TAG Mon Prénom en 9 Lettres

Ce n’est pas habituel chez moi, mais me voilà avec un petit TAG proposé par Arlénone du blog Anskarad. Je m’y prête donc avec grand plaisir ^^

Le principe : un livre pour chaque lettre de son prénom sur le modèle des acrostiches, et avec mon prénom les A sont à l’honneur. Lire la suite

Innocent Rouge de Shin’Ichi Sakamoto

Titre : Innocent Rouge

Auteur : Shin’Ichi Sakamoto

Editeur vf : Delcourt/Tonkam (seinen)

Année de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 2 (en cours)

Résumé du tome 1 : A l’aube de la Révolution, Charles-Henri Sanson, maître des hautes œuvres de Paris, règne sur la famille des exécuteurs de France. Sa jeune sœur Marie-Josèphe, en charge de l’office de Versailles, devient incontrôlable à la mort d’Alain, son premier amour. Elle se jure de le venger en éliminant son assassin et ne recule devant rien pour renverser le système injuste qui lui a coûté la vie.

Suite directe d’Innocent (avis disponibles ici).

Mes avis :

Tome 1

Après avoir lu et adoré Innocent, voici sa suite directe : Innocent Rouge. L’histoire enchaîne vraiment avec celle que l’on avait laissé et on suit donc d’abord les conséquences de la mort d’Alain, le premier amour de Marie-Josèphe. Ça nous permet de voir encore mieux la ligne de fraction qui sépare le frère et la soeur : l’un ayant perdu tout espoir et suivant aveuglément les ordres du roi, tandis que l’autre cherche encore à révolutionner le monde. Ce désir de révolution que l’on sentait chez les deux et qui n’existe plus que chez Marie-Josèphe est au coeur de ce premier tome. Lire la suite

Reine d’Egypte de Chie Inudoh

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Titre : Reine d’Egypte

Auteur : Chie Inudoh

Editeur vf : Ki-Oon (Kizuna)

Année de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 2 (en cours)

Résumé du tome 1 : C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des Pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmôsis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures, et forment à première vue un couple parfait. Mais sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle n’a cessé d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ? Pour Hatchepsout, c’est le début d’un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !
L’Égypte ancienne revisitée, à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux ?

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Mes avis :

Tome 1

Reine d’Egypte est le premier titre de la toute nouvelle collection de Ki-Oon consacrée aux cultures étrangères, la collection Kizuna. Effectivement ce titre met en lumière la culture de l’Egypte ancienne avec tous les clichés du genre. L’auteure popularise le sujet et permet au néophyte de se faire une idée de la façon dont vivaient les Egyptiens à l’époque de la célèbre Hatchepsout, l’une des seules femmes à avoir réussi à s’élever au rang de Pharaon et à avoir gouverné en Egypte. Le défaut inhérent à ce genre de projet, c’est qu’à populariser une telle histoire, on tombe vite dans les clichés et qu’on en fait quelque chose de bien trop léger. C’est ce qui m’a le plus dérangée ici. J’ai vraiment eu l’impression de lire un titre à destination des enfants plutôt qu’à des adultes, alors que c’est un seinen à l’origine. Par contre, j’ai trouvé les dessins vraiment très réussis, ils sont vivants, vibrants et riches en détails plutôt réalistes. Ils rendent le titre vraiment dynamique.

Maintenant pour en venir à l’histoire, nous suivons la jeunesse et les premières années d’Hatchepsout en tant que reine d’Egypte, femme du pharaon Thoutmosis II. C’est une jeune femme très vive et enjouée mais aussi très intelligente qui voit bien que son frère Séthi n’est pas à la hauteur pour prendre la place de leur père comme prévu. Leur père est l’un des premiers grands pharaons et a beaucoup fait pour son pays entre ses conquêtes militaires et sa politique de construction et d’embellissement des bâtiments. Hatchepsout rêve de prendre sa suite mais c’est une femme. On la voit donc imaginer tout un plan pour y parvenir et le gros défaut du titre, c’est que pour tout amateur de l’Egypte ancienne comme moi, forcément on sait ce qui va se passer et comment cela va finir, donc ça enlève pas mal de sel à l’histoire. Du coup, j’ai eu l’impression que tout allait très vite, était traité trop superficiellement à l’image des personnages dont les caractères sont très rapidement définis et ne changent pas ensuite. Ce sont souvent de vraies caricatures ambulantes, le pire étant Séthi. Pourtant il y avait du potentiel avec le caractère bien trempé d’Hatchepsout et le charisme de Senmout. Peut-être cela viendra-t-il par la suite.

En attendant, cela donne l’impression d’un titre beau mais superficiel et c’est bien dommage parce que l’histoire se prête à quelque chose de bien plus fort.

Tome 2

Je continue à trouver le titre un peu trop léger pour moi d’un point de vue historique. Tout vas très vite, trop vite pour ce qui compte et en même temps on s’attarde trop et mal sur des points de détails. On sent vraiment que l’auteur manque de sources historiques et brodent en attendant d’arriver aux moments clés du règne d’Hatchepsout.

Après, ça reste bien fait. La reine est un personnage charismatique. Elle est intelligente, a bon coeur et sait manigancer pour obtenir ce qu’elle veut. Senmout est parfaitement digne d’elle contrairement à son frère. Ses luttes de pouvoirs avec les prêtres sont bien menée et facilement compréhensible, de même que les disputes au sein du harem même si on reste en surface. Cela reste entraînant pour le néophyte, moins pour celui qui connait un peu l’Egypte ancienne et c’est bien ce que je reproche à ce titre qui reste trop dans la vulgarisation. Le dessin est d’ailleurs très beau, très léché, encore une fois. C’est un régal pour les yeux aussi bien au niveau des costumes que des décors ou des personnages.

Reine d’Egypte est donc un bon divertissement mais il lui manque le petit plus qui le transformerait en lecture incontournable pour moi.

Ma note : 14,5 / 20

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Le 3e Gédéon de Taro Nogizaka

Titre : Le 3e Gédéon

Auteurs : Taro Nogizaka sous la supervision de Satoshi Yamanaka

Editeur vf : Glénat (Seinen)

Année de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 2 (en cours)

Résumé du tome 1 : À la veille de la Révolution, Gédéon rêve de représenter le Tiers-État aux états généraux pour sauver la France de la misère. Georges, duc de Loire, n’aspire quant à lui qu’à détruire l’ordre établi. Quel avenir la rencontre de ces deux hommes apportera-t-elle à la France ?

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Mon avis :

Tome 1

Au début, je n’avais pas forcément envie de tester cette série, la faute à une couverture qui de loin me faisait penser à du global manga (ces imitations françaises que je n’aime pas du tout). Mais en me penchant dessus après en avoir entendu parler en bien, j’ai réalisé qu’il était réalisé par le mangaka de la Tour fantôme qui avait été une surprise et franche réussite pour moi. J’ai retrouvé dans ce premier tome des éléments de son précédent titre, notamment le côté assez déjanté de l’histoire et de certains personnages ainsi que le traitement bien cru de la violence aussi bien physique que psychologique, ce qui fait de cette histoire un titre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Tout d’abord, pour en revenir à l’histoire, celle-ci se déroule en France, quelques mois avant les débuts de la Révolution française. On retrouve tous les poncifs du genre avec une méchante noblesse et un pauvre peuple aux aboies pendant que certains de ses membres, des bourgeois ou pas, veulent réformer la société. L’auteur en plus peuple son récit de figures hautement connues comme Robespierre et Saint-Just et caricature la société d’alors avec le fameux prêtre pédophile abusant de son autorité et de son pouvoir. C’est classique, c’est bateau et ce n’est pas ce qui m’a intéressé dans le titre, surtout que l’éditeur nous prend parfois pour de vrais ignares quand on voit qu’il met en note ce qu’était un Duc sous l’Ancien Régime…

Non, ce qui m’a plu et amusé dans ce titre, c’est la folie du mystérieux Duc de Loire qui semble vouloir faire tout brûler, tout exploser, tout péter et qui ressemble à  méprendre aux héros de cape et d’épée qu’on connait bien comme le Capitaine Fracasse. On découvre celui-ci au détour de l’emprisonnement de son ami d’enfance, qui est un agitateur qui prêche pour une nouvelle société. Gédéon vit seul avec sa fille, il écrit des romans érotiques pour vivre, mais souhaiterait se faire élire député pour siéger aux Etats Généraux. Il a connu la noblesse et la richesse, mais également la pauvreté. C’est à travers ses yeux qu’on découvre le royaume de France d’alors et c’est le genre de personnage un peu agaçant qui prêche toujours « la bonne parole » parce qu’il veut rester dans le droit chemin. A côté de lui, le Duc de Loire, est un excentrique. C’est un noble qui veut mettre un terme à la société telle qu’elle existe mais qui procède de façon tellement violente et irrationnelle qu’on se demande ce que ça cache.

Pour le moment, l’histoire est encore assez peu développée au final. Nous n’avons eu que quelques exemples de la vie d’alors entre l’arrestation de Gédéon parce que c’est un agitateur, la condamnation d’un prêtre pédophile qui abusait de son pouvoir, la rencontre des « amis » de Loire et une controverse sur la peine de mort, le déménagement du village de Gédéon sur les terres de Loire pour aider Gédéon à se faire élire et enfin la capture de celui-ci par un mystérieux ennemi de Loire. J’ai encore du mal à voir où tout cela va nous emmener mais je suis intriguée par la folie de Loire et rien que pour ça, j’ai envie de continuer.

Tome 2

Voici un nouveau tome très dynamique, bourré d’action et de réflexions. Je n’ai pas vu passer le temps à la lecture de ce nouveau tome.

On démarre sur les chapeaux de roue avec la torture de Gédéon et le plan pour le secourir mené par Georges. En parallèle, on apprend qui est vraiment Gédéon et je n’avais pas vu venir la révélation, naïve que je suis. Cela remet pas mal de choses en perspective. Taro Nogizaka a été malin. On découvre également comme Georges et Motor se sont rencontrés, ce qui est fort intéressant. Le mangaka tisse de plus en plus sa toile et dévoile ses personnages, créant une panoplie d’hommes et femmes dont le passé est directement liés à leurs convictions et actions présentes.

Par la suite, on repart dans la quête de Gédéon d’obtenir un siège de députés pour changer les choses par la voie légale, tandis que Georges, lui, pense que ça ne marchera pas et embrigade Solange, la fille de Gédéon, dans ses machination. Cela sent le souffre, c’est glauque et violent, et Taro Nogizaka est fantastique dans ce genre d’histoire complètement barrée.

Il fait souffler un vent frais dans cette histoire de cape et d’épée, renouvelant le genre. Après, je ne suis pas toujours d’accord avec ses choix, par exemple, je n’aime pas du tout son portrait de membres de la famille royale qui est trop caricatural et extrême. A l’inverse, j’aime bien la façon dont il montre les ambitions de changements de Gédéon et la voie qu’il emprunte. J’attends maintenant de voir la finalité du plan de Georges, les conséquences de l’élection de Gédéon et la façon dont la famille royale va réagir. Je sens que je vais encore être surprise ^^

Ma note : 14 / 20

Bilan de mes lectures en Janvier

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J’avais super bien commencé le mois avec pas mal de lectures et j’étais bien contente parce que j’avais lu ce que j’avais prévu le mois dernier. Et puis je suis tombée sur un os et je me traine un roman depuis 2 semaines sans trop avancer… Je vais devoir me reprendre le mois prochain ^^ Et vous comment se passe votre début d’année livresque ? (Cliquez sur les images pour lire ou relire mes avis)

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Bilan : J’ai donc seulement lu 3 romans, 4 albums jeunesse, 1 BD et 21 mangas (dont 6 fins et 1 nouveauté).

Mes coups de coeur sont : Côté manga : encore Le Monde de Ran, Ecole bleue du même mangaka et l’Histoire des 3 Adolf de Tezuka comme en décembre ; pas de coup de coeur côté roman mais un gros côté BD avec : Le ciel au-dessus du Louvre.

Mes déceptions : La série Tsubasa World Chronicle – Niraikanai

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En février, j’ai prévu de lire :

  • A Court of Mist and Fury de Sarah J. Maas (en VO) avec lequel j’ai du mal depuis 2 semaines…
  • Le tome 1 de Six of Crows (en VO)
  • Peut-être le tome 2 de Miss Peregrine et des enfants particuliers
  • Et j’aimerais entamer une nouvelle série de Fantasy pour adulte pour changer ^^

J’espère encore une fois réussir à tout lire et surtout avancer plus vite surtout que des vacances pointent bientôt le bout de leur nez 😉

Bonnes lectures à tous et bonnes découvertes ^-^

Pline de Mari Yamazaki et Tori Miki

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Titre : Pline

Auteurs : Mari Yamazaki et Tori Miki

Editeur vf : Casterman – Sakka

Année de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 2 (en cours)

Résumé du tome 1 : Pline s’ouvre le 24 août de l’an 79 de notre ère : une éruption du Vésuve engloutit Pompéi lors d’un chapitre de l’Histoire romaine resté célèbre. Pline, alors âgé de 56 ans, est commandant d’une flotte militaire basée non loin. Cédant à son inextinguible soif de comprendre le monde qui l’entoure, et tenu par sa charge militaire de porter secours aux victimes, il décide de se rendre sur place. Il meurt en chemin, probablement étouffé par la fumée et la cendre projetée par le volcan.
Environ 20 ans plus tôt, Pline se rend en Sicile pour mesurer l’ampleur des destructions occasionnées par une éruption volcanique. Il y rencontre Euclès, jeune homme qui vient de tout perdre et qui, peu à peu, devient son scribe. Durant toutes les années qui suivent, et jusqu’à la mort de Pline, Euclès sera à la fois le témoin privilégié de son génie et le spectateur étonné de son quotidien rythmé par une curiosité insatiable, parfois au mépris des obligations propres à ses charges publiques.
Pline, ce sont ces vingt années mouvementées de la vie d’un personnage qui était tout autant un savant et un érudit (le plus grand qu’ait connu l’Antiquité romaine) qu’un homme d’action, à une période charnière de l’histoire de l’empire romain.

Mes avis :

Tome 1 : L’appel de Néron

Ayant découvert Mari Yamazaki avec Thermae Romae que j’avais bien aimé et appréciant la Rome antique, je me suis précipitée sur ce titre, surtout que je ne connaissais pas bien Pline et que c’était l’occasion de le découvrir.

Cette partie-là du contrat est remplie. On découvre bien l’auteur antique, sa personnalité, ses idées, ses voyages, son rôle. C’est un homme politique et un intellectuel sous le fameux empereur Néron ne lui en déplaise, mais c’est avant tout quelqu’un de très curieux dans les deux sens du terme. J’ai trouvé le personnage intéressant mais parlant beaucoup beaucoup trop, ce qui freine la narration et surcharge la lecture des pages. C’est dommage parce que c’est intéressant de découvrir avec lui la façon dont les Romains percevait le monde qui les entoure. On le voit d’abord dans le chapitre d’ouverture lors d’une des éruptions du Vésuve, on le suit ensuite en campagne en Sicile lors d’une autre éruption, puis on le voit dans un port à l’approche de la menace d’un tsunami avant de le retrouver à la toute fin à Rome après l’appel pressant de l’empereur. Ce dernier est la deuxième personnalité du titre. Les auteurs nous le décrivent comme fou et égocentrique, l’image classique que l’on donne de lui et je suis curieuse de voir s’ils nuanceront ou pas leur propos par la suite. Au final l’histoire passe bien mais elle avancerait mieux si Pline parlait moins.

En ce qui concerne les dessins, c’est là mon énorme déception. J’avais beaucoup aimé la simplicité et le classicisme de ceux de Thermae Romae mais c’est très différent ici. Déjà, ils dessinent à 4 mains. Mari Yamazaki s’occupant des personnages et Tori Miki des décors si j’ai bien compris. Cela se ressent malheureusement fortement. On dirait que l’ensemble est fait à l’ordinateur. Ça fait perdre de son âme aux dessins. Je n’ai pas du tout aimé cette surabondance de niveaux de gris mal gérés alors que dans Thermae Romae il y avait une telle légèreté donnée par la seule présence de noir et blanc. Ça charge trop les planches et je perd le côté manga moderne que j’attendais dans ce titre.

Sinon pour conclure sur une note positive, j’ai trouvé l’interview des deux auteurs à la fin très intéressante pour comprendre leur processus de création et je suis ravie d’apprendre qu’elle se poursuivre dans le prochain tome.

Tome 2 : Les rues de Rome

Dans un style un peu différent du premier, j’ai vraiment apprécié ce nouveau tome qui ne se déroule plus à la campagne mais à Rome et où Pline ne crapahute plus dans tous les sens mais est pris dans les enjeux de la politique romaine.

Il y a toujours le même défaut concernant les dessins et je n’arrive toujours pas à les apprécier mais l’histoire l’emporte ici. J’ai beaucoup aimé découvrir leur vision de Rome, aussi bien celle des élites avec le Palais de Néron, que celle du peuple avec le quartier du Trastevere dans lequel vivrait Pline. C’est vraiment très intéressant et réaliste. J’ai aimé découvrir ces différentes facettes entre les problèmes politique de Néron (l’Empire, le Sénat, ses femmes), la vie dans un quartier populaire (lupanar, violence, médecine, problèmes de canalisations…). C’est vraiment très riche et bien exploité puisque malgré un sujet qui aurait pu vite rebuter, les auteurs arrivent à rendre tout ça vraiment intéressant en l’englobant dans l’histoire de Pline et de ses proches : Félix et Euclès.

Ma note : 14,5 / 20

Le ciel au-dessus du Louvre de Bernard Yslaire et Jean-Claude Carrière

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Titre : Le ciel au-dessus du Louvre

Auteurs : Bernard Yslaire et Jean-Claude Carrière

Editeurs : Futuropolis et le Musée du Louvre

Année de parution : 2009

Nombre de pages :

Histoire : C’est l’histoire d’un tableau, au temps de la Révolution Française.
Celle du portrait de l’être suprême, commandé par Robespierre à David. Un tableau qui ne sera jamais peint. C’est aussi l’histoire d’une autre oeuvre, que le peintre laissera inachevée : le portrait de Bara, un jeune éphèbe de 13 ans, martyr de la République. De l’inauguration du musée du Louvre à la fête de l’Être suprême, d’août 1793 à la mort de Robespierre, c’est aussi l’évocation, écrite et dessinée en vingt  » tableaux  » urgents, eux aussi inachevés, d’un face à face entre deux acteurs majeurs d’une révolution trop pressée.
Jean-Claude Carrière avait déjà abordé le sujet de la Terreur sous la Révolution dans le film de Danton de Wajda. Pourtant, son regard, confronté à celui de Bernar Yslaire, renouvelle le sujet. Robespierre apparaît à la fois éclairé et perdu, tandis que David accomplit son destin : celui d’un peintre tiraillé entre engagement politique et ambition artistique. Le ciel au-dessus du Louvre est une plongée fascinante dans la Révolution Française sous l’angle, inédit, de sa représentation, au sein même d’un atelier d’artiste.

Mon avis :

Je suis le travail d’Yslaire depuis une quinzaine d’année déjà et ce titre m’intriguait depuis sa sortie de par la mention du Louvre. Je n’avais pas creusé plus que ça avant de le recevoir à Noël. La surprise a donc été totale.

J’ai beaucoup aimé découvrir un pan de la Révolution française sous un angle nouveau, cette période de l’Histoire étant ma préférée. En effet, Le ciel au-dessus du Louvre est l’histoire de la commande par Robespierre du tableau de l’Être suprême à David. Les auteurs retracent donc la relation qui unissait les deux hommes mais aussi toute la folie mégalomaniaque de Robespierre autour de cette figure de l’Être suprême. On suit la chute de ce dernier et des personnages qui l’entouraient. C’est passionnant à lire et comme toujours avec Yslaire c’est de toute beauté. Il y a un vrai attachement à faire en sorte que les décors et les costumes soient le plus réalistes possible. Ainsi les scènes dans les rues ou à l’Assemblée s’inspirent de tableaux et gravures de l’époque et sont très fidèles. On s’y croirait presque. La patte d’Yslaire est tout de même bien présente dans le côté très poétique et mélancolique du récit avec l’obsession de David pour le jeune Jules. On retrouve aussi sa palette si reconnaissable avec ses pointes de rouge écarlate et ce filtre un peu grisâtre.

J’ai vraiment passé un excellent moment à lire ce titre et je compte me pencher quand j’aurai le temps et le budget sur Le ciel au-dessus de Bruxelles, en espérant que ce soit dans la même veine ^^

Ma note : 19 / 20

Unlucky Young Men de Kamui Fujiwara et Eiji Otsuka

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Titre : Unlucky Young Men

Auteurs : Kamui Fujiwara et Eiji Otsuka

Editeur vf : Ki-Oon

Année de parution : 2016

Nombre de tomes : 2 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Tokyo, 1968. Les mouvements étudiants tournent à l’émeute et l’agitation gagne le Japon. Pour essayer d’échapper à son lourd passé criminel, Norio Nagayama rejoint la capitale dans l’espoir d’un nouveau départ. Au Village Vanguard, bar jazz dans lequel la jeunesse révolutionnaire nipponne a ses quartiers, il fait la connaissance de Takeshi Kitano, un jeune comique raté qui tente de faire carrière dans le cinéma. Le grand projet de Takeshi : Unlucky Young Men, un scénario qu’il a rédigé, véritable chronique d’une génération japonaise désabusée et prête à tout pour réaliser ses rêves. Afin de financer la production du film et d’assurer leur avenir, les deux jeunes hommes vont planifier l’attaque d’un fourgon transportant 300 millions de yens…

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Mes avis :

Tome 1

Je voulais lire ce titre depuis que j’ai découvert Mishima Boys du même auteur en début d’année. Les deux titres sont les deux faces d’une même pièce. Ils parlent tous les deux du Japon des années 60, un Japon ébranlé par le terrorisme et les révoltes étudiantes où se cotoient de grandes figurines de la littérature comme Yukio Mishima ou Kenzaburo Oe qu’on croise d’ailleurs dans U.Y.M. Ce contexte lourd et sombre est le cadre parfait pour le récit d’Eiji Otsuka. Cela lui permet de faire un tableau sans concession du Japon d’alors à travers la célèbre affaire du vol des 300 millions de yens. On sent vraiment que lui et Kamui Fujiwara se sont très bien documentés sur la période pour ainsi nous livrer cette « fiction-réalité ». Cependant pour le lecteur néophyte qui connait peu l’Histoire récente du Japon, c’est parfois compliqué à suivre. On sent qu’il y a tout un tas d’éléments sous-jacents qu’on ne fait que percevoir mais qu’on ne comprend pas, qui nous passent à côté. C’est dommage.

Contrairement à Mishima Boys, j’ai tout de même trouvé ce titre bien plus facile d’accès. La narration est simple et fluide. On suit l’histoire de T et N sans la moindre difficulté. On comprend assez bien le monde démoralisant dans lequel ils vivent et cette envie qu’ils ont de voir les choses s’améliorer tout en étant découragés et en ne se sentant pas la force de le faire. Cela fait plutôt bien écho avec le monde actuel alors c’est une bonne idée de l’avoir sorti maintenant. J’ai beaucoup aimé tout le travail fait pour les auteurs sur la reconstitution de l’époque et de son ambiance. On sent bien le côté glauque des organisations de jeunes, on sent bien la corruption des flics, on sent bien combien la société est démoralisée et comment tout part à vau-l’eau. L’ambiance est pesante tout comme le graphisme avec ses noirs intenses. On se sent à mi-chemin entre le polar, le film noir et le thriller. Le glissement entre la petite vie pas si tranquille de N au début et ses implications avec un groupe communiste extrémiste qui se fait manipuler par une barjot est prenant mais glaçant. Je n’ai absolument pas vu le temps passer sur ces 357 premières pages.

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Tome 2

Ce second tome est tout aussi puissant si ce n’est plus que le premier. Il montre vraiment toute la désespérance de cette génération post-guerre. Les mangakas font ainsi la critique du bombardement atomique, du post-Hiroshima, de l’occupation américaine, de la responsabilité de l’Empereur et du peuple japonais, … C’est très riche et ça m’a vraiment donné envie de me pencher sur cette période de l’histoire japonaise. A cela se mêle le destins de ces Unlucky Young Men. On découvre ainsi le passé de N dont la famille a vraiment beaucoup souffert et les auteurs ont eu une riche idée d’en profiter pour faire la critique du Japon d’avant la Seconde Guerre Mondiale. Certes tout n’est qu’effleuré puisque c’est à des visées narratives et que ce n’est pas le coeur de ce titre mais c’est très intéressant. J’ai également apprécié suivre les traces de T qui comme il le dit s’est retrouvé tellement subjugué par N que les rôles ont été inversés. C’est amusant et perturbant à la fois de le voir remonter à la trace la vie de N. Mais les plus perturbants sont probablement les personnages féminins dont la folie douce est palpable. Les deux Yoko sont fragiles psychologiquement et pourtant elles savent aussi se montrer très forte vis-à-vis de leurs convictions. Je les ai trouvées assez glaçantes au final dans leur façon de changer brusquement d’avis et surtout de manipuler froidement leur petit monde.

Du point de vue de la narration, c’est toujours aussi impeccable. L’histoire est complexe et se suit pourtant très facilement. C’est fascinant de suivre leur groupe au milieu de cette période si trouble, qu’on nous rappelle souvent à travers le personnage de Mishima. La fiction et la réalité se mêlent à merveille au point qu’il est difficile parfois de distinguer l’un de l’autre. J’ai beaucoup aimé la lente montée de l’intrigue dans ce dernier tome jusqu’à la scène de rupture qui met un terme au petit groupe. Les adieux entre N et T sont aussi très bien mis en scène. Il y a un vrai travail dans la narration et la découpe des cases encore plus fort que dans le premier tome.

Mon seul regret sur ce titre est l’absence d’un vrai appareil critique pour nous éclairer sur la période et nous donner des clés de compréhension plus complètes que celles des brefs mots des auteurs à la fin de chaque tome.

Ma note : 16,5 / 20

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L’Histoire des 3 Adolf d’Osamu Tezuka

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Titre : L’Histoire des 3 Adolf

Auteur : Osamu Tezuka

Editeur vf : Tonkam

Années de parution vf : 2008 (édition découverte)

Nombre de tomes : 4 (série terminée)

Résumé du tome 1 : L’histoire est racontée par Sohei Togue qui décide de narrer l’histoire des 3 hommes tous appelés Adolf. Son récit débute pendant les Jeux Olympiques de 1936 alors qu’il était journaliste, Togue est envoyé en tant que reporter pour couvrir les JO. Il veut par la même occasion revoir son frère, Isao, qui étudie en Allemagne.
C’est alors qu’il reçoit un appel de celui-ci. Isao lui dit alors qu’il veut lui confier des documents si importants qu’ils pourraient renverser Hitler et le régime Nazi. Mais avant même de pouvoir mettre la main dessus Isao se fait mystérieusement tuer. Togue essaiera de découvrir la vérité sur ce meurtre et sur ces documents.
En parallèle, nous suivons deux enfants Allemands vivant au Japon, l’un du nom d’Adolf Kauffmann, fils d’un nazi ; et l’autre du nom d’Adolf Kamil, un juif.

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Mes avis :

Tome 1

Ça faisait longtemps que je voulais tester cette série et me remettre à lire du Tzeuka. J’ai toujours eu un peu de mal dans les précédentes oeuvres que j’ai testé que ce soit au niveau de l’histoire, des dessins ou du découpage des cases, mais ici ce ne fut absolument pas le cas. J’ai été de suite embarqué par ce thriller historique à la sauce Tezuka.

Ce premier tome se partage en 2 parties un peu inégales. La première est palpitante. On se croirait plongé en plein thriller américain comme savait si bien les porter à l’écran Hitchcock. Le découpage est ultra dynamique, il est simple, sans fioriture et va droit au but tout en exacerbant les émotions. Ça happe complètement le lecteur dans l’histoire de ce journaliste qui découvre son frère assassiné par des SS en pleine Allemagne nazi et qui sait qu’il cachait un secret qui pouvait faire tomber le régime. Le contexte est parfaitement rendu que ce soit les J.O. de Berlin, la montée du nationalisme allemand ou les rassemblements des partisans d’Hitler. Tezuka se sert d’éléments et rumeurs bien connus et les distille pour en faire une histoire sombre, oppressante et prenante. J’ai vraiment adoré suivre les aventures de Sohei.

Dans la seconde partie que j’ai trouvée bien plus faible, nous suivons le destin de 2 autres Adolf dans la ville de Kobe que Tezuka a bien connu dans sa jeunesse. Là encore nous sommes en plein contexte pré Seconde Guerre Mondiale avec la montée de l’antisémitisme dans ce port accueillant des étrangers. On suit deux jeunes garçons, l’un mi-allemand, mi-japonais mais dont le père a adhéré au Parti, et l’autre allemand aussi mais de confession juive. Leur amitié est menacé par la montée de l’antisémitisme et c’est l’occasion pour Tezuka à travers leur lien de montrer l’absurdité de cette idéologie. Cependant, il tombe vite dans un de ses travers, la surexposition des sentiments de ses personnages et le tout a un ton trop grandiloquent. On ne retrouve pas non plus l’ambiance de thriller de la 1ère partie même si là aussi un mystère est présent. Ce mystère en question rejoignant habillement celui auquel est confronté Sohei avec son frère. Cependant j’ai trouvé ça moins bien fait et plus caricatural ici avec les liens du père d’Adolf avec le Parti, puis l’enrôlement forcé de ce dernier. J’ai tout de même beaucoup aimé la retranscription du contexte, de la ville de Kobe, des relations entre étrangers là-bas, de ses allemands qui rejoignaient le Parti, de l’enrôlement dans les Jeunesses Hitlériennes. On sent que Tezuka maîtrise son sujet et il se montre très pédagogue sans que cela pèse un instant sur la narration de son histoire. Il mêle avec beaucoup d’habileté la petite et la grande histoire. Quel talent !

En ce qui concerne l’objet, l’édition deluxe de Tonkam est magnifique. Elle rend bien hommage à l’oeuvre avec sa couverture rigide, son signet et surtout son appareil critique. Celui-ci apporte pile poil les informations nécessaires pour que le néophyte comprenne l’histoire qui se déroule sous ses yeux. C’est complet et simple à la fois, revenant sur les éléments clés du tome pour les expliquer avec un éclairage scientifique. J’ai beaucoup aimé. Mon seul reproche serait sur l’attache des pages, j’ai peur que cela ne résiste pas au temps…

L’Histoire des 3 Adolf est donc une très belle découverte qu’il me tarde de compléter malgré le prix important des tomes (près de 20€ pièce). Cela me donne même envie de me pencher sur les autres parutions de Tezuka à destination des adultes.

Tome 2

Après avoir dû changer d’édition faute de trouver la même encore disponible en neuf ou en occasion à un prix correct, me revoilà avec la suite de l’histoire des 3 Adolf. J’ai trouvé ce tome un brin en-dessous du premier. Tezuka se concentre ici sur la partie qui m’intéressait le plus : l’enquête de Sohei, et on ne voit l’Adolf germano-japonais que lors d’un court chapitre.

Cependant en se concentrant sur la partie soi-disant d’aventure, il délaye malheureusement un peu et ça se sent dans une narration poussive parfois. A chaque fois que Sohei avance et s’apprête à mettre la main sur les documents que voulait lui faire passer son frère, il lui arrive une tuile. Ça fait donc un peu répétitif. En même temps, j’ai bien aimé suivre ses péripéties, le voir poursuivi par la Police secrète qui fait tout pour lui pourrir la vie, ce qui permet à Tezuka de montrer comment étaient traités les « rouges » et les ennemis au régime au Japon avant et pendant la guerre était intéressant. On voit aussi combien la misère a gagné la population et les restrictions qu’ils doivent subir. J’aime beaucoup cet arrière fond et je pense bientôt me procurer un ouvrage plus sérieux sur le sujet pour me documenter. C’est là le talent de Tezuka, arriver en plus de son histoire, à peindre la grande Histoire du Japon à cette époque et à nous donner envie de la découvrir encore plus.

Mais revenons-en aux aventures de Sohei. La police secrète ne va pas se contenter de l’empêcher d’avoir un toit et un boulot, leur but c’est de le faire craquer pour qu’il leur donne les documents de son frère, et j’ai trouvé l’implication de plus en plus importante de Lamp parfaite pour ça. Celui-ci ressemble trait pour trait à Ulric dans les Blake et Mortimer et il est tout aussi barré. J’ai aimé les chassés croisés entre lui et Sohei ainsi que le face à face très dynamique à la décharge entre Sohei et l’inspecteur de la Police secrète.

Mais cela aurait été trop beau si ça s’arrêtait là, la deuxième partie du tome où Sohei s’allie avec le commissaire Nigawa est encore meilleure. On les voit tous les deux partir à la poursuite du fameux inspecteur qui a récupéré les documents mais ne les comprend pas, le tout avec Lamp sur les talons. Leur petit road trip est classique mais très efficace avec son lot de surprises et de déconvenues. L’apogée sur l’île m’a furieusement rappelé certains passages d’albums de Tintin (on sent bien les influences de Tezuka ^^).

Enfin le dernier chapitre était aussi très intéressant grâce à la présence de cette « veuve » de guerre tenancière d’un petit bar dans un petit port de pêche. J’espère qu’on la reverra même si le fait que Tezuka veuille absolument faire de Sohei un tombeur qui séduit toutes les femmes qu’il croise me dérange un peu. En tout cas maintenant que les documents ont été récupérés, l’histoire va pouvoir à nouveau avancer, peut-être dans une nouvelle direction même vu à qui ils vont être confié et cela permettra enfin de mieux relier les deux parties, celle des 2 Adolf et celle de Sohei. J’espère que Tezuka équilibrera mieux l’ensemble et qu’on reparlera plus de politique internationale.

Tome 3

A partir de ce tome, j’ai dû bifurquer vers l’édition américaine, la fin n’étant pas disponible à un prix correct en français… Du coup, j’ai l’impression d’avoir loupé un ou deux chapitres ce qui est un peu gênant…

Sinon, j’ai énormément aimé ce tome où j’ai eu l’impression que toutes les intrigues commençaient vraiment à s’entremêler. On suit d’abord l’embrigadement progressif d’Adolf Kaufmann. C’est effrayant de voir combien quelqu’un peut changer à cause de ses lectures ou de son milieu et de ses fréquentations. Le fait de le voir progressivement devenir un vrai SS cruel et impitoyable contre les Juifs fait froid dans le dos. On le sent pourtant encore tiraillé entre son coeur et sa tête mais il a perdu toute logique dans ses opinions et son obsession pour la pureté du sang.

Puis avec Elisa qu’il sauve et envoie au Japon, on retrouve enfin le troisième Adolf, qui n’a pas changé lui. J’ai aimé leur rapprochement et la force morale du premier, comment il défend encore sa mère et ses opinions malgré la guerre. C’est alors l’occasion de revenir sur la première affaire qui nous a occupés dans l’histoire : le meurtre de cette jeune Geisha, espionne pour les rouges, et donc les documents secrets sur la naissance d’Hitler. J’ai beaucoup aimé la façon dont Tezuka relie ainsi tous ses personnages puisque ce nouvel Adolf va nous faire retrouver Sohei grâce à son lien avec le fils du commandant Honda qu’on a déjà croisé. Le monde est vraiment petit. Les documents sont vraiment bien au centre de l’histoire.

Mais j’ai aimé qu’en parallèle de son thriller, Tezuka n’oublie pas de continuer à brosser le portrait du Japon et de l’Allemagne pendant la guerre. On sent bien son regard critique dessus mais j’aurais aimé qu’il aille un peu plus loin parfois. Il n’a pas non plus oublié que malgré la guerre, les hommes et les femmes continuent à s’aimer et à se déchirer et on suit ainsi les romances qui se nouent et qui vont être source de drames plus tard.

Ce tome 3 est vraiment un tome très complet.

Tome 4

Ce dernier tome est dans la droite ligne du précédent et continue à rassembler l’ensemble des intrigues tout en brossant un portrait dur de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de la Guerre Israëlo-Palestinienne qui a suivi. On sent que Tezuka est plutôt un pacifiste et que peu importe le camp, il dénoncé la guerre dans son ensemble. Il manque cependant de dureté envers le gouvernement japonais, je trouve, ainsi qu’envers celui d’Israël.

Pour en revenir à son histoire, celle de ses 3 Adolf, elle trouve bien sa conclusion ici. On voit la lente déchéance d’Adolf Hitler dont les plus proches s’éloignent et vont même jusqu’à le trahir. En parallèle, c’est la descente aux enfers pour Adolf Kaufmann qui a tout perdu et que la folie guette après son embrigadement. Sa vie aura été entièrement gâchée par cela et il sera devenu un vrai monstre incapable de faire machine arrière. Le dernier Adolf ne fait pas mieux parce que lui aussi se retrouve à commettre des atrocités finalement. La guerre aura bien transformé ces deux jeunes garçons, ces deux amis.

Finalement, le seul qui s’en sort bien, qui reste un « héros », c’est Sohei qui est d’ailleurs le narrateur… On suit avec lui la vie du peuple japonais pendant la guerre et surtout pendant les bombardements. C’est très intéressant comme témoignage mais cela manque de nuance puisqu’on ne parle pas ou trop peu des exactions des Japonais pendant la guerre. L’affaire des documents sur Hilter trouve tout de même sa conclusion et on est dans du pur thriller. C’est délayé sur l’ensemble des 4 tomes mais c’était tout de même passionnant à suivre. Il est juste dommage qu’au final cela n’ait aucune porté sur la grande histoire qui se déroule en parallèle. Ça donne en effet de pétard mouillé.

Conclusion :

Je peux donc dire après avoir lu cette oeuvre que je comprends pourquoi elle occupe une telle place dans les travaux de Tezuka. C’est un titre osé pour l’époque, elle fut publiée en 1983-85 au Japon, où le mangaka n’hésite pas à dénoncer les atrocités de cette guerre et l’absurdité de toutes les guerres. Il fait passer un vrai message humaniste.

Ma note : 17 / 20

Des années plus tard (Les Bridgerton, tome 9) de Julia Quinn

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Titre : Des années plus tard, La chroniques des Bridgerton, tome 9

Auteur : Julia Quinn

Editeur vf : J’ai lu (Aventures et passions)

Année de parution vf : 2016

Résumé : Que deviennent les héros d’un roman, une fois la dernière page tournée ?
Pour Daphné et Simon, après vingt ans d’un mariage idyllique et quatre beaux enfants, c’est un événement inattendu qui bouleverse leur quotidien. Kate et Anthony doivent s’affronter dans une compétition d’un genre un peu particulier. Eloïse découvre un improbable secret. La vie inflige une épreuve à Francesca et Michael. Et même Violet, la matriarche de la famille Bridgerton, va s’apercevoir que les belles histoires ne s’arrêtent peut-être pas !

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Mon avis :

Ce n’est pas facile de reprendre une série comme celle des Bridgerton surtout pour donner un second épilogue à chaque membre de cette vaste famille, mais Julia Quinn a parfaitement su le faire. En s’aidant des demandes de ses lecteurs, elle est à chaque fois revenue sur un point qu’ils souhaitaient voir approfondi et c’est avec plaisir que nous les avons retrouvés. J’avoue tout de même que malgré ces épilogues, j’aimerais toujours qu’une seconde génération de Bridgerton voit le jour et prenne la relève pour une nouvelle saga ^^

Dans le premier épilogue, nous revenons sur le superbe couple que forment Simon et Daphné et notamment sur l’enfance de Simon et ses problèmes d’élocution. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle parce que c’est l’un de mes couples préférés et que j’ai beaucoup de tendresse pour eux. De plus, j’ai aimé la surprise qui attend Daphné et la façon dont Simon surmonte une fois de plus son passé pour aider les autres.

Dans la deuxième nouvelle, c’est au tour d’Anthony et Kate et quelle excellente idée de rejouer avec eux une partie de Pall Mall, sorte de crockett où tout est permis. J’ai beaucoup ri. J’ai adoré retrouvé cette ambiance de douce compétition propre à la fratrie avec leurs piques et leur mauvaise foi. C’était un vrai bol d’air frais !

La suivante concerne bien sûr le couple de Benedict ou plutôt celui en devenir de la « soeur » de Sophie. C’était mignon et je suis contente que Posy ait eu son happy end, mais ça n’a jamais été mon tome préféré et je suis restée sur ma faim. Je trouve cette nouvelle assez dispensable.

La quatrième est consacré à Colin, mon Bridgerton préféré ! Et même si j’ai adoré les retrouver lui et Pénélope, surtout si peu de temps après leur mariage, je suis un peu déçue qu’ils partagent la vedette avec Eloïse. C’est tout de même une bonne idée de revenir sur l’amitié de celle-ci et Pénélope ainsi que sur la révélation du secret de cette dernière, mais j’aurais voulu que ça tourne plus autour du couple.

Pour la cinquième nouvelle, on retrouve Eloïse mais elle partage la vedette avec sa fille adoptive, Amanda. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle où j’ai retrouvé un peu de l’espièglerie des Bridgerton. J’aurais quand même peut-être préférée la voir se développer sur un roman pour retrouver aussi Oliver, mais c’était amusant de voir celle-ci tomber amoureuse d’une canaille.

L’histoire qui suit, celle de Francesca est l’une de celles qui m’a le plu émue. Le fait qu’elle se croit stérile alors qu’elle désire tellement un enfant est cruel surtout qu’elle a déjà vécu tellement de souffrances dans sa vie. Heureusement que Julia Quinn ne nous laisse pas en plan comme ça et que Francesca et Michael ont enfin leur happy end qui n’est pas forcément celui auquel je m’entendais, je voyais l’auteur nous pousser dans une autre direction.

J’ai ensuite été fan de l’histoire de Hyacinthe dont la fille est le copie conforme. J’ai tellement aimé ce personnage haut en couleurs comme sa mère que j’aimerais aussi la retrouver dans un tome rien qu’à elle. De plus, c’était amusant de la part de l’auteur de se resservir de l’histoire des bijoux de la famille de Gareth pour cela. Je me suis vraiment amusée en lisant cette nouvelle et en voyant combien Hyacinthe n’avait pas changé ^^

L’avant-dernière histoire est consacrée à Grégory et Lucy et je pensais vraiment que ce serait la dernière. Je n’ai pas trop aimé celle-ci. Son ton volontairement dramatique n’a pas pris avec moi et j’ai trouvé ça de trop. Malgré tout c’était poignant de voir la détresse de Grégory et j’ai aimé que la nouvelle s’ouvre et se ferme sur une lettre de cette chère Hyacinthe.

Enfin, la dernière nouvelle, celle que je n’attendais pas concerne Violet, certainement l’un des plus beaux personnages de l’histoire. Je suis tellement contente que Julia Quinn revienne sur sa rencontre et ses premiers émois avec Edmund mais j’aurais tellement voulu là aussi qu’un roman entier leur soit consacré. C’était tellement amusant de retrouver l’espièglerie et le caractère si particulier de leurs enfants chez eux quand ils étaient plus jeune. Je suis fan des petis Violet et Edmund et j’aurais tellement aimé que l’auteur n’aille pas si vite sur leurs retrouvailles une fois adultes. En attendant, elle livre une conclusion parfaite à leur histoire dans les dernières pages où Violet explique pourquoi elle est restée seule depuis la mort de son mari.

Julia Quinn a donc eu une très bonne idée en nous donnant ces seconds prologues. Certains sont plus aboutis que d’autres, plus dans l’esprit de la série originale. Certains donnent très envie qu’un roman leur soit consacré, tandis que d’autres sont un peu plus anecdotiques. Mais je suis plus que ravie de les avoir une nouvelle fois retrouvés !

Ma note : 16 / 20

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