Livres - Contemporain

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa

Titre : Les délices de Tokyo

Auteur : Durian Sukegawa

Editeur vf (poche) : Le livre de poche

Année de parution vf (poche) : 2017

Nombre de pages : 221

Histoire : Pour payer ses dettes, Sentarô vend des gâteaux. Il accepte d’embaucher Tokue experte dans la fabrication de an, galette à base de haricots rouges. Mais la rumeur selon laquelle la vieille femme aurait eu la lèpre étant jeune, met la boutique en péril. Sentarô devra agir pour sauver son commerce.

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Livres - Contemporain

La triste fin du petit enfant huître et autres histoires de Tim Burton

Titre : La triste fin du petit enfant huître et autres histoires

Auteur : Tim Burton

Editeur vf : 10 / 18 (domaine étranger)

Année de sortie vf : 1998

Nombre de pages : 123

Histoire : Fidèle à son univers d’une inventivité si particulière, mêlant cruauté et tendresse, macabre et poésie, Tim Burton donne le jour à une étonnante famille d’enfants solitaires, étranges et différents, exclus de tous et proches de nous, qui ne tarderont pas à nous horrifier et à nous attendrir, à nous émouvoir et à nous faire rire.
Un livre pour les adultes et pour l’enfant qui est en nous.

Mon avis :

On m’a prêté ce recueil de poèmes de Tim Burton après que j’aie revu L’Étrange Noël de Mister Jack la semaine dernière et il reste tout à fait dans le ton du film. A travers 23 poèmes plus ou moins longs, Tim Burton livre sa vision grinçante de l’enfance et de la famille.

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Livres - Contemporain·Livres - Policier / Thriller

Tokyo Vice de Jake Adelstein

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Titre : Tokyo Vice

Auteur : Jake Adelstein

Editeur vf : Marchily

Année de parution vf : 2016

Résumé : « Parfois, mieux vaut avoir de la chance que d’être bon. »

Quand Jake Adelstein intègre en 1993 le service Police-Justice du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun, il n’a que 24 ans et il est loin de maîtriser les codes de ce pays bien différent de son Missouri natal. À Tokyo, il couvre en étroite collaboration avec la police les affaires liées à la prostitution et au crime organisé. Pour cela, il n’hésite pas à s’enfoncer dans les quartiers rouges de la capitale, dans les entrailles du vice et de la décadence. Approché par les yakuzas, il devient leur interlocuteur favori tout en restant un informateur précieux pour la police. Une position dangereuse, inédite et ambivalente, aux frontières du crime, qui incite Jake Adelstein à entrer dans un jeu dont il ne maîtrise pas les règles.
A mi-chemin entre le polar mafieux et l’enquête journalistique, Tokyo Vice est aussi le roman initiatique d’un jeune journaliste américain à Tokyo qui nous livre, avec beaucoup d’humour, un témoignage nerveux sur l’envers de la société nippone.
Jake Adelstein est le premier étranger à avoir intégré la rédaction du Yomiuri Shinbun. Pendant plus de dix ans, il couvre le trafic d’êtres humains et le crime organisé. À la suite de son enquête sur les yakuzas, sa famille est placée sous protection du FBI pendant plusieurs années. Il a par ailleurs travaillé pour The Daily Beast, The Japan Times et Vice News.

Mon avis :

Pour une fois, je commencerai par un petit mot que l’édition de ce roman qui est juste superbe. Il y a un vrai travail d’éditeur derrière, une vraie réflexion et un souci du détail. J’ai beaucoup aimé la couverture pleine de peps et très graphique. J’ai beaucoup aimé la mise en page du livre aussi bien dans ses en-têtes de chapitres que dans le choix de la police ou l’intégration des notes. C’est une vraie réussite.

Concernant le contenu, c’est aussi une grande réussite. J’ai beaucoup aimé suivre les premiers pas de Jake dans le journalisme japonais. Il nous fait complètement découvrir la manière complexe dont est mené ce métier au Japon, ce qui a parfois de quoi surprendre. C’est une vraie plongée dans les us et coutume de ce pays qu’on soit étranger ou non. J’ai appris plein de détails intéressants que j’ignorais et qui enrichissent mes connaissances sur ce pays qui me fascine depuis si longtemps. Certains épisodes ne m’ont pas surpris et collaient assez bien à l’image que j’avais du pays, d’autres m’ont au contraire surprise et dans l’ensemble je trouve que c’est vraiment une organisation bien complexe.

A côté du métier de journaliste à proprement parlé, il est aussi intéressant de découvrir le portrait que Jake Adelstein brosse du Japon de part les recherches qu’il a dû effectuer pour ses articles. Il était spécialisé dans les faits divers et plus particulièrement tout ce qui touchait au milieu du crime organisé, ses enquêtes parlent dont aussi bien de prostitution, de meurtre, de blanchiment d’argent, etc. Et j’ai vraiment trouvé cela passionnant à suivre. Chaque enquête nous menait un peu plus profondément dans les méandres cachés de la société japonaise. J’ai donc appris plein de choses et je me suis régalée. J’ai même été triste qu’il s’arrête en si bon chemin, j’aurais aimé lire encore d’autres enquêtes de sa part.

Mais comme il l’indique dès le début au lecteur, nous savons que suite à des menaces sur lui et sa famille, il a dû arrêter de travailler comme journaliste au Japon, alors il n’y a pas de surprise quand à la fin de ce roman-témoignage. Il n’empêche que ça ne m’aurait pas déplu de le voir continuer. Concernant son style, c’est cela d’un journaliste sans fioriture qui va droit au but. Il sait parfois donner une vraie vigueur à son récit et le rendre palpitant, alors qu’à d’autres moments la monotonie nous ennuierait presque.

Ma note : 16 / 20

Livres - Contemporain·Livres - Policier / Thriller

Cercueils sur mesure de Truman Capote

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Titre : Cercueils sur mesure

Auteur : Truman Capote

Editeur vf : Folio (poche)

Année de parution vf : 1982

Nombre de pages : 121

Résumé : Jake Pepper enquête jusqu’à l’obsession sur une série de meurtres mystérieux. Toutes les victimes ont reçu peu avant leur mort un cercueil miniature contenant une photo très personnelle… Un suspect : l’intouchable Bob Quinn, propriétaire du B. Q. Ranch traversé par la Rivière Bleue, objet de toutes les convoitises.
Dans la lignée de son chef-d’oeuvre De sang froid, Truman Capote, l’enfant terrible de la littérature américaine, fait preuve dans ce court roman d’une parfaite maîtrise du récit, d’un art d’écrire incomparable. 

Mon avis :

J’ai voulu découvrir cette nouvelle après avoir croisé l’auteur à l’écran et dans la biographie romancée d’Oona Chaplin avec qui il était ami. C’est quelqu’un dont la verve et le côté mondain m’ont toujours fasciné et j’espérais retrouver quelque chose de ce que j’avais aperçu chez lui ici, ce fut le cas.

Tout d’abord, on a beau présenter ce livre comme un roman, pour moi il tient plus de la nouvelle. Ce sont 121 pages d’un seul allant, sans le moindre découpage en chapitres mais avec des changements de rythmes judicieux qui relancent à chaque fois l’intérêt.

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de cette nouvelle. Truman Capote y retrouve un certain Jake Pepper qui enquête sur une série de meurtres, et il est à la fois le témoin et parfois l’acteur de l’enquête avec Jake. Tous les deux forment une fine équipe dont j’ai beaucoup aimé les échanges, cette nouvelle étant parfois écrite comme une pièce de théâtre, du moins dans sa mise en page. Leur relation est parfaitement crédible aussi bien lors de leurs rencontres que lors de leurs échanges épistolaires ou téléphoniques dont Capote à l’astuce de nous parler à travers des extraits de son « journal ». J’ai aimé le côté obsessionnel de Jake, la force tranquille de Truman et son côté spectateur tout comme nous. Malgré leurs différences, il parviennent toujours à se retrouver. L’histoire se passe principalement dans une petite ville tout à fait banale des Etats-Unis et c’est ce décalage entre l’horreur des meurtres prémédités et la banale réalité de cet endroit qui m’a plu. L’histoire est courte mais concise, on y retrouve tous les temps forts de l’enquête, notamment grâce à des flashback et autres bons dans le temps. Seule la fin, somme toute très ouverte, m’a un poil déçue. Je m’attendais à tellement plus de tension et là j’ai eu l’impression qu’on m’avait volé les dernières pages… Mais la non-fan de nouvelles que je suis a quand même beaucoup beaucoup aimé.

Ma note : 16 / 20

Livres - Contemporain

Oona & Salinger de Frédéric Beigbeder

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Titre : Oona & Salinger

Auteur : Frédéric Beigbeder

Editeur vf : Le livre de poche

Année de parution : 2015 (poche)

Résumé : Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes.
Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O’Neill, 15 ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant… quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood. Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant.

Mon avis :

Avec le printemps qui commence, j’avais envie de changement. J’ai donc fait une petite incartade dans la littérature contemporaine, genre que je lis très peu et comme j’aime beaucoup le personnage de Beigbeder et que j’ai beaucoup aimé L’attrape-coeur dans mon adolescence, je me suis laissé tenter par ce roman à la fois fictif, biographique et autobiographique.

Tout d’abord, je tiens à dire que j’aime beaucoup le style direct et simple de Beigbeder. Ses interactions avec le lecteur me plaisent et m’amusent beaucoup. Cela rend vraiment la lecture plus vivante. J’ai aussi aimé qu’il mélange son histoire à celle des personnages qu’il a choisi de mettre en avant. Car ce roman est à la fois le récit fictif de l’histoire de Salinger et d’Oona, mais aussi une réflexion de Beigbeder sur lui-même, sur l’amour et sur la société.

Dès les premières pages du livre, j’ai aimé l’ambiance qui s’en dégageait, légère et frivole mais cachant bien des déboires. Cela m’a un peu rappelé l’ambiance de Minuit à Paris de Woody Allen avec tout ce microcosme d’artistes et starlettes à la mode. Mais Beigbeder n’en reste pas là bien sûr. Il revient sur les traumatismes d’enfant d’Oona et les conséquences sur sa vie d’adolescente puis d’adulte. Il revient aussi sur ce qui a forgé le caractère de Salinger : sa passion pour Oona et sa participation à la 2nde Guerre Mondiale. J’ai d’ailleurs bien aimé les descriptions sans concession qui sont faites de celle-ci du point de vue de Salinger. Ça change des béni-oui-oui habituels. Par contre, la relation Oona-Salinger est vraiment trop malsaine pour moi, je dirai faute de trouver un mot plus adapté. Alors je n’ai pas aimé l’obsession que Salinger développait pour elle. A la place, j’ai beaucoup aimé la relation qui s’est tissée entre Oona et Chaplin, qui avait l’air tellement plus juste. Ça m’a donné envie d’en apprendre plus sur elle aussi bien que sur Charlot.

Bilan : un roman réussi pour moi. Il a su me surprendre parce que dans sa forme il ne correspondait pas à la vision classique que je m’en faisais. Il m’a donné envie d’en apprendre plus sur les différents personnages rencontrés. Et j’ai aimé le style de Beigbeder.

Ma note : 15 / 20

Livres - Contemporain

Une voix dans la nuit Yasushi Inoué

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Titre : Une voix dans la nuit

Auteur : Yasushi Inoue

Editeur vf : Le serpent à plumes

Année de parution vf : 2001 (vo : 1967)

Résumé : Une voix dans la nuit est le road-movie bouddhique d’un quatuor improbable sur les routes du Japon moderne. Un lettré, le vénérable Chinuma Kyôshirô, mène sa troupe – un enfant, une jeune fugueuse et un chauffeur de taxi –, sur les lieux chantés par le Manyô-shû, recueil de poésies datant du VIIe siècle.
Yasushi Inoué, qui compte parmi les plus grands écrivains du XXe siècle, fait dans ce livre le portrait d’un Don Quichotte nippon partant en guerre contre la modernité et les démons qui l’incarnent : vacarme des villes, torrents de voitures, vices d’une jeunesse perdue.
De retraité paisible et estimé, Kyôshirô, au long du roman, se transformera jusqu’à devenir soldat aux ordres de dieux antiques luttant pour sauver leurs âmes.

Mon avis :

Un livre atypique parmi mes lectures, je lis rarement de la littérature contemporaine et encore moins de la littérature japonaise, c’était donc un test. Un test pas entièrement réussi, puisque j’ai eu beaucoup de mal avec ce titre.

J’ai aimé le thème de ce retraité tranquille qui d’un coup bascule et devient en quelque sorte le soldat de la tradition qui part lutter contre les démons de la modernité. Mais c’est à la fois ce que j’ai aimé et détesté. Je n’ai pas du tout accroché à la narration des moments où Kyoshiro se fait passer pour une espèce de soldat saint. Je dois même avouer que je les ai lus en diagonale tellement ça devenait pénible et répétitif. Pourtant, c’est un sujet sensible et encore actuel mais je n’ai pas adhéré à la forme.

De même, je trouve l’histoire intéressante. J’ai trouvé sympa de suivre le road trip de ce retraité qui s’est enfui avec sa petite fille et qui fait des rencontres en chemin. Cela a bien dynamisé le titre, mais le côté très répétitif m’a gênée. Le tout début du roman était plaisant aussi avec ses descriptions du village natal de Kyoshiro et sa montée à la grande ville, mais c’était aussi très descriptif et donc très lent.

Quant à la fin, même si je l’ai compris en lisant entre les lignes, je le trouve quand même décevant. Il y a un côté inachevé qui m’a embêtée et ne me donne pas envie de découvrir d’autres titres de l’auteur même si avant de lire ce livre Le fusil de chasse me tentait bien.

Ma note : 10 / 20

 

Livres - Contemporain

Un Roman russe d’Emmanuel Carrère

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Titre : Un Roman russe

Auteur : Emmanuel Carrère

Editeur : P.O.L.

Année de parution : 2007

Résumé : La folie et l’horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j’ai écrits ne parlent de rien d’autre. Après L’Adversaire, je n’en pouvais plus. J’ai voulu y échapper. J’ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête.
L’enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l’automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration. C’est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille.
Pour exorciser ce fantôme, j’ai suivi des chemins hasardeux. Ils m’ont entraîné jusqu’à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu’il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce.
La folie et l’horreur me rattrapaient. Elles m’ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J’ai écrit pour la femme que j’aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et nos amours. C’est de cela qu’il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s’y prend pour nous répondre.

Mon avis :

Un style magnifique de simplicité et d’efficacité, Carrère est un narrateur né. Malgré une narration un peu éclatée, éparpillée au début, il tisse une histoire très dense. Malheureusement, son histoire ne m’a pas intéressée, trop autobiographique pour moi. En effet, son parcours pour accepter et passer outre son héritage russe est très long et pesant. J’ai cru au début du roman qu’on se dirigerait vers une enquête sur cet homme, prisonnier pendant 40 ans et qui refuse d’apprendre la langue du pays où il est enfermé, cela m’aurait vraiment intéressée. Mais malheureusement, ce ne fut pas le cas, il est vite passé à autre chose et je crois que c’est vraiment ce qui m’a le plus déçue dans cette lecture. Toutes les parties qui se passent en Russie m’ont ennuyée, j’ai préféré les parties qui se passent en France, et surtout celles qui concernent soit sa famille (sa mère), soit sa petite-amie Sophie. Sa relation avec cette dernière est d’ailleurs assez effrayante, tant leur passion ravage tout. Ils en viennent même à devenir menteur, un peu fous et paranos. Il y a beaucoup de noirceur dans cette relation.

Ce style de lecture n’est en définitive pas trop pour moi. Trop terre à terre et proche de notre quotidien. Je préfère les lectures évasion.

Ma note : 12 / 20

Livres - Contemporain

Tangente vers l’est de Maylis de Kerangal

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Titre : Tangente vers l’est

Auteur : Maylis de Kerangal

Editeur : Gallimard

Année de parution : 2012

Résumé : «Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu’ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.» Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l’est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.

Mon avis :

Cadeau surprise de la nouvelle année, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cette lecture, vu que ce n’est clairement pas le genre de livre dont j’ai l’habitude. Au final, j’en ressors plutôt surprise. Tout d’abord, c’est une histoire très courte mais très prenante. En effet, cet épisode des vies d’Aliocha et Hélène ne se déroule que sur quelques jours mais il marque les esprits. L’auteur est assez douée pour développer toutes ces idées en si peu de pages. C’est une belle chronique sur la Russie mais aussi sur l’armée et l’enrôlement plus ou moins forcé de certains jeunes. C’est aussi un récit très fort sur la liberté et l’émancipation qui se tient aujourd’hui mais aurait aussi très pu se produire au siècle dernier. Je pense qu’on ne peut pas rester indifférent à cette lecture qui rappelle furieusement les écrits de nos auteurs du XIXe siècle.

Par contre, j’ai eu beaucoup plus de mal avec le style. Celui-ci hésite en permanence avec le classieux ampoulé bourré de synonymes et un style plus abrupte voire familier. Je n’ai aimé ni l’un ni l’autre. J’ai aussi été très gênée par cette narration à la troisième personne qui m’a forcée à faire de gros efforts pour m’intéresser aux personnages et m’attacher à eux. Cela crée une vraie barrière entre nous et eux, ce qui est gênant vu le propos.

Ma note : 13 / 20

Livres - Contemporain

1Q84 de Haruki Murakami

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Titre : 1Q84

Auteur : Haruki Murakami

Années de parution vf : 2011-2012

Editeur : 10/18

Nb de tomes : 3 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Au Japon, en 1984.
C’est l’histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu’ils avaient dix ans. A l’époque, les autres enfants se moquaient d’Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l’appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo l’a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux enfants, le signe d’un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie.
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités.
Tueuse professionnelle, Aomamé se croit investie d’une mission : exécuter les hommes qui ont fait violence aux femmes. Aomamé a aussi une particularité : la faculté innée de retenir quantité de faits, d’événements, de dates en rapport avec l’Histoire.
Tengo est un génie des maths, apprenti-écrivain et nègre pour un éditeur qui lui demande de réécrire l’autobiographie d’une jeune fille qui a échappé à la secte des Précurseurs. Il est aussi régulièrement pris de malaises lors desquels il revoit une scène dont il a été témoin à l’âge d’un an et demi.
Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ?

Mon avis :

Première fois que je lisais du Murakami et j’ai été agréablement surprise par ce mélange de poésie et d’âpreté dans sa plume. Mais, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup trop de descriptions, ce qui fait que le l’intrigue ne démarre que tardivement et que j’ai eu un profond sentiment de lassitude pendant la moitié du roman. La suite, ensuite, nous emporte et donne très envie de lire la suite.

 La suite étant dans ma PAL, je vous dis à bientôt pour d’autres avis ^-^

Livres - Contemporain

Annie Ernaux

Voici les quelques livres que j’ai pu lire de cette auteur dont l’interview sur France culture m’avait beaucoup intéressée. Elle a une vraie belle voix et parle un très beau français, simple mais riche. Bref elle avait su m’intriguer. Voyons voir maintenant le bilan…

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Titre : La Honte

Auteur : Annie Ernaux

Année de parution : 1997

Éditeur : Gallimard

Résumé : « J’ai toujours eu envie d’écrire des livres dont il me soit ensuite impossible de parler, qui rendent le regard d’autrui insoutenable. Mais quelle honte pourrait m’apporter l’écriture d’un livre qui soit à la hauteur de ce que j’ai éprouvé dans ma douzième année. »
Annie Ernaux. 

Mon avis :

Un livre et surtout un ton surprenant. L’auteur a un style très simple, un peu âpre mais décrit son enfance avec beaucoup d’émotion. Ses portraits aussi bien de ses parents que de son école ou DU moment clé de son enfance sont saisissants. En peu de pages, elle brosse un portrait très vivant et je me retrouve dans sa définition de la honte.

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Titre : Une femme

Auteur : Annie Ernaux

Année de parution : 1988

Éditeur : Gallimard

Résumé : Suite à la mort de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, Annie Ernaux éprouve le besoin d’écrire sur elle et de revenir sur les différents moments de sa vie. C’est une manière de faire son deuil et de ressaisir une dernière fois par le souvenir les images successives qu’elle a eues de cette femme, c’est aussi une façon d’apprendre à réapprivoiser un monde dans lequel elle n’est plus.

Mon avis :

Une œuvre à l’écriture toute aussi âpre que celle que j’avais découverte dans La Honte et qui rebondit sur les mêmes thèmes, à savoir une écriture à visée cathartique. Les premières pages sur son enfance sont peu intéressantes mais les dernières sur la déchéance de sa mère sont splendides et riches en émotions.

 « Je n’entendrai plus sa voix. C’est elle, et ses paroles, ses mains, ses gestes, sa manière de rire et de marcher, qui unissaient la femme que je suis à l’enfant que j’ai été. J’ai perdu le dernier lien avec le monde dont je suis issue. » Annie Ernaux, Une femme

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Titre : Journal du dehors

Auteur : Annie Ernaux

Année de parution : 1993

Éditeur : Gallimard

Résumé : De 1985 à 1992, j’ai transcrit des scènes, des paroles, saisies dans le R.E.R., les hypermarchés, le centre commercial de la Ville Nouvelle, où je vis.

Il me semble que je voulais ainsi retenir quelque chose de l’époque et des gens qu’on croise juste une fois, dont l’existence nous traverse en déclenchant du trouble, de la colère ou de la douleur. 

Mon avis :

Bon ben cette fois, je n’ai pas du tout accroché. J’ai trouvé le tout trop disparate, anecdotique, décousu… Je ne suis pas rentrée dedans, je n’ai pas saisi le message de l’auteur. Bref grosse déception aussi.