Livres - Fantasy / Fantastique

La Trilogie du Tearling d’Erika Johansen

Titre : La Trilogie du Tearling

Auteur : Erika Johansen

Éditeur vf : Le livre de poche (poche) / J.C. Lattès (grand format)

Année de parution vf : 2017-2018 (poche)  / 2016-2017 (grand format)

Nombre de tomes vf : 3 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Après la mort de sa mère la Reine Elyssa, Kelsea Raleigh a grandi en exil, loin des intrigues du Donjon royal où son oncle diabolique a pris le pouvoir. Le jour de ses dix-neuf ans, une garde dévouée l’escorte de son repaire à la capitale, où elle devra reconquérir la place qui lui revient de droit et devenir Reine du Tearling.
Kelsea ne s’est jamais sentie aussi peu capable de gouverner. Pourtant, les atrocités qu’elle découvre vont la pousser à commettre un acte d’une incroyable audace, qui jette tout le pays dans la tourmente et déchaîne la vengeance de la Reine rouge.
La quête de Kelsea pour sauver son royaume et aller vers son destin ne fait que commencer. Long périple semé d’embûches, empli de bruit et de fureur, de trahisons et de combats farouches. Une épreuve du feu, qui forgera sa légende… ou la détruira.

Mes avis :

Tome 1 : Reine de Cendres

J’entends parler de cette série depuis sa sortie en grand format et autant le dire de suite les avis sont partagés. Sa sortie en poche fut donc pour moi l’occasion de lui donner sa chance et je suis ravie de l’avoir fait.

Reine de Cendres n’est pas une lecture facile. C’est un texte long et fastidieux avec de nombreuses longueurs, des pertes de rythmes, des descriptions à n’en plus finir mais des idées très très intéressantes. J’ai retrouvé dans le début de cette trilogie des éléments qui n’ont pas été sans me rappeler des séries que j’aime ou que j’ai aimé suivre comme Shannara ou Les visions d’Escaflowne. Donc malgré les difficultés soulevées, j’ai été séduite par le début de cette série.

C’est en grande partie à cause de l’univers de l’histoire que j’ai été séduite. Nous nous retrouvons dans un monde postérieur au nôtre apparemment, dans lequel une partie de l’humanité a traversé un océan pour chercher à fonder une utopie de l’autre côté. On retrouve donc de temps en temps de petites références à notre monde à nous. Mais ce nouveau monde dans lequel ils vivent ne ressemble en rien au nôtre, la magie y est présente même si discrète et ce n’est pas du tout l’utopie rêvée qui y a émergée. Pour le moment, l’auteure reste très mystérieuse sur cette Traversée et le passé de son monde mais j’espère vivement qu’on y reviendra parce que c’est diablement alléchant.

L’autre point fort de ce premier tome tient dans les personnages. Au début, j’avais peur de tomber dans un récit « jeunesse » comme je l’avais lu à droite à gauche, à cause de sa jeune héroïne qui se découvre héritière de la Reine du royaume de Tearling. J’avais peur de tomber sur un énième titre d’apprentissage assez banal en soi. Mais Erika Johansen m’a prise à contre pied, en faisant de sa future Reine une sorte d’anti-reine, et surtout en l’entourant de vieux briscards terriblement sympathique. Si j’ai aimé la fraicheur  de Kelsea, je l’ai parfois trouvé agaçante dans ses décisions, ce qui ne fut jamais le cas pour Massue et les autres Gardes de la Reine qui m’ont de suite fascinée. J’aime quand on a des hommes émérites comme eux. J’ai été séduite par leur gouaille, leur passé et  leur stature. J’ai un petit faible pour Massue et Pen parmi eux >< De la même façon, je suis de suite tombée sous le charme du mystérieux Fetch que j’espère vite retrouver de façon plus importante. En parallèle, les méchants de l’histoire sont bien catalogués comme tels, c’est certes classique mais pas dérangeant. Pour l’histoire celui qu’on a le plus suivi c’est Thorne, le responsable de l’esclavage à Tearling, mais la Reine Rouge ne demande qu’à être plus présente et j’espère trouver en elle quelqu’un de plus ambigu.

Du côté de l’histoire, celle-ci tarde à démarrer mais une fois qu’elle est partie, impossible de décrocher. J’ai trouvé intéressant de suivre le périple de Kelsea jusqu’au Donjon où son oncle attendait de la tuer. C’est intéressant de la voir grandir et digérer ses influences au cours de ce voyage. De la même façon, j’ai aimé découvrir les us et coutumes de son pays avec elle et quelles terribles découvertes pour quelqu’un qui a été élevé à l’écart de tout ça comme elle : esclavage, paupérisation, analphabétisation, ségrégation, etc, rien ne nous est épargné. Tearling n’est pas un royaume où il fait bon vivre, de même que le pays de la Reine Rouge qui apparemment ne vaut guère mieux. Erika Johansen a pris le parti de nous plonger dans un univers sombre et elle ne ménage pas sa peine. La suite de l’histoire est tout aussi intéressante à suivre puisqu’on découvre les premiers pas de Kelsea comme souveraine et les décisions lourdes de sens qu’elle prend mais dont elle assume les conséquences. J’ai vraiment apprécié de la voir régner et prendre des décisions fidèles à ses valeurs. Ainsi l’histoire est bien menée et nous amène vers un final attendu et plein de promesses pour la suite.

Pour finir parlons un peu de magie vu que nous sommes quand même dans un titre de fantasy. Celle-ci est assez discrète pour le moment, elle se manifeste juste au travers des saphirs que porte Kelsea et qui lui octroient des visions et certains pouvoirs pour se protéger en cas de danger. J’aimerais bien par la suite que cet aspect soit un peu plus développé.

Reine de Cendres fut donc une bonne introduction à la Trilogie de Tearling, sachant me donner envie de vite découvrir la suite même si je vais devoir patienter qu’ils sortent également en poche. Au passage, petit regret du côté de la couverture qui n’est pas aussi jolie que celle du grand format ^^!

Ma note : 15 / 20

Tome 2 : Révolte de feu

Neuf mois plus tard, je reviens vers cette saga pour en lire la suite et la terminer puisque les deux derniers tomes sont sortis en poche. La réacclimatation fut assez compliquée, je l’avoue. Je me rappelais de l’histoire dans les grandes lignes mais plus vraiment de tous les personnages, du coup les premiers temps de ma lecture furent assez compliqués.

Pourtant, il faut bien avouer que ce n’est pas la faute de la plume d’Erika Johansen, qui à part le fait qu’elle aime user et abuser des longues descriptions, est assez vive et entraînante. Elle n’a pas un style complexe et c’est donc assez facile de se plonger dans son univers. Même quand il ne se passe pas grand-chose, on n’est pas plombé par le style d’écriture étrangement et on cherche juste à avancer plus vite pour retrouver un peu d’action.

L’action, c’est malheureusement ce qu’il m’a manqué dans ce tome. Ce tome 2, donc tome de transition, est comme souvent celui qui marque un petit coup d’arrêt. Kelsea est désormais bel et bien la Reine de Tearling, mais elle est confrontée de plein fouet à l’invasion Mort suite à l’arrêt brutal de leur accord de sa part. Je m’attendais à ce que cela occasionne plein d’action mais pas du tout. On suit plutôt les préparatifs de celle-ci pour tenir un siège face à la puissance inégalée de Mortmesne. Du coup, ça manque cruellement de dynamisme parfois.

Pour autant, on ne peut pas dire qu’il ne se passe rien. On voit Kelsea gouverner et ce n’est pas facile de concilier ses désirs avec la réalité, on la voit ainsi contrainte à des choix qu’elle n’aurait pas fait autrefois à cause de ses idéaux mais que la brutalité de la réalité l’oblige à faire. On suit également ses relations assez tendues avec sa garde et notamment son chef, Massue, qui la voit changer et pas pour le meilleur. On est donc en plein coeur d’intrigues de palais complexes mais pas pour renverser la Reine cette fois comme dans tant de roman, non pour survivre à une invasion inexorable. C’est là toute la force et l’originalité du récit.

En parallèle de cela, et c’est peut-être ce qui m’a le plus dérangée pendant ma lecture, nous suivons les visions de Kelsea sur la vie de Lily Mayhew, avant la Traversée. Pendant longtemps, on se demande un peu ce que ça vient faire là. L’histoire est intéressante à suivre car assez terrible. Elle rappelle par bien des aspects The Handmaid’s Tales que l’on connait bien désormais grâce à la série télé. Mais concrètement, cela vient souvent casser le rythme de lecture et ça nous emmène dans un univers tellement différent qu’on pourrait croire que quelqu’un a mélangé les pages de deux livres par erreur. C’est déroutant. Mais petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place pour nous préparer un final, qui je l’espère sera haletant et tiraillant.

Ce deuxième tome fut une lecture encore moins aisée que celle du premier. J’ai trouvé que l’histoire marquait un peu trop le pas et que Kelsea ne changeait pas pour le meilleur. De plus, j’ai souvent été gênée par les interruptions dues à l’histoire de Lily. Mais je reconnais que c’est une histoire qui change de ce qu’on peut lire habituellement en fantasy young adult. L’autrice ne cherche à nous précipiter dans de l’action à tout va, elle prend le temps de réfléchir et de construire un univers sombre et cohérent où la question de la place de la femme et de la filiation est au centre. J’aime.

Ma note : 14 / 20

Tome 3 : Destin de sang

J’avais trouvé le précédent tome un peu brouillon et surtout j’avais eu du mal à y entrer, ce ne fut pas du tout le cas ici, probablement parce que je l’ai lu à la suite aussi, mais pas que. Dans ce tome, l’autrice met enfin en lien toutes les pistes qu’elle avait développées pour enfin nous présenter dans toute sa complétude l’univers qu’elle voulait créer.

Dans ce tome se mélangent donc l’histoire de la Reine Kelsea et celle du passé du Tearling. Le titre de la saga prend alors tout son sens et on se rend que c’est ici avant tout l’histoire d’un royaume et non d’une personne. Ça met du temps à venir, au début, on peut trouver que c’est assez long de suivre ces voyages dans le passé de Kelsea, qui revit les premiers temps du Tearling à travers les yeux de Katie. Mais personnellement, j’ai trouvé ceux-ci fascinants. L’autrice y décrit parfaitement le glissement d’une population, d’une ville dans le fanatisme et la rébellion que cela peut engendrer. Si certains points étaient assez faciles à deviner (l’ascendance de Row, son rôle dans les événements), d’autres furent amener de façon plus subtile (la valse hésitante de Katie, le renversement de la figure de William Tear). Du coup, ce fut vraiment un point fort dans ce tome pour moi et j’attendais avec impatience chaque chapitre consacré au passé.

Le revers de la médaille, c’est que les événements dans le présent furent un peu moins passionnants. Dans un premier temps, on suit la nouvelle Régence de Massue et ça, je l’ai trouvé passionnant. J’ai beaucoup aimé le voir prendre les affaires en main, chercher à éradiquer le Gut (?), lutter contre l’Arvrath (?), etc. Mais au bout d’un moment, on a basculé totalement du côté de Kelsea et de la Reine de Mortmesne et là, ce ne fut pas aussi passionnant. J’ai trouvé qu’on pataugeait un peu. J’ai été déçue par la Reine de Mortmesne qui ne fut pas aussi charismatique et dure à cuire que je l’aurais voulu. J’ai trouvé la captivité de Kelsea bien douce et rapide, sa libération aussi. Ça manquait clairement d’une touche d’épique et de sombre violence, alors que c’était annoncé comme tel, dommage.

De ce fait, le dernier tiers du livre a eu besoin de rattraper en quelque sorte tout ce retard pris à Mortmesne et dans les visions du passé, du coup, le rythme s’est clairement accéléré et les différents protagonistes se sont rapidement retrouvés pour nous amener vers le dénouement de l’histoire. J’ai trouvé celui-ci très bien trouvé avec une jolie morale sur les utopies et sur les voyages dans le temps. Ce n’est peut-être pas original mais c’est bien trouvé pour conclure la série et jamais je n’y aurais pensé en la débutant.

En effet, ce que j’ai particulièrement aimé dans cette saga, c’est qu’Erika Johansen a su me conduire sur des chemins que je ne pensais pas emprunter. Parfois, ce fut avec grand plaisir (l’absence de romance, les voyages dans le temps,…), parfois avec une pointe de déception (un côté sombre pas assez présent, l’apport de créatures style zombis…) mais au bout de ces trois tomes, je me retrouve ravie d’avoir lu cette saga. Oui, nous sommes clairement sur un titre s’adressant à la jeunesse ou aux jeunes adultes, mais il y a tout de même des idées intéressantes et de belles promesses si l’autrice corse et muscle un peu sa plume.

La Trilogie du Tearling fut donc une belle lecture qui aura su me tenir en haleine jusqu’au bout avec cette fin un peu douce-amère pour laquelle l’autrice a eu de l’audace. C’est avec une petite pointe de tristesse que je dis ainsi au revoir à Massue, Pen, Père Tyler et autres personnages ayant eu le courage d’entourer Kelsea lors de ses aventures. Je lirai avec plaisir un autre titre de l’autrice dans cette veine ou destiné à un public plus mature.

Ma note : 15 / 20

7 commentaires sur “La Trilogie du Tearling d’Erika Johansen

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