Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Les Architectes de Babel d’Akira Ashimo

Titre : Les Architectes de Babel

Auteur : Akira Ashimo

Editeur vf : Glénat (shonen)

Année de parution vf : 2021

Nombre de pages : 540

Histoire : XVIIIe siècle avant J.-C., en Mésopotamie antique. Maintenant qu’il est parvenu à unifier une grande partie de la région, le roi de Babylone, Hammurabi, ordonne la construction d’une tour qui “atteigne le soleil” afin d’assurer une prospérité éternelle à son royaume. De son côté, Gaga, un architecte de la cour né dans une famille de militaires, se voit confier la mission d’aller chercher dans la ville de Dilmun le dénommé Nimrod, un descendant de Noé. Un châtiment impitoyable l’attend s’il ne le ramène pas au palais royal sous dix jours. Dans ce manga historique qui a pour théâtre la cité de Babylone à l’apogée de sa gloire, 4000 ans plus tôt, deux architectes de génie vont tout donner pour tenter de résoudre un problème qui semble, à première vue, insurmontable…

Mon avis :

C’est appâtée par le titre qui se veut historique, que j’ai eu envie de découvrir cette nouvelle publication de la collection shonen de Glénat. Réalisée en plus pour un féru d’architecture, j’étais sûre d’avoir ainsi une aventure de qualité. Je pensais cependant que l’Histoire serait plus qu’un simple décor, comme dans Eureka, malheureusement j’en demandais un peu trop…

Akira Ashimo qui officie sur ce gros tome relié, 2 tomes simples en vérité au Japon, est architecte et mangaka. Il débuta en 2018 en publiant un oneshot sur le site Jihen, du nom étrange de Calcul différentiel, calcul intégral, fin du monde, annonçant de suite la couleur d’une oeuvre singulière. Il est d’ailleurs quelqu’un d’atypique puis qu’il poursuit en parallèle des études d’architecture à Venise. Tout cela se mélange pour former une aventure assez surprenante dans les Architectes de Babel, l’oeuvre présente dont nous allons parler.

Pavé de plus de 500, celui-ci embarque le lecteur dans une aventure se passant à un moment et dans un lieu clé de l’Antiquité, au sein d’une légende dont même le lecteur actuel a entendu parler : la construction de la tour de Babel. Beaucoup de gens connaissent le mythe et l’auteur se propose de nous en offrir son interprétation. Pour ma part, j’en attendais beaucoup. Je pensais vivre à ses côtés une histoire passionnante s’appuyant justement fortement sur le contexte historique et l’architecte. J’ai été un peu déçue, trouvant cela un peu léger.

En effet, plus qu’un récit historique ou un récit artistique, l’auteur se propose de nous proposer un récit d’aventure, un récit d’amitié et de respect. Comme l’indique la couverture, nous allons suivre un duo de héros, l’un architecte attitré de Babel, l’autre génie qu’on envoie chercher pour le remplacer dans la construction de l’oeuvre majeure demandée par le Roi. Le premier tome (= première moitié) nous conte comment l’architecte Gage va chercher, trouver et ramener le génie Nimrod. Ce n’est que dans le second tome (=seconde et dernière moitié) que l’on voit leur grand oeuvre prendre forme avec le destin qu’on lui connaît. A côté de cela, nous avons un décor historique faible et une architecture plus décorative qu’autre chose.

En effet, pour entraîner le lecteur, le mangaka a choisi de présenter son récit sous un angle léger et aventureux avec un héros revêche difficile à apprécier pour l’un, et totalement lunaire pour l’autre ce qui le rend également difficile à approcher. Aucune sympathie ne peut naître alors malgré les épreuves et leur caractérisation réciproque. Même l’ajout de personnages secondaires issus du peuple et de la caste des esclaves n’a pas vraiment réussi à m’émouvoir, tant j’ai trouvé cela superficiel.

Et c’est justement ce que je reproche au titre. Tout est superficiel, prétexte à, mais rien n’est creusé malgré la longueur. Tout s’enchaîne rapidement, l’attachement ne naît pas, ni la fascination ou l’émerveillement face à ce qui se passe, peut-être à cause des nombreuses coupes et ellipses. J’aurais aimé voir les héros faire oeuvre d’architectes plus concrètement et quantitativement. J’aurais aimé en apprendre bien plus sur la vie à l’époque dans ce coin du monde, car là aussi le décor historique est bien léger, et le côté très caricatural des hommes et femmes de pouvoir n’aide pas.

Ainsi, j’ai plus eu l’impression de me retrouver dans une aventure shonen où le but était d’amuser le lecteur, de l’entraîner à travers différents paysages, lieux et temps, tout en lui faisant découvrir très rapidement et superficiellement cette légende en ajoutant quelques éléments pour l’enrichir et tenter de l’humaniser, le tout en faisant une critique de ces sociétés tyranniques. La critique du monarque absolu s’engageant dans des travaux pharaonique pour flatter son égo étant assez évident, tout comme l’absurdité de la guerre, ou l’importance de bien traiter son peuple, base de tout, ou encore l’importance de voir loin et pas juste au bout de son nez. C’est plein de belles morales à défaut de nous couper le souffle. et on assiste à la naissance d’une belle relation entre deux grands architectes.

Peut-être aussi que cette absence d’effet wow – que j’aurais aimé retrouver – vient également des dessins, que j’ai trouvé tout juste honnêtes. Il y a vraiment des passages où les visages sont disgracieux. La volonté de rendre les monarques gigantesques pour nous impressionner tombe à plat et parait ridicule voire maladroite, tant le dessin est approximatif, pour ne pas dire raté côté proportion. Seuls les décors et costumes m’ont plu et paru un tantinet réaliste donc bien pensé, alors que le dessin des personnages avait plutôt tendance à me faire sortir de l’histoire.

J’attendais beaucoup des Architectes de Babel, j’en ressors un peu déçue et frustrée. C’est une aventure pleine d’allant, qui permet aux néophytes de rapidement découvrir ce mythe. C’est une aventure où l’on voyage, invente et réfléchit. Cependant, je pensais être soufflée par les dessins, ce ne fut pas le cas. Je pensais avoir un décor historique riche pour apprendre plein de choses, ce ne fut pas le cas. Je pensais plonger dans des prouesses architecturales, ce ne fut pas le cas. Un sentiment de trop peu m’habite, mais quelqu’un ayant moins d’attentes passera un très joli moment.

(Merci à Sanctuary et Glénat pour cette lecture)

 >N’hésitez pas à lire aussi les avis de :  Vous ?

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© 2020 Akira Ashimo / © Editions Glénat 2021

 

5 commentaires sur “Les Architectes de Babel d’Akira Ashimo

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