Livres - Classique

Mrs Dalloway

Titre : Mrs Dalloway

Auteur : Virginia Woolf

Editeur vf (poche) : Le livre de poche

Année de parution : 1925

Nombre de pages : 218

Histoire : Le récit décrit une journée de Clarissa Dalloway, dans l’Angleterre d’après la Première Guerre mondiale. Elle se rend d’abord chez le fleuriste, mais loin de se centrer sur ce seul personnage, Virginia Woolf offre une fresque de la ville de Londres et de ses habitants. Peu après, Mrs Dalloway revient chez elle, et alors qu’elle fait le point sur le choix qu’elle a fait des années plus tôt d’épouser Richard Dalloway au lieu de Peter Walsh, elle reçoit la visite impromptue de ce dernier soupirant.
En contrepoint de Clarissa Dalloway, le récit s’attarde sur Septimus Warren Smith, un jeune ex-militaire qui souffre depuis son retour du Front, d’hallucinations et de schizophrénie. Ce jour-là, il se défenestre au moment où le médecin qui le soigne cherche à l’interner. Or, ce même médecin se trouve être un des invités à la soirée de Mrs Dalloway.

Mon avis :

J’ai toujours voulu découvrir cette auteure et au détour d’un podcast de l’excellente émission La compagnie des auteurs sur France Culture, j’ai décidé de me lancer. Pour être franche, ce n’est pas le coup de coeur que j’attendais, son écriture et sa narration sont bien trop particulières pour moi. Par contre, je pense que je serais ravie d’en apprendre plus sur l’auteure et je compte bien me procurer rapidement une biographie sur elle.

Pour en revenir à son roman Mrs Dalloway, j’ai trouvé l’écriture très vive. J’ai été emportée dans un vrai tourbillon. Ça partait dans tous les sens ce qui donnait une vraie vivacité au récit mais qui m’a aussi perdue un peu. Ça m’a donné l’impression d’être avec une héroïne beaucoup plus jeune qu’elle ne l’est vraiment. J’avais l’impression d’évoluer dans un film avec Audrey Hepburn où tout se serait passé en une folle journée.

Mais l’originalité du récit et de la narration est aussi sa faiblesse pour moi. J’ai eu beaucoup de mal à fixer mon attention et à suivre l’histoire qui se déroulait tant on passait d’un sujet à l’autre, d’un narrateur à l’autre. Le fait qu’il n’y ait pas de chapitre n’aide pas non plus, ni la mise en forme du texte qui a très peu d’aérations. Du coup, j’ai eu du mal à trouver quand reprendre mon souffle.

De plus, il y a peu de dialogues parlés et de vraies narrations, mais beaucoup de dialogues intérieurs à la place, ce qui a encore alourdi ma lecture. Il y a aussi de nombreuses digressions que j’ai trouvées un peu intempestives même si j’ai fini par comprendre que c’était parce que deux histoires finissaient par s’entremêler.

J’ai cependant beaucoup apprécié le tableau de Londres à l’aube de la modernité que Virginia Woolf faisait avec ses pointes d’innovation et beaucoup d’éléments du passé et de la tradition anglaise. C’est un portrait très vivant où ceux ayant séjourné dans la capitale britannique reconnaitrons bien les différents lieux et apprécieront le voyage. Londres et Big Ben en particulier son un élément clé de ce récit se déroulant sur une journée.

L’auteure fait également un portrait grinçant et fidèle de ses contemporains, des relations de couple et de l’amour. Grâce aux nombreux points de vue qui peuplent le récit, on a des vues multiples sur les personnages. On le découvre à travers leur regard mais aussi celui des gens qu’ils côtoient ce qui est fort savoureux. On a ainsi le portrait de gens à différents âges de leur vie, des hommes et des femmes qui se cherchent toujours peu importe leur âge. On a également à la fin du récit un joli passage de relais d’une génération à l’autre.

Même si je n’ai pas accroché au récit à cause de sa narration si particulière que j’ai détaillée plus haut, je reconnais que Virginia Woolf a une belle plume avec de vraies fulgurances comme lors de ce passage qui a fait écho avec ce que je sais d’elle :

« Et que ce soit par pitié, ou bien à cause de leur beauté, parce qu’elle était plus âgée ou pour une circonstance fortuite – un effluve de parfum ou un violon dans la pièce à côté, elle ressentait sans aucun doute ce que ressentent les hommes. Un instant seulement ; mais c’était assez. C’était une révélation soudaine, un afflux de sang comme lorsqu’on rougit et que l’on voudrait s’en empêcher, et puis, comme la chose s’amplifie, on cède, on se précipite le plus loin qu’on peut, et là, on vacille et l’on sent le monde se rapprocher, lourd d’une signification étonnante, sous la pression du ravissement qui en fait craquer la fine écorce et jaillit, se déversant dans un immense soulagement sur les crevasses et les plaies. Alors pendant un instant, elle avait vu un embrasement (…) »

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