Séries Tv - Films

Visionnages de la semaine 2017 – 27

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Les vacances sont belles et bien là et ça fait du bien. J’ai pu me mettre à jour sur plusieurs séries que j’avais mises de côté mais aussi tester plusieurs séries courtes et j’en ai d’autres en ligne de mire ^^ Je suis moins satisfaite niveau film, j’ai l’impression qu’en ce moment, je ne tombe que sur des flops alors ça me freine…  Et vous, avez-vous entamé votre programme de cet été ?

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Visionnages de la semaine – 5

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Déjà un mois de passé depuis que j’ai commencé cette rubrique et j’aime vraiment garder le fil de mes visionnages grâce à elle ^^

Catégorie Films

  • Macbeth de Justin Kurzel (2015) avec Michael Fassbender, Marion Cotillard, Paddy Considine, David Thewlis, Jack Reynor ~ Ma note : 9 / 20

Avis mitigé sur cette adaptation de la pièce de Shakepeare. Visuellement, il n’y a rien à dire, le film est très beau, avec une vraie attention faite à la photographie, aux jeux de lumière et de couleurs, et une vraie patte du réalisateur dans les cadrages et la mise en scène. Les acteurs sont aussi très bons. Leur voix est envoûtante avec ces r roulés qui résonnent dans cet accent écossais (?) qu’ils veulent sublimer. MAIS je n’ai pas accroché. Cela fait vraiment trop film d’auteur. C’est trop cérébral, trop esthétique, au point qu’on en oublie l’histoire qu’on raconte. Celle-ci manque cruellement de rythme, de souffle, tout est trop plat, trop mou, trop long, trop ralenti, maîtrisé, contenu. Je me suis souvent ennuyée malheureusement et c’est une déception de ce point de vue. Ce n’est clairement pas un film pour moi.

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Episode 5 : Encore un épisode sympa mais qui pourrait être bien meilleur s’il y avait un peu plus de liant entre les scènes et de dynamisme. Pourtant, on commençait par un début très intéressant où l’on découvrait le père d’Amberle et son passé (comment il est mort, sa relation avec son père…). Mais très vite, on retombe dans le ridicule avec le triangle amoureux, la troupe de la princesse qui se fait attaquer, celle-ci qui se fait capturer et presque violer avant d’être libérée en deux coups de cuillère à pot. C’est vraiment dommage de voir autant de clichés s’amonceler autour de la princesse. Je n’arrive toujours pas à trouver celle-ci sympathique, l’actrice ne joue pas très bien. Alors qu’au contraire, je trouve Will et Catania, la voleuse, plus intéressants. Cette dernière change définitivement (?) de camp pour les rejoindre et les aider. J’ai plus de mal avec le revirement du chef des voleurs qui 10 minutes plus tôt essayé de violer la princesse… Bref, la suite du voyage est expédié assez vite et arrivés là où ils le souhaitaient forcément ça ne se passe pas bien, puisqu’un gros méchant apparaît. Mais une fois de plus, celui-ci est ridicule. Il suit les gens à la trace une fois qu’ils sont blessés et perdent du sang… Pas très folichon tout ça. Le plus intéressant est plutôt du côté d’Allanon qui prend Bandon sous son aile pour utiliser ses pouvoirs afin de voir le futur affrontement face au Mage noir. Mais aussi du côté de la changelin dont je ne pensais pas qu’elle prendrait l’apparence du prince pour tuer le roi et prendre sa place. J’espère donc qu’on se concentrera sur ces parties-là parce que j’ai presque perdu espoir en ce qui concerne la princesse ^^!

Episode 6 : Avec ce 6ème épisode, les missions des différents personnages sont maintenant bien définies et avancées : Amberle et Will doivent sauver l’Ellcryst en portant sa graine à Safehold et ils ne sont pas arrivés…, Allanon surveille l’arbre sacré et forme Bandon, tandis qu’Ander et Tilton sont partis mobiliser des troupes contre les démons qui vont bientôt arriver. Il y a donc de quoi passer bons moments.
Malheureusement, les intrigues les plus intéressantes, c’est-à-dire celle d’Allanon et cette d’Ander sont expédiées bien trop rapidement au profit de celle de la princesse qui n’est pourtant pas la meilleure… En effet, avec Ander on avait l’espoir de voir un peu plus en avant le conflit entre les Elfes et les Gnomes puisque l’un d’eux l’accompagne, mais c’est passé sous silence et on ne les voit que quelques brefs instants, les scénaristes préférant mettre en avant l’ancienne romance entre Ander et Tilton, et trouver à celle-ci des prétextes fumeux justifiant sa nouvelle relation avec ce crétin d’Arion. Quel gâchis !
Du côté d’Allanon, le Changelin qui a pris la place du roi bousille tous ses efforts et se débrouille même pour le faire éliminer (pour de bon ?) par Arion après une quête très vite expédiée pour trouver une épée surpuissante. Bof bof.
Le gros de l’épisode est donc encore une fois consacré à la troupe d’Amberle et Will, troupe qui se réduit de plus en plus ^^ Il ne reste plus que les deux voleurs et le chef de la troupe en plus de notre couple, car oui le cœur de l’épisode est aussi le rapprochement des deux héros sous le regard jaloux d’Eretria, rien de folichon. Heureusement, avec leur arrivée à Pykon il y a aussi un peu d’action vu qu’ils n’ont pas fini de semer le gros méchant du dernier épisode. En plus, le propriétaire de la forteresse a tout du psychopathe quand il s’en prend à Amberle. On se doutait bien que ça allait déraper, pas de surprise de ce côté-là, mais j’ai aimé les scènes de capture et de sauvetage. La fin où ils s’échappent et franchissent la porte est sympa surtout qu’avec la énième trahison du voleur, ça nous laisse un petit suspense pour la suite. Mais il n’en demeure pas moins que les facilités scénaristiques et la romance digne d’un soap me lassent un peu.

Bof bof, sûrement un épisode bouche-trou pour nous faire patienter avant le final. Même si c’était amusant de voir les doubles « télé » de Castle et Beckett, je n’ai pas été très emballée par cet épisode, surtout après le précédent que j’avais adoré. Là, je me suis un peu ennuyée :s

Episode bien meilleur que le précédent. On apprend enfin pourquoi Castle s’est mis à écrire. Je me demande juste pourquoi on ne l’apprend que maintenant. Parce que sinon, l’enquête autour est passionnante. Quant à Beckett, je n’avais pas du tout vu venir la proposition qu’on lui a faite. Mon seul regret, c’est cette pointe de mélo en trop à la fin avec le discours de Castle, ce n’est décidément pas mon fort >.<

Bon épisode qui continue à poser les enjeux et qui enrichie les personnages. Le duo Quentin – Alice fonctionne vraiment très bien pour moi et j’aime leur quête autour du frère de celle-ci. D’ailleurs, on apprend enfin ce qui est arrivé au frère d’Alice et ce qui risque de leur arriver s’ils vont trop loin, ça permet aussi d’en voir plus sur les mystères du campus. Celui-ci est un personnage à part entière et sûrement le plus mystérieux. En parlant de mystère, on revoit Fogg, après l’attaque qu’il a subi, je ne pensais pas qu’il se remettrait aussi bien, et j’attends de voir sa réponse. Quentin reste en grande partie un mystère puisqu’on ne sait pas bien qu’elle est sa dominante. Je les sens bien en faire une sorte d’Elu ou de génie ^^! J’ai beaucoup aimé sa confrontation avec Julia, sa meilleure amie. Ils se disent enfin leur quatre vérités même si ç’aurait pu être bien plus sanglant. Par contre, l’histoire autour de Penny ne m’intéresse absolument pas. Bref, toujours sympa mais peut mieux faire.

Je ne suis toujours pas vraiment emballée par cette deuxième partie de saison. Ce sont les mêmes schémas que les reprennent pour aller mettre leur nez là où elles ne doivent pas. Le retour d’un A derrière tout ça n’apporte pas le dynamisme que j’aurais cru. D’ailleurs, les incrustations de textos à l’écran sont vraiment trop rapides pour moi, souvent je n’arrive pas à tout lire (ou alors c’est parce que je fais autre chose en même temps…). Par contre, j’ai bien aimé le retour des parents d’Arya sur le devant de la scène même si ça rappelle la 1e saison. De même, j’ai aimé la rencontre Toby-Caleb où celui-ci va lui parler de lui et Spencer, même si c’est tout à fait dispensable, on est d’accord, au moins il est correct. J’ai plus de mal avec Hanna et son chez Ken :/ Je continue donc à suivre plus par habitude que par plaisir.

Bon, je crois que c’est vraiment la fin pour moi. Toutes les scènes ou les personnages que j’avais bien aimés dans le film ou le livre sont massacrés. Clary joue trop la bosse super forte alors qu’elle vient de débarquer, ça m’énerve. Sa relation ambigüe avec Simon et Jace est super mal joué. Honnêtement quand elle débarque dans sa chambre et le voit torse nu, ça se voit que ça ne lui fait aucun effet et lui ne lui envoie pas la moindre vanne, c’est d’un triste ! La fête de Magnus est plate au possible. D’ailleurs celui-ci est ridicule avec ses oeillades à Alec et les petites phrases qu’il lui lance pour le draguer. Y a rien à sauver. Au revoir.

J’avais un peu peur au début de cet épisode entre l’intro façon film catastrophe et la réunion de l’équipe pour monter un plan pour sauver Lydia façon mauvais film d’espionnage ^^! Mais au final, je suis ravie de les voir à nouveau tous réunis avec Stiles aux commandes du plan de sauvetage. C’est amusant et inattendu de voir le duo Kira-Malia, cette dernière aidant l’autre à apprendre à contrôler ses pouvoirs avec plus ou moins de réussite. Mais surtout, le petit plus, c’est le retour du duo Scott-Liam que j’adore ensemble et qui offre un moment de franche rigolade quand la mère de Scott menace Liam ^^ La petite troupe part ensuite libérer Lydia qui a son rôle à jouer face à la Bête et aux Docteurs. C’est le point central de l’épisode et je trouve que le décor donne un peu une ambiance à la Sucker Punch que j’avais adoré. Le duo Malia-Kira fait toujours duo de bras cassés et elles m’agacent ici. Alors qu’au contraire, j’aime de plus en plus le duo Scott-Liam, surtout que ce dernier pousse Scott à arrêter de jouer les souffreteux et à se reprendre pour être un vrai Alpha. Mais bien sûr, c’est mon chouchou Stiles qui arrive le premier près de Lydia pour la sauver et la pauvre, elle est dans un état déplorable :s Mais il tombe sur le méchant docteur qui un peu plus tôt avait transformé une pauvre femme en Dread Doctors et qui essaie maintenant de récupérer des infos sur le pack auprès de Lydia. Hum hum. Pendant ce temps-là, Théo & Co arrivent à leur tour pour essayer de récupérer Lydia et vu comme Scott et Liam ont du mal avec les gardes (trop forts ceux-là de les battre avec leurs matraques), ils risquent de réussir, à moins que notre cher Parrish qui vient d’arriver ne les crame. Ça sent un bon petit affrontement dans le prochain épisode, surtout que Scott retrouve enfin son mordant d’alpha dans les dernières minutes. Allez, plus qu’un petit effort pour libérer Lydia ! J’espère juste que le prochain épisode n’y sera pas encore consacré.

Je suis un peu mitigée sur cet épisode. J’ai aimé toute l’histoire autour de Wells (mon perso chouchou) mais encore une fois, j’ai trouvé le méchant de la semaine inutile. J’ai aimé revoir le duo Barry-Wells travailler ensemble même si du coup les autres étaient en retrait. Wells est vraiment un personnage ambivalent. Il veut tout faire pour aider et retrouver sa fille, et en même temps il ne souhaite pas vraiment faire du mal à Barry & Co. Sinon, j’ai trouvé la famille West très lourde avec les courses de Wally et le côté donneuse de leçons d’Iris. J’ai vraiment l’impression que Wally pourrait être bien mieux utilisé.

  • Wolf Hall (2015) avec Mark Rylance, Damian Lewis,  Claire Foy, Edward Holcroft… ~ Ma note : 17 / 20

Episode 5 : Excellent épisode qui montre toute la richesse de la série. On voit tout le chemin parcouru par Cromwell depuis les débuts, combien il s’est rapproché du roi et quelle place privilégiée il détient. Il se passe énormément de choses dans cet épisode entre la mort de Catherine, la recherche d’un parti pour Mary, la rencontre avec Jane Seymour, la déchéance d’Anne et la suite de l’ascension de Cromwell. Celui-ci sauve quasiment la vie du roi dans cet épisode et il est désormais sont bras droit. C’est à lui que le roi s’adresse pour trouver comment répudier Anne pour installer Jane à la place. C’est perturbant de voir comme celui-ci traite les femmes avec aussi peu de considération. Il en a plus pour ses conseillers que pour elles. Il suffit de voir comme il vient s’excuser auprès de Cromwell après leur dispute. Cette série est d’ailleurs avant tout une série d’hommes, je trouve. Ceux-ci sont beaucoup plus mis en avant et approfondi que les femmes.

Episode 6 : Encore un très bon épisode pour clôturer cette saison. Celle-ci se concentre cette fois sur la chute d’Anne Boleyn et il est d’une cruauté qui fait froid dans le dos. Avec une réalisation minimaliste, on voit comment une cabale est organisée contre elle. C’est filmé avec beaucoup de distance à travers le regard de Cromwell qui reste très froid dans tout ça. On sent beaucoup de retenue chez lui, mais ça couve vraiment, à l’image de la dernière scène où il est avec Henry VIII. C’est frappant de voir la différence de réaction à la mort d’Anne, l’image est superbement filmée avec un Henry tout joyeux et un Cromwell triste et effrayé par ce roi. J’ai beaucoup aimé toute la photographie autour de la mise  à mort. C’est sobre et efficace, cela montre la grande violence de ce moment. La Reine et ses suivantes restent dignes jusqu’au bout, elles sont poignantes. Historiquement c’est assez rigoureux aussi. J’attends donc la prochaine saison avec plaisir.

Nouvel épisode très intense où on ne s’ennuie pas une minute. J’ai aimé toutes les intrigues imbriquées. Par contre, j’ai trouvé que toutes les scènes où Clarke et Lexa jouaient ensemble sonnaient vraiment faux. Au niveau de l’histoire, Lexa fait une proposition intéressante pour les Skycrews. Je ne pensais pas qu’ils accepteraient même si c’est très profitable pour eux. Ici, j’ai été surprise. J’ai aussi trouvé intéressant de découvrir comment fonctionnait le peuple de Lexa, leur capitale… J’étais comme Marcus j’avais les yeux partout. Lexa a su se montrer très forte dans cet épisode. Elle s’est affirmée comme chef (quand elle balance l’émissaire, qu’elle aide à la formation des jeunes recrues ou encore quand elle impose ses idées) et elle est bien entourée, j’aime son conseiller qui a la tête sur les épaules. Au contraire de Clarke qui est livrée à elle-même et fait un peu n’importe quoi. J’ai été surprise par l’étrange proposition du Prince, je ne pensais pas que la Reine des glaces voudrait à ce point se débarrasser de Lexa, mais la tentative de meurtre de Clarke contre Lexa s’est révélée pathétique. A l’inverse, du côté de Mount Weather, j’ai trouvé que ça bougeait bien. Cela m’a d’abord fait bizarre de voir autant d’insouciance dans un tel lieu après la mort de tant de gens là-bas. Mais j’ai aimé retrouver le côté badass de Raven et j’ai aimé la complicité d’Octavia et Bellamy, même si au final ils se sont tous fait manipuler par la Reine des glaces. Le parallèle entre la fin de Mount Weather et la cérémonie d’union de Clarke et Lexa était très fort. Mais la fin est vraiment triste, entre une Raven anéantie par ce qui vient de se passer, un Bellamy encore rejeté et une Clarke plus pénible que jamais qui rejette tout le monde pour jouer les pauvres otages politique pendant que sa mère, Marcus et Bellamy vont protéger leur peuple. Heureusement la suite promet du plus lourd encore.

Toujours aussi moyen. Cet épisode était très fouilli. J’ai pas trop compris pourquoi on parlait de la libération de Nyssa maintenant, ça n’apportait rien à l’épisode avant les toutes dernières minutes et encore on a l’impression que ça sort de nulle part, surtout qu’elle pourrait se débarrasser de Malcom toute seule. La campagne d’Oliver est toujours aussi inexistante depuis l’accident de Félicity et en plus il recommence à porter tout le poids du monde sur ses épaules. En plus, le début est assez mou avec Théa qui tombe malade. Elle plombe un peu l’ambiance même si elle permet à son père d’être très touchant ici. Seul point positif, le retour de Ray avec la bonne petit course poursuite avec Oliver et de jolis combat. Ses retrouvailles avec Théa étaient touchantes même si celle-ci va mal. C’était aussi intéressant de voir le duel de hacker entre Félicity et son père (j’adore l’acteur ><). Mais gros point négatif : on a le retour des flashback d’Oliver…

 

Bons visionnages à vous aussi. A la semaine prochaine.

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Le requiem du roi des roses d’Aya Kanno

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Titre : Le requiem du roi des roses

Auteur : Aya Kanno

Éditeur vf : Ki-Oon (seinen)

Années de parution vf : Depuis 2015

Nombre de tomes vf : 15 (en cours)

Résumé du tome 1 : Dès sa naissance, Richard, héritier de la prestigieuse famille d’York, est un enfant maudit. Né hermaphrodite, il est rejeté et haï par une mère qui considère sa venue au monde comme une punition du ciel. Seule lueur d’espoir dans cette enfance tourmentée, la présence d’un père qui lui voue un amour inconditionnel. Mais la vie du jeune Richard bascule quand son père s’engage dans un conflit avec les Lancaster pour faire valoir ses droits au trône. De cette guerre des Deux-Roses va émerger un monstre politique, un tyran sanguinaire qui marquera de son empreinte l’histoire de l’Angleterre…

Mes avis :

Tome 1

Épique ! Voilà le mot qui me vient alors que je viens de refermer ce tome. J’avais quelques appréhensions à l’idée de lire ce titre vu que je n’avais pas aimé la précédente série d’Aya Kanno (Otomen) sur la durée, mais ici aucune ressemblance ou presque avec celle-ci, si ce n’est une sensibilité commune pour parler du héros. En effet, dans cette série historique assez fidèle à ce que je sais de la Guerre des Deux Roses, l’originalité vient du héros Richard, qui est un jeune hermaphrodite. Il est de plus l’élément fantastique de l’histoire avec ses visions de l’esprit de Jeanne d’Arc, que son père a contribué à arrêter. Richard est un personnage vraiment complexe, qui a énormément de mal à s’adapter à son corps et dont la mère est extrêmement cruelle avec lui. Il sera LE personnage que l’on va suivre ici et c’est à travers ses yeux qu’on suivra l’histoire. Du coup, les deux frères, notamment l’aîné qui a un rôle clé dans cette guerre, sont un peu en retrait. L’auteur préfère mettre en avant le père, sorte de Saint Gabriel de l’histoire ; ainsi que le roi Henry VI, véritablement saint, mais un peu dément selon moi. Les personnages féminins sont pour l’instant un brin effrayant avec deux mères à moitié folle tellement elles sont bouffies d’ambition. Il n’y a que la jeune Anne Neville qui semble y réchapper et qui pourra faire une bonne compagne pour Richard. L’histoire, vous l’aurez compris, suit une trame historique classique. Elle n’oublie rien de la grande Histoire, mais sans que cela soit ennuyeux. On suit les grandes lignes, et l’auteur brode entre certains événements, ajoutant un peu de fantastique et d’autres enjeux plus personnels, une très bonne alliance. Le mélange est très réussi et on ne s’ennuie pas un instant. Le dessin, lui, est un régal pour les yeux, il sait nous éblouir quand il faut, mais aussi nous intriguer, nous faire peur, voire nous glacer le sang. Une réussite !

Tome 2

Une suite encore de haut de niveau. Nous sommes toujours plongés en plein coeur de la Guerre des Roses. Les événements s’enchaînent très rapidement tout en violence et jets de sang. La Reine Marguerite est de plus en plus folle, c’est elle qui mène les troupes telle une vraie déesse de la vengeance, mais une déesse sanglante et pleine de rage. Elle entraîne son fils avec elle, un fils bien effacé malheureusement, comme son père même si c’est dans un style différent. D’ailleurs, j’aime de moins en moins la façon dont le Roi Henri est représenté, beaucoup trop immature et enfermé dans sa foi, ça le rend complètement fade et ça me donne envie de lui mettre des claques pour qu’il se réveille. Sa relation ultra ambigüe avec Richard est vraiment malsaine et n’apporte pas grand-chose pour le moment. Richard, qui vient de perdre son père, plonge la tête la première dans la noirceur. Le rendu en est superbe. On est emporté dans un tourbillon de violence aveugle, très bien rendu avec un trait de plus en plus tranchant, où la lumière a disparu. Elle ne réapparait que ponctuellement quand il en sort juste le moment de décider ce qu’il doit faire maintenant. J’ai d’ailleurs énormément apprécié la narration et le découpage des pages lors de la dernière bataille où le destin de Richard se superpose avec celui de son frère Edouard, comme s’ils étaient respectivement l’obscurité et la lumière. Les dessins superbes d’Aya Kanno contribuent énormément à ces scènes et à mon appréciation de la série en général. Elle dessine aussi bien les personnages dans leurs moments de profond désespoir que de gloire et de révélation. La dernière partie du tome amorce un nouveau tournant, la Guerre est terminée, la paix est là et un nouveau conflit ainsi que de nouvelles complications couvent avec l’arrivée d’Elisabeth Woodville, parfaite héroïne de tragédie Shakespearienne. De nouvelles pierres sont posées avec Edouard, Elisabeth, Warwick, ses filles et Richard, ainsi que les Lancaster, il me tarde de voir ce que ça va donner.

Tome 3

L’histoire se calme un peu dans ce tome, le rythme se fait plus lent et l’on pose de nouvelles bases. Edouard est désormais roi, mais les tiraillements et les affrontements persistent. Le camp des Lancaster n’est pas mort et de nouveaux ennemis vont se dresser face aux York à cause des mauvais choix d’Edouard. En effet, il se laisse manipuler avec une grande facilité par Elisabeth Woodwille qui devient ainsi sa reine. Je n’aime pas du tout la façon dont Aya Kanno cède aux sirènes des détracteurs d’Elisabeth. Le portrait qu’elle en fait est très caricatural et pas toujours très exact. C’est tellement plus facile de la faire passer pour une folle rongée par la haine et l’envie de prendre sa revanche, alors que la réalité était beaucoup plus nuancée. Je suis déçue. Il faut dire que l’image que l’on a des femmes dans cette série n’est pas terrible, elles sont soient folles, soient faibles, bof bof. Il n’y a peut-être qu’Anne Warwick qui sort son épingle du jeu, mais on la voit si peu que je ne peux pas vraiment me prononcer. Après les hommes n’ont pas forcément le beau rôle, puisqu’ils sont aussi présentés comme très manipulables et poussés par leur ambition. Le portrait qu’Aya Kanno fait des nobles de l’époque est bien sombre, mais sert parfaitement son désir de faire de cette histoire une tragédie. Et juste le héros de ce drame shakespearien, Richard, est encore fantastique dans ce tome. Il est tellement complexe, tellement attachant, tellement difficile à définir tellement il oscille en permanence entre douce folie, sombres pensées et désir d’atteindre la lumière. Sa nouvelle lumière, il l’a trouvée en la personne d’Henry mais cela lui fait peur. Leurs sentiments sont d’ailleurs très ambigüe à l’un et l’autre et m’ont parfois mis très mal à l’aise, surtout quand on connait leur différence d’âge. Mais j’ai beaucoup aimé les scènes où ils étaient ensemble, je les ai trouvées très belles et enrichissantes. Quel dommage que dès qu’elles furent finies la noirceur revienne immanquablement engloutir à nouveau Richard. En effet, la nouvelle dynamique politique qui se dessine n’augure rien de bon, la révolte gronde à cause des mauvais choix d’Edouard. Il a perdu ses alliés (Warwick, Georges, …) et il va vite en sentir les effets. Petit bonus : l’arrivée de Buckingham que je n’imaginais pas du tout comme ça, mais qui va me plaire, je sens. Je suis donc toujours séduite par cette série et je continuerai à la suivre avec grand plaisir.

Tome 4

Je continue à me régaler avec cette série. Ce tome est riche en actions et l’histoire avance bien. Richard est toujours aussi torturé. Après avoir été envoyé chez Warwick, il se pose maintenant des questions sur son orientation sexuelle en commençant à s’intéresser à Anne. Il pose la question des différents types d’amour, ceux qui nous perturbent et ceux qui nous apaisent, c’est joliment fait. Malheureusement, les paroles malheureuses d’Anne sorties de leur contexte fichent tout en l’air. Ils étaient pourtant si bien partis et formaient un joli couple. Leur naïveté respectives se répondent bien et c’est mignon de les voir rougir tour à tour. Quel dommage que les manigances du père Warwick les éloignent, cela redonne une mauvaise image des femmes à Richard, qui est déjà traumatisé par sa mère et sa belle-soeur. C’est d’ailleurs, lui,  LE personnage au coeur de ce tome. C’est vraiment un beau faiseur de roi, il manipule tout son monde selon comment souffle le vent. L’auteur parvient parfaitement à restituer son côté changeant. Un coup, il soutient Edouard, mais quand celle-ci ne va pas dans son sens, il se tourne à la fois vers George et vers Henry Lancastre pour être sûr de s’en sortir. Mais à force de jouer sur tous les tableaux, il va se planter, c’est sûr. J’ai vraiment détesté le voir se servir de ses filles comme de pions et le voir manipuler les différentes puissances sans réfléchir à qui ferait le meilleur souverain. Mais ses machinations rendent vraiment le tome palpitant, notamment son dernier plan pour renverser Edouard en se servant d’une révolte populaire. Edouard m’agace d’ailleurs énormément. Il est tellement aveugle et arrogant, normal qu’Elizabeth arrive si facilement à le manipuler. Heureusement que Richard ne se fait pas avoir et parvient à s’échapper avec l’aide de Catesby (je l’adore celui-là, il me fait craquer avec sa loyauté à toute épreuve ><). Maintenant, il me tarde de voir comment Richard va parvenir à retourner la tendance dans le prochain tome.

En tout cas, d’un point de vue historique, l’auteur suit bien les grandes lignes de la Guerre des Deux Roses qui oppose les York et les Lancastre. Les différents retournements de situation et le rôle flou de Warwick sont parfaitement respectés. Un petit  bijou !

Tome 5

J’aime toujours autant cette série où Aya Kanno mêle à merveille Histoire et fiction. Par contre, je pense que si je ne connaissais pas déjà bien la Guerre des Deux roses, j’aurais vraiment du mal à suivre surtout avec cette parution assez lente. Dans ce tome, en tout cas, ça bouge pas mal. Warwick qui soutenait Edouard et détenait Richard, retourne sa veste après la libération de ce dernier par son jeune frère. Warwick est de plus en plus au coeur de l’Histoire et de la politique de l’Angleterre, comme il dit, c’est lui qui dirige vraiment au fond. Le choix qu’il fait ensuite de soutenir à nouveau l’ancien Henri VI pour qu’il récupère son trône est logique et terriblement bien joué vu qu’il peut facilement en faire un homme de paille et au final en jouant sur les deux tableaux pour l’instant, c’est lui le grand vainqueur.

Du côté du héros de notre histoire, Richard, qu’il ne faudrait pas oublier, il se passe aussi pas mal de choses. Il reste fidèle à lui-même et à sa famille, en particulier son frère aîné qu’il soutient un peu envers et contre tout malgré ses défauts de plus en plus apparent et quand on lui propose de le trahir pour son propre compte, il refuse. Dans cette relecture de l’Histoire, il faut reconnaitre qu’Aya Kanno cherche vraiment à nous rendre plus sympathique que n’avait pu le faire Shakespeare en son temps ^^ Et que ce soit dans ses rapports avec son frère ou dans dans ceux des hommes qu’il croise, il faut bien avouer qu’on ne peut qu’apprécier Richard. Il s’ouvre de plus en plus, je trouve et j’ai trouvé aussi assez positif qu’il revête si longtemps ce déguisement de femme. J’en viens d’ailleurs à me demander si la mangaka plutôt que d’en faire un hermaphrodite, n’en a pas juste fait une femme élevée en homme, ce qui serait fort décevant. En attendant, j’ai vraiment apprécié la tendresse de sa relation avec Casterby. J’ai aussi apprécié sa complicité avec Edouard (fils d’Henri) et celui-ci s’est révélé bien plus sympathique qu’auparavant. Enfin, j’ai été vraiment attendrie par ses retrouvailles avec Henri justement, même si la faiblesse de celui-ci continue à m’agacer. Les excuses qu’il présente ne me suffisent pas et surtout je le trouve bien naïf et hypocrite vis-à-vis de ses sentiments envers Richard qu’il fait souffrir plus qu’autre chose.

Je reste donc toujours aussi passionnée par cette lecture et il me tarde vraiment, pour ne pas changer, de lire la suite.

Tome 6

Le tome clé de la série jusqu’à présent ! On passe la majorité du tome à retenir notre souffle tant la tension est présente et qu’on sent que quelque chose d’important va se produire.

Le premier chapitre où l’on retrouve Henri et Richard est un peu l’accalmie avant la tempête. On voit combien leurs aspirations à l’un et l’autre sont loin de la réalité et on se doute qu’ils vont être profondément blessés par celle-ci même si Catesby essaie de protéger Richard. J’aime beaucoup ce personnage dernier, il gagnerait à être connu. Mais le coeur du tome est une fois de plus le conflit politique qui oppose les York et les Lancaster.

On repart donc très vite en pleine Guerre des Deux Roses avec Richard en mission pour faire changer de camp son frère, Edouard. Je me suis beaucoup amusée de la façon très shakespearienne (ou je fais un anachronisme) dont il s’y prend en utilisant le fantôme de son père, qui est vraiment omniprésent au final dans la série malgré sa mort. En tout cas, ça permet de rabattre encore une fois les cartes. Warwick n’est plus le seul faiseur de rois, il devient même une proie dans ce tome. La guerre reprend de plus belle avec les nouvelles forces en puissance et j’ai trouvé l’auteur très pédagogue pour nous faire suivre tous ces méandres politiques. Les scènes de batailles et de préparation de celles-ci sont aussi très bien rendues. J’ai beaucoup aimé la mise en scène aussi bien lors de la reprise de Londres que lors de la bataille finale contre Warwick avec le brouillard qui les enveloppait. Cela donne une ambiance lourde et pesante qui correspondait parfaitement au moment. De plus, Richard parvient à s’en servir à merveille même si dans les dernières minutes cela se retourne contre lui pour un final choquant à souhait mais qui devait bien arriver un jour.

Tome 7

Voici enfin la fin de la première partie de la série. Toute la tension accumulée explose ici en une lutte cinglante entre les York et les Lancaster. Richard est en proie à tous les tourments après avoir découvert que son havre de paix était en fait son ennemis, celui qu’il devrait détester le plus. C’est tragique de le voir sombrer dans la folie, une folie destructrice pour les autres et pour lui-même. On est en plein coeur du drame shakespearien promis. Tandis que le roi Edouard affronte Marguerite et ses hommes sur le champ de bataille dans des mêlées épiques après avoir galvanisé les hommes de manière grandiloquente, Richard est rattrapé par ses démons. Il devient la faucheuse secrète du roi, qui n’hésite pas une seconde à se servir de lui, poussé par leur sorcière de mère. C’est horrible de voir leur fratrie s’éloigner et se faire souffrir ainsi. Richard m’a vraiment fait de la peine. J’ai eu peur pour lui à plusieurs reprises. Et j’ai été touchée par sa détresse quand il se découvre entouré de traitres et de menteurs. Sa mère n’arrange rien en le replongeant dans ses démons et en profitant de la folie d’Henri pour se servir de lui et blesser Richard de la plus cruelle des façons lors d’une scène essentielle à la série et terriblement bien mise en scène tant l’émotion suppurait des pages. Aya Kanno a désormais mis un terme à la famille Lancaster mais un conflit encore plus dangereux couve, un conflit larvé qui promet encore plus de drame et de souffrance.

Tome 8

Après un premier chapitre mettant définitivement un point à ce dramatique premier arc, nous entrons de plein pied dans un nouvel acte à l’enjeu sensiblement différent mais qui s’annonce tout aussi tragique. Aya Kanno continue avec brio de revisiter ce moment fondateur de l’Histoire anglaise. Pour la fan de cette période que je suis, je trouve que c’est toujours aussi fidèle dans les grandes lignes et j’aime retrouver sous sa plume les enjeux clés que je connais. J’aime toujours autant les procédés de mise en scène de la mangaka qui font vraiment très théâtraux. La construction de certaines pages est juste sublime, en général ce sont celles mettant en avant les noirs et troubles sentiments de Richard qui est vraiment un personnage complexe.

On suit un Richard qui a perdu toutes ses raisons de vivre et qui erre comme une âme en peine. Il a réussi à sécuriser la place de son frère sur le trône mais à quel prix. Vient maintenant, quelques années plus tard, la remise en question. A-t-il bien fait ? Son frère est-il à la hauteur de la tâche ? Richard a épousé Anne à contrecoeur mais n’est pas heureux dans son couple. Il vit désormais à la campagne mais l’action et les intrigues semblent lui manquer. Les distensions et les nouvelles intrigues de cour avec leur dose de sorcellerie qui vont rapidement naîtrent entre ses frères mais aussi entre le roi et la famille de la reine vont vite le faire revenir « aux affaires ». C’est fou à quel point, il se recoule facilement dans son rôle d’éminence grise inquiétante. J’aime toujours aussi ses duos avec Catesby d’un côté et Buckingham de l’autre, ce dernier a bien grandi d’ailleurs et j’ai un peu peur qu’il ne prenne la place du jeune Edouard.

L’histoire se veut ainsi de plus en plus sombre et torturée comme son héros et ce ne sont pas les dernières pages qui vont arranger cela. Aya Kanno est toujours aussi douée pour mêler Histoire classique, drame à la Shakespeare et sa pointe de fantastique bien sombre.

Tome 9

Aya Kanno ne lâche rien et nous propose encore un tome qui fait froid dans le dos où les machination de Richard pour obtenir le pouvoir sont de plus en plus cruelles.

Une première étape est franchie dans ce tome où il parvient à faire tomber l’un de ses principaux rivaux en se servant des faiblesses de ce dernier. C’est dur, c’est brutal, c’est froid et calculé. Ça ressemble bien à Richard. La grande Histoire est respectée dans les grandes lignes et on est vraiment en plein coeur d’un drame Shakespearien. J’adore l’ambiance et le rythme, la montée en tension, le drame qui pèse, les coeurs qui sombrent. C’est assez magique.

Après ce premier moment lourd de sens, Richard et ses hommes fourbissent leurs armes pour la suite. De plus en plus, le roi part à vau-l’eau avec sa nouvelle maîtresse. Les opposants se dressent plus nombreux face à lui à l’intérieur et à l’extérieur du royaume et Richard les manipule à sa guise.

Du côté de ce dernier, on voit alors qu’un conflit de loyauté naître entre ses deux fidèles alliés Catersby et Buckingham, l’un connaissant son secret et l’autre cherchant à le découvrir. Ils vont se livrer à toutes les intrigues possibles pour parvenir à leur fin, mais l’arme que Buckingham va souhaiter utiliser va se retourner contre lui. Ce nouveau personnage énigmatique n’est pas sans rappeler un de nos chers disparus. J’aimerais tellement que ce soit bien lui, cela rendrait l’histoire de Richard encore plus dramatique.

Je suis donc encore complètement séduite par cette histoire romanesque si bien mise en scène par Aya Kanno dont le trait ne cesse de m’éblouir entre lumière et noirceur. On se dirige inéluctablement vers un grand drame et j’en frémis d’avance.

Tome 10

Comme l’indique la couverture, Buckingham va être au centre de ce tournant de l’histoire. Ce tome est charnière dans la série et marquera les esprits des lecteurs en s’enfonçant toujours plus loin dans le drame qu’est la vie de Richard.

Notre héros est de plus en plus sur la corde raide, soupçonné par son ami de toujours, en train de perdre un être qu’il aime depuis longtemps, et ayant de plus en plus de mal à cacher ses désirs. Voilà tous les éléments d’un drame en trois actes.

Buckingham se doute que Richard lui cache quelque chose et met diaboliquement tout en place pour le prouver. Ça fait froid dans le dos et c’est complètement malsain. Du coup, je me retrouve très partagée concernant ce personnage que pourtant j’appréciais beaucoup autrefois, mais je n’aime pas voir où l’a conduit son obsession pour son ami. Richard, lui, doit faire face à la perte de sa frère chéri, ce qui remet en cause à la fois sa place à la Cour mais aussi ses convictions personnelles. Va-t-il avoir le courage de tenter de saisir ce qui lui tend les bras et qu’il désire depuis bien longtemps ? Le drame est à ses portes et l’autrice sait diablement bien faire monter la tension pour que tous ces éléments se nouent et se dénouent entre eux pour former une histoire terriblement sombre mais efficace et passionnante.

J’ai beaucoup aimé suivre la montée de tension suite au changement de paradigme de l’histoire d’abord au début du tome suite à la mort d’un personnage important, puis suite à la trahison d’un autre. C’était bouleversant. J’ai tout de même été révulsée par certaines scènes très dures mais le résultat dépasse toutes mes espérances pour le moment en ce qui concerne la dimension dramatique de cette histoire. Je tremble pour la suite.

Tome 11

Quel malaise et quelle tension encore ressentis dans ce tome ! Le drame continue à prendre place. On lit le titre sous un chape de plomb et avec le ventre noué plus d’une fois.

Richard a choisi sa destiné et avec ses fidèles alliés, il met son plan en branle. C’est sombre, tragique et dérangeant. On suit un héros qui va à l’encontre de la morale et donc qui est plus un anti-héros qu’autre chose. Autour de lui tout n’est que noirceur et chaque petit rayon d’espérance sombre peu à peu avec lui, c’est dramatique. Dans ce tome, nous voyons ainsi Catesby  se faire prendre dans sa toile à son tour. Et un rayon de lumière supplémentaire qui disparait. Tout n’est plus que folie autour de Richard, que ce soit sa mère qui le rejette, son amant qui ne voit plus que lui, sa belle-soeur qui a perdu la tête par ambition ou ses courtisans qui veulent tous être calife à la place du calife.

Le sentiment d’être en plein drame shakespearien se fait de plus en plus sentir. Je regrette juste pour ma part que la part de fantastique de l’oeuvre tende à disparaitre. On est de plus en plus sur des complots politiques et familiaux sombres et qui font mal. Plus personne n’est blanc, on ne sait plus à qui on peut faire confiance et qui pourrait se retourner. C’est extrêmement pesant et prenant.

Aya Kanno a vraiment réussi à m’embarquer dans son histoire dont je reste fan même au bout de 11 tomes de revirements alambiqués. C’est noir, c’est malaisant mais c’est passionnant. Voir Richard sombrer peu à peu dans la folie avec ses proches, c’est comme contempler un ange se transformer en démon. Et j’en redemande !

Tome 12

Encore un tome charnière dans l’histoire de ce cher Richard et de son ascension vers la couronne anglaise où Aya Kanno fait preuve de tout son sens de la dramaturgie pour nous emporter dans cette tragédie humaine et historique.

En se plaçant résolument du côté de Richard, le bourreau et victime de l’histoire, la mangaka travestit un peu la grande Histoire au service de son intrigue. Mais ce faisant, elle rend également le héros bien plus humain. Dans ce tome, Richard est moins tourmenté par ses démons. Il a enfin appris à accepter ce qu’il désire au fond : la lumière qu’il pense que la couronne lui apportera, et il est prêt à tout pour ça. Cependant ça ne va pas être facile, il va devoir déjouer tous les pièges tendus par « sa famille » et cela va être terrible. Après avoir vaincu la rumeur qui se propageait sur lui ainsi que le complot mené par Hasting, il va devoir maintenant affronter la Reine elle-même et ses fils. Se met en place alors une terrible tragédie magnifiquement orchestrée et mise en scène comme au théâtre le temps d’une pièce qui aura pour scène une partie de chasse. Se croisent alors les aspirations présentes de Richard et ses sentiments passés. Il perd pied, trébuche, risque sa vie, mais pour sortir transformé de ce moment charnière dans sa vie. Une nouvelle ère s’ouvre désormais pour lui.

J’ai été fascinée par la noirceur de l’ensemble des personnages dans ce tome. Même ceux qu’on aurait cru différents, plus purs, de par leur âge ou leur personnalité, mais non aucun n’est épargné. Tous sont corrompus à leur façon. J’ai eu de la peine pour Richard bien, ce personnage que la vie aura marquée d’un fer rouge et que les rencontres auront poussé du mauvais côté. Sa femme, Anne, que je croyais épargnée a vécu trop de drames et a trop peur de perdre encore ce qu’il lui reste. Les proches de Richard sont également touché, voire au coeur de ces ténèbres à l’image de Buckingham qui a été pris dans cette spirale infernale depuis tout petit, au point qu’on ne sait plus vraiment bien s’il ressent de l’amour ou de l’adoration. Puis, il y a Catesby qui se voit obligé malgré lui à participer à tout cela. Enfin, il y a les vrais « méchants » de l’histoire qui ne le sont pas autant historiquement parlant, au contraire, il s’agit d’Elizabeth et de ses fils. Ces derniers passent de vrais fous ici, des fous dangereux poussés par une mère complètement folle de pouvoir. Ils font peur mais j’ai quand même de la peine pour eux quand je vois ce qui les attend. Pour terminer, il y a ce mystérieux James Tyrell qu’on croise au détour d’un chemin, ce fantôme du passé qui risque fort d’être un élément perturbateur majeur pour notre nouveau roi.

Tout est désormais bien mis en place pour un arc final tragique. Richard a obtenu ce qu’il voulait mais à quel prix. La chute n’en sera que plus dure. Aya Kanno a su porter son intrigue à son paroxysme avec une vraie maestria, j’espère qu’elle en fera de même avec la déchéance de son héros.

Tome 13

J’ai souvent comparé ce titre aux pièces de Shakespeare mais cela n’a jamais été aussi juste que dans ce tome !

Place à Richard, nouveau roi d’Angleterre. Pour en arriver là, nous voyons les personnages principaux mettre en scène une vraie farce pour tromper le peuple et le pousser à accepter cela sans broncher alors que ce n’est pas la solution la plus logique au vu des règles de succession en Angleterre à l’époque. L’autrice joue à merveille des codes de la tragédie shakespearienne pour dérouler son intrigue. Entre farce burlesque et tragédie grinçante, c’est juste terrifiant de voir ainsi nos héros se transformer vraiment sous nos yeux en antagonistes pour tromper le peuple et arriver à leur fin. Pour autant, on comprend bien que la prise de pouvoir de Richard se justifie pour qu’enfin le royaume s’apaise et qu’on ne reparte pas dans une nouvelle guerre ou bien dans de nouvelles luttes de pouvoir à cause d’un monarque jeune et faible, mais quand même.

On est frappé dans ce tome par les changements qui s’opèrent en Richard qui bascule de plus en plus dans la noirceur et la folie. A l’origine, il n’a jamais voulu le pouvoir pour lui. Il cherchait juste à trouver la lumière, sous n’importe quelle forme. Mais petit à petit, au fil des rencontres et des événements, l’autrice a construit un personnage de plus en plus chaotique pour qui la prise du pouvoir est apparu comme l’unique planche de salut.

Pour autant, l’opposition ne se tait pas. Elle est là, insidieuse, et se fait entendre, notamment par le théâtre et les fêtes. La mise en scène sombre et dramatique de l’autrice est à nouveau inspirée de Shakespeare ici et donne lieu à des personnages faits d’ombre, tels des démons emplis de noire folie, qui donnent des frissons dans le dos. Tout nous entraine vers une lente ronde démoniaque tout droit inspirée de l’Enfer de Dante. C’est graphiquement et narrativement vraiment séduisant.

Surtout que dans ce tourbillon, nous avons d’un côté les personnages publics et de l’autre les personnages privés qui eux sont en proie à d’autres tourments. Devenir roi oblige à un certain apparat et notamment à se montrer tel un couple uni avec la reine. Or, cela n’a rien d’aisé pour Richard, qui semblait avoir accepté son corps grâce à Buckingham et qui voit renaître les tourments de celui-ci. J’ai beaucoup aimé suivre les tourments sentiments et intimes de notre héros, qui certes apprécie Anne mais ne peut/ne veut, lui donner ce qu’elle veut sans révéler son secret. Il est donc partagé entre son devoir envers celle-ci et ses sentiments envers Buckingham qu’il tente d’étouffer. Mais il n’y arrive pas, la séparation est trop brutale. C’est également très dur pour son amant qui n’avait peut-être pas réalisé, lui non plus, la profondeur de son attachement. Pour ma part, je n’avais pas vu venir une relation aussi fusionnelle entre eux. J’y voyais plus une relation d’intérêt pour chacun. Mais finalement les tourments ressentis par les deux prouvent bien le contraire et sont tout droit inspirés des meilleurs shojos de la grande époque des années 60-70.

Une mise en scène soignée, une histoire en pleine tourmente, où les passions bouillonnent et les drames humains et politiques ne sont pas bien loin, voilà ce que révèle ce nouveau tome à la couverture sombre et évocatrice. Êtes-vous prêt à être pris dans les tourbillons de l’Histoire ?

Tome 14

Je tiens tout d’abord à remercier Ki-Oon et Victoire pour leur confiance et l’envoi de ce tome.

Quatorze tomes et toujours aucune baisse de qualité, Aya Kanno est irréprochable sur cette série, qui vraiment adapte à merveille la pièce de Shakespeare en la revisitant à sa sauce. Dans ce nouveau tome toujours aussi sombre, Richard est à nouveau pris dans un tourbillon dramatique politique et intime à l’heure de tous les dangers.

J’ai l’impression de me répéter à chaque tome mais j’ai encore été soufflée par la qualité de la narration de la mangaka. Quand je pense que j’avais à chaque fois décroché avant la fin lors de ses oeuvres précédentes, ici, le fait d’avoir un cadre lui permet de donner le meilleur d’elle-même et c’est superbe. Dans ce tome, c’est une tension qui n’arrête pas de monter et de monter qui nous saisi et nous étouffe un peu plus à chaque page.

Richard est de plus en plus entravé par ses secrets et leur poids. Le bonheur s’éloigne de lui et la politique prend le pas malheureusement car il est avant tout une bête politique malgré ce que semble parfois lui dicter son coeur. Il ne peut s’empêcher toutefois d’avoir des moments où il se sent tiraillé entre les deux comme dans ce tome mais le dénouement est à chaque fois évident et inéluctable malheureusement.

En plus, les menaces sont partout. Il a beau vivre une histoire déchirante avec Buckingham, celle-ci ne pourra jamais l’être au grand jour. Et quand on voit déjà les rumeurs qui pèsent sur lui, sur son corps, sur sa paternité, il suffirait de pas grand-chose pour que tout vole en éclat. C’est cette crainte permanente qui pèse sur ses épaules et qui nous fascine également, car à marcher sur la corde raide en permanence tout est plus vif.

Dans ce tome, chaque parti en plus affute ses armes, les York, les Lancaster, les Woodville, certains plus sciemment que d’autres mais avec des conséquences qui vont bientôt être évidentes. L’une des questions principales qui ressort reste la légitimité de son « fils » et héritier, et par là même la sienne quand on sait comment il est arrivé au pouvoir. C’est déchirant pour ce petit bonhomme et très tortueux de la part de Richard, mais au final il se sort plutôt bien de tout ce chausse trappe qui a réussi à faire vaciller sa relation avec son cher Buckingham. Malheureusement tous les risques ne peuvent être écartés, les Woodville ou plutôt l’ancienne reine prépare quelque chose en sous-main en utilisant sa fille, tandis qu’un mystérieux bâtard sème le trouble dans les couloirs du palais, et que quelqu’un commande un assassinat terrible à notre assassin de l’ombre. Comment Richard va-t-il se dépêtrer de tout ça ?

Plus on avance dans cette aventure, plus on se rend compte que les ténèbres ne quittent jamais notre malheureux héros. L’autrice ne lui épargne rien de la tourmente de son corps, à celle de son coeur, puis de son âme. C’est palpitant pour nous mais déchirant pour lui. Dans ce tome, un nouveau tournant décisif s’amorce de là où on ne l’attendait pas forcément, mais vu le nombre de coups qui le menace bien malin sera celui qui prédira le premier qui va le toucher.

Tome 15

Aya Kanno continue de nous emmener dans les sombres recoins de sa tragédie historique et humaine, dans laquelle un roi n’est qu’un homme et un homme d’autant plus fragile de part sa position. La fin est proche et le drame semble inéluctable, c’est avec déchirement qu’on assiste à ces ultimes moments.

Richard et Buckingham n’ont pas réussi à accorder leurs ambitions, leurs désirs dans la vie, leur séparation était donc obligée. Contrairement à la couverture toute douce que nous livre l’autrice pour ce tome 15, nous allons plutôt assister aux conséquences dramatiques de cette mésentente tellement déchirante, le tout dans un cadre historique toujours aussi fidèle.

Dans un premier temps, nous retrouvons un Richard qui semble enfin apaisé, qui semble enfin avoir décidé quel genre de roi et de père il voulait être. Ça fait plaisir à voir. Il retourne sur ses terres, retrouve son fils et sa femme et prend soin d’eux. Certes, il continue à penser à Buckingham mais il semble être plus à l’aise dans son rôle.

C’est donc d’autant plus terrible de voir en parallèle, se préparer en coulisses, un coup d’état orchestré par l’un de ses plus proches. Le vin est tiré entre eux et pour Buckingham il n’y a pas d’autre solution pour obtenir ce qu’il veut. Il n’a pas compris que cela détruira celui qu’il aime et qu’il ne veut que pour lui. Je suis assez mal à l’aise face à ce personnage. Il s’était déjà imposé à Richard, tel un mâle toxique dominant, et là il recommence, croyant savoir mieux que lui ce qui est bien pour lui. C’est assez terrifiant comme personnalité, il est totalement monomaniaque même s’il cache ça derrière des sentiments soi-disant romantiques.

Cependant d’un point de vue politique, c’est assez fascinant de voir le complot se mettre en place, de suivre les discussions entre Buckingham et ses nouveaux alliés, de voir les cibles qu’ils se choisissent, les révoltes et les batailles qu’ils comptent mener. La guerre est repartie comme du temps des Deux Roses, ça n’en finit pas. Cette Angleterre chaotique ne semble avoir trouvé son maître pour enfin l’apaiser, c’est triste. J’ai beau aimé Richard, il n’a pas la carrure pour, son passé l’en empêche, il a trop de casseroles.

Le conflit était donc inéluctable et ce tome n’est qu’un long au revoir de notre roi à sa vie actuelle dans laquelle il avait enfin trouvé un semblant d’équilibre : au revoir à sa ville, à sa famille, à son fils. Maintenant place à l’affrontement final quasi fratricide entre deux esprits autrefois tellement proches.

Aya Kanno a parfaitement su mener sa barque avec un tome plus calme et moins mélodramatique que les précédents. Elle a placé tous ces pions sur l’échiquier et elle nous offre ici le calme avant la tempête, ce moment où chacun fourbit ses armes et se prépare à la confrontation finale. Malgré ce qu’elle va signifier pour ces figures qu’on a appris à aimer, j’ai hâte de voir ce qu’elle va donner pour le pays.