Séries Tv - Films

Blade Runner 2049

Titre : Blade Runner 2049

Réalisateur : Denis Villeneuve

Année de sortie : 2017

Pays : Etats-Unis – Canada – Royaume-Unis

Durée : 2 h 43

Genre : Science-Fiction – Thriller

Acteurs : Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Sylvia Hoeks, Jared Leto, Robin Wright…

Histoire : En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bio-ingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies…

Mon avis :

Il faut savoir que Blade Runner premier du genre est un film culte pour moi. Il fait partie de mon Top 3 des meilleurs films de SF avec Contact et L’Empire contre-attaque. C’était donc dur d’atteindre un tel sommet. Sans surprise même si j’ai beaucoup aimé l’expérience de cette suite, je ne l’ai tout de même pas trouvé à la hauteur du premier. Il m’a manqué la poésie mais aussi la surprise et la performance d’acteurs de celui d’origine.

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Book Haul

Book Haul Hebdo – 7

Semaine exclusivement manga cette fois mais avec du shojo, du seinen, du boys love, du thriller, de la romance, du fantastique, de l’historique, bref un peu pour tous les goûts ! N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et à me proposer vos recommandations ^^

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Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

In these words de Jun Togai et Narcissus

Titre : In these words

Auteurs : Guilt Pleasure = Jun Togai et Narcissus

Editeur vf : Taifu

Années de parution vf : Depuis 2014

Nombre de tomes vf : 2 (en cours)

Résumé du tome 1 : Katsuya Asano, un jeune profiler formé aux Etats-Unis, est amené à travailler pour la police de Tokyo. Il a pour mission de fournir le profil d’un tueur en série qui sévit depuis plusieurs années dans la capitale. Grâce à son aide, l’opération est une réussite et Shinohara Keiji est enfin arrêté.
Obnubilé par la personne qui est à l’origine de son arrestation, ce dernier accepte de faire des aveux complets, mais à la condition que Katsuya soit celui qui les recueille. À peine le jeune homme vient-il d’accepter qu’il est tourmenté nuit après nuit par le même cauchemar : un homme dont il ne voit pas le visage le retient prisonnier et le torture tout en lui murmurant à l’oreille qu’il l’aime. La frontière entre rêve et réalité s’effondre alors brutalement pour lui…

Mes avis :

Tome 1

In These Words est un titre profondément dérangeant à ne pas mettre entre toutes les mains. L’histoire est crue et malsaine mais profondément prenante aussi et fascinante d’une certaine façon, le tout sous la plume de deux auteures très douées.

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Bilans livresques

Bilan de mes lectures en Juillet

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Les vacances sont enfin là et ça se sent. Sans l’avoir vraiment voulu, je me suis fait un mois très axé détente avec plein de titres de romances et de bit-lit. J’en ai aussi profité pour avancer mes lectures et mangas et faire plusieurs découvertes dont quelques séries entières dont j’entendais parler depuis un moment. Et je ne sais pas vous, mais je sens que le mois d’août va prendre le même chemin avec peut-être la réintroduction d’un peu de fantasy ^^ Et vous, le mois de juillet a-t-il rimé avec légèreté ? (Cliquez sur les images pour lire ou relire mes avis).

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Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Pact de Shinnosuke Kuji

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Titre : Pact

Auteur : Shinnosuke Kuji

Editeur vf : Pika

Année de sortie vf : 2017

Nombres de tomes vf : 5 (série terminée)

Résumé du tome 1 : An 20XX, le monde entier frémit sous la menace d’un groupe mystérieux qui a placé des bombes d’une puissance inimaginable dans les océans. Cachés sous des masques de « lapins », ces terroristes veulent prendre leur revanche en forçant le monde à vivre dans la crainte. Après l’échec de l’équipe de déminage américaine, c’est au tour de celle du Japon de passer à l’action ! La jeune prodige, Machiko Machida, passe un pacte avec Nagito Aranagi avant de tenter de désamorcer la première bombe. Malheureusement, la situation ne se passe pas comme prévue, et le commandant de l’équipe de déminage décide de changer de stratégie…
Une course contre-la-montre a commencé : il ne reste plus que dix jours avant l’explosion…

Mes avis :

Tome 1

Cette nouvelle série avec son pitch de départ un brin futuriste m’a attirée mais elle n’a malheureusement pas su me convaincre totalement.

J’ai beaucoup aimé le décor avec la planète qui est sous la menace d’un groupe de terroristes, vivant au Pôle sud et pourtant un masque de lapin, qui veulent les submerger totalement à l’aide de bombes à Azote. C’est très politique, c’est angoissant et intriguant. On se demande qui sont ces terroristes, pourquoi ils ont pris certains pays pour cible, pourquoi ils leur ont laissé du temps pour réagir, etc. L’organisation japonaise qui lutte contre eux est charismatique elle aussi et l’ensemble donne un côté assez sérieux à l’histoire.

Malheureusement, c’est gâché par des personnages trop caricaturaux et peu attachants. Je n’ai pas du tout accroché avec le héros qui a perdu la petite fille, le petit génie, qu’il protégeait. Je n’ai pas plus accroché avec les commandos d’élite qui sont là à chaque fois pour les protéger lors de leurs missions vu qu’à chaque fois ils se font éliminer vitesse grand V. Mais la palme revient à Ivan, le représentant de la Russie, un cliché dans toute sa splendeur, qui en devient même ridicule au lieu de faire peur comme il le devrait. Les personnages sont vraiment le point faible de ce titre et c’est bien dommage parce que certains ont du potentiel comme le petit génie du début, le fondateur de l’EOD ou les fameux lapins terroristes.

La série ne comportant que 5 tomes, je vais quand même lui donner sa chance.

Tome 2

Ce tome est diablement bien construit. On sent monter une grosse tension tout du long jusqu’à la révélation finale qu’on attendait tous un peu, je crois. Les personnages restent peu attachants même si l’auteur essaie de leur donner un peu plus d’épaisseur en nous racontant leur passé ou les liens qui les retiennent encore ici. J’ai aimé découvrir par petite touche le trauma de Nagi et l’origine de sa relation si particulière avec Machi. J’ai aimé ses interactions avec les membres de l’expédition. Le côté huis clos est bien mené. C’est vraiment angoissant d’être dans cette ville fantôme submergée et de ne pas savoir quand les terroristes vont attaquer. Par contre, on avance bien plus lentement que dans le précédent tome. Une grosse partie est consacrée au passé des personnages et à l’émotion. Il reste ensuite peu de pages pour faire avancer l’histoire sauf dans le dernier chapitre où on en apprend plus sur ceux à l’origine des attentats. Cela m’intrigue tout de même assez pour continuer vu le peu de volumes.

Tome 3

Le huis clos continue et la tension monte de plus en plus au fur et à mesure qu’ils approchent de la 2e bombe. Le désamorçage de celle-ci est l’occasion d’une vraie surprise, un événement qui va venir bouleverser la dynamique de la série ce que j’ai beaucoup apprécié. La seconde partie du tome montre les conséquences de cet événement et le retour d’un autre membre important de l’Eod, qui est encore plus farfelue que ceux qu’on a croisés jusqu’à présent. Le schéma de l’histoire, lui, reste un peu répétitif, de même que les motivations des personnages. Je trouve aussi qu’on n’avance pas du côté des terrorismes, il n’y a pas de révélations de ce côté dans ce tome et on n’en entend presque pas parler. A deux tomes de la fin, il va falloir un petit coup d’accélérateur pour conclure correctement la série.

Tome 4

A un tome de la fin, nous voici face à la dernière bombe avec une équipe en partie renouvelée. Les ajouts qui viennent de force de protection de « cette » guerre font froid dans le dos, surtout celui avec le bandage qui a des airs de vrai psychopathe. Quand on les entend nous rabâcher les oreilles avec « cette » guerre, ça donne envie d’en apprendre plus sur celle-ci. C’est terrifiant de voir comment les soldats sont utilisés pendant celle-ci mais aussi les programmateurs comme Neko, et le pire c’est qu’on ne sait pas vraiment pourquoi il y a cette guerre et si un jour elle prendra fin. L’auteur dénonce ainsi l’absurdité des guerres, mais aussi de la course à l’armement et de l’incapacité à s’arrêter une fois que l’escalade a commencé. Pour revenir du côté des bombes, le déroulé pour aller désamorcer la dernière ressemble énormément à ce qui a déjà eu lieu mais les ajouts dans la troupe corsent un peu les choses. On voit Neko devenir un personnage central avec Misaki. Leur duo est attachant. Maintenant, je me demande ce qu’il va se passer dans le prochain et dernier tome une fois qu’ils auront désamorcé cette bombe.

Tome 5

Ne tournons pas autour du pot, je suis très déçue par cette fin qui est complètement inaboutie. J’ai vraiment eu l’impression de m’être fait lâcher en plein milieu de l’histoire et d’en avoir manqué tout un pan. Certes, les chapitres composants ce tome sont nerveux et larmoyants à souhait mais il y a de vrais questionnements autour de ces bombes qui restent sans réponse. On n’a aucune résolution du conflit ni ne serait-ce que la moindre petite information sur le devenir du groupe terroriste qui a fait ça (à moins que j’aie loupé un passage) et ce n’est pas normal. J’ai vraiment l’impression qu’on s’est bien moqué de moi. En plus, on a droit à deux histoires annexes qui n’ont aucun rapport avec la saga et qui gâchent de l’encre et du papier alors que cet espace aurait pu être utile pour conclure la série correctement. Je ne risque pas de tester une autre série de cet acabit de sitôt.

A côté de ça, j’ai bien aimé le développement de Neko et de ses capacités de hackers. J’ai aimé les références aux tomes précédents. Même si c’est classique, j’ai aussi apprécié l’évolution de Haru qui est plus attachant que prévu, de même que les deux « brutes » qui l’accompagnent. La dynamique entre lui et Neko était intéressante. J’ai aussi été contente de voir enfin un certain happy end après tout ce qu’il leur était arrivé même si je suis consciente que c’est facile et qu’un autre dénouement aurait eu plus d’impact. Par contre, je ne vois pas trop l’intérêt de revenir encore sur Nagi dans les dernières pages surtout vu ce qu’il est devenu.

Pact fut donc une série à l’univers intéressant mais sous exploité. Les débuts étaient vraiment prenant mais au fil des tomes cela s’est fortement dégradé pour finir un peu en eau de boudin. On est loin du titre inoubliable.

Ma note : 11 / 20

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Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Unlucky Young Men de Kamui Fujiwara et Eiji Otsuka

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Titre : Unlucky Young Men

Auteurs : Kamui Fujiwara et Eiji Otsuka

Editeur vf : Ki-Oon

Année de parution : 2016

Nombre de tomes : 2 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Tokyo, 1968. Les mouvements étudiants tournent à l’émeute et l’agitation gagne le Japon. Pour essayer d’échapper à son lourd passé criminel, Norio Nagayama rejoint la capitale dans l’espoir d’un nouveau départ. Au Village Vanguard, bar jazz dans lequel la jeunesse révolutionnaire nipponne a ses quartiers, il fait la connaissance de Takeshi Kitano, un jeune comique raté qui tente de faire carrière dans le cinéma. Le grand projet de Takeshi : Unlucky Young Men, un scénario qu’il a rédigé, véritable chronique d’une génération japonaise désabusée et prête à tout pour réaliser ses rêves. Afin de financer la production du film et d’assurer leur avenir, les deux jeunes hommes vont planifier l’attaque d’un fourgon transportant 300 millions de yens…

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Mes avis :

Tome 1

Je voulais lire ce titre depuis que j’ai découvert Mishima Boys du même auteur en début d’année. Les deux titres sont les deux faces d’une même pièce. Ils parlent tous les deux du Japon des années 60, un Japon ébranlé par le terrorisme et les révoltes étudiantes où se cotoient de grandes figurines de la littérature comme Yukio Mishima ou Kenzaburo Oe qu’on croise d’ailleurs dans U.Y.M. Ce contexte lourd et sombre est le cadre parfait pour le récit d’Eiji Otsuka. Cela lui permet de faire un tableau sans concession du Japon d’alors à travers la célèbre affaire du vol des 300 millions de yens. On sent vraiment que lui et Kamui Fujiwara se sont très bien documentés sur la période pour ainsi nous livrer cette « fiction-réalité ». Cependant pour le lecteur néophyte qui connait peu l’Histoire récente du Japon, c’est parfois compliqué à suivre. On sent qu’il y a tout un tas d’éléments sous-jacents qu’on ne fait que percevoir mais qu’on ne comprend pas, qui nous passent à côté. C’est dommage.

Contrairement à Mishima Boys, j’ai tout de même trouvé ce titre bien plus facile d’accès. La narration est simple et fluide. On suit l’histoire de T et N sans la moindre difficulté. On comprend assez bien le monde démoralisant dans lequel ils vivent et cette envie qu’ils ont de voir les choses s’améliorer tout en étant découragés et en ne se sentant pas la force de le faire. Cela fait plutôt bien écho avec le monde actuel alors c’est une bonne idée de l’avoir sorti maintenant. J’ai beaucoup aimé tout le travail fait pour les auteurs sur la reconstitution de l’époque et de son ambiance. On sent bien le côté glauque des organisations de jeunes, on sent bien la corruption des flics, on sent bien combien la société est démoralisée et comment tout part à vau-l’eau. L’ambiance est pesante tout comme le graphisme avec ses noirs intenses. On se sent à mi-chemin entre le polar, le film noir et le thriller. Le glissement entre la petite vie pas si tranquille de N au début et ses implications avec un groupe communiste extrémiste qui se fait manipuler par une barjot est prenant mais glaçant. Je n’ai absolument pas vu le temps passer sur ces 357 premières pages.

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Tome 2

Ce second tome est tout aussi puissant si ce n’est plus que le premier. Il montre vraiment toute la désespérance de cette génération post-guerre. Les mangakas font ainsi la critique du bombardement atomique, du post-Hiroshima, de l’occupation américaine, de la responsabilité de l’Empereur et du peuple japonais, … C’est très riche et ça m’a vraiment donné envie de me pencher sur cette période de l’histoire japonaise. A cela se mêle le destins de ces Unlucky Young Men. On découvre ainsi le passé de N dont la famille a vraiment beaucoup souffert et les auteurs ont eu une riche idée d’en profiter pour faire la critique du Japon d’avant la Seconde Guerre Mondiale. Certes tout n’est qu’effleuré puisque c’est à des visées narratives et que ce n’est pas le coeur de ce titre mais c’est très intéressant. J’ai également apprécié suivre les traces de T qui comme il le dit s’est retrouvé tellement subjugué par N que les rôles ont été inversés. C’est amusant et perturbant à la fois de le voir remonter à la trace la vie de N. Mais les plus perturbants sont probablement les personnages féminins dont la folie douce est palpable. Les deux Yoko sont fragiles psychologiquement et pourtant elles savent aussi se montrer très forte vis-à-vis de leurs convictions. Je les ai trouvées assez glaçantes au final dans leur façon de changer brusquement d’avis et surtout de manipuler froidement leur petit monde.

Du point de vue de la narration, c’est toujours aussi impeccable. L’histoire est complexe et se suit pourtant très facilement. C’est fascinant de suivre leur groupe au milieu de cette période si trouble, qu’on nous rappelle souvent à travers le personnage de Mishima. La fiction et la réalité se mêlent à merveille au point qu’il est difficile parfois de distinguer l’un de l’autre. J’ai beaucoup aimé la lente montée de l’intrigue dans ce dernier tome jusqu’à la scène de rupture qui met un terme au petit groupe. Les adieux entre N et T sont aussi très bien mis en scène. Il y a un vrai travail dans la narration et la découpe des cases encore plus fort que dans le premier tome.

Mon seul regret sur ce titre est l’absence d’un vrai appareil critique pour nous éclairer sur la période et nous donner des clés de compréhension plus complètes que celles des brefs mots des auteurs à la fin de chaque tome.

Ma note : 16,5 / 20

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Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

L’Histoire des 3 Adolf d’Osamu Tezuka

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Titre : L’Histoire des 3 Adolf

Auteur : Osamu Tezuka

Editeur vf : Tonkam

Années de parution vf : 2008 (édition découverte)

Nombre de tomes : 4 (série terminée)

Résumé du tome 1 : L’histoire est racontée par Sohei Togue qui décide de narrer l’histoire des 3 hommes tous appelés Adolf. Son récit débute pendant les Jeux Olympiques de 1936 alors qu’il était journaliste, Togue est envoyé en tant que reporter pour couvrir les JO. Il veut par la même occasion revoir son frère, Isao, qui étudie en Allemagne.
C’est alors qu’il reçoit un appel de celui-ci. Isao lui dit alors qu’il veut lui confier des documents si importants qu’ils pourraient renverser Hitler et le régime Nazi. Mais avant même de pouvoir mettre la main dessus Isao se fait mystérieusement tuer. Togue essaiera de découvrir la vérité sur ce meurtre et sur ces documents.
En parallèle, nous suivons deux enfants Allemands vivant au Japon, l’un du nom d’Adolf Kauffmann, fils d’un nazi ; et l’autre du nom d’Adolf Kamil, un juif.

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Mes avis :

Tome 1

Ça faisait longtemps que je voulais tester cette série et me remettre à lire du Tzeuka. J’ai toujours eu un peu de mal dans les précédentes oeuvres que j’ai testé que ce soit au niveau de l’histoire, des dessins ou du découpage des cases, mais ici ce ne fut absolument pas le cas. J’ai été de suite embarqué par ce thriller historique à la sauce Tezuka.

Ce premier tome se partage en 2 parties un peu inégales. La première est palpitante. On se croirait plongé en plein thriller américain comme savait si bien les porter à l’écran Hitchcock. Le découpage est ultra dynamique, il est simple, sans fioriture et va droit au but tout en exacerbant les émotions. Ça happe complètement le lecteur dans l’histoire de ce journaliste qui découvre son frère assassiné par des SS en pleine Allemagne nazi et qui sait qu’il cachait un secret qui pouvait faire tomber le régime. Le contexte est parfaitement rendu que ce soit les J.O. de Berlin, la montée du nationalisme allemand ou les rassemblements des partisans d’Hitler. Tezuka se sert d’éléments et rumeurs bien connus et les distille pour en faire une histoire sombre, oppressante et prenante. J’ai vraiment adoré suivre les aventures de Sohei.

Dans la seconde partie que j’ai trouvée bien plus faible, nous suivons le destin de 2 autres Adolf dans la ville de Kobe que Tezuka a bien connu dans sa jeunesse. Là encore nous sommes en plein contexte pré Seconde Guerre Mondiale avec la montée de l’antisémitisme dans ce port accueillant des étrangers. On suit deux jeunes garçons, l’un mi-allemand, mi-japonais mais dont le père a adhéré au Parti, et l’autre allemand aussi mais de confession juive. Leur amitié est menacé par la montée de l’antisémitisme et c’est l’occasion pour Tezuka à travers leur lien de montrer l’absurdité de cette idéologie. Cependant, il tombe vite dans un de ses travers, la surexposition des sentiments de ses personnages et le tout a un ton trop grandiloquent. On ne retrouve pas non plus l’ambiance de thriller de la 1ère partie même si là aussi un mystère est présent. Ce mystère en question rejoignant habillement celui auquel est confronté Sohei avec son frère. Cependant j’ai trouvé ça moins bien fait et plus caricatural ici avec les liens du père d’Adolf avec le Parti, puis l’enrôlement forcé de ce dernier. J’ai tout de même beaucoup aimé la retranscription du contexte, de la ville de Kobe, des relations entre étrangers là-bas, de ses allemands qui rejoignaient le Parti, de l’enrôlement dans les Jeunesses Hitlériennes. On sent que Tezuka maîtrise son sujet et il se montre très pédagogue sans que cela pèse un instant sur la narration de son histoire. Il mêle avec beaucoup d’habileté la petite et la grande histoire. Quel talent !

En ce qui concerne l’objet, l’édition deluxe de Tonkam est magnifique. Elle rend bien hommage à l’oeuvre avec sa couverture rigide, son signet et surtout son appareil critique. Celui-ci apporte pile poil les informations nécessaires pour que le néophyte comprenne l’histoire qui se déroule sous ses yeux. C’est complet et simple à la fois, revenant sur les éléments clés du tome pour les expliquer avec un éclairage scientifique. J’ai beaucoup aimé. Mon seul reproche serait sur l’attache des pages, j’ai peur que cela ne résiste pas au temps…

L’Histoire des 3 Adolf est donc une très belle découverte qu’il me tarde de compléter malgré le prix important des tomes (près de 20€ pièce). Cela me donne même envie de me pencher sur les autres parutions de Tezuka à destination des adultes.

Tome 2

Après avoir dû changer d’édition faute de trouver la même encore disponible en neuf ou en occasion à un prix correct, me revoilà avec la suite de l’histoire des 3 Adolf. J’ai trouvé ce tome un brin en-dessous du premier. Tezuka se concentre ici sur la partie qui m’intéressait le plus : l’enquête de Sohei, et on ne voit l’Adolf germano-japonais que lors d’un court chapitre.

Cependant en se concentrant sur la partie soi-disant d’aventure, il délaye malheureusement un peu et ça se sent dans une narration poussive parfois. A chaque fois que Sohei avance et s’apprête à mettre la main sur les documents que voulait lui faire passer son frère, il lui arrive une tuile. Ça fait donc un peu répétitif. En même temps, j’ai bien aimé suivre ses péripéties, le voir poursuivi par la Police secrète qui fait tout pour lui pourrir la vie, ce qui permet à Tezuka de montrer comment étaient traités les « rouges » et les ennemis au régime au Japon avant et pendant la guerre était intéressant. On voit aussi combien la misère a gagné la population et les restrictions qu’ils doivent subir. J’aime beaucoup cet arrière fond et je pense bientôt me procurer un ouvrage plus sérieux sur le sujet pour me documenter. C’est là le talent de Tezuka, arriver en plus de son histoire, à peindre la grande Histoire du Japon à cette époque et à nous donner envie de la découvrir encore plus.

Mais revenons-en aux aventures de Sohei. La police secrète ne va pas se contenter de l’empêcher d’avoir un toit et un boulot, leur but c’est de le faire craquer pour qu’il leur donne les documents de son frère, et j’ai trouvé l’implication de plus en plus importante de Lamp parfaite pour ça. Celui-ci ressemble trait pour trait à Ulric dans les Blake et Mortimer et il est tout aussi barré. J’ai aimé les chassés croisés entre lui et Sohei ainsi que le face à face très dynamique à la décharge entre Sohei et l’inspecteur de la Police secrète.

Mais cela aurait été trop beau si ça s’arrêtait là, la deuxième partie du tome où Sohei s’allie avec le commissaire Nigawa est encore meilleure. On les voit tous les deux partir à la poursuite du fameux inspecteur qui a récupéré les documents mais ne les comprend pas, le tout avec Lamp sur les talons. Leur petit road trip est classique mais très efficace avec son lot de surprises et de déconvenues. L’apogée sur l’île m’a furieusement rappelé certains passages d’albums de Tintin (on sent bien les influences de Tezuka ^^).

Enfin le dernier chapitre était aussi très intéressant grâce à la présence de cette « veuve » de guerre tenancière d’un petit bar dans un petit port de pêche. J’espère qu’on la reverra même si le fait que Tezuka veuille absolument faire de Sohei un tombeur qui séduit toutes les femmes qu’il croise me dérange un peu. En tout cas maintenant que les documents ont été récupérés, l’histoire va pouvoir à nouveau avancer, peut-être dans une nouvelle direction même vu à qui ils vont être confié et cela permettra enfin de mieux relier les deux parties, celle des 2 Adolf et celle de Sohei. J’espère que Tezuka équilibrera mieux l’ensemble et qu’on reparlera plus de politique internationale.

Tome 3

A partir de ce tome, j’ai dû bifurquer vers l’édition américaine, la fin n’étant pas disponible à un prix correct en français… Du coup, j’ai l’impression d’avoir loupé un ou deux chapitres ce qui est un peu gênant…

Sinon, j’ai énormément aimé ce tome où j’ai eu l’impression que toutes les intrigues commençaient vraiment à s’entremêler. On suit d’abord l’embrigadement progressif d’Adolf Kaufmann. C’est effrayant de voir combien quelqu’un peut changer à cause de ses lectures ou de son milieu et de ses fréquentations. Le fait de le voir progressivement devenir un vrai SS cruel et impitoyable contre les Juifs fait froid dans le dos. On le sent pourtant encore tiraillé entre son coeur et sa tête mais il a perdu toute logique dans ses opinions et son obsession pour la pureté du sang.

Puis avec Elisa qu’il sauve et envoie au Japon, on retrouve enfin le troisième Adolf, qui n’a pas changé lui. J’ai aimé leur rapprochement et la force morale du premier, comment il défend encore sa mère et ses opinions malgré la guerre. C’est alors l’occasion de revenir sur la première affaire qui nous a occupés dans l’histoire : le meurtre de cette jeune Geisha, espionne pour les rouges, et donc les documents secrets sur la naissance d’Hitler. J’ai beaucoup aimé la façon dont Tezuka relie ainsi tous ses personnages puisque ce nouvel Adolf va nous faire retrouver Sohei grâce à son lien avec le fils du commandant Honda qu’on a déjà croisé. Le monde est vraiment petit. Les documents sont vraiment bien au centre de l’histoire.

Mais j’ai aimé qu’en parallèle de son thriller, Tezuka n’oublie pas de continuer à brosser le portrait du Japon et de l’Allemagne pendant la guerre. On sent bien son regard critique dessus mais j’aurais aimé qu’il aille un peu plus loin parfois. Il n’a pas non plus oublié que malgré la guerre, les hommes et les femmes continuent à s’aimer et à se déchirer et on suit ainsi les romances qui se nouent et qui vont être source de drames plus tard.

Ce tome 3 est vraiment un tome très complet.

Tome 4

Ce dernier tome est dans la droite ligne du précédent et continue à rassembler l’ensemble des intrigues tout en brossant un portrait dur de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de la Guerre Israëlo-Palestinienne qui a suivi. On sent que Tezuka est plutôt un pacifiste et que peu importe le camp, il dénoncé la guerre dans son ensemble. Il manque cependant de dureté envers le gouvernement japonais, je trouve, ainsi qu’envers celui d’Israël.

Pour en revenir à son histoire, celle de ses 3 Adolf, elle trouve bien sa conclusion ici. On voit la lente déchéance d’Adolf Hitler dont les plus proches s’éloignent et vont même jusqu’à le trahir. En parallèle, c’est la descente aux enfers pour Adolf Kaufmann qui a tout perdu et que la folie guette après son embrigadement. Sa vie aura été entièrement gâchée par cela et il sera devenu un vrai monstre incapable de faire machine arrière. Le dernier Adolf ne fait pas mieux parce que lui aussi se retrouve à commettre des atrocités finalement. La guerre aura bien transformé ces deux jeunes garçons, ces deux amis.

Finalement, le seul qui s’en sort bien, qui reste un « héros », c’est Sohei qui est d’ailleurs le narrateur… On suit avec lui la vie du peuple japonais pendant la guerre et surtout pendant les bombardements. C’est très intéressant comme témoignage mais cela manque de nuance puisqu’on ne parle pas ou trop peu des exactions des Japonais pendant la guerre. L’affaire des documents sur Hilter trouve tout de même sa conclusion et on est dans du pur thriller. C’est délayé sur l’ensemble des 4 tomes mais c’était tout de même passionnant à suivre. Il est juste dommage qu’au final cela n’ait aucune porté sur la grande histoire qui se déroule en parallèle. Ça donne en effet de pétard mouillé.

Conclusion :

Je peux donc dire après avoir lu cette oeuvre que je comprends pourquoi elle occupe une telle place dans les travaux de Tezuka. C’est un titre osé pour l’époque, elle fut publiée en 1983-85 au Japon, où le mangaka n’hésite pas à dénoncer les atrocités de cette guerre et l’absurdité de toutes les guerres. Il fait passer un vrai message humaniste.

Ma note : 17 / 20

Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Assassins d’Hirohisa Sato

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Titre : Assassins

Auteur : Hirohisa Sato

Editeur vf : Komikku

Année de parution : 2016

Nombre de tomes vf : 3 (série terminée)

Résumé du tome 1 : A la suite d’une sombre affaire, Hitomi a perdu son mari et se prostitue pour pouvoir élever son fils Jinsuke, 10 ans. Malheureusement, un soir, Hitomi est froidement abattue dans son appartement, sous les yeux de Jinsuke. Celui-ci échappe de justesse à la mort grâce à l’intervention de la jeune et mystérieuse voisine, mademoiselle Suzuki, qui est en fait une tueuse professionnelle aussi discrète qu’efficace. Elle recueille et protège le garçon, mais très vite ils se retrouvent pourchassés par la police pour une raison inconnue. Leur cavale commence et la situation est loin d’être évidente pour Suzuki, peu réjouie à l’idée de s’occuper d’un orphelin encore traumatisé par ce qui vient de leur arriver.

Mes avis :

Tome 1

Suite aux recommandations de mon amie Nothly, me voici à tester un titre pour lequel je n’ai pas énormément d’affinités a priori et elle a bien fait de me le recommander. Je lis peu de thriller mais celui-ci est assez bien construit et surtout est bien représentatif des préoccupations des japonais. En effet, en suivant les aventures d’un petit garçon qui vit seul avec sa mère après avoir perdu son père, on se retrouve embarqués dans des histoires de mafia, de corruption, de ripoux et de fric qui a disparu. Cela m’a rappelé des titres comme Montage ou encore la Tour fantôme (dans un autre genre et une autre époque) mais aussi le roman Tokyo Vice que j’ai lu il y a quelque mois.

Ce premier tome est une grosse introduction. On nous présente le jeune héros Jinsuke mais surtout celle qui le prendra sous son aile, la mystérieuse tueuse Suzuki. C’est le sang froid de celle, son talent ainsi que ses sentiments qui affleurent qui font le sel de ce premier tome avec l’intrigue sur les flics ripoux. On ne sait pas grand-chose pour le moment, le mystère entoure aussi bien la demoiselle que l’affaire pour laquelle Jinsuke a perdu ses parents. C’est ce qui me donne le plus envie de continuer la série parce que le côté un peu mélo avec la tueuse qui s’attendrit et se ramollit aux côtés du gamin, très peu pour moi. J’espère au contraire qu’elle va le former à devenir un tueur comme elle. Rendez-vous donc au tome 2 sur cette série courte qui n’en comportera que 3.

Tome 2

Le rythme peine déjà dans ce tome 2 et on sent clairement qu’il manque un petit quelque chose à la série. L’histoire se ramollie. Il ne se passe pas grand-chose de neuf ici et on tourne déjà en rond sur certaines questions. En même temps, il est dur d’apporter une réponse juste aux raisons ayant poussé Suzuki à devenir une tueuse et aux raisons pour lesquelles elle ne veut pas que Jinsuke en devienne un. C’est forcément de l’ordre de l’irrationnel. Cependant le mangaka peine à faire ressentir la moindre émotion dans sa série, c’est dommage. Il en ressort un titre aux ressorts et à la narration très classiques. Heureusement que la série ne fait que 3 tomes.

Tome 3

Bon ce dernier tome aura achevé de me convaincre que la série n’était pas pour moi et que bientôt je l’aurai déjà oublié. J’ai trouvé ce dernier tome assez mal fichu. L’affrontement entre Suzuki et le flic ripoux est complètement surréaliste. Ça part dans tous les sens et le flic est totalement barré. Ça m’a vraiment agacé ce côté WTF de l’histoire. Elle n’est pas bien construite du tout, ce qui est un comble quand même. En plus, c’est fort dommage parce qu’avec un thème pareil si la psychologie des personnages avait bien été travaillée ça aurait pu être fort intéressant. Mais ici le mangaka est trop dans son délire. Seules les dernières pages où Suzuki et Jinsuke se disent au revoir et celles où Suzuki revient sur la façon dont elle est devenue tueuse à gages sont intéressantes et donnent un peu d’émotions à l’ensemble. Une déception.

Ma note : 12/ 20

Séries Tv - Films

The Five (UK)

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Titre : The Five

Une série créée par Harlan Coben

Pays : Royaume-Unis

Genre : Drame, Policier, Thriller

Durée : 50 min

Statut : 10 épisodes

Avec Tom Cullen, Lee Ingleby, O.T. Fagbenle, Sarah Solemani…

Histoire : Ce thriller émotionnel raconte l’histoire d’un petit garçon, Jesse, qui disparaît, après avoir été harcelé et intimidé par son frère Mark et trois de ses amis, Pru, Danny et Slade. Vingt ans plus tard, Danny est devenu détective. Il apprend que l’ADN de Jesse a été retrouvé sur une scène de meurtre. Il est toujours vivant, là, quelque part.

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Mon avis :

Tout commence avec une histoire de gamin qui disparait. Des années plus tard son sang est retrouvé sur un lieu de crime et bien entendu celui qui enquête est un ancien ami à lui. Voici en quelques mots le début de The Five, une série créée par Harlan Coben, célèbre romancier. Cette enquête policière est prenante dès les premiers instants grâce à l’histoire mais aussi grâce aux personnages. Ces derniers sont une joyeuse bande de potes qui des années plus tard s’en veut toujours de la disparition de cet enfant. L’un d’eux, Danny, est devenu policier, c’est lui qu’on suivra le plus de par son métier. Un autre, Slade, s’occupe d’un foyer pour personnes cassées par la vie, il aura aussi un rôle important de par son côté redresseur de tort. Une autre, Prue, est devenue médecin et traîne son passé comme un boulet. Enfin, le dernier, Mark, est le frère du jeune disparu et il va mener son enquête en parallèle de la police tout en étant avocat. En effet, en plus de l’enquête sur la disparition de Jesse, se mêle une enquête sur la disparition de plusieurs jeunes filles au début, ainsi qu’une autre sur la disparition d’une fille en particulier : Alexa. Et si l’on sait très vite qui enlève les premières et comment, on se demande tout de même en quoi cela peut-être lié avec le meurtre où on a retrouvé le sang de Jesse. Au fur et à mesure des découvertes toujours plus de faisceaux apparaissent mais j’ai eu du mal à tout relier et je me suis donc laissée mener par le bout du nez. Après la première partie qui est consacrée au kidnappeur des jeunes filles est bien moins passionnante que la suite où là ça se recentre sur Jesse. En cela, les derniers épisodes de la série sont passionnants avec tout qui se met en branle petit à petit. Il y a vraiment plein de rebondissements et d’aventures ce qui fait qu’on ne voit pas passer le temps de ces 10 épisodes.

Concernant la fin * ATTENTION SPOILER* je l’ai trouvé très bien fichue, bien amenée (j’avais deviné un bout de l’intrigue sans le savoir) avec des flashbacks qui expliquent bien tout depuis les différents points de vue. C’est aussi plein d’émotions et très bien trouvé, notamment l’explication de l’enlèvement et de ce qui s’est passé après. J’ai adoré !

Ma note : 16 / 20

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Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

La Tour fantôme de Taro Nogizaka

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Titre : La Tour fantôme

Auteur : Taro Nogizaka

Editeur vf : Glénat

Années de parution vf : Depuis 2014

Nb de tomes : 9 (série terminée)

Résumé du tome 1 : C’est dans un Japon moderniste où fleure une ambiance rétro, sensuelle et délicieusement morbide que l’action se situe. Dans cet univers familier aux amateurs de Ranpo Edogawa, les meurtres sanguinolents se succèdent et le héros, tout comme le lecteur, se retrouve rapidement pris au piège dans un déluge de faux-semblants. Qui croire dans ce monde où se confondent hommes et femmes, amis et ennemis, policiers et assassins, demoiselles en détresse et démons assoiffés de sang ?

Mes avis :

Tome 1

Un récit qui s’inspire clairement du roman A Woman in Grey d’Alice Muriel Williamson écrit en 1898, dont l’ambiance malsaine est très appréciée au Japon et qui a notamment déjà été adapté par le fameux Ranpo Edogawa. Ici Taro Nogizaka n’a rien à lui envier, le récit est malsain, inquiétant, perturbant et donc entraînant à souhait. Le manga est également d’un grand esthétisme avec un trait léché qui donne des frissons parfois face aux regards inquiétants de certains personnages et à la froideur presque médicale face à ces corps torturés. Le tout donne une ambiance qui fait vraiment froid dans le dos, mais en même temps cela a vraiment un côté très addictif. On souhaite vraiment découvrir ce qui se trame derrière, pourquoi le personnage central, Tetsuo, est aussi perturbé et perturbant ; quel est le mystère derrière l’horloge et qui est ce personnage qui y sévit. De même, le personnage introduit à mi-tome, le procureur, est vraiment inquiétant et tordu, et le présence de gens normaux comme les policiers ou Taïchi renforce encore plus ce sentiment de malaise qui né peu à peu. Donc un très bon début de série, entraînant, inquiétant et intriguant.

Tome 2

Dans la droite ligne du premier, avec toujours autant d’influences ero-guro bien digérées qui rendent le récit plus agréable que ceux de ce genre habituellement avec lesquels je n’accroche pas. On retrouve aussi toujours la même esthétique froide et saisissante allant très bien avec ce genre d’histoire. L’auteur a la bonne idée de complexifier son enquête pour l’enrichir en ajoutant la recherche du fiancée de la « meurtrière », du coup l’ambiance est moins pesante. Mais le nouveau personnage du policier qui les suit dans leurs recherches ne me plaît pas trop. Par contre, j’ai une petite idée sur l’identité de Tetsuo, je verrai si j’ai raison dans les prochains tomes et si c’est le cas, je serai un peu déçue par tant de facilité.

Tome 3

Dans ce tome, comme je le pensais, on en apprend plus sur le passé de Tetsuo. Mais je suis sûre qu’on est encore loin de tout savoir. L’histoire, elle, poursuit son petit bonhomme de chemin avec toujours autant de tours et de détours mais il faut bien ça pour la faire durer sinon elle serait bien vite terminée. Et pour l’instant, heureusement cela reste intéressant, l’auteur parvenant à mêler petites et grande histoires. Cette dernière repart d’ailleurs de plus belle avec les mystères de la maison mitoyenne de la tour de l’horloge et ses étranges habitants, ce qui donne un récit beaucoup plus nerveux et tonique que celui du tome précédent. Les pages se tournent à une vitesse vole, le suspense est à son comble parfois et on frissonne avec les personnages. La 2e partie de ce tome est probablement ce que l’auteur a fait de mieux pour le moment !

Tome 4

Je me suis un peu ennuyée dans ce tome qui s’éloigne de trop de l’histoire principale. Certes, il est intéressant de suivre les circonvolutions des deux héros surtout depuis que le secret de Tetsuo a été révélé mais ça ne suffit pas surtout après un tome de haute volée comme le 3. J’espère que le prochain va renouer avec le mystère de la Tour de l’horloge surtout après ce qu’annonce la découverte de cet écrivain qui décrit le labyrinthe sous la maison. Le procureur me semble toujours aussi suspect en tout cas, et je n’aime vraiment pas l’influence malsaine qu’il a sur sa fille. Côté ambiance la série reste donc égale à elle-même, mais il y a moins de frissons dans ce tome, dommage.

Tome 5

Comme prévu, on recolle à l’histoire principale ici, avec le grand retour du procureur et la découverte de la mère de Satoko. Le climat est toujours aussi malsain mais l’intrigue a le mérite d’avancer. Les séquences s’enchaînent toujours de façon très nerveuses même si moins que dans le tome 3 où la menace était plus présente. Celle-ci d’ailleurs est moins oppressante au fur et à mesure que le « meurtrier » se révèle et devient du coup plus humain. J’espère juste maintenant que l’auteur va arrêter de faire un tome très centré sur l’intrigue principale, puis un autre qui s’en éloigne et devient plus anecdotique. Plus de régularité serait la bienvenue !

Tome 6

Ah ! L’auteur m’a entendue. On continue à coller à l’intrigue principale dans ce tome malgré un début un peu faiblard. En effet, les passages montrant la folie et la perversité de Marube m’intéressent peu pour l’histoire et ne font pas forcément avancer l’histoire, sauf pour le questionnement des personnages sur leur sexualité et leur genre, ce qui change et est assez plaisant à retrouver dans un manga. La deuxième partie est plus riche et reprend l’enquête sur la Tour et la chasse au trésor. On y retrouve l’univers glauque, malsain et un brin effrayant de la série, et ça fait plaisir puisque c’est ce qui fait la qualité de la série. Les dessins et la composition des pages sont toujours aussi dynamiques et entraînant. Il y a toujours un effet de cliffhanger à la fin de chaque chapitre et comme on semble se rapprocher de la fin, le suspense est à son comble et donne très très envie de lire la suite. L’idée pour la chasse au trésor est originale et dans l’esprit de la série qui va toujours plus loin.

Tome 7

Encore un tome survitaminé où il se passe tout plein de choses. Le tandem Tetsuo-Marube est vraiment plein de surprises et c’est presque entièrement sur lui que repose ce tome. Marube se révèle et il est bien plus complexe que prévu. Il me tarde notamment de savoir qui est la femme en grise dont il parle. Les théories qu’il échafaude sont pertinentes et souvent justes, en plus l’auteur s’amuse bien avec nos nerfs quand il les présente, coupant régulièrement la scène en plein suspense pour basculer du côté de l’autre duo du tome : Taïchi-Yamashina. On a vraiment l’impression d’être devant un film de suspense. Du côté de la Tour, elle continue à révéler ses mystères. On en apprend plus sur le passé de Tetsuo également. Et la théorie sur l’identité de l’horloge de la mort est aussi très intéressante et se tient bien. Je me suis donc laissée facilement embarquer dans ce tome une fois de plus. L’auteur a un réel talent de conteur dans cette histoire, oscillant entre macabre et suspense, que je n’aurais jamais cru apprécier tant c’est loin de mes lectures habituelles. Un régal.

Tome 8

Une page se ferme ici avec la résolution du mystère de la Tour de l’horloge, et une nouvelle s’ouvre autour de Marube et Tetsuo. L’ambiance es toujours aussi glauque et malsaine, mais il y a un côté « freak show » qui rend le tout assez drôle en fait, comme dans une série B, et j’adore ça. Les personnages sont tous plus barrés les uns que les autres, mais cela ne les empêche pas d’être parfois attendrissant comme Yamashina. L’auteur a un vrai talent de conteur pour nous embarquer comme ça dans ses histoires et toujours nous surprendre. Il n’hésite pas à sacrifier des personnages qui étaient devenus importants pour dynamiser et relancer son récit, tout comme à en faire revenir certains qu’on avait presque oubliés pour lancer l’histoire dans une autre direction, bref c’est plein de rebondissements inattendus. J’aime l’évolution de Taichi qui grandit enfin et s’affirme dans ce tome. J’aime la douce folie de Marube qui rend l’histoire imprévisible. J’aime le mystère qui continue à entourer Tetsuo dont j’ai tant de mal à prévoir les prochaines actions. Et j’aime l’ambiance horrifico-malsaine et en même temps tellement exagérée de l’histoire. Vivement le dernier tome.

Tome 9

Enfin le dernier tome de cette série riche en surprise et en émotion. Avec le tournant qu’avait pris la fin du tome précédent, je pensais le côté « Horloge de la mort » enfin terminé, en fait pas du tout. L’auteur montre  tout son talent en concluant sa série de la meilleure des façons. Il démontre que rien, aucune partie, n’a été inutile. Tout avait été pensé et se rejoint ici dans cette vaste histoire aux multiples ramifications. Une histoire, qui se révèle très touchante par les drames qui entourent les différents personnages. Marube est d’ailleurs probablement le pire tellement il est fou et névrosé. En plus, l’auteur le dote d’une aura irréelle comme s’il ne disparaissait jamais et revenait toujours d’une façon ou d’une autre à un moment où on ne l’attend plus. Dans le même style, le docteur est vraiment très flippant même si ses objectifs sont bienveillants, pareil pour son assistante, même si celle-ci a déjà basculé dans la folie. A côté, on a le trait rationnel Taichi qui s’était laissé embarquer dans cette histoire un peu contre sa volonté, mais qui s’est révélé de plus en plus solide au fil des tomes et sur qui on peut vraiment compter ici. Ce décalage entre les deux aspects de la série : sérieux et complètement barré, est vraiment ce qui en fait tout le sel. On tremble pour leurs aventures et en même temps, on en rit tellement c’est absurde. Dans cette dernière partie, j’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur l’identité et la personnalité de Tetsuo et sur tous les hommes qu’elle a rencontrés. L’idée du lieu clôt pour ce dernier tome est excellente, cela concentre l’histoire et la rend plus prenante. Les dérives des uns et des autres se révèlent au grand jour et prennent tout leur sens.On a ainsi une vraie conclusion avec des réponses à la plupart de nos questions (voire toutes ?) et les derniers chapitres nous offrent même un petit clin d’oeil avec l’oeuvre littéraire originelle ^^ Je suis plus que ravie de cette lecture !

Ma note : 16 / 20