunir au fil des chapitres. Les paysages sont d’un autre temps, ils me font rêver, comme si un voile fantastique les recouvraient. J’aimerais beaucoup en voir certains en couleur, je suis sûre que ce serait sublime. L’attention portée aux décors me ravit aussi.

Il me tarde maintenant de lire le prochain tome, tout en me demandant si on continuera sur le même schéma : un chapitre = une aventure, ou bien si une histoire plus vaste se développera.

Tome 2

Nouveau tome, nouveau coup de coeur. J’aime toujours autant découvrir le folklore chinois à travers cette série. On reste dans la dynamique, un chapitre, une histoire. Mais on voit un peu plus souvent frère Shen, qui est LE personnage mystérieux qui semble relier Yu au monde fantastique. Il fait le lien entre le réel et le rêve. Le tout reste toujours aussi onirique et en cela les dessins magnifiques sublimes la série et donne une ambiance très poétique. Chaque chapitre est une vraie invitation au voyage et je me laisse emporter à chaque fois, que ce soit lors d’une sortie scolaire, lors d’une rencontre avec les oiseaux migrateurs ou au détour d’une soirée alcoolisée. Le tout est fait avec toujours autant d’humour et de bienveillance, un peu comme ces contes qu’on raconte aux enfants pour les aider à grandir. Chapeau, l’artiste !

Tome 3

Ce dernier tome se présente encore avec une superbe couverture toute en douceur et qui annonce bien le contenu onirique et mystérieux des histoires. Composé de quatre histoires, ce dernier tome ne présente au final aucune conclusion définitive. L’auteur pourrait parfaitement reprendre son histoire un jour et ajouter de nouveaux chapitres. C’est peut-être ce qui m’a le plus dérangée ici, ceci et l’absence de fil conducteur au final. En effet, encore une fois on enchaine les histoires toutes plus belles et tristes les unes que les autres, le tout toujours sur fond de contes traditionnels chinois. J’ai beaucoup aimé la première histoire : « Le fleuve de l’oubli », sur la difficulté à faire son deuil de la personne que l’on a aimé. J’ai trouvé l’histoire parfaitement maîtrisée. L’auteur nous a amené avec beaucoup de doigté là où elle voulait, je me suis complètement laissée happer par l’histoire. Le deuxième chapitre : « Givre » est trop mignon avec ce petit esprit qui suit Xiao Yu partout et qu’elle a si vite adopté, mais aussi avec le grand-père qu’elle rencontre et qui se comporte comme un gamin boudeur. La chute de l’histoire m’a beaucoup amusée malgré quelques passages qui auraient pu laisser croire une fin plus dramatique. La troisième histoire : « Les belettes » est sûrement celle que j’ai le moins aimé. Je ne l’ai même pas du tout aimé pour être honnête. Le côté écolo trop poussé m’a déplu, j’ai trouvé que ça manquait de subtilité. Pour terminer, la quatrième et dernière histoire : « La mort de la grue » est l’une des meilleures que j’ai pu lire. Elle est belle, triste et touchante à la fois. Elle résonne aussi en moi tant on y sent un fond de vérité. C’est probablement l’histoire où l’équilibre entre le fantastique et la réalité est le plus réussi. Les histoires parallèles de ces deux couples sont magnifiques chacune à leur façon. L’une pour son côté tragique et inéluctable, l’autre pour son côté si réel, quand la réalité rattrape le rêve. Elles sont magnifiques et rien que pour elles ce tome vaut vraiment le coup !

Je regrette juste de déjà les quitter alors que tant de questions restent en suspens, notamment sur Ambre, sur Grand frère Shen et sur le grand-père de Xiao Yu, même si je comprends parfaitement qu’ils participent à l’ambiance si particulière de l’histoire qui donne l’impression que le temps s’est arrêté. En tout cas, j’ai adoré cette série de bout en bout malgré le côté parfois inégal des histoires et l’absence de final rouge. Je la recommande vraiment à qui veut découvrir une excellente BD fantastique chinoise.

Ma note : 17 / 20

Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

La princesse vagabonde de Da Xia

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Titre : La princesse vagabonde

Auteur : Da Xia

Editeur vf : Urban China

Année de parution vf : Depuis 2015

Nb de tomes vf : 6 (en cours)

Résumé du tome 1 : Pour prendre le pouvoir, le second fils de l’empereur, Li Shimin, assassine ses deux frères et tous les membres de leurs familles. Grâce à son intelligence et sa fine lame, la princesse Yongning parvient à échapper aux hommes de son oncle et à se faire passer pour morte. Devenue une fugitive obligée de se déguiser en simple marchand, elle fait le serment de venger ses parents et de reconquérir le trône, quel qu’en soit le prix.

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Mes avis :

Tome 1

Très bonne surprise à la lecture de cette nouvelle série chinoise. Je trouve que l’auteur a parfaitement su digérer à la fois ses influences chinoises et ses influences japonaises. Dans son trait, on retrouve très bien la peinture traditionnelle chinoise au pinceau avec un trait vif et tranchant parfois, ou poétique et éthéré d’autre fois. Certains paysages rappellent furieusement des tableaux anciens chinois, notamment ceux avec ces montagnes entourées de brumes, magnifique ! Mais il y a également, une grande influence de l’industrie du manga derrière ses planches. En effet, celles-ci sont très vives et il y a une véritable réflexion sur le choix des cadrages, ce qui donne une construction intelligente des planches qui accompagnent bien l’histoire. Pour une fois, contrairement à d’autres manhuas que j’ai pu lire, l’auteur ne met pas en avant son dessin au détriment de l’histoire, les deux sont construits de concert, bravo !

Au niveau de l’histoire, j’ai d’abord eu du mal à m’y retrouver à cause des noms chinois auxquels je ne suis pas habituée. Mais une fois, cette adaptation passée, je me suis régalée. On est en présence d’une titre mélangeant à la fois histoire et aventure, avec une princesse à qui on a volé sa place et qui cherche à se venger. Da Xia nous plonge de plein pied dans l’histoire dès les premières pages et l’on comprend vite quel sera le caractère de l’héroïne. Elle a un caractère très fort, à la fois fonceuse et réfléchie. C’est une stratège née et elle sait très bien utiliser ses avantages. Elle est également amusante. Même avant que son oncle renverse la monarchie en place, elle suivait déjà une voie différente de celle qu’on lui avait tracée et était assez indépendante, ce qui – même si c’est cliché- me plaît assurément. Son oncle qui est le grand méchant de l’histoire est encore un personnage assez obscur, ce n’est pas lui qu’on met en avant, mais plutôt les rouages du pouvoir à travers les différents conseillers encore présents, excellente idée. Le cadre est bien posé sans pour autant qu’il ait été trop creusé. On a donc des informations éparses qui donnent envie d’en apprendre plus. Dans la 2e partie du tome, elle décide de rassembler des forces pour reprendre le pouvoir, mais on voit vite que ce ne sera pas aussi aisé. Ainsi, un autre « méchant » semble pointer le bout de son nez. Méchant, qui cette fois, aura bien plus de charisme et qui deviendra peut-être un rival ou un allié de choix, mais en tout cas à la hauteur de l’intelligence de la princesse, je pense.

Vous l’aurez compris, j’ai été séduite par ce titre. L’histoire, quoique classique et rappelant celle de la Fleur millénaire, est entraînante et bien construite, ne souffrant d’aucun défaut dans ce tome. Les dessins, eux, sont superbes. Une réussite !

Tome 2

Un nouveau tome un peu moins dynamique mais tout aussi plaisant ! En effet, ici les bases étant posées, on se concentre plus sur la stratégie que développe d’un côté la princesse et de l’autre les Turcs. Chacun développe un plan plutôt brillant mais qui ne sera pas avare en morts des deux côtés. La seule difficulté dans tout ça, ce sont les nombreux noms chinois et les références à l’histoire chinoise que je ne connais pas du tout…  ce qui fait que je me suis un peu perdue parfois. Mais l’histoire reste toujours aussi passionnante, le nombre de personnages restreints ici aidant, l’intrigue se resserre. Il est très intéressant de voir la princesse assumer son rôle de stratège dans la guerre, elle montre ainsi sa grande intelligence tactique et sa capacité à s’adapter à un nouvel environnement. L’autre personnage qui m’intrigue énormément dans cette histoire, c’est le jeune chef de l’armée turque. Il a l’air aussi intelligent qu’elle, aussi fougueux et un brin fier à bras. Malheureusement leur rencontre n’a lieu que dans les toutes dernières pages et se termine par un terrible cliffhanger, ça va être dur d’attendre le prochain tome. Au niveau des autres personnages, j’ai été impressionnée par le courage, la détermination et l’altruisme de Gongsun, et je n’en attendais pas moins de sa femme. Quel beau et grand couple ! Du côté de la capitale même si les manigances font rage en coulisse, elles sont peu présentes dans ce tome, qui se concentre plus sur le nouveau rôle de Changge et la guerre contre les Turcs. Quant aux dessins, ils sont toujours de haute volée, un vrai régal pour les yeux ! Une série définitivement à suivre.

Tome 3

L’histoire continue son bout de chemin dans la lignée du tome précédent. Xia Da parvient à garder mon intérêt intact malgré le changement de direction qui s’opère à nouveau dans le plan de reconquête de Changge. La géopolitique se complexifie également et là par contre, j’ai par moment du mal à suivre, les noms me gênant vraiment puisque j’ai du mal à les retenir et les resituer… Mais c’est un régal de suivre les nouvelles aventures de Changge. Une nouvelle fois, son plan se révèle fragile et elle va devoir s’adapter à un nouvel environnement, mais sa ruse l’aidera à une fois de plus. Il est vraiment plaisant de voir cette frêle jeune fille tailler sa route envers et contre tous. Tout le monde est attiré par elle sans vraiment le vouloir, elle est très forte pour cela, fascinant et agaçant à la fois son entourage. Le changement de paysage est une très bonne idée, ainsi nous ne sommes plus que sur deux fronts : les Turcs d’un côté, les Hans de l’autre. On en apprend aussi un tout petit peu plus sur les Turcs ce que j’aime particulièrement et j’espère que cela se poursuivra. C’est également l’occasion pour Changge de faire une nouvelle rencontre et ainsi de trouver une nouvelle personne à protéger, ce qui est un peu son leitmotiv quand même. Mais ça nous permet à nous lecteur de découvrir aussi ses failles, notamment sa triste relation avec sa mère. L’idée de raconter la tragique histoire de celle-ci est judicieuse. Elle change beaucoup de chose, notamment le point de vue que j’avais à la fois sur elle et sur l’oncle de Changge. En plus, les dessins sont encore une fois sublimes, vraiment je me régale de ce côté, et ils sont au diapason de l’ambiance voulue pour ce récit : à la fois triste, tragique et aventureux. Ce titre est définitivement une réussite pour moi et ce, malgré son rythme un peu lent parfois.

Tome 4

La série se poursuit sur un rythme toujours aussi plaisant. Dans ce tome, on semble avoir un peu oublié les Hans, pour se tourner complètement vers les Turcs. Se développe ainsi toutes la politique qui avait cours autour du grand Khan. Il est agréable de voir le jeu des tributs, le jeu des influences et le rôle des « héritiers » ainsi que leur rivalité. Le duel qui oppose le petit Khan à Ashina Sun est au coeur de ce tome. On découvre à travers les yeux de Changge qu’Ashina est en fait un homme bon, qui suit son coeur. C’est un peu le parent pauvre de la famille, celui qu’on a adopté et qui vient d’une autre tribus bien plus humble. Il n’a pas oublié d’où il vient. Même s’il peut se montrer cruel, il a aussi bon coeur comme il le montre avec son ancien garde du corps et la tribus de celui-ci. C’est surtout un homme très intelligent, qui sait voir loin comme il le démontre en ouvrant cette route commerciale. Même si elle ne le montre pas beaucoup, je pense que Changge est admirative et c’est pour ça qu’elle reste alors qu’elle pourrait se sauver. Sa froideur est assez ambigüe d’ailleurs. Elle cache très bien ses sentiments. Le chapitre qui est consacré à son interrogation sur son sexe est d’ailleurs très intéressant. Il montre les piètres modèles féminins qu’elle a eu étant jeune et comment elle s’est construite en réaction. Mais elle réalise également que depuis elle a croisé des femmes qui sont complètement différentes et chez qui elle peut trouver des  caractères qui pour elle étaient plutôt masculins auparavant. C’est en cela que sa rencontre avec Mimi est riche en enseignement. Celle-ci est tellement forte et courageuse. Donc entre sur interrogation de Changge sur sa place dans tout ça, les manigances politiques des Turcs et les révélations sur Ashina, je n’ai pas vu passer le temps. La fin est arrivée bien trop vite et une fois de plus, elle se termine sur une scène insoutenable, qui donne très envie de lire la suite !

Tome 5

LE meilleur tome de la série ! C’est le tome du changement et cela ne se fait pas sans bouleversement et souffrance. Dès le premier chapitre, on retrouve Ashina Sun en grande difficulté, il est blessé lors d’une embuscade montée par son « cousin » et il doit reculer, une première dans l’histoire. Je trouve que depuis quelques temps, l’auteur cherche vraiment à lui donner une figure de plus en plus humaine et y parvient à merveille. Elle veut nous montrer que même les hommes bons peuvent tuer quand ils font la guerre mais qu’elle n’en reste pas moins bons. J’aime de plus en plus la complexité d’Ashina Sun. Sa réaction quand il apprend d’où il vient est bouleversante chez un homme tel que lui, surtout quand on se rappelle ses premières apparitions, et j’aime le choix qu’il fait alors. On comprend bien pourquoi Changge a décidé de le suivre. D’ailleurs, il offre à celle-ci un statut à part, en la considérant comme un « frère ». Tout comme Ashina, Changge va devir subir de sévères revers de fortune dans ce tome, en découvrant que celle qui lui était la plus proche, celle qu’elle considérait comme une soeur l’avait en fait trahie. Cette trahison, elle va avoir beaucoup de mal à s’en remettre. Elle va complètement la désarçonner et lui faire remettre en question tout les choix qu’elle a fait, ce que je comprends très bien. Mais ce qui me gène plus, c’est que l’auteur se sente alors obligé de lui faire retrouver pour cela son statut de femme, comme si faiblesse émotionnelle = propre aux femmes. Pourtant son histoire est peuplée de femmes fortes et qui savent le rester tout en étant féminine. Ainsi, j’ai aimé découvrir les manigances de Yicheng et Jinse, même si je n’en comprends pas encore tous les tenants et les aboutissants. Leur histoire est tellement triste qu’elle ne peut m’émouvoir. J’ai aussi aimé la rencontre avec Jing Dan qui sera à coup sûr quelqu’un d’important dans l’évolution de Changge. Enfin, le retour sur le devant de la scène du vieux Qin et de A Dou me font espérer pas mal de choses, comme une alliance entre Changge et Ashina Sun pour reconquérir le trône de celle-ci. En tout cas, j’aime de plus en plus ce titre. La façon dont rien n’est jamais acquis pour personne et dont ils doivent avancer malgré les obstacles est vraiment un message positif.

Tome 6

Malgré une impression de calme et sérénité, ce tome est tout aussi riche que les précédents. La nouvelle vie de Changge (A Li) se retrouve perturbée par son passé qui n’est pas si facile que ça à effacer. Petit à petit, on retrouve la Changge combattante et tenace qu’on a connue mais elle conserve aussi un calme et une grâce inouïs comme si elle était un peu d’un autre monde. Ainsi se mélangent des intrigues politiques liées à son passé de princesse, des conflits d’intérêts entre marchands et « mafieux » mais aussi les recherches que mettent en place ses anciens alliés Turcs. Cet ensemble rythme vraiment bien le tome qui oscille donc entre un certain calme, lié à la philosophie taoïste qu’elle côtoie dans son nouveau refuge, et aussi une précipitation liée aux événements qui convergent vers elle. J’ai beaucoup aimé les nouveaux personnages qu’elle a rencontré, que ce soit Jing Dan la prêtresse taoïste qui est aussi maligne et intelligente qu’elle ou Situ Langlang qui cherche à faire d’elle sa disciple. Tous deux sont des éléments moteurs qui vont la pousser à changer tout comme cela avait déjà été le cas avec Ashina Sun. D’ailleurs, je suis ravie que ce dernier soit enfin au courant pour elle, ou du moins en partie, et cela m’a beaucoup amusée de le voir se déguiser en Han pour partir à sa recherche. On sent vraiment une nouvelle dynamique se mettre en place autour de lui. La seule chose avec laquelle j’ai eu un peu de mal pendant cette lecture, c’est le rôle et les attaques de la Salamandre rouge contre le temple Liu Yun et Jing Dan, je sens qu’il y a quelque chose de bien plus vaste derrière. Affaire à suivre dans le prochain tome qui s’annonce tout aussi passionnant.

Tome 7

Sous des faux airs d’introspection, ce tome est en fait bourré d’action. J’ai eu du mal au début avec tout le blabla taoïste. J’avais que la philosophie et la religion ne sont pas ma tasse de thé et que, je trouve, ça obscurcit vite une histoire pour pas grand-chose. Bref, une fois que Changge a pris sa décision, les choses avancent bien et ce tome est celui de la réunion. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur permet les retrouvailles avec Ashina Sun et Changge. Chacun peut réaliser combien l’autre a changé mais surtout chacun se rappelle ce qu’il doit à l’autre et ils consolident ainsi leur amitié. Leur relation est l’une des choses que j’apprécie le plus dans la série et je suis curieuse de suivre son évolution. Mais ce n’est pas la seule chose que j’ai aimé loin de là, j’ai trouvé l’aspect politique très bien traité entre les manigances de la patronne du temple, celles du chef de la caravane et celles du conseiller de l’Empereur, le tout pour le bien ou pas de Changge. Tous ces fils se mêlent et s’entremêlent à merveille pour trouver leur apothéose dans l’attaque du temple dans lequel il ne reste plus que Changge et la prêtresse. La bataille que livre la première est sanglante et vraiment marquante. C’est l’une des plus belles scènes de la série, j’en suis vraiment fan. C’est pourquoi, j’ai eu un petit pincement au coeur quand je l’ai vu se refondre dans la peau d’une jeune fille de bonne famille sur la fin pour pouvoir se réintroduire dans la cité impériale. J’ai dont été d’autant plus ravie de voir Ashina Sun la secouer dans les dernières pages et j’attends beaucoup de la suite maintenant qu’elle semble avoir un nouveau plan pour reprendre le pouvoir.

Ma note : 17 / 20

Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Crystal Sky of Yesterday de Pocket Chocolate

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Titre : Crystal Sky of Yesterday

Auteur : Pocket Chocolate

Editeur : Kotoji (Asian District)

Années de parution vf : 2014-2015

Nb de tomes : 2 (série terminée)

Résumé du tome 1 :

Mes avis : Tu Xiaoyi se replonge dans son année de terminale et repense à la transition délicate vers le monde des adultes. La perspective de rentrer dans sa ville d’origine va lui remémorer ses premières déceptions amoureuses, la pression des études, la solitude et aussi sa passion pour le dessin et les jeux vidéo.

Tome 1

Avec cette courte série, je renoue avec les BD chinoises que je n’avais pas lues depuis des années. Le ton est à l’image des couvertures, très mélancolique. L’auteur raconte une Chine qui a disparu. Ce sont donc ses souvenirs que nous suivons, ceux d’un petit village où il vivait à la fin de son adolescence. Comme tout récit sur cette période de la vie, la naïveté pointe rapidement le bout de son nez chez le héros. Celui-ci n’est pas du tout réaliste et vit vraiment dans son monde, il est déconnecté du monde réel, et l’arrivée d’un nouvel élève va vite le faire basculer. L’histoire est amenée avec une certaine subtilité, mais l’auteur reste un peu trop en retrait, la rendant banale et superficielle parfois. Les sentiments et les caractères des personnages sont très caricaturaux pour se genre d’histoire, à l’image du geek qui craque pour la plus belle fille de la classe, qui craque pour le beau ténébreux qui vient d’arriver…

Tome 2

On poursuit ce récit adolescent et des groupes se forment et se séparent au gré des événements, comme dans la vie. J’ai toujours un sentiment de manque d’aboutissement dans cette histoire, et personnages trop superficiels. Ils manquent tous singulièrement de caractère et sont un peu trop placides pour moi, surtout le personnage féminin qui est l’exemple parfois de la jeune chinoise soumise qui suit les choix de sa famille, ça fait mal au coeur. Les garçons sont plus indépendants et prennent vraiment leur vie en main dans ce tome, rejetant ce que leur offre la société pour faire leurs propres choix. On sent pointer une critique sous-jacente de l’évolution de la société chinoise peu à peu dans ce dernier tome, mais l’auteur ne va pas assez loin, dommage. L’histoire se termine trop vite, mais en même temps ce n’est que le récit d’un moment bien particulier de leur vie, celui de la transition entre l’enfance et l’âge adulte.

Les dessins de ces deux tomes sont de toute splendeur ! Aussi bien en ce qui concerne les personnages que les décors. De plus, le choix des couleurs toujours appropriées à la scène et subtiles, a un rendu superbe. La dominante de teintes un peu froides me plait énormément. J’aimerais bien avoir certaines planches en format affiche pour chez moi, notamment les images de la veille ville. Un régal pour les yeux !

A noter : Le travail de traduction a clairement été bâclé, entre incohérence, mots oubliés, échangés et énormes fautes d’orthographe, la lecture a parfois été pénible. Dommage pour un tel ouvrage !

Ma note : 15 / 20

Quelques images pour le plaisir des yeux ^^