Livres - Jeunesse / Young Adult

Le Loup Rouge de Friedrich Karl Waechter

Titre : Le loup rouge

Auteur : Friedrich Karl Waechter

Editeur : L’école des loisirs

Année de parution vf : 1998

Nombre de pages : 59

Histoire : Vie et mort d’un chien qui aurait pu être un loup et qui fut sauvé par Olga, une jeune fille russe. Cette dernière l’aida à écrire son histoire qui est celle que l’on peut lire aujourd’hui dans cet album.

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Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Pact de Shinnosuke Kuji

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Titre : Pact

Auteur : Shinnosuke Kuji

Editeur vf : Pika

Année de sortie vf : 2017

Nombres de tomes vf : 5 (série terminée)

Résumé du tome 1 : An 20XX, le monde entier frémit sous la menace d’un groupe mystérieux qui a placé des bombes d’une puissance inimaginable dans les océans. Cachés sous des masques de « lapins », ces terroristes veulent prendre leur revanche en forçant le monde à vivre dans la crainte. Après l’échec de l’équipe de déminage américaine, c’est au tour de celle du Japon de passer à l’action ! La jeune prodige, Machiko Machida, passe un pacte avec Nagito Aranagi avant de tenter de désamorcer la première bombe. Malheureusement, la situation ne se passe pas comme prévue, et le commandant de l’équipe de déminage décide de changer de stratégie…
Une course contre-la-montre a commencé : il ne reste plus que dix jours avant l’explosion…

Mes avis :

Tome 1

Cette nouvelle série avec son pitch de départ un brin futuriste m’a attirée mais elle n’a malheureusement pas su me convaincre totalement.

J’ai beaucoup aimé le décor avec la planète qui est sous la menace d’un groupe de terroristes, vivant au Pôle sud et pourtant un masque de lapin, qui veulent les submerger totalement à l’aide de bombes à Azote. C’est très politique, c’est angoissant et intriguant. On se demande qui sont ces terroristes, pourquoi ils ont pris certains pays pour cible, pourquoi ils leur ont laissé du temps pour réagir, etc. L’organisation japonaise qui lutte contre eux est charismatique elle aussi et l’ensemble donne un côté assez sérieux à l’histoire.

Malheureusement, c’est gâché par des personnages trop caricaturaux et peu attachants. Je n’ai pas du tout accroché avec le héros qui a perdu la petite fille, le petit génie, qu’il protégeait. Je n’ai pas plus accroché avec les commandos d’élite qui sont là à chaque fois pour les protéger lors de leurs missions vu qu’à chaque fois ils se font éliminer vitesse grand V. Mais la palme revient à Ivan, le représentant de la Russie, un cliché dans toute sa splendeur, qui en devient même ridicule au lieu de faire peur comme il le devrait. Les personnages sont vraiment le point faible de ce titre et c’est bien dommage parce que certains ont du potentiel comme le petit génie du début, le fondateur de l’EOD ou les fameux lapins terroristes.

La série ne comportant que 5 tomes, je vais quand même lui donner sa chance.

Tome 2

Ce tome est diablement bien construit. On sent monter une grosse tension tout du long jusqu’à la révélation finale qu’on attendait tous un peu, je crois. Les personnages restent peu attachants même si l’auteur essaie de leur donner un peu plus d’épaisseur en nous racontant leur passé ou les liens qui les retiennent encore ici. J’ai aimé découvrir par petite touche le trauma de Nagi et l’origine de sa relation si particulière avec Machi. J’ai aimé ses interactions avec les membres de l’expédition. Le côté huis clos est bien mené. C’est vraiment angoissant d’être dans cette ville fantôme submergée et de ne pas savoir quand les terroristes vont attaquer. Par contre, on avance bien plus lentement que dans le précédent tome. Une grosse partie est consacrée au passé des personnages et à l’émotion. Il reste ensuite peu de pages pour faire avancer l’histoire sauf dans le dernier chapitre où on en apprend plus sur ceux à l’origine des attentats. Cela m’intrigue tout de même assez pour continuer vu le peu de volumes.

Tome 3

Le huis clos continue et la tension monte de plus en plus au fur et à mesure qu’ils approchent de la 2e bombe. Le désamorçage de celle-ci est l’occasion d’une vraie surprise, un événement qui va venir bouleverser la dynamique de la série ce que j’ai beaucoup apprécié. La seconde partie du tome montre les conséquences de cet événement et le retour d’un autre membre important de l’Eod, qui est encore plus farfelue que ceux qu’on a croisés jusqu’à présent. Le schéma de l’histoire, lui, reste un peu répétitif, de même que les motivations des personnages. Je trouve aussi qu’on n’avance pas du côté des terrorismes, il n’y a pas de révélations de ce côté dans ce tome et on n’en entend presque pas parler. A deux tomes de la fin, il va falloir un petit coup d’accélérateur pour conclure correctement la série.

Tome 4

A un tome de la fin, nous voici face à la dernière bombe avec une équipe en partie renouvelée. Les ajouts qui viennent de force de protection de « cette » guerre font froid dans le dos, surtout celui avec le bandage qui a des airs de vrai psychopathe. Quand on les entend nous rabâcher les oreilles avec « cette » guerre, ça donne envie d’en apprendre plus sur celle-ci. C’est terrifiant de voir comment les soldats sont utilisés pendant celle-ci mais aussi les programmateurs comme Neko, et le pire c’est qu’on ne sait pas vraiment pourquoi il y a cette guerre et si un jour elle prendra fin. L’auteur dénonce ainsi l’absurdité des guerres, mais aussi de la course à l’armement et de l’incapacité à s’arrêter une fois que l’escalade a commencé. Pour revenir du côté des bombes, le déroulé pour aller désamorcer la dernière ressemble énormément à ce qui a déjà eu lieu mais les ajouts dans la troupe corsent un peu les choses. On voit Neko devenir un personnage central avec Misaki. Leur duo est attachant. Maintenant, je me demande ce qu’il va se passer dans le prochain et dernier tome une fois qu’ils auront désamorcé cette bombe.

Tome 5

Ne tournons pas autour du pot, je suis très déçue par cette fin qui est complètement inaboutie. J’ai vraiment eu l’impression de m’être fait lâcher en plein milieu de l’histoire et d’en avoir manqué tout un pan. Certes, les chapitres composants ce tome sont nerveux et larmoyants à souhait mais il y a de vrais questionnements autour de ces bombes qui restent sans réponse. On n’a aucune résolution du conflit ni ne serait-ce que la moindre petite information sur le devenir du groupe terroriste qui a fait ça (à moins que j’aie loupé un passage) et ce n’est pas normal. J’ai vraiment l’impression qu’on s’est bien moqué de moi. En plus, on a droit à deux histoires annexes qui n’ont aucun rapport avec la saga et qui gâchent de l’encre et du papier alors que cet espace aurait pu être utile pour conclure la série correctement. Je ne risque pas de tester une autre série de cet acabit de sitôt.

A côté de ça, j’ai bien aimé le développement de Neko et de ses capacités de hackers. J’ai aimé les références aux tomes précédents. Même si c’est classique, j’ai aussi apprécié l’évolution de Haru qui est plus attachant que prévu, de même que les deux « brutes » qui l’accompagnent. La dynamique entre lui et Neko était intéressante. J’ai aussi été contente de voir enfin un certain happy end après tout ce qu’il leur était arrivé même si je suis consciente que c’est facile et qu’un autre dénouement aurait eu plus d’impact. Par contre, je ne vois pas trop l’intérêt de revenir encore sur Nagi dans les dernières pages surtout vu ce qu’il est devenu.

Pact fut donc une série à l’univers intéressant mais sous exploité. Les débuts étaient vraiment prenant mais au fil des tomes cela s’est fortement dégradé pour finir un peu en eau de boudin. On est loin du titre inoubliable.

Ma note : 11 / 20

pact

Séries Tv - Films

War and Peace (2016)

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Titre : War and Peace

Une série créée par Danny Cohen-Solal

Pays :  Royaume-Uni

Année : 2016

Genre : Drame, Histoire, Romance

Avec Lily James, Paul Dano, James Norton, Stephen Rea, Gillian Anderson, Jim Broadbent, Aneurin Barnard, Jack Lowden, Aisling Loftus…

Statut : Série terminée en 6 épisodes d’1h

Histoire : En Russie, de 1805 jusqu’aux événements entourant l’invasion du pays par Napoléon en 1812. Le quotidien de cinq familles aristocratiques vivant sous le règne d’Alexander Ier et des effets persistants des règles mise en place par sa grand-mère Catherine II…

War & Peace - Generics

Mon avis :

Cette série est un très belle fresque historique qui transcrit parfaitement en images le roman de Tolstoï. J’ai beaucoup aimé toute la reconstitution que ce soit dans les décors intérieurs ou extérieurs et les costumes. C’est vraiment très réussi, très beau et ça nous plonge à merveille dans cette vaste histoire. J’ai trouvé la description de l’aristocratie russe du début du XIXe très bien faite avec cette ambiance de richesse et de décadence pendant que leur pays en proie à la guerre. De même, les scènes de guerre avant ou pendant une bataille sont aussi un régal à regarder même si elles sont aussi glaçantes. Cela fait un ensemble très prenant dès les premières minutes.

Côté personnages, on est servi ! Il y en a vraiment beaucoup à retenir et c’est parfois difficile de s’y retrouver surtout avec des noms russes auxquels on n’est pas forcément habitués, mais ça vient au bout de 2-3 épisodes. Nous suivons principalement les histoires d’Andrei, Pierre et Natasha. Andrei est le fils du Prince Nicolas et s’est engagé sur le front pour participer à la guerre. Il est honnête, sincère, loyal, un homme comme on en fait peu. C’est un ami de Pierre, qui lui, est le fils illégitime du comte Bézoukhov dont il hérite de la fortune. C’est un garçon très idéaliste et un peu mollasson mais qui se réveille parfois et fait preuve de bravoure. Il est très proche de Natasha, fille du comte Ilia et de la comtesse Natalia. C’est une jeune fille très vive et attachante qui attire rapidement les regards sur elle. A eux trois, ils vont former le triangle amoureux de l’histoire et les intrigues vont se déployer autour d’eux.

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Ainsi au début, on suit l’ascension de chacun. Pierre héritant de son père devient riche. C’est alors un parti convoité sur lequel la belle Hélène met la main avant de le tromper ce qui ne m’a pas surpris parce que même s’il est le héros de cette histoire, Pierre est très effacé. Andrei, lui, apprend à se mettre en avant dans l’armée et gagne la confiance du Général Koutouzov mais il va rapidement perdre sa femme après être revenu du front et va sombrer dans la dépression. Heureusement il va faire la rencontre de Natasha, qui elle, virevolte insouciante qu’elle est. Leur rencontre est magique même si elle a lieu sous le regard peiné de Pierre. Cependant Natasha est encore trop jeune, trop frivole et elle se laisse emporter par la fièvre des bals moscovites, oubliant Andrei. Je l’ai vraiment trouvée détestable à ce moment-là, même si elle est si jeune et naïve. Heureusement, elle va mûrir lorsqu’elle va rencontrer des temps difficiles avec l’invasion des Français puis leur retrait. Sa rencontre et son amitié avec Marya, la soeur d’Andrei, y est pour beaucoup et tandis que je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à Natasha ou Pierre, j’ai beaucoup aimé Andrei et sa soeur. Marya est une femme comme je les aime et j’ai été ravie qu’elle finisse par trouver le bonheur.

Au final, War and Peace est une série captivante, desservie par un très joli casting. Le roman en lui-même est un pavé un peu indigeste mais la série a su en garder le meilleur et jamais je ne me suis ennuyée. J’ai passé un très agréable moment et j’ai bien retrouvé l’atmosphère du roman de Tolstoï aussi bien grâce aux décors qu’à la musique très bien choisie. C’est une série historique que je recommande vraiment.

Ma note : 16,5 / 20

Livres - Contemporain

Un Roman russe d’Emmanuel Carrère

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Titre : Un Roman russe

Auteur : Emmanuel Carrère

Editeur : P.O.L.

Année de parution : 2007

Résumé : La folie et l’horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j’ai écrits ne parlent de rien d’autre. Après L’Adversaire, je n’en pouvais plus. J’ai voulu y échapper. J’ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête.
L’enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l’automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration. C’est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille.
Pour exorciser ce fantôme, j’ai suivi des chemins hasardeux. Ils m’ont entraîné jusqu’à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu’il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce.
La folie et l’horreur me rattrapaient. Elles m’ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J’ai écrit pour la femme que j’aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et nos amours. C’est de cela qu’il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s’y prend pour nous répondre.

Mon avis :

Un style magnifique de simplicité et d’efficacité, Carrère est un narrateur né. Malgré une narration un peu éclatée, éparpillée au début, il tisse une histoire très dense. Malheureusement, son histoire ne m’a pas intéressée, trop autobiographique pour moi. En effet, son parcours pour accepter et passer outre son héritage russe est très long et pesant. J’ai cru au début du roman qu’on se dirigerait vers une enquête sur cet homme, prisonnier pendant 40 ans et qui refuse d’apprendre la langue du pays où il est enfermé, cela m’aurait vraiment intéressée. Mais malheureusement, ce ne fut pas le cas, il est vite passé à autre chose et je crois que c’est vraiment ce qui m’a le plus déçue dans cette lecture. Toutes les parties qui se passent en Russie m’ont ennuyée, j’ai préféré les parties qui se passent en France, et surtout celles qui concernent soit sa famille (sa mère), soit sa petite-amie Sophie. Sa relation avec cette dernière est d’ailleurs assez effrayante, tant leur passion ravage tout. Ils en viennent même à devenir menteur, un peu fous et paranos. Il y a beaucoup de noirceur dans cette relation.

Ce style de lecture n’est en définitive pas trop pour moi. Trop terre à terre et proche de notre quotidien. Je préfère les lectures évasion.

Ma note : 12 / 20

Livres - Contemporain

Tangente vers l’est de Maylis de Kerangal

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Titre : Tangente vers l’est

Auteur : Maylis de Kerangal

Editeur : Gallimard

Année de parution : 2012

Résumé : «Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu’ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.» Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l’est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.

Mon avis :

Cadeau surprise de la nouvelle année, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cette lecture, vu que ce n’est clairement pas le genre de livre dont j’ai l’habitude. Au final, j’en ressors plutôt surprise. Tout d’abord, c’est une histoire très courte mais très prenante. En effet, cet épisode des vies d’Aliocha et Hélène ne se déroule que sur quelques jours mais il marque les esprits. L’auteur est assez douée pour développer toutes ces idées en si peu de pages. C’est une belle chronique sur la Russie mais aussi sur l’armée et l’enrôlement plus ou moins forcé de certains jeunes. C’est aussi un récit très fort sur la liberté et l’émancipation qui se tient aujourd’hui mais aurait aussi très pu se produire au siècle dernier. Je pense qu’on ne peut pas rester indifférent à cette lecture qui rappelle furieusement les écrits de nos auteurs du XIXe siècle.

Par contre, j’ai eu beaucoup plus de mal avec le style. Celui-ci hésite en permanence avec le classieux ampoulé bourré de synonymes et un style plus abrupte voire familier. Je n’ai aimé ni l’un ni l’autre. J’ai aussi été très gênée par cette narration à la troisième personne qui m’a forcée à faire de gros efforts pour m’intéresser aux personnages et m’attacher à eux. Cela crée une vraie barrière entre nous et eux, ce qui est gênant vu le propos.

Ma note : 13 / 20