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Le Cortège des Cent Démons d’Ichiko Ima

Titre : Le cortège des cent démons

Auteur : Ichiko Ima

Éditeur vf : Doki Doki

Années de parution vf : 2006-2007

Nombre de tomes vf : 6 (série interrompue)

Histoire : Ritsu vit avec sa famille dans une maison de type traditionnel. Il serait un jeune homme comme les autres sans ce don de naissance qui lui permet de voir les entités fantastiques qui nous entourent. N’importe qui sursauterait d’effroi en découvrant ces créatures, mais pour Ritsu qui les côtoie depuis toujours, elles n’ont rien de surprenant. Il les considère même avec nonchalance et il aimerait bien qu’elles le laissent tranquille, mais malheureusement pour lui, il se produit toujours quelque phénomène qui le pousse à intervenir comme conciliateur pour rétablir l’ordre. Pour cela, il est épaulé par Aoarashi, un démon qui vit dans le corps de son père depuis que celui-ci est décédé, et de deux volatiles nommés Ojiro et Oguro.

Mon avis :

Tome 1

J’entends parler depuis longtemps d‘Ichika Ima mais je n’avais jamais osé lire sa série Le cortège des cent démons. Il faut dire qu’avec un titre pareil, la bonne froussarde que je suis pensais que c’était un titre d’horreur qui me ferait trop peur. Honte à moi, j’étais complètement à côté de la plaque.

Le cortège des cent démons n’est pas un titre d’horreur, c’est un titre sur les yokai et plus que cela un manga sur un Japon assez traditionnel fait de légendes et de mythes. En plus, le tout est servi le trait très fin et poétique d’Ichiko Ima reconnue comme l’une des plus illustres représentantes du genre yôkai dans les manga (manga prenant pour thème les êtres fantastiques du folklore japonais). Elle a également publié de nombreux yaoi et plusieurs histoires à cadre historique. Autant vous dire, elle a tout pour me séduire.

Malheureusement, le titre ici présent a vu sa parution stoppée par Doki Doki après seulement 6 tomes, il restera donc inachevé chez nous. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut quand même facilement le découvrir car il est structuré autour d’histoires courtes et assez indépendantes.

Mais qu’en est-il vraiment de ce tome 1 ? Passée la première histoire qui est une sorte de préambule à l’univers, nous retrouvons 4 épisodes nous faisant évoluer dans la vie quotidienne de la famille de Ritsu, un jeune homme qui voit et peut interagir avec les yokai. Nous sommes donc dans une espèce de manga tranche de vie mâtiné de fantastique. On y trouve des secrets de famille et des sortes d’exorcismes version japonaise. On croise ainsi toutes sortes de créatures tantôt terrifiantes, tantôt amusantes.

L’ambiance est très agréable. On est dans un Japon contemporain mais dans lequel les traditions sont toujours forts présentes. On apprend ainsi pas mal de choses sur la spiritualité japonaise. Cela donne un ton poétique, mélancolique et un brin nostalgique assez apaisant. La famille de Ritsu y contribue pour beaucoup. C’est une famille où les femmes portent la culotte, ce que j’ai beaucoup apprécié. Même si parfois des événements tristes se produisent, elles gardent toujours leur bonne humeur et il y a plein de petits moments drôles et savoureux parsemant les chapitres.

En plus de ses dessins enchanteurs, j’ai donc beaucoup aimé la tendre ambiance poétique se dégageant de ce titre. Le fait que ce soit un ensemble d’histoires indépendantes me plaît puisque ça change et que ça me permettra de continuer la série malgré son interruption. Je la recommande à tous les fans de yokai mais aussi d’un Japon traditionnel et bien sûr aux amateurs de beaux dessins.

Tome 2

Ichiko Ima continue à nous dépeindre cet imaginaire fantastique japonais avec beaucoup de talent dans ce deuxième tome, où l’on peut retrouver Ritsu le temps de 4 nouvelles aventures. De nouvelles légendes sont à l’honneur et les créatures du folklore japonais sont toujours aussi bien mises en avant. C’est un vrai régal pour les yeux et en tant que lecteur on prend un plaisir certain à suivre ses histoires toutes simples, la mangaka parvenant à donner une sensation de banalité à ces événements surnaturel. Cela contribue ainsi à créer cette ambiance si singulière et propre à la série que j’aime tant, une douce poésie un brin désuète.

Les deux premières histoires sont l’occasion de revoir Tsukasa, la belle cousine de Ritsu, tandis que la dernière met en avant l’histoire de leur famille. La troisième parle également de la tragique histoire d’une autre ancienne famille. Cela reste donc un titre éminemment familial qui porte des valeurs qui me plaisent et qui en même temps me titillent tant elles sont ancrées dans la tradition japonaise. Il est ainsi question de l’image et de la place de la femme. Celle-ci est doucement remise en cause par l’autrice pour souffler un vent de modernité mais point trop n’en faut.

Le Cortège des démons reste une lecture douce et dépaysante desservie par des dessins sublimes que je me fais un plaisir de découvrir. Le fait que ce soit des chapitres indépendants rend cette lecture vraiment agréable puisqu’on peut y picorer au gré de ses envie. Je suis vraiment ravie de cette découverte même si elle fut tardive.

Tome 3

Pas de changement, ce titre est toujours aussi beau et prenant. C’est une occasion parfaite pour découvrir la richesse du folklore japonais à travers ses petits histoires du quotidien de Ritsu, qui lui semblent banales mais qui sont loin de l’être pour nous.

Sur un ton toujours doux, poétique mais un brin cruel et triste, nous retrouvons ce dernier en prise avec de nouvelles âmes en peine, que ce soit en lien avec des amis de sa famille ou avec la sienne. Tsukasa est de plus en plus présente à ses côtés et de plus en plus sensible au surnaturel qu’elle commence à accepter. Ils forment un joli duo. J’aime le caractère non conventionnel qu’on attribue à celle-ci sous ses airs de jeune fille japonaise parfaite. J’aime la nonchalance de Ritsu et l’aisance avec laquelle il gère ses affaires souvent assez complexes et riches en émotions.

Dans ce tome, le fantôme d’une jeune noyée revient les hanter et les fait s’interroger sur le bien fondé des pactes passés entre maîtres et yokai. Ensuite, il est temps de rencontrer les esprits protecteurs d’une famille en vue et ainsi de s’intéresser à cet aspect culturel des vieilles familles japonaises. Ça n’a pas été sans me rappeler des séries comme X de Clamp. Puis le temps d’une histoire, on recroise un personnage du tome 2 (de l’histoire de la maquette) qui va venir en aide à une jeune maudite. Enfin dans la dernière histoire, on parle de prophétie et de regret.

Graphiquement c’est toujours un pur délice avec ses plats et ses déliés d’une finesse et d’une légèreté rare. L’ambiance est toujours poétique et fantastique à souhait avec sa touche d’ésotérisme japonaise. Ça fait rêver. Je reste complètement sous le charme.

Tome 4

Comment vous dire mon amour de cette série, à chaque tome, je plonge complètement dans l’univers folklorique japonais que propose l’autrice et j’en ressors des étoiles plein des yeux et des frissons partout. Je sens que je vais avoir un gros regret quand je vais arriver au dernier tome français…

Bref revenons à ce tome qui se découpe à nouveau en trois longues et sinueuses histoires autour de ces âmes tourmentées qui peuplent nos rues. On débute le tome par une histoire assez étrange où après l’avoir refermée, je me suis demandée si j’avais tout bien compris. La construction de l’histoire est donc surprenante et marquante, entre fantasme et réalité, encore plus que d’habitude. On y suit un épisode de l’enfance de Ritsu, au travers une jolie aventure touchante mais triste, où l’on rencontre son premier ami. La fin est bien sombre comme j’aime.

La deuxième histoire, elle, voit le retour de la belle Akira et là, j’ai eu l’impression d’avoir loupé un épisode, puisqu’elle nous parle entre autre de sa romance avec le jardinier qui était une pierre rencontré dans les tomes précédents… Mais revenons à nos moutons, sous le prétexte d’une tentative ratée de mariage arrangée, on part dans une histoire de yokai, de rédemption et d’aide des autres assez surprenante. C’est une belle aventure à laquelle je ne m’attendais pas.

quant au dernier chapitre, l’autrice nous tricote une histoire très sombre sur une famille à l’histoire compliquée où il ne faut pas se fier aux apparences. C’est rempli de bestioles qui font bien peur mais les humains ne sont pas en reste. Un bon thriller à glacer le sang et en même temps très triste. J’ai bien aimé l’intégration du bonze du coin et la façon dont il menait l’enquête ^^

Le Cortège des Cent Démons reste une série de grande qualité qui mêle habilement folklore japonais, yokai et autres bêtes, à un quotidien souvent un peu triste qui connait des affaires complexes mais touchantes.

Tome 5

Certainement le tome que j’ai le moins aimé jusqu’à présent. J’ai commencé à y trouver les histoires répétitives et je n’ai pas été aussi émotionnellement impliquée que d’habitude. Le fait d’avoir aussi une figure de yokai nouvelle tout du long des 4 histoires n’a pas vraiment aidé ^^!

Pourtant, ça partait bien avec une belle première histoire sur la frontière ténue entre les morts et les vivants qui collait bien à la saison estivale, celle de la fête de l’o-bon. C’était encore une histoire belle mais tragique sur une mère et sa fille, comme l’autrice sait parfaitement en écrire avec le même schéma qui rend les composantes floues au début avant qu’elles ne se révèlent à nous dans toutes leur tristesse.

Puis la deuxième histoire est arrivée et là déjà, j’ai moins accroché. Je l’ai trouvée trop tarabiscotée, trop tragique et trop sombre. On y revoit encore Akira (que je confonds parfois avec Tsukasa ><) avec son copain et bien sûr, ils se retrouvent mêlés à une affaire surnaturelle assez glauque et angoissante qui va vite les dépasser. Pour ne rien gâcher, on nous ajoute un lien avec le grand-père de Ritsu, décidément, bien riche en amis yokai ^^!

Quant à l’histoire suivante, elle a eu du mal à prendre chez moi, mais j’ai trouvé la conclusion fort belle et inattendue comme souvent. On part d’une histoire de possession pour arriver à quelque chose de complètement différent dont je ne voudrais pas vous gâcher la surprise ici mais sachez que c’est très bien écrit après un début un peu difficile.

La dernière histoire enfin, comme la précédente, nous voit nous interroger enfin sur le futur de Ritsu. Que faire ? Quelles études poursuivre ? Mais bien sûr, cela va très vite passer au second plan quand de mystérieuses forces vont venir « perturber » sa famille. Je ne sais pas trop quel leçon en tirer. Que la famille est plus importante notre individualité et notre bonheur personnel ? C’est assez particulier.

Par contre, j’ai beaucoup ri des petites anecdotes sur la famille de l’autrice à la fin ^-^

Tome 6

Déjà le dernier tome de cette belle saga pour nous pauvre Français puisque l’éditeur de l’époque a dû arrêter la parution faute de ventes suffisantes… Je suis vraiment triste de quitter cet univers si charmant auquel je m’étais si vite attachée. Pour lui dire au revoir, j’ai eu droit à de nouvelles histoires de yokais mais aussi à des histoires de famille pour ne pas changer, puisque c’est le coeur de l’univers de l’autrice.

Ainsi dans une première histoire drôle et très estivale, on nous reparle des études de ce pauvre Ritsu, qui n’est décidément pas fait pour ça, puisque tout vient toujours le déranger. C’était très dynamique et j’ai aimé découvrir de nouveaux yokais mais aussi revoir Akira et entendre parler avec humour et bienveillance de sa relation avec Ritsu. C’est très savoureux de voir comment leur famille respective cherche à les caser ensemble, ou pas ^^!

La deuxième histoire fut également très belle, très romantique et on y voit également de nouveaux yokais : les renards dont j’avais déjà entendu parler et dont j’ai aimé le traitement dramatique ici. En plus, c’était un pur régal pour les yeux tant le trait fin d’Ichiko Ima se prête à ce genre de créature.

L’histoire suivante aurait été parfaite à lire pendant le mois des morts. Elle était effrayante et dérangeante à souhait avec ces histoires de poupées hantées. Ça me file encore des frissons rien que d’en reparler.

Quant à la dernière, elle me permet de quitter la série sur une jolie note quand même puisqu’on y revient sur le passé du grand-père de Ritsu, personnage clé dans l’histoire. J’ai donc aimé découvrir son histoire, son enfance, son adolescence, ses relations avec les autres plus jeunes, ses rencontres avec certains yokais connus de nous ensuite, etc.

Maintenant, il va falloir que je fasse mon deuil de cette série et je le regrette vraiment parce que tout m’a plu : les dessins, d’une finesse et poésie rare ; l’univers fait de yokais et mythes japonais ; l’ambiance pleine de douceur, d’humour, de poésie et de rêveries fantastiques ; et bien sûr les histoires toujours si bien racontée et dont la chute surprend. C’est avec beaucoup de regret que je m’arrête là et si un jour un éditeur avait la bonne idée de ressortir en français un titre de l’autrice, je serai au rendez-vous !

Ma note : 16 / 20

15 commentaires sur “Le Cortège des Cent Démons d’Ichiko Ima

      1. Peut-être mais si les autres tomes parus sont dans le même esprit que le premier, je sais que je ne mourrai pas de ne pas connaitre la fin. Ce n’est pas une série avec une trame narrative qui défile sur plusieurs tomes, ce sont surtout des petites histoires indépendantes autour de la même famille.

        Aimé par 1 personne

  1. Cool, un article sur Le cortège des cent démons 😀 !!! Ima est une de mes mangaka préférées même si elle est assez monomaniaque: elle reste souvent dans les mêmes domaines ^^ . Sinon, Ima n’a pas écrit de titres « historiques », mais des titres avec des costumes. Il s’agit d’un univers qu’elle a inventé et débuté dans Kishibe no uta, composé d’histoires courtes et se déroulant dans une forme de Chine ancienne désertique. Les costumes sont bien sûr sublimes… Son seul vrai titre historique est Gengestsurô Kitan qui se passe effectivement dans un Japon plus ancien mettant en scène le monde de la nuit à Yoshiwara. Il s’agit d’un BL.

    Ce que j’adore chez Ima, c’est sa capacité à écrire des personnages et des situations super drôles, et souvent des situations bien embarrassantes! Je suis fan de la famille du héros… entre la mère pour qui tout ce qui compte est la bonne santé de son fils, Ritsu qui est fainéant, la mère qui aimerait tellement qu’il se mette avec Tsukasa… ou encore le père, tout simplement xD.

    Aimé par 2 personnes

    1. Je ne pouvais pas passer à côté alors que j’ai tant aimé ma lecture 😉
      J’adore ce que tu dis sur sa famille parce que c’est tellement ça xD
      Merci pour les corrections, j’avais été trop vite et en voyant des costumes, j’ai cru que c’était des titres historiques ^^!
      Quand je te lis, je me dis que j’ai très envie de lire d’autres titres de cette autrice. Quel dommage qu’il n’y en ait pas d’autres (?) en France ! Je pense notamment à ses BL, ça pourrait peut-être intéresser un éditeur spécialisé. Je croise les doigts.

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      1. Je suis super fan de cette mangaka… j’adore ses BL, très peu portés sur le sexe ou même sur le couple homo finalement tant on parle de tlm… je te conseille de lire Otona no mondai si tu es adepte de la lecture en scan, ça donne une idée de ses BL. Les relations familiales sont compliquées et svt recomposées!!! Je me souviens d’un BL où on s’intéresse à la mère du héros qui essaie de se trouver un copain ^^; on se serait cru dans un josei le temps d’un chapitre!

        Je pense aussi que c’est pour ça que ses BL ne sont pas sortis ici. ils n’entrent peut-être pas assez dans ces codes… le côté vie quotidienne qu’elle décrit dans Le cortège se trouve dans ses BL. Quant à ses titres fantasy en costume, visuellement, on bave!

        Contrairement à toi, j’ai toujours été incapable d’écrire sur ce merveilleux manga. Justement parce que je l’aime beaucoup. Ce que j’aime chez Ima aussi, c’est sa capacité à maîtriser aussi bien la couleur que le N&B 🙂

        Aimé par 1 personne

      2. C’est dommage que tu ne te lances pas pour écrire dessus parce que rien qu’avec nos échanges, tu vois, tu me donnes très envie de plus la découvrir !
        Je suis entièrement d’accord sur son talent pour le peu que j’en ai vu. J’aime beaucoup la façon truculente dont elle peint le quotidien. Si on le retrouve dans ses BL, je vais sûrement essayer d’en lire effectivement. Je ne suis pas réfractaire aux scans même si ce n’est pas ce que je préfère, alors je note ta recommandation. Merci ^-^

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    1. A nouveau ravie d’avoir pu t’aider à découvrir ce titre qui est vraiment de toute beauté. N’hésite pas à revenir me dire si tu as aimé et ce qui t’auras plus. (Non, je n’imagine pas que tu puisses ne pas aimer xD)

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