Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Les Découvertes d’Akata #3 : Magical Girl Site de Kentarô Satô

Troisième rendez-vous du mercredi où je pars à la découverte d’un nouveau titre du catalogue d’Akata avec lesquels j’ai le plaisir d’avoir un partenariat.

Cette semaine, à la demande de mon amie des Voyages de Ly, je vous propose de découvrir Magical Girl Site de Kentarô Satô, un titre sombre et décapant.

Pour les prochains rendez-vous, vous pourrez vous-même choisir le titre que vous aimeriez que je lise et vous présente dans le catalogue ici présent. Comment faire ? M’indiquer dans les commentaires, le titre que vous aimeriez découvrir et dont je n’ai pas encore parlé (je listerai plus bas les titres déjà disponibles). Faute de proposition, je choisirai toute seule bien évidemment. J’espère que cette idée vous plaira.

Je vous laisse maintenant découvrir le troisième titre choisi.

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RDV Livresques

Mon vide-grenier Livresque #32

Nouveau rendez-vous du Vide-Grenier Livresque de La Booktillaise (anciennement Fifty Shades of Books) dont je vous rappelle le principe : chaque mercredi La Booktillaise propose un thème pour lequel il faut sortir des antres de nos blogs une chronique correspondant. C’est l’occasion de faire découvrir ou redécouvrir des titres mais aussi de partager les chroniques d’autres blogueurs sur le même thème et/ou même livre.

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Last Hero Inuyashiki d’Hiroya Oku

Titre : Last Hero Inuyashiki

Auteur : Hiroya Oku

Editeur : Ki-Oon (seinen)

Années de parution vf : 2015-2018

Nombre de tomes vf : 9 / 10 (en cours)

Résumé du tome 1 : À 58 ans, Ichiro Inuyashiki est loin d’être un modèle pour ses enfants. Vieux avant l’âge, méprisé de tous, il a vécu toute sa vie en employé de bureau minable et n’a pour toute amie que sa chienne Hanako. Comme si cela ne suffisait pas, on lui diagnostique un cancer en phase terminale lors d’un examen de routine… C’en est trop pour le pauvre vieillard. Alors qu’il pleure de désespoir dans un parc en pleine nuit, une lumière aveuglante apparaît… et c’est l’impact !
À son réveil, étendu dans l’herbe, Inuyashiki n’est plus le même. Il a été transformé en cyborg surpuissant, libre de faire ce qu’il veut de ses nouveaux pouvoirs, le meilleur comme le pire. Et il n’est pas le seul dans ce cas…

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Levius Est de Haruhisa Nakata

Titre : Levius Est

Auteur : Haruhisa Nakata

Éditeur vf : Kana (Big)

Années de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes : 9 / 10 (en cours)

Résumé du tome 1 : Levius se trouve toujours dans un état critique, les médecins/mécanos ne parvenant pas à stabiliser son bras mécanique et son compresseur de vapeur. Zack aussi est toujours en soins intensifs, l’utilisation de son oeil gauche l’ayant mené aux portes de la mort. Mais Bill, le médecin/mécano attitré de Levius sort Zack de son sommeil pour lui demander d’essayer d’aider A.J.

Note : Suite de la série Levius chez le même éditeur.

Mes avis : 

Tome 1

Me voici déjà avec la suite de la saga en trois tomes, Levius, que j’avais beaucoup aimée. Ce premier tome reprend un an après la fin du match entre Levius et A.J. Le mangaka passe une grande partie du tome à combler ce trou d’un an, nous expliquant ce qui est arrivé à chacun avant de présenter les nouveaux enjeux qui ne sont pas tellement éloignés des anciens. On retrouve en effet Amethyst comme grand « méchant » sauf que maintenant Levius fait partie des Niveaux 1. Lire la suite « Levius Est de Haruhisa Nakata »

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Levius de Haruhisa Nakata

Titre : Levius

Auteur : Haruhisa Nakata

Editeur vf : Kana (Big)

Années de parution vf  : 2015-2016

Nombre de tomes : 3 (série terminée)

A noter qu’il existe une suite en 3 tomes toujours en cours : Levius Est

Résumé du tome 1 : Au XIXe siècle de la nouvelle ère, après une guerre dévastatrice qui a tué son père et plongé sa mère dans le coma, le jeune Levius Cromwell vit avec son oncle Zack. Dans la capitale, un nouvel art martial fait fureur : la boxe mécanique. Des lutteurs équipés de membres mécaniques s’affrontent violemment dans une arène. Levius va y révéler d’étonnantes prédispositions ! S’annonce alors un combat au sommet qui pourrait bien avoir des répercussions sur l’avenir de la civilisation…

Mes avis :

Tome 1

Découvert là aussi grâce à l’opération des 48h de la BD avec le premier tome à 1€, Levius se révèle être une très bonne surprise malgré le côté assez atypique de la série qu’on doit adorer ou détester. L’univers très marqué steampunk qui n’est pas sans rappeler Gunnm m’a énormément plu. Le dessin est très original et change des mangas habituels avec ce crayonné pris sur le vif et pourtant très travaillé et minutieux qui opte pour les arrières-plans flous pour mieux mettre en avant ce qui est important. Kana a bien fait d’oser le pari. Lire la suite « Levius de Haruhisa Nakata »

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Le 3e Gédéon de Taro Nogizaka

Titre : Le 3e Gédéon

Auteurs : Taro Nogizaka sous la supervision de Satoshi Yamanaka

Editeur vf : Glénat (Seinen)

Années de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 4 (en cours)

Résumé du tome 1 : À la veille de la Révolution, Gédéon rêve de représenter le Tiers-État aux états généraux pour sauver la France de la misère. Georges, duc de Loire, n’aspire quant à lui qu’à détruire l’ordre établi. Quel avenir la rencontre de ces deux hommes apportera-t-elle à la France ?

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Mon avis :

Tome 1

Au début, je n’avais pas forcément envie de tester cette série, la faute à une couverture qui de loin me faisait penser à du global manga (ces imitations françaises que je n’aime pas du tout). Mais en me penchant dessus après en avoir entendu parler en bien, j’ai réalisé qu’il était réalisé par le mangaka de la Tour fantôme qui avait été une surprise et franche réussite pour moi. J’ai retrouvé dans ce premier tome des éléments de son précédent titre, notamment le côté assez déjanté de l’histoire et de certains personnages ainsi que le traitement bien cru de la violence aussi bien physique que psychologique, ce qui fait de cette histoire un titre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Tout d’abord, pour en revenir à l’histoire, celle-ci se déroule en France, quelques mois avant les débuts de la Révolution française. On retrouve tous les poncifs du genre avec une méchante noblesse et un pauvre peuple aux aboies pendant que certains de ses membres, des bourgeois ou pas, veulent réformer la société. L’auteur en plus peuple son récit de figures hautement connues comme Robespierre et Saint-Just et caricature la société d’alors avec le fameux prêtre pédophile abusant de son autorité et de son pouvoir. C’est classique, c’est bateau et ce n’est pas ce qui m’a intéressé dans le titre, surtout que l’éditeur nous prend parfois pour de vrais ignares quand on voit qu’il met en note ce qu’était un Duc sous l’Ancien Régime…

Non, ce qui m’a plu et amusé dans ce titre, c’est la folie du mystérieux Duc de Loire qui semble vouloir faire tout brûler, tout exploser, tout péter et qui ressemble à  méprendre aux héros de cape et d’épée qu’on connait bien comme le Capitaine Fracasse. On découvre celui-ci au détour de l’emprisonnement de son ami d’enfance, qui est un agitateur qui prêche pour une nouvelle société. Gédéon vit seul avec sa fille, il écrit des romans érotiques pour vivre, mais souhaiterait se faire élire député pour siéger aux Etats Généraux. Il a connu la noblesse et la richesse, mais également la pauvreté. C’est à travers ses yeux qu’on découvre le royaume de France d’alors et c’est le genre de personnage un peu agaçant qui prêche toujours « la bonne parole » parce qu’il veut rester dans le droit chemin. A côté de lui, le Duc de Loire, est un excentrique. C’est un noble qui veut mettre un terme à la société telle qu’elle existe mais qui procède de façon tellement violente et irrationnelle qu’on se demande ce que ça cache.

Pour le moment, l’histoire est encore assez peu développée au final. Nous n’avons eu que quelques exemples de la vie d’alors entre l’arrestation de Gédéon parce que c’est un agitateur, la condamnation d’un prêtre pédophile qui abusait de son pouvoir, la rencontre des « amis » de Loire et une controverse sur la peine de mort, le déménagement du village de Gédéon sur les terres de Loire pour aider Gédéon à se faire élire et enfin la capture de celui-ci par un mystérieux ennemi de Loire. J’ai encore du mal à voir où tout cela va nous emmener mais je suis intriguée par la folie de Loire et rien que pour ça, j’ai envie de continuer.

Tome 2

Voici un nouveau tome très dynamique, bourré d’action et de réflexions. Je n’ai pas vu passer le temps à la lecture de ce nouveau tome.

On démarre sur les chapeaux de roue avec la torture de Gédéon et le plan pour le secourir mené par Georges. En parallèle, on apprend qui est vraiment Gédéon et je n’avais pas vu venir la révélation, naïve que je suis. Cela remet pas mal de choses en perspective. Taro Nogizaka a été malin. On découvre également comme Georges et Motor se sont rencontrés, ce qui est fort intéressant. Le mangaka tisse de plus en plus sa toile et dévoile ses personnages, créant une panoplie d’hommes et femmes dont le passé est directement liés à leurs convictions et actions présentes.

Par la suite, on repart dans la quête de Gédéon d’obtenir un siège de députés pour changer les choses par la voie légale, tandis que Georges, lui, pense que ça ne marchera pas et embrigade Solange, la fille de Gédéon, dans ses machination. Cela sent le souffre, c’est glauque et violent, et Taro Nogizaka est fantastique dans ce genre d’histoire complètement barrée.

Il fait souffler un vent frais dans cette histoire de cape et d’épée, renouvelant le genre. Après, je ne suis pas toujours d’accord avec ses choix, par exemple, je n’aime pas du tout son portrait de membres de la famille royale qui est trop caricatural et extrême. A l’inverse, j’aime bien la façon dont il montre les ambitions de changements de Gédéon et la voie qu’il emprunte. J’attends maintenant de voir la finalité du plan de Georges, les conséquences de l’élection de Gédéon et la façon dont la famille royale va réagir. Je sens que je vais encore être surprise ^^

Tome 3

J’ai eu beaucoup de mal avec ce nouveau tome. Je suis de suite partie d’un mauvais pied à cause du portrait qui est fait de Marie-Antoinette et de sa famille. C’est beaucoup trop caricatural voire vulgaire parfois. J’avais l’impression de tomber dans une farce tant tout était surjoué et exagéré. J’ai détesté d’autant plus que ce sont des personnages et une époque qui me plaisent énormément. Pourtant le propos de l’auteur n’est pas dénué d’intérêt. Il revient sur les critiques faites à la royauté à la fin XVIIIe et les détourne pour nous montrer qu’au final, on connait bien mal la personnalité du Roi et de la Reine, donc c’est plutôt bien fait.

Si je reviens quand même aux deux personnages principaux, je trouve qu’il n’y a pas vraiment d’évolution de leur côté. Ça reste assez plat. Gédéon poursuit son ascension pour devenir député du tiers état. Il est caricatural au possible lui aussi. Ses discours ne prennent pas avec moi, j’ai du mal à ressentir sa passion. Son retournement de veste pour suivre le Comte d’Artois est trop rapide et mal amené, ça fait girouette. J’ai vraiment du mal avec ce personnage trop braillard et couard pour moi. De son côté, le duc de Loire reste aussi excessif qu’on l’a connu. Il poursuit son plan en cherchant à convertir la fille de Gédéon, mais là aussi il n’y a aucune surprise et je le regrette.

Dans ce tome, on retrouve donc une évolution logique de l’histoire mais cela manque de surprise et tout est trop surjoué pour m’accrocher. Je m’ennuie et je m’agace. J’espère que la suite sera meilleure.

Tome 4

Je continue à avoir beaucoup de mal avec le ton de la série et en même temps j’éprouve une certaine fascination face au récit des débuts de la Révolution vus par un japonais.

Les critiques que j’ai faites dans les précédents tomes sont toujours valables notamment concernant la représentation des personnages historiques à laquelle je n’adhère toujours pas, en particulier la famille royale. J’ai aussi beaucoup de mal avec le ton souvent trop outrancier avec lequel ils sont traités. Mais dans ce tome, je me suis vraiment laissée embarquer par les aventures de Gédéon et Robespierre. J’ai aimé la façon dont ce dernier s’est fait manipuler avec Georges pour se rapprocher du visage qu’on lui donne habituellement. J’ai également trouvé les manipulations de l’entourage du roi intéressantes, de même que leurs répercussions sur l’Histoire qui est en jeu sous nos yeux. Cela donne un vrai souffle épique au récit et les pages se tournent sans que l’on s’en rende compte.

Je continue donc à laisser sa chance à cette série malgré tous ses défauts ^^!

Ma note : 13 / 20

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Alice in Murderland de Kaori Yuki

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Titre : Alice in Murderland

Auteur : Kaori Yuki

Éditeur vf : Pika (shojo)

Années de parution vf : 2016-2019

Nombre de tomes : 11 (série terminée)

Résumé du tome 1 : La famille Kuonji possède l’un des plus puissants groupes industriels au monde. Lors de la traditionnelle tea party mensuelle, qui rassemble ses 9 enfants, la patronne du groupe, Olga, annonce solennellement qu’il est temps pour celui qui héritera du groupe de se distinguer de ses frères et sœurs : « À partir de maintenant, j’aimerais que vous vous entre-tuiez. » En plein chaos, alors qu’elle est en train de perdre la raison, la quatrième fille, Stella, se transforme en une magnifique jeune fille blonde vêtue d’une robe bleue et d’un tablier blanc… !

Mes avis :

Tome 1

Même si l’auteur s’en défend, ce titre sent furieusement l’oeuvre de commande à un moment où Alice est très populaire. J’ai eu beaucoup de mal avec la narration de ce titre. Certes on y retrouve beaucoup d’éléments qui caractérisent l’univers de Yuki Kaori et ça ne m’étonnerait pas qu’elle soit vraiment fan de l’univers d’Alice, mais ça sonne creux.

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Vinland Saga de Makoto Yukimura

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Titre : Vinland Saga

Auteur : Makoto Yukimura

Éditeur vf : Kurokawa

Années de parution vf : Depuis 2009

Nombre de tomes vf : 25 (en cours)

Résumé du tome 1 : Depuis qu’Askeladd, un chef de guerre fourbe et sans honneur, a tué son père lorsqu’il était enfant, Thorfinn le suit partout dans le but de se venger. Mais bien qu’il soit devenu un guerrier redoutable, il ne parvient toujours pas à vaincre son ennemi. Au fil des ans, enchaînant missions périlleuses et combats afin d’obtenir des duels contre l’homme qu’il hait plus que tout, le gentil Thorfinn est devenu froid et solitaire, prisonnier de son passé et incapable d’aller de l’avant. Jusqu’à ce que la vie le force à regarder le Monde différemment…

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Mon avis sur la série à ce jour (jusqu’au tome 13) :

Voici une série « historique » qui m’a de suite fait de l’oeil, forcément avec un sujet comme les Vikings, c’était obligé. J’y ai retrouvé au début tout ce que je pouvais espérer : des combats sans concession, des trahisons, des complots politiques, des hommes forts et rudes mais avec parfois de la compassion et surtout un magnifique trait pour retranscrire le tout. Il faut dire que depuis le 1e tome, la progression de l’auteur est fulgurante. Il a énormément gagné  en détails, aussi bien dans les visages des personnages, que dans leur habillement, ou les décors. Même les scènes de combat sont époustouflantes de vivacités.

Parce que bien sûr, Vinland Saga, du moins dans sa première partie est avant tout un concentré de combats et d’affrontements pendant lesquels on suit Thorfinn, jeune garçon en quête de vengeance qui a l’idée bien originale de s’attacher au meurtrier de son père, de le suivre partout, de vivre avec lui, pour mieux pouvoir le tuer. C’est ce parti pris qui m’a de suite fait accrocher à l’histoire. Voir un jeune garçon aussi fragile psychologiquement chercher à devenir plus fort pour se venger, sans véritablement comprendre le sens de sa démarche, m’a énormément plu. De même que celle du dit méchant : Askeladd qui est vraiment très très charismatique et n’a rien du méchant qu’on pourrait croire. C’est avant tout un homme politique et un guerrier dans toute sa splendeur, retord à souhait et fascinant du coup. Puis vient ensuite, le tout faible prince Knut, fils du roi Sven (un homme barbare et cruel), mais qui se révèle bien plus fort qu’on le croyait. Bref que des personnages pour qui les apparences sont trompeuses.

Et l’on suit tout ce petit monde vers une conclusion inévitable au tome 8. Une véritable apothéose qui aurait presque pu être la conclusion de la série, tant elle a été bien amenée et a réuni tous les fils conducteurs. Mais l’auteur n’a pas voulu s’arrêter là, sur une conclusion aussi sombre, et a décidé de faire une 2e partie sous le signe de la rédemption. Une 2e partie que je trouve pour le moment bien plus faible que la 1e, bien moins accrocheuse, avec des thèmes moins porteurs et trop de morale à mon goût. Si je devais résumer, je dirais que la 1e partie est vraiment de haute volée car sans concession, alors que la 2e est pour le moment un peu molle.

Dans cette 2e partie, Thorfinn est encore trop amorphe, trop épuisé par tout ce qu’il a vécu et vient tout juste de se réveiller et de se trouver une but (cf. le tome 13). Mais les personnages qui l’entourent sont bien fade en comparaison à Askeladd et ses compagnons. Heureusement, Knut le nouveau roi est là pour relever la donne et annoncer le retour de ce qui m’avait plu dans la 1e partie (violence, combats, complots politiques), du moins je l’espère. Mais pour le moment, cette partie bien que scénaristiquement réussie, m’ennuie. J’espère qu’il saura me donner tort et retrouver la dureté et franchise des débuts.

Une série à suivre.

Mes notes : 18 / 20 (1e partie) ; 17 / 20 (2e partie)

Note : 1e partie = Tomes 1 à 8 ; 2e partie = Tomes 9 à 23 (en cours)

Mes avis par tome :

Tome 14

Je pense qu’avec ce tome, on conclut enfin la 2e partie de cette série et ce n’est pas trop tôt. J’ai trouvé cette partie particulièrement lassante et bien en-dessous de la 1e. Ici, la rencontre tant attendue entre Thorfinn et Sven a tenu toutes ses promesses et a grandement relevé le niveau, même si les idéaux du premier semblent bien naïfs et me laissent un brin incrédule. Mais cela a le mérite de relancer la série dans une nouvelle direction. En ce sens, j’ai adoré le retour de Thorfinn dans son village et sa famille, tout en humour et bons sentiments, un vrai plaisir. Sa soeur est vraiment un personnage ! Je me demande quand même ce que la suite va donner maintenant et j’espère qu’on ne va pas perdre de vue les menées politiques de Sven.

Tome 15

On poursuit sur la nouvelle lancée annoncée dans le tome précédent, à savoir la recherche et la colonisation du Vinland. J’avais peur qu’on reste un peu trop chez Thorfinn et que ça devienne ennuyeux, mais pas du tout. On repart très vite vers de nouvelles aventures. Il est amusant de voir à quel point le fils de Thor a changé quand il rencontre un visage qu’il a déjà croisé enfant. J’ai beaucoup aimé voir les relations qui se nouent ici entre la bande de Thorfinn et Halfdan, ça nous apprend plein de choses. Par contre, il faut vraiment que l’auteur soit plus rigoureux, notamment dans les choix de noms, il part trop dans tous les sens et c’est brouillon. Le nouveau personnage que l’on découvre : Gudrid, me plaît déjà énormément. C’est un personnage comme on en voit souvent dans les mangas, en opposition complète avec le monde dans lequel elle vit et avec un côté très moderne. Anachronisme ou pas, elle me plaît. J’aime sa fougue, sa passion pour la mer et l’aventure. J’espère qu’elle va se joindre à la petite troupe pour leurs prochaines aventures. Il est d’ailleurs très plaisant de voir que l’auteur continue à nous surprendre en leur faisant prendre encore un chemin de traverse avant d’atteindre leur but. Je découvre une facette complètement nouvelle à la série et j’adore cela.

Tome 16

On repart complètement dans de nouvelles aventures avec ce tome et ça change tellement que j’ai du mal à faire le lien avec l’ambiance des premiers tomes, ça a l’air tellement loin maintenant. Je me suis amusée de la petite équipe qui part à la recherche de la Méditerranée. J’ai aimé que Thorfinn joue les chefs et impose ses décisions, notamment celle d’emporter Gudrid avec elle. Celle-ci est une vraie bouffée de fraicheur dans l’histoire tellement elle est gaffeuse et naïve. Elle est vraiment très drôle à suivre. Mais l’auteur sait passer de ce registre humoristique à un registre plus sérieux en un clin d’oeil comme le montre l’arrivée de la fine équipe sur le lieu du massacre d’une famille que connaissait Leif. C’est vraiment très violent, d’autant plus que ça surprend à ce moment-là de l’histoire. Ça nous permet de ne pas oublier la violence du monde dans lequel ils vivent. Mais leur voyage avance en tout cas, même avec ce petit retard et le nouveau membre de l’équipe qu’ils récupèrent. Il est plaisant de les voir naviguer et il est amusant de voir Thorfinn s’occuper de leur nouvelle recrue. J’ai aussi aimé que le passé ne soit pas oublié aussi bien avec la poursuite du fiancé de Gudrid (ils sont aussi bête l’un que l’autre mais la tante de Gudrid et les parents de son fiancé sont super eux !), ou avec la jeune fille qu’ils croisent dans les dernières pages et qui a maille à partir avec l’ancien Thorfinn. Résultat, je ne sais pas trop vers quoi on se dirige pour la suite et il me tarde de la lire !

Tome 17

Ce tome 17 est tout en tension. Il est centré sur l’affrontement entre Thorfinn et Hild et nous permet ainsi de refaire une incursion dans le terrible passé du premier. J’aimais beaucoup cette période de la saga et j’ai été ravie de revoir le Thorfinn impitoyable des débuts. Cela permet d’autant mieux de voir combien il a changé et muri depuis. Il a vraiment cherché à faire table rase du passé, à se débarrasser de sa colère, de son désir de vengeance. En cela, je le retrouve énormément chez Hild et j’espère qu’elle aura la même évolution parce que c’est un personnage qui me plaît déjà beaucoup. J’aime que ce soit une femme et j’aime que ce soit un inventeur de génie. C’est une dimension (l’évolution technique) qu’il manquait un peu à l’histoire et qui est parfaitement comblée ici. J’espère donc qu’on continuera à voir le personnage. Concernant son affrontement dans la neige avec Thorfinn, je n’ai pu m’empêcher de penser à The Revenant tellement il y avait de ressemblances même si c’était moins intense tout de même. Il en reste que le décor était très beau et s’accordait à merveille avec l’ambiance de ce duel. L’issue, elle, était inéluctable, Thorfinn n’a jamais vraiment été en danger et c’est justement ce qui manque ici, c’était un peu trop lisse, prévisible.

Tome 18

Mon dieu, que c’est bien écrit ! Le tome commence tout doucement avec le rétablissement de Thorfinn et les pitreries de son équipe, puis peu à peu on sent la tension monter au fur et à mesure que son passé le rattrape une nouvelle fois. J’adore comment l’auteur nous balade. On pense que ça y est on est partie dans une grande intrigue maritime mais non on revient encore sur le passé guerrier de Thorfinn dont il ne peut décidément pas se défaire. C’est tellement bien fait. J’ai adoré voir le retour d’une intrigue politique avec la guerre de succession de Jomsvikings cette fois. C’est classiquement mais tellement bien raconté et mis en scène. Ça permet de revoir Thorfinn au milieu des autres guerriers vikings et de voir combien il a changé. J’ai aimé qu’on le compare à son père et qu’on voit un bref instant celui-ci. C’est aussi intéressant de voir les manoeuvres des uns et des autres et de revenir sur des personnages de la première partie de la série. On voit que Makoto Yukimura n’oublie personne et sait utiliser tout ce qu’il a créé auparavant. J’ai aimé revoir Thorkell, brut de décoffrage comme toujours, et Floki, une fois de plus sournois. Le duo formé par Thorfinn et Hild fonctionne bien tant ils se ressemblent. J’ai vraiment passé un super moment et il me tarde de voir où le mangaka va nous embarquer.

Tome 19

Une nouvelle fois, je n’ai pas vu le temps passer et j’ai eu un réel plaisir à retrouver toutes ces personnes du passé de Thorfinn. Franchement, c’est une excellente idée de Makoto Yukimura de réintroduire un peu de politique dans l’histoire somme toute une peu trop pacifiste qu’était devenue celle de Thorfinn surtout avec un passé comme le sien. On est donc plongé dans les luttes d’influence des Vikings. C’est amusant de voir comment les camps se dessinent et se redessinent sans cesse, le tout sous les yeux de spectateur de Thorfinn qui ne veut surtout pas y être mêlé. Et pourtant comme il le dit lui-même, le violence gronde encore en lui et ne demande pas grand-chose pour exploser. Le moment où il apprend pour son père est d’ailleurs terrifiant. Je suis partagée entre l’envie de retrouver la violence des débuts et de le voir réussir dans sa démarche d’apaisement et de nouvelle voie. Son combat contre Garm en est l’exemple parfait. Il ne peut pas y couper parce qu’il vit dans un monde fait de violence mais en même temps il cherche et propose une autre alternative. J’aime l’équilibre que l’auteur parvient à trouver entre les deux pour le moment même si ça ne me déplaît pas de retrouver un petit peu de la fureur des débuts. Ce tome s’est donc lu en un rien de temps et il nous laisse cruellement en plan dans l’attente du suivant.

Côté dessins, c’est toujours aussi beau et précis. Que ce soit les décors, les costumes, les expressions des personnages où les scènes de combat, tout est réussi pour moi. C’est détaillé, c’est beau, c’est riche. C’est un vrai régal pour les yeux.

Tome 20

Dans la lignée des tomes précédents, je retrouve de plus en plus ce que j’avais aimé dans les premiers temps de Vinland saga, c’est à dire la vie et les combats de ces vikings. Certes, Thorfinn s’est engagée sur une voie utopique de non violence et de recherche d’un monde où porter ses idéaux, mais la réalité est bien là et le rattrape douloureusement une fois de plus. On le voit alors déchiré entre son passé, son présent et ses aspirations futures.

Makoto Yukimura parvient avec grand talent à peindre une vaste saga qui allie aussi bien réflexions morales sur la vie que combats et disputes sanglants pour contrôler des territoires. Dans ce tome, on voit en sous-main tout ce que le Roi Knut a préparé, orchestré pour aboutir à ses fins, ce qui a amené la situation actuelle.

C’est d’ailleurs un tome un peu d’attente encore pour moi, puisqu’on nous explique les prémices et que tout se met en place pour le retour de Thorfinn dans leur univers. Sous quelle forme, ça on ne le sait pas encore vraiment, on ne peut que supposer et peut-être être surpris au final. D’ailleurs, pour le moment, on voit juste d’un côté Thorkell tout faire pour se battre contre les Joms parce qu’il en meurt d’envie, et ces derniers essayer d’y échapper mais échouer. La bataille a donc lieu mais on ne la voit que d’un oeil extérieur vu que ce n’est clairement pas le coeur de l’histoire que veut nous raconter le mangaka.

Ce qui l’intéresse, lui, c’est la décision que va prendre Thorfinn et le destin qu’il va ainsi se choisir : la violence en étant à la tête des Joms ou la paix en poursuivant son voyage. Mais avant d’arriver à cela, il va devoir affronter ses vieux démons et je bous d’impatience à l’idée de voir ça dans le prochain tome.

Tome 21

Comme je le pressentais, avec ce nouveau tome, j’ai eu tout ce que j’aimais dans la série. Makoto Yukimura a réussi à allier ce qui m’avait plus dans la première partie de la série (la quête de vengeance, la violence, la politique Vikings) avec ce qui fait la force de la suite (l’amitié et la volonté de paix de Thorfinn), ce qui un tome très équilibré et parfaitement réussi.

Thorfinn et ses amis sont en conflits avec l’armée de Floki et c’est bien tendu. Gudrid est prisonnière. Il va donc s’agir d’envoyer une mission commando pour la libérer. Entre moments humoristiques et moments sérieux, cela ne va pas être une partie de plaisir. La tension est à son comble. On se demande comment ils vont sortir de ce guêpier et avec quelles pertes. C’est très difficile pour Thorfinn parce qu’il va se retrouver face à ses démons intérieurs, mais heureusement il a ses amis pour l’épauler et lui faire reprendre raison. Ça montre bien tout le chemin qu’il a parcouru. De mon point de vue de lectrice, j’ai apprécié de le voir trouver l’équilibre entre son pacifisme extérieur et sa violence intérieure. J’en avais un peu marre du Thorfinn qui veut jamais se battre et qui tend la joue, là au moins il se défend et défend les autres, et il montre qu’il n’a rien perdu de son talent, ce qui donne des scènes très énergiques.

Ce nouvel opus fut donc une lecture très agréable, dynamique, énergique, avec de l’humour (Baldur et sa fine équipe) mais aussi de vraie réflexion. Vivement le prochain tome !

Tome 22

Quel petit bijou ce tome ! On y touche la substantifique moelle de toutes les idées que l’auteur a voulu développer depuis le début et c’est magique !

J’ai tout d’abord été soufflée par la mise en scène de cette longue bataille. L’auteur varie les rythmes et les points de vue comme jamais, pour mettre en image une fresque magistrale, sanglante et violence à souhait, comme je peux en voir en image dans la série Vikings que je viens justement de reprendre.

Ensuite, j’ai adoré le rôle de Thorfinn dans ce tome. Il met en branle dans son duel puis dans sa prise de parole tout ce qui bouillonnait en lui depuis des années. Ainsi il gagne encore en charisme et en carrure à mes yeux. Les propos qu’il tient et les actions qu’il entreprend ne peuvent que marquer le lecteur. Le rappel de son premier mentor, puis de son père, m’ont presque fait verser une petite larme. Trop d’émotions !

Les autres personnages autour de lui ne sont pas en reste, que ce soit Garm dont on découvre le passé, Sigurd qui fait vraiment preuve de bravoure, Thorkell qui amuse toujours autant la galerie mais joue un rôle crucial au bon moment, Baldur qui si jeune a déjà tout compris, ou même ses inconnus qui nous montre l’absurdité de cette bataille. Tous livrent de très beaux moments. Je retiendrai la mort de l’un de ces inconnus et le partage du petit déjeuner entre ces deux ennemis alors que le soleil se lève.

Après tous ces moments intenses qui permettent de voir enfin un peu l’aboutissement des réflexions de Thorfinn sur la vie, la guerre et les puissants, il fallait de la légèreté et même ça, Makoto Yukimura a su le faire grâce à Gudrid qui m’a permis de relâcher le souffle que je retenais depuis un moment pour bien rire. Magique !

Ce tome aura vraiment été parfait de bout en bout. Le mangaka a su synthétiser ses idées et les mettre en action dans un tome où la réflexion se mélange à la perfection avec la violence de la guerre. Chapeau !

Tome 23

Décidément Makoto Yukimura n’en finit pas de me surprendre dans cette série. Alors que je pensais avoir affaire à un tome de transition tranquille, sans grande envergure qui serait sympa mais loin des précédents qui m’avaient fait vibrer, j’ai en fait trouvé plein de bonnes raisons d’être détrompée.

Thorfinn est allé au bout de ses idées et a pu ainsi tourner la page de son héritage violent viking pour embrasser celui plus pacifiste de son père. Il peut désormais partir réaliser son rêve de fonder ce Vinland prospère et pacifiste où il ferait du commerce et accueillerait ceux qui veulent bien travailler en paix. L’auteur peut donc tourner son regard vers un autre personnage qui était resté pas mal dans l’ombre jusqu’à présent : Sigurd.

Quelle surprise de me retrouver à suivre ce personnage, pour l’instant assez peu sympathique malgré l’humour dont il fait preuve à ses dépens. C’est le « mari » forcé de Gutrid, celui partir à sa recherche pour la forcer à revenir auprès de lui, mais surtout c’est un homme, qui comme Thorfinn, a vu ses valeurs remises en question après toutes les épreuves qu’il a vécu : voyage, esclavage, blessures, batailles… Il est donc une autre belle figure de son temps.

J’ai beaucoup aimé le suivre et le découvrir bien plus subtile que sa tête patibulaire le laisser penser. C’est un homme qui désormais ne veut plus vivre dans l’ombre de son père. Il veut s’affirmer et prouver sa valeur, mais également trouver sa voie. Pour cela, il peut compter sur ses amis et son bref retour chez son père est une belle occasion de le prouver. C’est un moment, qui pourrait être banal, que l’auteur narre avec beaucoup d’humour, aussi bien à cause des bourdes de Sig Sig, de la rencontre rocambolesque avec Ylva ou de l’affrontement exagéré avec son père, mais qui grâce au talent de l’auteur est hautement émouvant et symbolique. Il représente le passage de témoin entre l’ancienne génération guerrière et la nouvelle qui se veut commerçante et pacifiste. Très fort !

Après ce moment assez inattendu, le mangaka poursuit sa belle époque et nous embarque dans un saut dans le temps de 2 ans, nous permettant de retrouver la bande de Thorfinn pour voir ce qu’elle est devenue. Toujours avec humour et légèreté mais sans aucune banalité, on revoit notre fine équipe, revenue de son voyage et prête à fonder sa patrie. Ils font le tour de leurs soutiens, ce qui donne lieu à des moments vraiment savoureux. L’accueil d’Ylva m’a beaucoup fait rire. J’ai adoré le contraste entre la réaction attendue par Gutrid face à Halfdan et celle effective. Mais surtout, j’ai été emportée par l’émotion de voir nos héros si heureux après tout ce qu’ils avaient traversé et ayant enfin concrétisé leur rêve. Thorfinn s’est trouvé une belle famille. Son « fils » est adorable quand il défend son papa ^^ Il est désormais bien entouré et n’a plus rien à voir avec la boule de colère bouillonnante qu’il était au début. Superbe !

Ce tome clôt un chapitre important de la série, d’une façon très simple et pourtant incroyablement réussie. Comme quoi, même dans la simplicité, quand on est doué, on insuffler quelque chose de grand. C’est ce que fait Makoto Yukimura ici. C’est surprenant mais terriblement convaincant et surtout émouvant.

Maintenant, pour finir, un petit mot sur le oneshot qui conclut ce volume et n’a rien à voir avec notre série : « Bientôt viendra le temps des adieux ». Magistral ! C’est le premier mot qui me vient après l’avoir lu. Ecrit avant Vinland Saga, on y retrouve les valeurs chères à l’auteur : le pacifisme et l’envie de vivre. Se déroulant à une époque charnière de l’époque japonaise (merci le Pavillon des hommes pour me permettre de mieux la comprendre), on découvre un ancien samouraï sur le point de mourir de maladie, qui réfléchit sur le sens de la vie et du combat que se mènent à ce moment-là l’Empereur et le Shogun. Avec un déroulé, très lent et introspectif, cette courte histoire frappe fort. J’ai de suite fait un parallèle avec la terrible histoire du XXe du Japon. Cela fait vraiment réfléchir. Makoto Yukimura est vraiment fort pour nous faire ressentir ça en une quarantaine de pages. Chapeau !

Tome 24

Encore un excellent tome pour monsieur Makoto Yukimura, quel chef ! Il se débrouille pour continuer à nous séduire avec une histoire désormais basée sur la quête du bonheur par la paix et non par les armes et c’est fantastique.

J’ai ressenti une grande force dans ce nouveau tome. Pourtant le thème central développé est bien loin des conflits et batailles des débuts, puisque c’est l’utopie dont rêve Thorfinn et ses amis. Mais l’auteur a l’art et la manière de nous montrer les difficultés et le nouveau défi que cela représente, défi encore plus élevé que tout ce qu’ils ont connu.

Cependant le passé n’est jamais loin et dans la quête d’une nouvelle vie de Thorfinn, il est impossible d’oublier celui-ci puisqu’il est à la base de tout. D’ailleurs Thorfinn est encore rongé par son passé comme le montre ses cauchemars qui ouvrent le tome. Heureusement, l’auteur sait nous montrer que la nouvelle vie qu’il s’est constitué l’aide à changer, que ce soit sa relation avec Gutrid et son fils qui lui offre le cadre familial qui lui manquait, ou ses échanges avec ses voisins qui lui permettent de mettre au clair ses idéaux avant de se lancer. Tout cela confère à la série un climat de douce sérénité et de chaleur humaine fort appréciable.

En plus, Makoto Yukimura a vraiment un don pour mettre en scène des moments du quotidien qui peuvent sembler ultra banal mais qui recèle plein d’émotion et autres petits éléments super riches pour montrer la belle évolution des personnages. Ainsi, j’ai été touchée par ce qu’ont montré aussi bien Thorfinn, qu’Einar, Gutrid, Hilde, Gros Yeux ou encore Ylva. Puis il y a l’arrivée dans la bande de la surprenante Cordélia qui vient ajouter une touche supplémentaire pour prôner cette tolérance également au coeur du projet de Thorfinn.

Ce projet, on commence sérieusement à en voir l’aboutissement ici avec non seulement l’annonce auprès de ses voisins pour recruter des volontaires mais également la mise en place d’un projet plus concret. Et quel projet ! Certes l’auteur force un peu les choses mais il pousse Thorfinn vers une superbe définition de celui-ci au fil de ses rencontres et discussion. C’est superbe comme chemin parcouru de la vengeance à la volonté de bâtir un paix sans épée. J’ai vraiment été prise d’une bouffée d’amour pour le héros et son évolution dans ce tome.

Avec encore une fois une histoire très riche sous ses dehors ultra simples, Makoto Yukimura m’a charmée et bouleversée. Mélangeant scènes du quotidien et rencontres significative, il concrétise petit à petit le projet de son héros asseyant encore un peu la transformation de celui-ci et bon sang que ça fait du bien de lire un titre aussi pacifiste !

Tome 25

La série n’aura jamais aussi bien porté son nom que dans ce tome. C’est incroyable de voir tout le chemin accompli par les héros de Yukimura, des premiers volumes bestiaux et sanglants à ces derniers lumineux de vie.

Il est loin le temps des batailles pour Thorfinn, celui-ci adulte est désormais empli de son désir de se rendre au Vinland pour créer son petit paradis terrestre. C’est donc un vrai bonheur de le suivre dans ces nouvelles aventures. Et pour nous montrer à quel point il a évolué, l’auteur nous offre un chapitre d’ouverture magistral et émouvant où l’on retrouve notre héros au côté de l’un de ses modèles : Leif, qui a bien vieilli. Séquence émotion réussie, entre tendresse et humour, leur discussion en dit long sur l’évolution de l’histoire et les aspirations de chacun. C’est beau.

Puis, il est temps pour l’aventure de reprendre et c’est alors un voyage en mer parfaitement crédible et réaliste qui nous est conté par le mangaka. Il y adjoint les mythes nordiques aux connaissances des hommes de ce temps-là en navigation, astronomie et sciences au sens large. C’est passionnant et fascinant. J’ai aimé qu’il pense à nous montrer les peurs et croyances de ces hommes et femmes. J’ai aimé voir un Thorfinn parfois fébrile, il fait tellement plus humain ainsi. Cela m’a amusée que ce soit Hilda qui ait le plus de connaissance sur notre terre et qu’elle les partage avec sagacité avec la nouvelle génération. Cela crée un climat vraiment propice et serein pour ces nouvelles découvertes où les craintes sont entendues et nécessaires pour aller de l’avant.

C’est ainsi fascinant de suivre, ce qui est ma foi assez banal, un voyage en mer à la recherche de nouvelles terres avec les inquiétudes et espérances que cela engendre. L’auteur trouve le bon rythme et bon équilibre. Il ne s’attarde pas trop en mer mais suffisamment pour assister aux différentes étapes. Il embraye ensuite rapidement sur le premier abordage de la terre ferme qui parfois n’est pas ce qu’on attend. Mais on découvre alors un Thorfinn très avisé en tant que chef d’expédition, qui sait entendre les désirs de chacun et utiliser sa formation militaire à bon escient comme le comprend Hilda qui l’observe très bien.

C’est plaisant alors de suivre leurs premiers pas tâtonnant, de voir l’expédition se scinder, chacun trouver les terres qui lui conviennent, puis s’y installer. J’adore le discours pacifiste de Thorfinn et Einar après ce qu’ils ont vécu. J’aime ce désir de cohabitation et non de guerre avec les autochtones qu’il y a en eux. Ainsi, j’ai apprécié de découvrir comment leur groupe s’installait, affichait ses ambitions, commençait à préparer la terre, à construire leur village et leur nouvelle vie sous le regard bienveillant d’une figure qu’on aurait aimé voir encore en vie. C’est plein d’émotion.

Ce quotidien et cette histoire peuvent sembler banals. Après tout ce n’est que l’histoire d’une première colonisation de Vikings en Amérique du nord, mais le chemin de vie de chacun des personnages est tel que c’est une vraie bouffée d’émotion. Voir Thorfinn en arriver là après tout ce qu’il a vécu est lumineux. D’ailleurs, l’auteur ne s’y trompe pas en affichant clairement cela dans son dessin. Fini le Thorfinn qui se cache derrière ses cheveux, désormais repoussés en arrière son regard peut se porter au loin sur l’avenir et c’est magnifique !