Livres - Romance

Pennyroyal Green de Julie Anne Long

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Titre : Pennyroyal Green

Auteur : Julie Anne Long

Editeur vf : J’ai Lu (Aventures & passions)

Année de parution vf : 2016-2017

Nb de tomes : 11 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Au village de Pennyroyal Green, personne n’est vraiment surpris lorsque ce vaurien de Colin Eversea est accusé du meurtre d’un Redmond. Les deux familles ennemies s’entretuent depuis des siècles. Et à Newgate où il attend d’être pendu, Colin sait qu’il est vain de clamer son innocence, car le seul témoin susceptible de le disculper a disparu. Il va pourtant s’évader in extremis grâce à une belle inconnue. Madeleine Greenway dit avoir obéi aux ordres d’un commanditaire anonyme, mais il devient vite évident que celui-ci a l’intention d’éliminer la jeune femme. Dès lors, Colin et Madeleine n’ont plus qu’à unir leurs forces pour tenter de découvrir qui les a piégés. Et, dans l’aventure, leurs destins respectifs vont être sérieusement chamboulés…

Mes avis :

Tome 1 : Au risque du plaisir

Il y a plus de 5 ans maintenant, ça date !, j’avais commencé cette saga familiale sur fond de rivalité ancienne entre les Eversea et les Redmond dans un petit village perdu au fin fond de l’Angleterre. Ayant été moyennement séduite par le tome avec lequel j’avais commencé, le 2…, je n’avais pas été plus loin. Mais ayant la suite, je me suis promise cet été de corriger cela.

Grand bien m’en a fait, car contrairement au tome suivant, le premier de la saga fut vraiment un très chouette aventure, rocambolesque à souhait comme j’aime et avec de jolis sentiments qui naissent en cours.

Tout commence quand le benjamin de la fratrie Eversea, le plus remuant d’entre eux, Colin, est accusé de meurtre et doit être conduit à l’échafaud. Le jour de son exécution, il est sauvé de façon très théâtrale par la belle et farouche, Madeleine Greenway, une Wellington en jupon qui vend ses services aux plus offrants. Mais Colin n’est pas coupable et il souhaite remonter le fil des indices qui l’accuse pour trouver le vrai coupable.

Ainsi loin d’une romance classique, Julie Anne Long nous propose ici un vrai récit d’aventure. Aux côtés de Colin et Madeleine, qui bien sûr s’entendent comme chien et chat au début mais bouillonne de désir contenu l’un pour l’autre, nous allons parcourir Londres et ses environs pour découvrir le fin mot de cette histoire.

Suivre leur enquête fut un vrai bonheur. Leurs échanges sont piquants. Ils ont tout deux des personnalités affirmées et Madeleine a une certaine expérience. Colin, lui, n’est pas seulement le jeune cabotin qu’on croit. Leurs aventures sont également bien rythmées et fort drôles. La scène où Colin est enlevée à l’échafaud est un modèle du genre mais la suite est tout aussi enlevée avec par exemple régulièrement l’impotente masculine qui sert d’alibi aux questions que posent les héros. C’est vraiment savoureux.

S’ajoute la querelle entre les Eversea et les Redmond qui vient tout compliquer, puisque les coupables de l’accusation de Colin sont tout désignés, mais cela va se révéler bien plus compliqué. S’ajoute aussi la rivalité entre Colin et son aîné, Marcus, qui souhaitent tout deux épouser la même femme, Colin soupçonne donc Marcus.

La romance, elle, nait assez naturellement quoique un peu rapidement au vu du temps passé en réalité. Si le désir entre les deux héros est compréhensible, je trouve un peu dommage d’avoir si vite ajouté des sentiments amoureux pas forcément justifié à mon sens. C’est un peu trop grandiloquent dans les dernières pages sans vraie raison. Oui, ils s’entendent bien. Oui, ils révèlent l’un à l’autre ce que chacun pourrait devenir. Mais pourquoi ne pas leur laisser un peu plus de temps, c’est dommage.

Au risque du plaisir fut donc une très belle histoire pleine d’humour et d’aventure et c’est ce que j’en retiendrai le plus. J’ai adoré la relation chien-chat des héros, la fougue de leur aventure, le rythme entraînant de leur aventure. J’aurais juste voulu un développement peut-être plus fin de la romance, mais sinon, c’est une excellente entrée en matière !

Tome 2 : Pour un simple baiser

Une fois n’est pas coutume, je commence cette série avec le tome 2 dont le résumé m’avait beaucoup plu, mais mon avis sera plus nuancé.

J’ai tout d’abord été séduite par le décor de cette série qui prend place dans un petit village anglais à l’ambiance chaleureuse et un peu excentrique dans lequel deux familles se livrent une guerre sans merci comme les Montaigu et les Capulet ^^ L’ambiance joyeuse et bonne enfant que cela donne fait souffler un vent de fraicheur direct sur l’histoire. Dès les premières pages, tandis qu’on retrouve les héros dans la petite auberge du village, j’ai été sous le charme de l’endroit. Il se dégageait un je ne sais pas quoi très chaleureux qui me donnait l’impression de retrouver une bande d’amis au coin du feu.

Malheureusement pour moi, cette bonne ambiance générale a vite disparu avec l’arrivée de héros fort peu charmant… Pris avec ses amis, Miles Redmond, le héros de l’histoire, est charmant et intéressant, surtout grâce à sa passion pour les insectes. Il avait un fort potentiel pour me faire succomber, mais il se transforme malheureusement en crétin patenté dès qu’il est en présence de sa dulcinée, la belle Cynthia. Il devient alors pédant et arrogant, trop sûr de lui et pas du tout fidèle à l’image qu’il m’avait d’abord donnée. Quelle déception ! Ajoutez là-dessus, une héroïne, Cynthia donc, qui est elle aussi très pédante et superficielle au premier abord et vous avez une idée de la douche froide que j’ai prise. En effet, quand nous la découvrons, on nous la présente comme une chasseuse de dot et une femme volage. Elle n’a pas la langue dans sa poche et n’a aucune des qualités que j’apprécie habituellement chez mes héroïnes. Alors avec ce départ raté, il a été très dur de suivre leur histoire.

L’auteur a bien tenté au fil des pages de changer la donne, de creuser leur personnalité à chacun pour nous les rendre plus sympathiques mais personnellement je n’ai jamais vraiment réussi à faire abstraction de cette mauvaise première impression. Certes Miles est surtout un homme amoureux et très maladroit. Cynthia est une femme que la vie a malmené et qui ne peut compter que sur elle et qui s’est donc construit une véritable armure. Mais je ne trouve pas que la mayonnaise prenne entre eux. Jusqu’au dernier moment, je me suis même demandée si Julie Anne Long n’allait pas avoir le culot de ne pas les caser ensemble. Pourtant leur histoire avait de quoi séduire avec cette nouvelle rencontre lors d’une partie de campagne organisée par la famille du héros avec des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres : la belle au coeur de pierre, la belle excentrique, le jeune dandy, le vieux amoureux de chiens, le vieux paternaliste et rigoriste, la femme adultère… Mais en dehors de la soeur de Miles dont l’excentricité et la force de caractère m’ont beaucoup plu, les autres m’ont plutôt laissée de marbre. Je me suis juste amusée de leurs déconvenues. L’histoire d’amour qui nait au fil des pages est dramatique et romantique à souhait mais je l’ai trouvée fade.

Une histoire, donc avec beaucoup de potentiel, qui m’a donné envie de découvrir les autres tomes de la série de par son ambiance, mais dont les deux héros ne m’ont pas du tout plu.

 

Tome 3 : Rosalind, femme de passion

Je pensais avoir conjuré le sort après ma lecture du tome 1 qui s’était révélée bien meilleure que le tome 2, malheureusement l’autrice retombe dans ses travers ici…

Cette fois, nous suivons l’un des frères aînés de Colin, le capitaine Chase Eversea, à qui une mystérieuse jeune femme a donné rendez-vous au Montmorency Museum de Londres. Poussé par la curiosité, Chase se rend au rendez-vous et reconnaît… l’envoûtante Rosalind March, veuve de son ancien colonel, qu’il a connue à Bruxelles à l’époque où elle n’était qu’une jeune fille naïve et imprudente. Aujourd’hui elle sollicite son aide pour élucider la disparition de sa soeur, Lucy. Chase accepte à contrecœur. Il a de bonnes raisons de se méfier de Rosalind. Depuis toujours, il y a entre eux ce désir qui brouille les cartes et les met en danger.

L’histoire commençait donc très bien, entre mystère, enquête, humour et passion brûlante. Je pensais vraiment passer un bon moment. L’autrice raconte avec beaucoup d’humour les retrouvailles des héros devant un tableau rempli de vaches (lol). Elle lance ensuite une enquête qui promet d’être intéressante sur cette jeune personne qui a disparu des grilles de Newgates, la célèbre prison londonienne. Puis, elle fait très vite crépiter l’électricité toujours présente entre Chase et Rosalind. Elle alterne aussi présent et passé pour nous faire comprendre où ça remonte et ce qu’il y a eu entre eux autrefois. Le problème, c’est que la poudre ne s’enflamme jamais.

En effet, j’ai eu l’impression que l’autrice nous faisait mariner tout du long. L’intrigue ne décolle jamais vraiment et se contente de souffler sur les braises. Les héros se chauffent mais il faut attendre longtemps avant qu’ils s’embrasent et même alors, ce n’est pas la passion folle que j’attendais. C’est même plutôt maladroit et certains mots échangés ne sont pas des plus romantiques… L’enquête est du même tonneau. On court un peu partout, on essaie de nous embrouiller l’esprit, mais comme je le pressentais depuis le début, la résolution est bien plus simple…

Pour autant, j’ai aimé suivre les deux héros, car Chase et Rosalind sont attachants. J’ai aimé avoir ce type d’histoire avec une enquête mêlant art, bordel et société secrète, ça changeait un peu des romances historiques que j’avais l’habitude de lire. Le duo Chase – Rosalind, bien que frustrant, fonctionne très bien. Rosalind n’est plus la jeune fille naïve qu’on connaissait. D’ailleurs l’a-t-elle jamais été ? Chase n’est pas juste le militaire bourru qui a mal à sa jambe. Il y a beaucoup d’humour entre eux dans les piques qu’ils s’échangent pour camoufler leur attirance. Et bien que trop rapide, la conclusion de leur romance m’a émue et fait sourire.

Julie Anne Long semble se plaire à proposer des histoires un peu plus originales que la plupart des romances historiques se déroulant à la même époque. Il lui reste juste à trouver le bon équilibre entre romances piquantes et aventures pour avoir une belle formule qui fonctionnera à chaque fois. Pour l’instant, des rodages restent encore à faire malheureusement ^^!

Tome 4 : Un tempérament de feu

Je suis une grande fan de saga familiale mais aussi de romances se déroulant sur un bateau, l’avantage c’est que je suis sûre d’aimer quand je rencontre un titre correspondant à ces topos, l’inconvénient, ce que j’en viens à être un peu difficile ><

Dans ce 4e tome des aventures des Redmond et des Eversea, nous faisons la connaissance d’un des rejetons de la première des deux familles : Violet, une jeune lady bien sous tout rapport mais qui parfois commet des actes complètement irréfléchis. Quand au cours d’un bal elle entend parler d’un pirate qui pourrait être son frère aîné disparu depuis un an, elle n’hésite pas et s’embarque dans une sacrée aventure pour le retrouver.

J’ai de suite aimé les promesses faites dans ce nouvel épisode des histoires des Redmond. J’avais beaucoup aimé le tome consacré à Miles, le naturaliste, et Violet promettait encore mieux avec son caractère intrépide. Suivre une lady qui s’embarque de force sur le bateau d’un corsaire sans la permission de son capitaine pour retrouver son frère disparu que ce dernier doit lui-même capturer, c’est culotté ! La relation entre Violet le capitaine Flint est d’ailleurs du genre tout feu tout flamme, celle-ci l’ayant vexé en le traitant de « sauvage » pendant le bal.

Les premiers temps de l’histoire furent donc plein de piquants avec une relation tendue entre les deux héros, la recherche de Lyon par Violet, ainsi que la découverte de la vie à bord d’un bateau. Mais très vite, la partie aventure (enquête + vie à bord du bateau) qui m’intéressait le plus s’est un peu trop réduite à portion congrue pour moi, pour se concentrer sur une romance naissante vue et revue, qui en même temps met pas mal de temps à démarrer étrangement car il faut évacuer toute la rancoeur qu’il y a entre les deux. Ainsi, au final Violet et nous ne rencontrons vraiment que trois autres marins en dehors du capitaine, ça fait bien peu. On assiste trop peu à la vie sur un bateau en dehors d’une soirée sous un ciel étoilée, un petit passage en cuisine, une tempête et un abordage. Je m’attendais à plus comme ç’avait été le cas, de mémoire, dans La Rose de Charleston de Kathleen Woodiwiss (ma toute première romance historique ><).

La romance, elle, m’a laissé un goût mitigé. J’ai aimé les personnalités de chacun. J’aime la loyauté de Flint envers son bateau, son équipage et le voir peu à peu céder face à la fougue, la passion et surtout l’amour de Violet pour ses proches. Cette dernière est une femme comme je les aime, si on enlève le côté naïve et pure sur lequel l’autrice insiste un peu trop parfois… Elle est pleine de passion, elle est intelligente, maligne, a du répondant et un amour sans partage pour sa famille. Cependant, je n’ai pas aimé l’écriture de leurs scènes romantiques, en dehors peut-être de la dernière. J’ai trouvé leur rapprochement et leur aventure maladroite. Les scènes de sexe comportent des moments dérangeant où elle dit non alors que bien sûr ça veut dire oui. Aah que je déteste ça ! Des moments aussi où les paroles échangés dans ces moments-là ont écorché mes oreilles face à un tel manque de romantisme et une vulgarité malaisante vu le contexte. Bref, l’autrice a raté quelque chose ici.

C’est dommage parce qu’en revanche, les quelques pages consacrées à l’enquête sur Lyon sont passionnantes. J’ai adoré le chassé croisé auquel ils se livrent d’un port à l’autre. J’ai adoré les révélations sur ce dernier, sur ce qu’il fait et ce qui l’y pousse. C’est malin, futé, drôle parfois et profond en même temps. J’espère que le tome qui lui sera consacré ne tardera pas trop même si je vois bien le coup venir que ce sera le dernier…

Ainsi après plein de belles promesses, un cadre intéressant, des personnages hauts en couleur et une aventure au rendez-vous, l’histoire ne m’a pas convaincue parce que la romance qui est écrite maladroitement prend trop de place et que j’aurais voulu que la vie sur le bateau et l’enquête aient une place plus grande.

Tome 5 : La rose sauvage

Après plusieurs tomes sympas mais à qui il me manquait quelque chose, j’ai enfin eu une lecture qui m’a fait rêver ici grâce à un héros mélange de Mr Rochester et de Darcy. J’ai adoré !

Nous voici cette fois dans une histoire du côté des Eversea et c’est souvent avec eux que nous avons les meilleurs tomes, il n’y a pas à dire ! Tout commence lorsque l’un des frères : Ian, s’introduit trois nuits de suite dans la chambre de la fiancée du duc Falconbridge et qu’il se fait surprendre par ce dernier. Bien décidé à lui rendre la monnaie de sa pièce, le Duc décide de séduire l’une de ses soeurs, l’effacée Geneviève qui vient d’avoir le coeur brisé.

J’avoue avoir été un peu déboussolée au début, pour moi Ian devait être le héros de l’histoire et non Falconbridge, mais très vite j’ai adoré le pied de nez imaginé par l’autrice. Je me suis ainsi retrouvée à glousser tout du long en suivant le plan bien mal engagé du Duc voulant se venger de Ian. Le Duc est un homme froid et fier au premier abord. Il a la réputation d’avoir assassiné sa première femme et de s’être souvent battu en duel. Tout le monde a peur de lui. Sauf que la jeune effacée qu’il comptait séduire, Geneviève, contre toute attente lui tient la dragée haute, montrant un beau sens de la répartie et beaucoup de caractère contrairement à ce que tout le monde croit. Elle vient juste d’avoir le coeur brisé par son meilleur ami et amour de toujours qui lui a avoué vouloir épouser sa meilleure amie. Elle tente donc de s’en remettre et finalement les tentatives de séduction ratées du Duc sont une excellente distraction pour elle.

C’était très drôle d’assister à cette sorte de vaudeville sur la propriété des Eversea. Je me suis retrouvée pliée de rire devant la peur que Ian ressentait à plusieurs reprises devant les menaces à peine mouchetée du Duc, alors que je savais que ce dernier faisait semblant. J’ai beaucoup ri aussi de le voir décontenancé devant 1/ la répartie de Geneviève, 2/ devant son charme qui ne fonctionnait pas. Pourtant, il n’en est pas dépourvu, ce bel homme mûr au passé sulfureux qui a des allures de Mr Rochester (comprendrons les fans de Jane Eyre) mais il ne fait pas le poids face à une Geneviève qui ressemble de plus en plus à une Elizabeth Bennet (coucou les fans d’Orgueil et Préjugés) au fil de leurs rencontres et de l’assurance qu’elle gagne à son contact.

Leur duo est vraiment vivifiant à suivre surtout dans ce cadre familial. C’est amusant de suivre le ballet qui se joue sous nos yeux et sous ceux de la famille et des proches de Geneviève qui n’y voient que du feu face à tous ces faux semblants. Mais petit à petit, chacun tombe le masque. L’un se révèle sensible, l’autre fougueuse et passionnée, et cela fait des étincelles. J’ai adoré voir Geneviève se révéler au contact du Duc. J’ai adoré les entendre parler Art. J’ai adoré voir le Duc révéler aux yeux de tous tout ce que Geneviève mérite. C’est très beau. L’autrice permet à chacun de s’ouvrir au contact de l’autre et j’ai été très émue par tout ce que cache le Duc.

L’autrice a utilisé tout ce que j’aime dans leur romance : des échanges pimentés et plein de verves, des jeux, la découverte l’un de l’autre et la découverte de soi, de la tendresse, de la passion et une belle conclusion finale pleine d’émotion dont la mise en scène m’a émue. Contrairement aux apparences, ils vont très bien ensemble et les scènes de sexes, parcimonieuses, le révèlent à merveille dans leur mise en scène très gothique avec leurs rencontres la nuit, dans ce vieux château.

Je m’attendais à vivre une romance un peu plan plan comme les précédentes mais j’ai vraiment adoré celle-ci où j’ai eu l’impression que l’autrice revisité de manière moderne les personnages de Mr Rochester, Darcy et Elizabeth Bennet. C’était drôle, émouvant, amusant et piquant, tout ce que j’aime.

Tome 6 : Le rêve de Phoebe

Pour la première fois, l’autrice nous entraîne en dehors des familles Eversea et Redmond pour romance enlevée.

Une fois n’est pas coutume, l’histoire a beau démarré de manière fort cocasse à Pennyroyal Green, pour une fois elle ne concerne pas les rejetons terribles de nos deux familles. En effet, Julie Anne Long fait le choix de nous surprendre en nous racontant le destin d’une amie de ceux-ci, une jeune institutrice qui travaille dans une institution pour jeune fille : Phoebe, et qui est conviée par une cousine des Redmond à un weekend à la campagne.

J’ai aimé ce changement de paradigme. Les premières pages étaient en plus marquantes et appelaient une histoire pleine de piquant pour finir ainsi avec un homme troué par une balle. Les premiers temps ont totalement tenus leur promesse. On fait la rencontre de Phoebe, une jeune femme très instruite, forte et avec la tête sur les épaules, qui a un chat qui s’appelle Charybde. Elle semble on ne peut plus banale mais sans le vouloir, elle attire l’attention du terrible Marquis de Dryden qui cherche à épouser son ancienne élève pour récupérer une terre. L’autrice nous entraîne donc dans une classique histoire de différence de classe sociale.

Si le cadre m’a plu au début, car j’y voyais une réminiscence de ses histoires classiques où l’héroïne servait de faire valoir à une peste, comme dans Cendrillon, très vite cela m’a plus agacée qu’amusée. En effet, nous voyons tous très bien à quel point elle est gentille et les autres sont méchants, le trait est trop poussé. Cela rend l’histoire longuette et répétitive. Le marquis peine à se défaire de ce schéma, il y assiste sans rien faire. Pire, il est obsédé par leur différence de rang et ne veut en faire qu’une maîtresse… Horripilant. Autour de l’héroïne, il n’y a que des personnages insupportable, elle n’a pas le moindre soutien et c’est là que ça pêche aussi. Le seul qu’elle aura, ce sera son fidèle Charybde et heureusement qu’il sera là pour me faire rire ^^

La romance, elle, démarre bien trop vite de manière totalement incongrue pour être crédible. Je n’ai jamais compris la naissance des sentiments de l’un et de l’autre. Je veux bien qu’elle ait été fascinée par le personnage, je l’entends vu tout ce qu’elle avait déjà lu sur lui. Mais lui, semble la mépriser et bien vite changer d’avis, trop pour que ça fonctionne avec moi. On passe ensuite plus de temps à les voir jouer au chat et à la souris qu’à se parler et se séduire. Et s’il y a bien quelques scènes romantiques ou cocasse (Ah, la fuite dans le buisson !), c’est trop peu pour justifier la force des sentiments qu’ils clament.

L’autrice a donc voulu écrire une histoire qui changeait un peu et sortait du cadre, c’est une bonne idée mais la réalisation pêche. C’est dommage parce qu’il y a plusieurs scènes rigolotes marquantes et vraiment une bonne intention en parlant de différence de classe et en revisitant avec humour et modernité le conte de Cendrillon, en incluant notamment la dimension du ridicule et des paris.

Tome 9 : Une insupportable charmeuse

J’aurais dû me douter en lisant le titre que j’aurais du mal avec l’héroïne de cette nouvelle aventure, mais la promesse de voir ce cher Ian Eversea tomber amoureux, comme il était tombé nu comme un ver sur le Duc de Falconbridge dans le tome 5, m’a fait occulter cela à mon grand dam !

En effet, dès le début je n’ai pas supporté Tansy, la jeune américaine recueillie par le Duc qui va l’aider à se trouver un mari. Je l’ai trouvé immature, frivole, égocentrique. C’est malheureusement le portrait à charge que l’autrice fait d’elle dans un premier temps, un portrait qui n’est qu’un masque pour cacher sa solitude depuis qu’elle a perdu son frère qu’elle adorait et ses parents, mais c’est ce portrait qu’on retient. Et malheureusement toutes les découvertes que l’on fait ensuite pour nous faire apparaitre une jeune fille charmante, vive, piquante, romantique et douce, qui adorait sa famille et a du mal à en faire le deuil, tout ça ne parvient pas à effacer cette première impression fort négative.

A cause de cela, je suis passée complètement à côté de l’histoire. J’ai vite été agacée par la cour que tous les mâles au village de Pennyroyal Green et des alentours faisaient à Tansy. J’ai été agacée par son jeu qui consistait à passer pour une oie blanche et une femme sans cervelle, cela donne une image déplorable des femmes et je trouve atroce qu’une femme en joue. Cela m’a été insupportable.

C’est dommage parce que l’humour de Julie Anne Long lui est bien présent et qu’on retrouve avec plaisir l’ensemble de cette communauté si chaleureuse. C’est mignon de voir le couple Geneviève-Falconbrige observer tout ça. C’est amusant de voir Colin donner des conseils à son frère ou Adam, le cousin pasteur, le mettre au travail. J’ai beaucoup aimé le cadre bucolique et campagnard de l’histoire, je me voyais bien me balader dans ce petit village, sa librairie, son presbytère, ses prairies, les jardins du château…

Malheureusement impossible de couper à cette romance annoncée que j’attendais vue qu’elle concernait Ian. Celui-ci ne m’a pas déçue. Il s’est montré piquant et amusant comme je m’en doutais, il a tenu la dragée haute à Tansy, l’obligeant à montrer qui elle était vraiment. Cependant, je n’ai ressenti aucune alchimie naturelle entre eux. Pour moi, tout était forcée et l’a été d’autant plus maladroitement qu’il ne se passe rien entre eux pendant le premier tiers de l’histoire. Alors quand ça commence, ça sort de nulle part. Certes, on a des scènes tour à tour drôles ou romantiques, impliquant l’amour de Tansy pour sa famille, son grand coeur, ainsi que les blessures de guerre d’Ian, mais ça ne rattrape pas tout.

Ainsi l’écriture maladroite de l’héroïne et une romance au tracé fort peu naturel ont rendu cette lecture assez mitigée pour ma part. Seul le plaisir de retrouver des personnages connus et un cadre campagnard anglais que j’apprécie m’ont permis d’avancer dans cette romance, qui est à ce jour celle que j’ai le moins aimée dans la saga…

Tome 10 : Le corsaire au grand coeur

La série approchant de sa fin, ce n’est pas sans une pointe de déception que je vois l’autrice délayer un peu celle-ci en utilisant de plus en plus de personnages secondaires, alors que pour ma part, j’aurais aimé en découvrir plus sur les Redmond. Heureusement pour ce faire, elle choisit ici la figure de Lord Lavay que j’avais beaucoup apprécié dans le tome 4.

Pour cette romance, l’autrice utilise cette fois la fameuse schéma du maître et de son employée, schéma un peu éculé mais souvent bien efficace pour remettre en question l’ordre établi. Ici, elle choisit pour cela le noble Lord Lavay, qui a tout perdu lors de la Révolution française et rêve de redorer le blason de ses ancêtres, ainsi que l’ancienne maîtresse d’école Elise Fountain qui est également fille-mère. Tous deux se rencontrent à un moment pas facile de leur vie : Elise s’est faite renvoyer sur des prétextes fallacieux et Philippe vient d’être lourdement blessé. Pour se remettre en attendant de mieux, il loue une grande demeure à Pennyroyal Green dans laquelle l’ancien personnel se laisse vivre. Il va donc embaucher Elise pour remettre de l’ordre dans tout ça.

J’ai été un déstabilisé par cette histoire. Dans une première partie, l’autrice s’attarde sur cette demeure où tout va à vau-l’eau et qu’il faut donc remettre à flot ! J’ai beaucoup aimé, c’est à la fois drôle, piquant et plein de bon sens. On fraye avec la domesticité en la regardant d’un oeil amusant et attendri. On découvre ainsi une héroïne, Elise qui a de la poigne mais surtout un grand coeur. Elle affronte aussi bien ses domestiques qu’il faut remettre au travail, que son patron devenu un brin acariâtre parce qu’il a mal mais aussi parce qu’il est empêtré dans ses problèmes familiaux. C’est assez amusant de les voir s’affronter sur des questions de budgets ou encore de voir toute l’ingéniosité que déploie Elise pour redonner confiance à tout le monde. Cette partie fait vraiment chaud au coeur.

Je m’attendais donc, quand la romance allait survenir, à ressentir la même chaleur humaine, le même enthousiasme, mais ce ne fut pas le cas. Peut-être est-ce dû à ma fatigue mais je n’ai pas été emportée par les élans d’Elise et Philippe. Je les ai trouvé, ma foi, assez tardifs et surtout bien trop entrecoupés d’autres considérations pour vraiment s’enflammer. Leur rapprochement sur fond d’employeur bougon et d’employée qui lui tient tête était chouette. J’ai beaucoup aimé les scènes où elle écrit des lettres à sa place vu qu’il est blessé et où elle adoucit ses mots. C’est donc dommage que ça n’ait pas pris sur moi, parce que voir Philippe lutter contre son orgueil pour découvrir ce qu’est vraiment l’amour au sent large, c’est très beau. Il redécouvre le sens du mot « foyer ». Suivre également Elise qui lutte contre sa peur de retomber dans le même piège que celui qui l’a amenée à être fille-mère est touchant. Sa relation avec son fils et la façon dont Philippe s’y insère peu à peu m’a émue. Tout cela est très beau mais… voir celui-ci sans cesse douter entre son amour pour elle et l’héritage familial qu’il souhait ravoir m’a agacée et ennuyée.

Ainsi malgré un cadre toujours aussi chouette, bonifié cette fois par la touche « Downton Abbey » d’une histoire au sein de la domesticité, il m’a manqué quelque chose du côté de la romance. Tous les ingrédients étaient réunis mais la mayonnaise n’a pas pris. J’espère vraiment que ce ne sera pas le cas dans l’ultime volume avec LE couple que j’attends le plus ><

Tome 11 : La légende Lyon Redmond

Il n’est jamais simple de clore ce genre de série à rallonge où en plus les attentes sont montées, montées en vue de l’histoire des héros emblématiques de l’univers, et pourtant l’autrice s’en est plutôt bien sortie. Merci à elle.

Lyon Redmond et Olivia Eversea font parler d’eux depuis le début, leur histoire est légendaire. J’attendais donc avec beaucoup d’impatience de la découvrir. Si je n’ai pas été séduite par la forme qu’elle a prise, j’ai en revanche beaucoup aimé ce qu’elle disait sur eux et leurs familles.

Pour nous conter cette histoire légendaire, l’autrice démarre à partir de la lettre que Lavay a écrite à Lyon pour l’avertir du mariage éminent d’Olivia. Celui-ci ne l’ayant jamais oublié décide d’intervenir à sa façon pour leur donner une chance de poser tout à plat. L’autrice nous embarque alors dans une folle et double aventure assez surprenante. Nous découvrons ainsi en parallèle les préparatifs plutôt agaçants du mariage et le sentiment d’étouffement qui saisit de plus en plus Olivia, le plan rocambolesque que Lyon met en marche pour lui parler (et que j’avais vite deviné…) et le récit de leur histoire passé. Malheureusement ce dernier récit est asséné de manière un peu trop grossière pour moi au début. J’aurais préféré des coupures moins franches et moins longues entre les deux périodes, plus de va-et-viens plutôt que ces gros blocs narratifs qui m’ont donné le sentiment de manquer de fluidité et de tomber dans la facilité.

Heureusement à partir du moment où les deux fils se rejoignent l’histoire prend un autre dimension et là, j’ai été séduite. J’ai beaucoup aimé ce qui lie les deux héros. C’était certes un coup de foudre, mais c’est rapidement devenu plus bien. J’ai été touchée de voir combien ils étaient naturels l’un avec l’autre, ne pouvant être eux-mêmes que l’un avec l’autre. J’ai aimé leur passion commune pour les grandes causes, leur envie de voyage, leur fougue et leur fichu caractère. Ce sont de vraies âmes soeurs et l’autrice leur offre une vraie belle aventure à partir du moment où ils se retrouvent. J’ai adoré leur bref escapade, le choix que Lyon offre à Olivia et celui qu’elle fait au final. Tout est parfaitement romancé pour que ce soit très émouvant. C’est un brin tortueux et j’ai parfois eu envie de les frapper l’un et l’autre mais si c’est pour aboutir à ce final tellement juste et touchant, plein d’amour et de camaraderie, ça me va !

Ainsi, j’ai adoré le personnage de Lyon, dur au premier abord mais surtout blessé de ne pas avoir été choisi autrefois, qui doit apprendre à surmonter cette blessure pour s’ouvrir à nouveau. Il m’a vraiment séduite par le respect dont il fait preuve pour Olivia et la façon dont il embrasse sa cause. J’ai également été touchée par celle-ci, qui si jeune à l’époque des premiers faits n’a pas pu prendre une décision qui l’aurait si lourdement engagée, ce que je comprends. Elle s’en mord maintenant les doigts. Mais il suffit d’une étincelle pour que la femme éteinte d’aujourd’hui retrouve la flamme d’autrefois et quelle flamme. Je regrette juste finalement de ne pas les avoir vu plus longtemps ensemble dans le présent, le passé occupant un peu trop de place dans cette histoire ^^!

L’autrice tisse tout ça dans la riche histoire familiale des Redmond et des Eversea, rappelant souvent ce qui les oppose, notamment la récente histoire tragique entre leurs parents. On retrouve ainsi au fil des pages tous les personnages qu’on a croisé au fil des tomes et c’est un vrai plaisir de voir cette communauté si soudée. En plus, Julie Anne Long pousse cela jusque dans la conclusion avec un chapitre se passant de nos jours avec leurs descendants, ce qui est fort cocasse et donne presque envie de la voir narrer leurs nouvelles aventures, tant ce cadre réchauffe le coeur.

C’est donc avec le sourire aux lèvres que je referme cette longue saga de romance historique, où il y aura eu des hauts et des bas, mais où j’aurais toujours aimé les habitants du charmant petit village de Pennyroyal Green où il se passe toujours quelque chose et où chacun trouve le bonheur du grand aristocrate, à l’humble gouvernante en passant par le gentil pasteur. Une très belle romance chorale pastorale.

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