Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

L’habitant de l’infini d’Hiroaki Samura

Titre : L’habitant de l’infini

Auteur : Hiroaki Samura

Éditeur vf : Casterman (Sakka)

Années de parution vf : 2004-2014

Nombre de tomes : 30 (série terminée)

Histoire : Manji est immortel : un ver étrange introduit dans son corps guérit toutes ses blessures. Tuer est son destin de samouraï errant. En réparation des cent innocents qu’il a déjà sacrifiés pour se défendre, il s’engage à massacrer mille scélérats. La jeune Lin, soucieuse de venger sa famille quémande son aide et ensemble, ils partent en guerre contre la terrible école du Ittô-Ryû. 

Mon avis :

Tome 1

L’habitant de l’infini est peut-être le plus célèbre titre sur les samouraïs paru en France, en tout cas, il est certainement l’oeuvre la plus emblématique de son auteur : Hiroaki Samura dans laquelle il a fait ses armes pendant de longues années. Dès le premier tome, nous sommes sur un titre très graphique avec une histoire qui rend parfaitement hommage aux plus beaux films de samouraïs japonais.

Nous suivons la quête de vengeance de la jeune Lin, dont le père, ancien maître de dojo, et la mère, ont été tués par un clan rival. Avec l’aide de Manji, un samouraï errant et maudit, elle va partir à la poursuite des meurtriers de sa famille.

Dès les premières pages, Hiroaki Samura nous offre un monde très typé. Nous sommes en plein Japon médiéval, tout y est pour la reconstitution historique : décors, costumes, crasses, phrases grandiloquentes, personnages charismatiques, … Mais il a aussi la très bonne idée d’introduire une petite touche de fantastique avec le ver qui vit à l’intérieur de Manju et lui permet de survivre aux pires blessures. Nous voilà donc dans un univers complètement déjantés où les combats sont sanglants et sans pitié.

L’histoire démarre rapidement et le rythme ne baisse pas. On découvre rapidement Manju, son passé tragique, son présent en quête de rédemption et sa philosophie de vie. S’ensuit très vite sa rencontre avec la jeune Lin qui va lui rappeler sa soeur qui a tant souffert à cause de lui. Lin est une jeune fille qui veut devenir plus forte et qui se bat avec les armes qu’elle a. J’aime son caractère entier et la relation qui se noue entre eux est assez touchante puisqu’ils deviennent chacun le parent de substitution de l’autre. On les suit donc sur les routes, dans les villes et villages à la recherche des assassins des parents de Lin et les rencontres et combats qui s’en suivent sont très bien orchestrés, donnant l’impression de se trouver dans un joli film de genre.

Graphiquement, c’est une claque, je ne peux pas dire mieux. J’aime beaucoup les dessins très crayonneux du mangaka. Le trait est fin et foisonnant. Il joue énormément sur les gris ce qui donne une belle profondeur aux pages. Les scènes de combat sont sublimes, très poétiques avec souvent une pleine page illustrant le châtiment final subit. On dirait qu’on assiste à une très belle danse funèbre. Il y a également une grande expressivité dans son trait, comme le montre toute la panoplie d’expressions qu’il arrive à coller sur les visages de ses personnages.

Alors il faut aimer les histoires de vengeance et de samouraïs pour aimer ce titre, aimer les titres brutaux mais aussi poétique et philosophiques avec l’un des plus beaux traits qui existe. Je ne sais pas encore si je vais continuer même si j’ai beaucoup aimé parce que la série fait quand même 30 tomes, qu’ils sont en grands formats et qu’ils ne sont pas donnés, surtout que je ne sais pas s’ils sont encore disponibles. Mais si vous avez l’occasion, je vous recommande de jeter un oeil à cette belle série ^^

Tome 2

Quelle claque encore que ce tome ! Il monte en puissance dans le drame après un premier déjà bien chargé et le talent graphique de Samura explose littéralement. Le tome a beau être épais, je n’ai pas vu le temps passer. Le rythme est tranquille et pourtant il n’y a pas de temps mort. On sent que l’auteur prend son temps pour construire son récit, mais il s’autorise aussi des montées en tension brutale qui nous explose au visage et nous transportent. C’est un titre d’une grande force !

Dans ce tome, on continue à suivre le périple de Lin qui souhaite de venger avec l’aide de Manju. Elle n’a toujours pas retrouvé l’assassin de sa famille mais celui-ci n’est pas loin et elle apprend de plus en plus de choses sur lui. Manju est confronté à de nouveaux adversaires assez désespérés qui ont derrière eux des vies toutes sauf simples. La puissance dramatique du scénario monte d’un cran d’abord avec « le moine », puis avec la joueuse de shamisen. Cela donne des combats superbes visuellement, brefs mais intenses avec un vrai art de la chorégraphie encore une fois. Ils apportent en plus une autre dimension à l’histoire que la simple vengeance que l’on suit, surtout la dernière. On commence aussi en parallèle à suivre Anotsu dont le rêve certes fou ne semble pas forcément tant l’être par moment et qui devient un personne qui peut potentiellement nous toucher.

Je sens clairement une grande fresque dramatique se mettre en place dans ce contexte historique et guerrier japonais. Tous les codes sont là, aussi bien dans l’histoire que dans les dessins et Samura y excelle. L’habitant de l’infini est en train de devenir un très beau coup de coeur en ce début d’année 2019.

Tome 3

(Petit préambule, j’ai acheté ce tome d’occasion et j’ai eu la mauvaise surprise au milieu de ma lecture de tomber sur un chapitre en double qui m’a privé d’un bout important a priori de l’histoire…)

Encore un tome qui m’a coupé le souffle ! Ce manga est une vraie pépite. C’est d’une beauté et d’une intensité ! On découvre le passé de la belle et dangereuse Maki et par là même occasion celui d’Anotsu qui continue à se révéler de plus en plus ambigu comme antagoniste. On découvre ce qui les lie et la philosophie de vie du premier que j’ai trouvé assez pertinente je l’avoue. Du coup, je commence à l’apprécier de plus en plus. J’aime la façon dont il remet en question l’ordre des choses au nom d’un idéal bien plus juste que celui de la morale institutionnalisée.

Pour en revenir à Maki, c’est un très beau personnage, un personnage dramatique à souhait et d’une grande sensibilité. L’auteur a vraiment su la rendre marquante. Elle est magnifique et la façon dont elle se bat est d’une rare poésie. On dirait une ballerine sanguinaire. Son duel avec Manji est du grand art. C’est un régal pour les yeux encore une fois. Il n’y a que de très brefs moments où j’ai eu du mal à saisir la vivacité de l’histoire, sinon j’ai été complètement emportée par ce combat mis en scène de façon très cinématographique. On y suit deux personnages qui se battent au sommet de leur rare et dont l’un à ses émotions à fleur de peau. Tout ce que j’aime.

La suite est tout aussi excellente et intéressante (même s’il m’en a manqué un bout avec mon petit souci...). Manji décide d’entraîner Lin pour l’aider à développer sa technique. J’aime bien la relation maître-élève des deux mais aussi les sentiments inopinés qui s’y nouent avec Lin qui voit en lui un père de substitution et en même temps un amant potentiel. C’est drôle et tendre à la fois malgré la rudesse du titre. Mais ça ne pouvait pas rester aussi gentillet et sa rencontre surprise avec Anotsu vient y pallier. Celui-ci est vraiment le digne représentant de la « force tranquille » face à elle. Il en vient à bout très facilement et c’est l’occasion d’une discussion très intéressante entre les deux où il s’ouvre vraiment à elle en répondant à ses questions. Ça ouvre la porte vers une relation très complexe entre eux dont je vais sûrement me régaler dans les prochains tomes.

Hiroaki Samura a vraiment le don comme personne de nous parler de cet univers changeant des samouraïs. Il nous en fait comprendre toute la complexité et les ambiguïtés. C’est fascinant. On se questionne avec lui sur le sens de la vie, de l’honneur, de la famille. Ses personnages ont un charisme fou et ses dessins sont à tomber. J’adore !

Tome 4

Hiroaki Samura joue encore à fond la carte du drame dans ce nouveau tome qui se concentre sur le très beau personnage qu’est Lin. Après sa rencontre avec Anotsu elle est toute retournée. Elle ne sait plus ce qu’elle doit faire de sa vengeance et de sa vie par la même occasion. Mais après une rencontre assez inattendue avec un fils et son père, une nouvelle voie s’ouvre à elle.

J’ai trouvé qu’ici le mangaka jouait à fond la carte des émotions, mais de la plus belle des façons. Rien n’est manichéen chez lui, tout est complexe au point que notre propre point de vue est sans cesse bouleversé. Il est difficile de se dire que tel ou tel camp est celui des « méchants » tant chacun commet des actes irréparables pour des causes qui peuvent en plus sembler justes parfois. C’est terriblement difficile.

De plus, il continue à nous peindre une société japonaise compliquée elle aussi. La place de la femme et la façon dont on la perçoit est omniprésent dans ce tome encore une fois. C’est terrible le déclassement que l’une d’elle peut subir quand on attente à sa famille ou son « honneur ». Ça m’a retourné l’estomac et en même temps, ça m’a fait considérer Lin sous un autre angle. Ce n’est plus la gamine des débuts mais une femme forte avec beaucoup de cran. La société des samourais est rude pour les femmes, mais elle sait y naviguer la tête haute malgré ce qui lui est arrivée et qu’on découvre lors d’un flashback dramatique.

Moins de combats donc dans ce tome, plus d’introspection et de questionnement sur la société de l’époque. Le tout dans le cadre de la rencontre d’un nouveau personnage ambigu mais qui risque de changer bien des choses. Les dessins sont toujours aussi sublimes. Je reste définitivement sous le charme.

Tome 5

L’histoire prend un tournant plus complexe avec ce 5e tome. La politique s’insinue dans l’histoire avec la proposition du gouvernement de légitimer en quelque sorte l’Ittoryu d’Anotsu en échange de leurs services. Et de nouveaux escrimeurs sont aux trousses de ses derniers, nous permettant de suivre de nouveaux combats haut en couleur. J’aime la façon dont le mangaka se renouvelle tout en continuant à suivre Lin et sa vengeance.

Le tome s’ouvre par la fin tragique du fabriquant de masque et de son fils. Cette histoire aura permis de remettre les choses en perspective pour Lin. L’émotion est alors à son comble pour un très beau moment où elle dit au garçon que « Les parents qui n’ont rien à cacher à leurs enfants, ça n’existe pas. Même si les enfants ne comprennent pas tout ce qui se passe, tant qu’ils ne savent rien, ils ne haïssent personne. Je crois que c’est mieux pour eux.« .

Ensuite, nous nous tournons résolument vers l’Ittoryu dont on voit un peu le fonctionnement interne, entre Anotsu que le gouvernement tente de séduire pour ses propositions, et Magatsu qu’on voit s’éloigner parce que ses idéaux sont différents. C’est intéressant de voir les dynamiques qui y opèrent. Ça les rend bien plus humains que l’image de monstres que donnaient leur rencontre avec Lin autrefois. Ainsi, j’ai été touchée par l’histoire de Magatsu et de cette prostituée.

Enfin de nouveaux ennemis se dressent face à eux, qui sont eux aussi de fines lames et qui promettent déjà des combats dantesques. Seront-ils des alliés pour Manji et Lin ? D’où sortent-il ? Que veulent-ils et pourquoi ? Autant de questions dont je suis impatiente d’avoir la réponse dans les prochains tomes. En tout cas, ils me font déjà frissonner tant ceux qu’on découvre sont cruels et barrés.

Tome 6

Ma lecture hebdomadaire de cette série se révèle toujours aussi puissante. J’allais écrire au début qu’on avait un tome assez calme, un tome de transition, mais c’était sans compter les tueries de la seconde partie qui se mettent en branlent quand les nouveaux alliés de Manji cherchent à contrecarrer les mystérieux plans d’Anotsu. C’est de plus en plus riche et complexe, et j’adore. Tout s’entremêle pour tisser une toile inextricable autour de l’Ittoryu et de Lin. Les nouveaux personnages sont terriblement charismatiques tant ils sont extrêmes. Ils ont l’air d’avoir eux aussi vécu des choses atroces et j’espère qu’on aura le temps de découvrir quoi avant qu’ils disparaissent. En tout cas, l’auteur a un talent fou pour les rendre aussi charismatiques en si peu de temps. Chaque guerrier/guerrière que l’on croise est marquant, et participe ainsi au parcours de vie/de vengeance de Lin. Elle apprend à leur contact et j’espère voir un jour la somme de ses apprentissages se réaliser.

Au final, je ne suis pas sûre d’être beaucoup plus avancée concernant Anotsu et ses plans, ni l’école Mugaïryû, mais quel bon moment, plein de sang et de larme, j’ai passé.

Tome 7

Je suis restée un peu sur ma faim avec ce septième tome. J’ai trouvé que l’histoire commençait un peu à patauger, et que pour compenser l’auteur était bien bourrin. C’est dommage.

On reste avec l’envie de vengeance de Lin, qui ne dévie pas d’un fil malgré sa dernière expérience. Chose inédite, elle décide de faire cavalier seul pour retrouver Anotsu et sortir de la ville mais ça se révéler plus compliqué que prévu. J’aime bien à travers cette intrigue en apprendre plus sur les déplacements de l’époque et les relations entre états (?).

Manju se retrouve alors seul, et avec surprise, cède à la panique pour la rejoindre à tout prix. Je ne m’attendais pas à une telle réaction de sa part. Il repart donc pour vivre un vrai chemin de croix vu les ennuis qu’il trouve en route. Cela donne lui a un enchaînement de combats bien violents face à des adversaires assez caricaturaux et falots. Seule consolation, j’aime beaucoup les brefs instants où il fait preuve de stratégie dans ce bois où les combats se poursuivent.

Reste qu’on n’avance pas d’un iota sur le reste de l’intrigue… J’espère que le prochain tome sera plus dense.

Tome 8

Mes souhaits n’ont pas été entendu puisque ce tome reprend presque le même schéma que le précédent. Nous suivons la fin du combat de Manju qui le laisse dans un état rare vu. Il ne doit « la vie » qu’à l’intervention d’Hyakurin et celle-ci est plus faible que je ne le croyais, ce qui m’a déçue. Ce n’était pas le meilleur passage de ce tome.

Non, la suite est bien plus intéressante. On retrouve Lin qui n’est pas encore parvenue à sortir de la ville. Elle a cependant trouvé comment faire et avec ces alliés inattendus, elle nous livre un moment d’une rare tension. En effet, l’interrogatoire qu’elle subit pour pouvoir passer est mené de main de maître et il fallait bien toute la préparation qu’elle a eue pour le réussir. J’ai serré les dents tout du long me demandant quand est-ce qu’elle allait trébucher. Chapeau à Hiroaki Samura pour ce moment. C’est encore une autre danse que celle à laquelle il nous a habitués pendant ses combats, mais c’est tout aussi stressant.

En parlant de combat, dans les dernières pages, on revoit avec plaisir ce cher Anotsu qui est bien sorti de la ville, lui, et poursuit son voyage vers un certain dojo. Sauf qu’une fois arrivée, on n’allait pas l’accepter aussi facilement et même si c’est classique, j’ai aimé suivre le combat qu’il livre face à un vétéran. Simple mais efficace et terriblement mortel !

Avec ce tome, l’histoire une nouvelle fois avance peu, ce que je regrette un peu. C’est toujours un beau moment de lecture avec une vraie intensité et une richesse dans la recherche des mises en scène, maintenant je voudrais que ça bouge un peu plus.

Tome 9

Nouveau tome un peu de transition, qui malgré sa très belle couverture avec Anotsu manque un peu d’action. Je reste sur ma faim. On parle de politique. Les personnages bougent, avancent, mais avant les toutes dernières pages, c’était un peu trop le calme plat.

Il y avait pourtant des promesses avec d’abord Anotsu qui répond au maitre d’un dojo qui veut lui transmettre son école, mais alors on se retrouve plus sur un récit très touchant de l’élève voulant répondre aux attentes de son maitre, révélant un Anotsu de plus en plus polyvalent. Il y a ensuite eu la promesse autour des pérégrinations de Lin, qui forcément allait rencontrer des soucis en route, mais on passe ça beaucoup trop vite, le temps d’un chapitre où le lecteur peut bien se rincer l’oeil en prime… Enfin vient Manju qui se rétablit grâce à Hyakurin. Il retrouve d’anciennes connaissances avec qui ça pourrait être explosif, mais ce n’est pas le cas et au contraire ils montrent qu’avoir un ennemis commun peut rapprocher. Non, l’action vient un peu de là où je ne l’attendais pas dans les dernières pages et je vous laisserais le découvrir. En tout cas, c’est brutal et soudain, et ce déchainement de violence ne sera pas sans conséquences je le crains.

Ce tome est donc plus bavard que combattif. On en apprend plus sur le groupe d’Hyakurin. Manju se montre sensible au devenir de Lin encore une fois. Et Anotsu continue à évoluer. C’est prometteur maintenant je veux que ça porte ses fruits ^^

Tome 10

Ce tome, c’est encore du drame à l’état pur ! Consacré en grande partie à Hyakurin, il est terrible à lire. La torture qu’elle subit et que l’auteur heureusement nous livre avec une certaines finesse, éclipsant une partie de ce qui lui arrive, soulève quand même le coeur. Elle est torturée dans les règles de l’art pour tenter de lui extirper des informations sur les Mugai, mais elle ne cède rien et quelle force il lui faut pour cela, c’est beau à voir ! Toutefois, je suis comme ses bourreaux, je m’interroge aussi sur les Mugai et la façon dont elle réagit à un certain nom m’intrigue. En attendant, c’était très difficile à lire. Je me suis sentie très mal à l’aise, à deux doigts d’étouffer même, et pour ça il faut tout le talent d’Hiroaki Samura. Ce dernier conclut d’ailleurs à merveille cet arc par un sauvetage dantesque qui laissera des marques. Et la découverte ensuite d’un pan du passé de Hyakurin parachève ce moment si riche en émotion. Du grand art ! Quel personnage !

La suite est plus classique, on y retrouve Manji avec Magatsu sur les chemins à la recherche de celui qui a tué celle qu’il aimait. Le duo fonctionne assez bien, j’aime leur dynamique, ils ne se connaissent pas mais se chambrent déjà. Après cette atmosphère relâchée est agréable après la première moitié bien dure qu’il y a eu mais elle ne pouvait pas trop durer non plus et très vite, l’histoire redevient sérieuse quand ils se font attaquer par surprise. On ne voit que le tout début de cette attaque ici, du coup ça annonce un début de tome 11 survolté.

On n’aura pas vu Anotsu dans ce tome mais sa présence ne m’aura pas manqué, le tome étant suffisamment riche en soi. J’ai beaucoup aimé qu’on mette en lumière un personnage comme Hyakurin, pleine de fêlures, de cassures et d’aspérités mais tellement forte. C’est un beau personnage masculin qui ne se laisse pas abattre par les horreurs qu’on fait subir aux membres de son sexe.

Tome 11

Quel tome encore ! Dire qu’on n’en est qu’au tiers de la série ! Je reste époustouflée par les qualités de scénariste et de dessinateur d’Hiroaki Samura. Il me passionne pour ce cadre historique si rude et plein de drame. Il me bluffe avec ses compositions lors des combats qui ressemblent à des tableaux. Et je suis sous le charme de la finesse des émotions qu’il arrive à retranscrire au détour d’une page.

Ce 11e tome s’ouvre sur le combat tant attendu entre Magatsu et Shira qui aura été, pour ma part, plein de surprises jusqu’au bout. Magatsu est un personnage très intéressant aussi bien humainement qu’en tant que combattant. Le mangaka joue à merveille sur l’environnement de leur affrontement, faisant monter la tension et nous tournant parfois un peu en ridicule sur l’issue qu’on pouvait prévoir. J’ai trouvé ce nouveau duel très marquant et ça m’a fait plaisir de voir quelqu’un d’autre que Manji mis en avant.

Une fois ce passage obligé fini, on revient à une histoire plus subtile et complexe, pour le dernier tiers du tome, avec Anotsu au coeur de celle-ci. Son alliance avec le Clan de maître Ibane révèle mais cache aussi bien des choses. Cet équilibre subtile entre les deux crée une aura de mystère et de drame futur qui m’a alléchée tout du long. Mais il y a aussi petit à petit une dimension humaine, sensible, qui vient s’y greffer qui a su me toucher. Anotsu se montre toujours plus que ce meurtrier de sang froid que je croyais découvrir au début. Il est émouvant à sa façon et la nouvelle trahison qu’il subit aura bien des conséquences.

Le seul petit point faible de ce tome vient de Lin. Je l’ai trouvée assez illogique dans ses actes/paroles et j’ai trouvé ça fort léger de la part de l’auteur si c’est censé être une ruse… A voir par la suite.

Tome 12

Hiroaki Samura continue à me surprendre par la tournure qu’il donne à son histoire, bien loin de la simple histoire de vengeance, celle-ci devient une histoire d’individus et de relations complexes qui me tiennent en haleine de tome en tome.

Dans celui-ci, nous suivons un duo inattendu, celui formé par Lin et Anotsu. Qui aurait parié dessus ? Bizarrement, ça fonctionne très bien. Celle-ci geint moins que d’habitude et celui-ci continue à révéler toute sa complexité. Après avoir été trahi, Anotsu sait qu’il doit retrouver les siens mais le voyage de retard s’annonce tout sauf facile. Ce n’est pas une histoire passionnante sur le papier et pourtant le mangaka parvient avec une grande facilité à le rendre extrêmement addictif, parce qu’il creuse ses personnages et leurs relations et parce qu’il sait très bien associer voyage, drame et beaux combats. Le retour d’un personnage clé dans la vie d’Anotsu (comme l’annonce la couverture) n’y est pas pour rien non plus. J’attendais cette rencontre et elle fut clairement à la hauteur de mes attentes, tant elle fut belle. En plus, l’auteur sait parfaitement conclure ses tomes pour nous donner envie de nous jeter sur la suite, la preuve avec l’arrivée inattendue de Manji afin de sauver la mise à nos deux compères. Ça annonce un prochain tome bien violent et dramatique à souhait ^-^

Tome 13

Ce nouveau se boit comme du petit lait. Hiroaki Samura y repart avec ce qu’il sait faire de mieux : des combats violents en veux-tu en voilà. Malheureusement ceux-ci prennent un peu le pas sur l’émotion et la complexité de l’histoire. Pour autant, ça reste des passages d’une rare beauté dans la mise en scène de la violence. Je suis archi fan du combat de Makie. Celle-ci est clairement, actuellement, le personnage le plus fort et charismatique de l’histoire avec son côté très dramatique.

Une fois achevé ce long combat pour sauver Anotsu de la vengeance des membres du dojo auquel il vient de mettre un terme, on se rend compte que c’était assez triste finalement. Surtout que cela se couple avec une nouvelle bien tragique pour le Ittoryu qui vient de subir un lourd revers. Je n’avais honnêtement pas vu arriver celui-ci. J’avais l’impression qu’on était en pleine ascension du groupe, alors je comprends d’autant mieux la surprise d’Anotsu et son envie d’en découdre. Ça annonce une suite tonitruante.

Dans le genre, la dernière partie où Manji reçoit une certaine offre, promet aussi. Je regrette juste qu’au milieu de tout ça, on ait un peu oublié Lin, même si elle a droit à quelques très belles pages. De même, j’ai été contente de voir brièvement Hyakurin dont le tragique destin n’en finit pas de m’émouvoir. Hiroaki Samura est vraiment doué pour écrire de beaux personnages féminin, c’est rare pour un auteur de seinen.

Tome 14

On bascule définitivement dans quelque chose de nouveau ici et en même temps ça nous est terriblement familier. Les combats sont encore nombreux mais ils revêtent une toute autre dimension quand on sait dans quel bourbier sont les camps impliqués. Ainsi, j’ai trouvé ceux-ci très intenses. Ils poussent vraiment leurs protagonistes dans leurs retranchements.

Le tome s’ouvre avec Manji qui part à la rescousse de Lin, kidnappée par des membres du Ittoryu qui souhaitent le recruter (?) mais celui-ci a déjà reçu une offre du gouvernement (?). Décidément, il est très demandé. Les combats qui s’ensuivent sont classiques pour la série mais on aussi un côté désespéré qui me plaît. Il manque juste un peu de charisme à leurs adversaires. Par contre, ça m’a fait plaisir de voir Lin s’en sortir seule et venir à son tour au secours de Manji.

La suite, elle, revient sur l’aspect plus politique de la série avec la rivalité qui est en train de prendre forme entre le gouvernement et l’Ittoryu. Chacun avance ses pions. On découvre de nouveaux personnages qui font froid dans le dos et Manji est au centre de toutes les attentions, pendant qu’Anotsu met les voiles pour un temps. C’est donc un moment de transition, plus calme, mais non moins tendu qui annonce une suite trépidante et pleine de dangers, pour nos héros, je parie.

Tome 15

La transition est encore en cours dans ce tome qui prend un tournant des plus inquiétant pour Manji, tandis que Lin se fait en quelque sorte de nouveaux amis assez inattendus. L’ensemble n’est pas désagréable mais m’a moins emportée, ça manque d’Anotsu et d’Ittoryu pour moi. Par contre, c’est très sympa de retrouver en début de tomes de nombreuses pages présentant l’ensemble des personnages rencontrés, ça devenait nécessaire.

Pour en revenir à l’histoire, je ne suis pas surprise que quelqu’un qui a entendu parler de Manji essaie de tirer profit de ses « talents ». J’ai même trouvé que ça arrivait un peu tard. J’ai aimé qu’on fasse appel pour cela à la « médecine hollandaise », ça m’a rappelé Le pavillon des hommes qui parle aussi de l’évolution de la médecine au Japon. Les expériences menées sont violentes et terrifiantes à souhait.

Du côté de Lin, c’est beaucoup plus calme, trop calme. Elle sent bien qu’il y a un souci avec Manji mais est impuissante et doit attendre. Je ne l’aime pas trop dans ce rôle. La relation qu’elle construit avec Doâ et Isaku est encore un peu artificielle à mon goût et mérite d’être creusée, mais je crains que sa dernière révélation ne vienne compliquer les choses…

Tome 16

Avec ce 16e tome, Hiroaki Samura m’a pas mal déstabilisée. Il se concentre vraiment sur l’étude de l’immortalité de Manji et délaisse un peu le reste, qui ne revient qu’en toute fin. Ça donne une ambiance particulière et différente qui rompt avec la montée de la violence brutale des tomes passés. La violence ici revêt une toute autre forme.

En effet, le mangaka a amorcé un virage dans son histoire depuis le dernier tome. Il s’intéresse enfin à la portée des pouvoirs du héros et à ce qu’on pourrait en faire. Pour cela, on suit longuement les expériences faites par un médecin japonais qui a étudié en occident. C’est dérangeant et en même temps ça suit bien tout le processus scientifique pour de telles études, ce qui m’a pas mal perturbée. J’ai trouvé le personnage du médecin intéressant, comme je l’avais dit, il me rappelle ce que j’avais pu lire sur le sujet dans un arc du Pavillon des hommes. Son métier est tout pour lui et ces expériences font finir par le rattraper. Mais ce qui m’a le plus étonnée, c’est le calme avec lequel Manji prend tout cela. Pour le moment, pas un plan d’évasion ne semble se fomenter. Il semble totalement résigné. Il faut dire qu’il a un adversaire à sa mesure avec Habaki. En tout cas, le mangaka dresse un portrait du shogunat qui fait froid dans le dos.

Du coup, j’ai été ravie de retrouver Lin et Hyakurin toujours à la recherche de Manji à la fin. Leur duo fonctionne bien. Hyakurin semble avancer même si elle n’est pas totalement remise de sa mésaventure et ça se comprend. J’ai été ravie qu’elle retrouver Giichi. Ils formeraient un joli couple >< mais j’espère surtout qu’il va les épauler dans leur recherche. Pour Lin, ça se complique parce que Dôa a le chic pour trouver les embrouilles. Je sens que ça va être l’occasion d’un tome 17 qui débutera sur les chapeaux de roue. Bonus : on a aperçu un peu mon chouchou Anotsu qu’il me tarde de retrouver avec ses plans contre les institutions !

Tome 17

Hiroaki Samura poursuit son arc sur l’immortalité de Manji dans ce 17e tome et lui fait croiser le chemin du trio Lin-Dôa et Isaku. C’est bien amené mais ce n’est définitivement pas l’arc qui me passionne le plus depuis le début de la série. Je dois même dire que je commence sérieusement à me lasser et qu’il faudrait vite que ça bouge/change.

Pourtant, le tome s’ouvre sur une scène haletante, le mangaka étant clairement un génie dans la mise en scène des combats. C’est au tour de Dôa et Isaku de montrer ce dont ils sont capables et leur duo est redoutable. On découvre par la suite d’où ils viennent et j’ai aimé la petite touche d’exotisme que ça apporte entre la religion d’Isaku et l’origine ethnique de Dôa.

Puis, l’auteur nous embarque dans la quête d’un nouveau duo : Dôa et Lin, qui sont aussi différentes qu’on peut l’être et qui pourtant se ressemblent tellement dans leur relation avec leur « protecteur ». Leur but commun va donc les amener à travailler ensemble et c’est le ressort scénaristique dont Samura avait besoin pour faire se rejoindre les deux arcs narratifs en cours. J’aime bien suivre l’enquête des deux filles. C’est amusant de voir Lin espionner Habaki et la façon dont elles découvrent ce qui semble se tramer est glauque à souhait, mais ça fait monter la tension. En parallèle, on voit que les expériences se poursuivent mais ne sont pas bien efficace depuis le changement de médecin, c’est donc notre Burando, qui a perdu la tête entre temps, qui revient. Et là, tout s’achemine pour que Isaku soit le prochain cobaye…

Honnêtement, c’est bien écrit, c’est même assez prenant à lire mais je trouve qu’on piétine un peu du côté de Manji, même si dans ce tome l’auteur ajoute une dimension politique pour montrer que la position d’Habaki est bien fragile, mais ce n’est pas ce qui m’a intéressée dans la série à ses débuts et j’aimerais qu’on revienne plutôt à quelque chose s’approchant des arcs précédents.

Tome 18

Enfin on se bouge dans ce tome. Les deux arcs principaux de ces derniers temps s’étant rejoint, il était temps de passer à l’action, mais que l’auteur est cruel avec nous. Il fait monter la tension tout du long pour terminer sur une révélation choc qui nous retourne complètement et nous laisse bien en vrac.

J’ai vraiment bien aimé la construction pourtant classique de ce tome. On découvre au fil de son avancement, notamment à l’aide de flashback bien utilisés, le plan mis en place par Lin. Celle-ci se révèle enfin ici, en montrant tout ce dont elle est capable pour Manji. Elle est prête à tout et en même temps conserve certaines valeurs qui comptent pour elle, c’est un joli mélange qui me la rend plus sympathique. Le duo qu’elle forme avec Dôa est bien trouvé : la tête et les bras lol

J’ai apprécié de voir le mangaka mettre en avant les femmes dans ce tome, que ce soit avec elles, avec Hyakurin qui leur prête main forte, ou avec les mères-filles-épouses qui se soulèvent et les aident sans le savoir. Seul petit bémol, j’ai pas mal grincé des dents tout le long du discours de Giichi à Hyakurin. La vie de celle-ci n’est qu’une suite d’horreur, il n’avait pas besoin d’y aller avec son petit discours moralisateur. A l’inverse, j’ai trouvé la proposition que lui fait Lin pour les aider bien plus subtile, parce que ça permet à celle-ci d’être à nouveau active, ce qui lui fera le plus grand bien.

En attendant, la mission de sauvetage des filles est faite de beaucoup d’improvisation mais aussi d’une bonne dose de préparations bien vues de leurs parts. C’était prenant et parfois surprenant. Elles sont terribles ensemble. Lin est vraiment forte. J’ai aimé le fait que l’action change régulièrement d’endroit tout en étant concentré sur un seul vaste lieu au final, ça dynamisait bien l’ensemble. Enfin, le final est dramatique à souhait avec les différentes découvertes qu’elles font sur ce qu’il s’est passé là-dessous. J’ai hâte de voir la suite de leur mission.

Tome 19

Je m’approche du dernier tiers de la série, tout comme on s’approche de la fin de cet arc, du moins je l’espère. Je l’ai déjà dit, ce n’est pas mon préféré, mais malgré tout ce nouveau tome se révèle passionnant à lire. J’ai adoré suivre le parcours de Lin avec toute la pugnacité dont elle fait preuve pour libérer Manji. Cette fois, elle est seule mais non moins efficace. Le fait d’être en grande partie face à des hommes de force « normale », fait qu’elle parait très forte et ça donne une belle mise en scène de combats sensés nous montrer toute sa puissance, ce qui est réussi. C’est donc un tome très porté sur l’action.

Puis quand, Lin rejoint Manji, l’émotion s’y joint avec de belles retrouvailles qui ne tombent pas dans le mélo, ce que j’ai pu apprécier. Ça m’a fait tellement plaisir de retrouver ce duo et de revoir un Manji plus combattif, parce que ça me lassait de le voir se laisser faire. Là, on retrouve l’homme fort et plein d’ingéniosité qu’on connait pour ici aussi des combats parfaitement mis en scène. J’aime.

En parallèle, l’auteur n’oublie de continuer à développer ses personnages. Il ouvre ainsi le tome avec un chapitre sur la rencontre entre Doa et Isaku, préparant ainsi le terrain pour la suite. J’ai hâte, j’ai hâte !

Tome 20

Quel tome fou encore une fois. C’est incroyable comme Hiroaki Samura soit accélérer brusquement son rythme pour nous pondre des chapitres hyper tendus qui pourtant se passent dans un espace et une temporalité très restreintes. J’adore quand il fait ça, surtout qu’en général c’est synonyme de combats orchestrés de mains de maitre et c’est effectivement le cas ici.

Lin ayant rejoint Manji, c’est l’heure de l’évasion. Bien sûr, ce n’est pas aussi simple que prévu et entre son affrontement avec le bourreau du shogun (?) et les éléments qui s’en mêlent ainsi qu’un des résultats des drôles d’expériences qui viennent de se produire, notre duo ne mollit pas. J’aime beaucoup l’équilibre qu’ils trouvent ensemble. Lin est bien moins passive qu’avant, ils forment un vrai binôme. En plus, le fait qu’ils soient rejoints par Doa et Isaku est un vrai plus, j’aime beaucoup ces deux-là. L’ensemble crée un ensemble de chapitre plein de rebondissement au milieu des combats pour pouvoir sortir de là. C’est très bien fichu. Le final est aussi à la hauteur, entre émotions des retrouvailles, implacabilité, rédemption et retour tranquille d’Anotsu et ses hommes. L’association Lin – Doa/Isaku va à coup sûr compliquer encore les choses, j’ai hâte de voir ça !

Tome 21

Ça y est, on entre enfin dans un nouvel arc, celui que j’attendais un peu en rongeant mon frein durant l’histoire des expériences sur Manji. Ce tome est donc un tome de transition. Il fait le lien entre les derniers événements et les différents groupes, ainsi que la suite à y apporter. C’est donc assez calme, avec peu d’action et beaucoup de parlotte. C’est moins haletant à lire que les tomes précédents mais ce n’est pas mauvais pour autant loin de là. Hiroaki Samura nous présente les protagonistes concernés, anciens + nouveaux que je trouve assez eu charismatique pour le moment en dehors de la fille d’Habaki (et encore…). Du coup, je reste un peu sur ma faim. Oui, on nous parle des conséquences des erreurs de ce haut seigneur. Oui, on découvre qu’il veut accomplir sa vengeance comme dernier cri du cygne. Oui, on sait que ça va être tendu puisqu’il a peu de temps pour cela. Mais au final, dans ce tome l’auteur place juste ces pions et tout ce qui est prometteur ce sera pour la suite… J’attends donc avec impatience de lire les prochains tomes.

Tome 22

Même dans les tomes de transitions, qu’est-ce qu’Hiroaki Samura est bon pour redistribuer les cartes et replacer l’ensemble de ses pions. C’est bluffant à lire et à suivre. On se rend compte comme il avait bien pensé son histoire et posé des jalons depuis un bout de temps pour que ce rejoigne enfin dans l’arc final tous les fils d’intrigues lancés.

Dans ce tome, il se dégage une tension et un désespoir de tous les instants sous les dehors un peu facile et jovial des personnages. Du coup, les échanges et les décisions prises ont un impact d’autant plus fort, à commencer par la petite discussion tranquille au bord du fleuve de Lin et Anotsu à l’ouverture du tome. J’ai été scotchée de les voir parler ainsi aussi tranquillement. Ils ont bien changé l’un et l’autre et je persiste à trouver leur duo très réussi. Mais ce n’est qu’une pause avant de passer aux choses sérieuses.

Les choses sérieuses, c’est l’affrontement qui continue à se mettre en place entre l’Ittoryu et Habaki. D’ailleurs j’aimerais bien connaitre le fond de cette histoire et les raisons pour lesquelles ce cher Habaki s’acharne autant. En tout cas, dans ce tome, le mangaka continue à mettre en place les protagonistes des deux camps, les poussant chacun petit à petit dans leurs derniers retranchements, surtout du côté d’Habaki dont la détresse m’a touchée. Tout se met en place pour un affrontement tonitruant qui tarde un peu à éclater. Lin et Manji, eux, sont un peu les spectateurs bien malgré eux de cela, mais on peut être sûr qu’ils vont en devenir les acteurs, tout comme d’autres personnages que l’on a croisé au fil des tomes.

J’ai donc encore passé un excellent moment, grâce aux drames vécus par Habaki, à l’humanité de ne plus en plus prégnante d’Anotsu, aux affrontements larvés entre les deux camps, aux déplacements de chacun et au retour promis de certains personnages que j’ai beaucoup aimé avant (hein Hyakurin et Giichi 😉 )

Tome 23

On passe à la vitesse supérieure. Il était temps. Après avoir trépigné un certain temps, nos personnages passent à l’action le temps d’un tome sanglant et trépidant. J’ai vraiment retenu mon souffle pendant les 3/4 de celui-ci et c’était jouissif.

Le début annonçait plutôt un tome sous le signe de retrouvailles un peu amères, entre le médecin qui a charcuté Manji et le chien fou du Mugaïryu. Si le premier est dans une quête de rédemption et semble avoir appris de ses erreurs. Le second se dirige, lui, vers un inéluctable affrontement avec Manji. Son comportement est abject et le peu de pages où on le voit a suffi à me retourner l’estomac.

La suite n’est pas forcément plus rose, mais elle a le mérite de mettre en avant les personnages les plus charismatiques de l’histoire : Anotsu et ses sergents. Leur attaque quasi suicide du Château d’Edo est un moment dantesque. Ça coupe, ça perce, ça arrache de partout. Ils sont bluffant à suivre et pour autant l’auteur leur insuffle cette dose d’humanité qui rend leur combat presque réaliste à nos yeux. Ce sont juste des hommes extrêmement doués dans leur art, complémentaires et qui ont bien réfléchi à leur modus operandi. La finalité peut sembler un peu ridicule, mais non elle est empreinte de cette fierté des guerriers d’alors. J’ai trouvé cela très beau même si c’était vain. De plus, j’ai adoré voir rapidement que le chemin inverse n’était pas non plus une sinécure et qu’il y aurait des conséquences à tout ça.

Cela donne un tome plus riche et plus beau qu’on ne pourrait le croire si on ne regarde que les combats comme une manifestation de violence. Décidément j’aime beaucoup le travail de Samura.

Tome 24

Alors qu’on se dit qu’au bout de 24 tomes, l’auteur a un peu fait le tour des instants de bravoure les plus classes possibles, il parvient toujours à nous surprendre. Ce tome est encore une fois très intense et ce dès le démarrage. Le rythme ne mollit pas ensuite et on part dans un nouvel affrontement que devait bien avoir lieu un jour et qui laissera des traces.

Le tome s’ouvre donc sur un baroud d’honneur typique de nos chers guerriers japonais avec le très charismatique Baro de l’Ittôryû. J’ai rarement vu une moment aussi bien dessiné et mis en scène, on se serait cru en plein film d’action, caméra à l’épaule dans une scène de bataille. Dantesque et dramatique à la fois. Sublime !

Puis, on embraye sur un moment plus calme et léger où Manji et Liz disent au revoir à leurs amies, sauf qu’on sent bien que c’est le calme avant la tempête. Et ça ne loupe pas. Leurs retrouvailles avec l’horrible Shira m’ont faites bien trembler. Ce type est un vrai psychopathe et son obsession envers Manji ne fait qu’aggraver cela. Mais pour nous lecteurs, c’est chouette parce que c’est l’occasion d’un combat où tout sera permis. Il est sournois et a une manière bien a lui de se battre, qui nous fait aller de surprise en surprise. J’adore. Ajoutez à ça qu’il croise comme par hasard Anotsu et Magatsu, et sur Meguro et Tampopo reviennent en arrière pour aider leurs amis, ça annonce du très lourd pour la suite.

Tome 25

La couverture annonçait un tome où la camaraderie serait à l’honneur, on n’y a pas coupé. Le temps d’un combat dantesque contre Shira, l’auteur se fait encore plaisir et renouvelle encore et toujours son répertoire d’attaques en tout genre. Je me répète mais franchement c’est bluffant. On suit ce nouveau combat en retenant son souffle sans même s’en rendre compte. On y voit l’implication de bien des gens croisés en route par Lin et Manji, ce qui montre combien les liens tissés comptent. Shira est effrayant, c’était vraiment le personnage parfait comme némésis de Manji. L’auteur s’en donne à coeur joie pour soulever le nôtre et lui faire manquer des battements tout au long de ce combat. On est surpris de l’arrivée de certains, de la façon de se battre d’autres, les corps saignent, sont découpés, déchirés, déchiquetés. Il faut avoir le coeur bien accroché mais c’était nécessaire pour mettre un terme à cet arc. Reste, le jeune Renzô, la principale victime ici. Quels enseignements tirera-t-il de tout ça ? Magatsu lui propose une voie plutôt équilibrée et juste, l’empruntera-t-il ?

Pour ma part, j’ai vraiment trouvé ce tome saisissant une fois de plus, à la fois grâce à la mise en scène de cet ultime combat, mais aussi de part la camaraderie dont ils font tous preuve malgré ce qui les oppose. C’était très fort.

Tome 26

Alors que je m’attendais dans ce dernier arc à avoir des tomes plus pressants les uns que les autres avec une tension insoutenable de bout en bout, je me retrouve à nouveau avec un tome un peu en-deça à mon goût.

Hiroaki Samura a fait le choix culotté de mettre en avant les seconds couteaux dans ce tome, faisant encore monter notre frustration d’un cran vis-à-vis du duel annoncé entre Habaki et Anotsu. Alors oui, ce sont des hommes et des femmes marquants, qui vivent par et pour leurs idéaux. Ils font preuve d’un courage superbe, vraiment héroïque ! Mais ça manque de combats marquants ici. Le duel plein de ruse entre la fille d’Habaki et le Doc du Ittôryû ne suffit pas à me combler, ni le très beau sacrifice des jeunes recrues. J’ai besoin de plus.

Qui plus est, on ne voit quasiment pas les personnages principaux dans ce tome, c’est à peine si croise Anotsu (il me manque) et Lin et Manji font plus un caméo qu’autre chose. Quelle frustration ! Je vais être obligée d’enchaîner avec le suivant ^-^

Tome 27

Hiroaki Samura continue à nous faire mariner mais cette fois avec tellement de maestria que c’en était jouissif. Pas de changement par rapport au tome précédent, on continue à suivre les seconds couteaux, mais des seconds couteaux beaucoup plus charismatiques cette fois et ça change tout ! C’est l’heure du duel entre l’Ittôryû et les hommes d’Habaki, mais ce sont les 6 démons et les membres du Mugaïryû qui montent au front. On suit ainsi un combat dantesque, une fois de plus, entre Giichi et Abayama, le doyen de l’Ittôryû, c’est magique à voir et encore une fois innovant puisque leur façon de se battre diffère de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. En plus, ce sont deux héros terriblement charismatiques qui vont jusqu’au bout de leurs convictions, ce qui donne une dimension héroïque à leur combat. J’ai adoré. C’est l’occasion de revoir également Hiyakurin en action. Comme j’aime cette femme si courageuse ! L’ensemble est vraiment ultra dynamique et on ne voit pas le temps passer. Même quand on change de lieu et qu’on se redirige vers les petits jeunes de l’Ittôryû qui font pâle figure face aux 6 démons, on reste scotché parce que ces derniers sont terribles.

A 4 tomes de la fin, la série reste magique à lire, pleine de combats acharnés et motivés avec des hommes très attachés à leurs convictions, ce qui leur donne une dimension à part. Je ne regrette vraiment pas d’avoir donné une seconde chance à cette série.

Tome 28

Ça y est les choses sérieuses commencent enfin dans cet antépénultième tome de la saga d’Hiroaki Samura. On monte clairement d’un cran. La tension est palpable. Ça transpire et ça saigne de partout.

Habaki s’étant débarrassé des membres de l’Ittôryû croisés en route, se dirige droit vers Anotsu. J’ai vraiment du mal avec homme si injustement cruel avec tout le monde. Ainsi, à peine arrivé au port, il passe tout le monde au fil de son sabre et de celui de ses hommes. A-t-on vu plus injuste ? Heureusement, telle une vengeresse, Makie fait son apparition et quelle claque ! C’est vraiment l’un des personnages les plus badass de la série, si ce n’est LE plus badass. Elle est incroyable d’arriver encore à se battre ainsi alors qu’elle est malade. Il se dégage une vraie virtuosité tranquille de ses attaques, c’est assez bluffant à voir et tellement bien mis en image par le mangaka. De plus, elle est bientôt rejointe, à des moments clés, par les deux autres personnages les plus forts de la série : Manji et Anotsu. Avec tout ce petit monde réuni, ça annonce un final détonnant qu’il me tarde de voir.

On a donc enfin droit à un tome annonciateur d’une fin où toute la tension accumulée va pouvoir culminer surtout maintenant que les plus belles lames de la série sont réunies. J’ai hâte, j’ai hâte !

Tome 29

Comme on pouvait s’y attendre, la lecture de ce tome se fait sous apnée tant on retient notre respiration pendant les combats hors normes qui ont lieu. Le mangaka alterne d’une scène à l’autre sans temps mort, prenant le temps de s’attarder quand il faut sur l’un, puis passant à un autre au bon moment pour maintenant le suspense avant de revenir pile quand il faut pour faire monter la tension. Il a vraiment un sens du découpage et du rythme incroyable pour maintenir notre attention durant cette longue phase d’action.

Les trois duels sont très prenants à suivre, que ce soit Manji face à la montagne des 6 démons, où Lin jouera un rôle crucial que je suis ravie de lui voir tenir ; ou Anotsu et Habaki qui se livre à un combat acharné, eux qui sont un peu à l’origine de tout ; et même la merveilleuse Makie face à 3 des 6 démons qui sent sort avec une intelligence du combat rare. Le cliffhanger sur lequel se clôt le tome ne peut que donner envie de se jeter sur le dernier tome dont on sait d’avance qu’on ne ressortira pas indemne.

Tome 30

Ça me fait vraiment bizarre de mettre un terme à cette série que j’aurais bien vu continuer encore longtemps. Cependant, l’auteur a décidé de mettre un terme au rêve d’Anotsu et de ses amis de l’Ittôryû ainsi qu’aux errances de Lin et Manji. Ce dernier tome est donc là pour clore leur chapitre. Je savais que cette clôture ne serait pas simple, qu’elle serait sanglante et douloureuse. Elle le fut et au-delà.

Le tome est long, dans les 300 pages et il est vraiment dense à lire parce que le mangaka n’oublie personne. Il nous permet de dire au-revoir à chaque figure importante qu’on a croisée. Des au-revoir qui seront de toutes sortes, certains tragique me faisant verser ma petite larme, d’autres jouissifs car attendus depuis longtemps, ou encore un peu tristes car signifiant la fin d’une époque. Les derniers combats qui ont lieu sont de vrais petits chefs d’oeuvre aussi bien côté émotion que mise en scène. Ils m’ont tous fait vibrer et il y a eu des surprises jusqu’au bout de tous les côtés. J’ai personnellement été vraiment satisfaite de ce qu’offrait ce tome parce que je ne voyais pas comment ça pouvait finir autrement. Les pertes qu’il y a eu furent logiques et correspondirent bien aux personnalités et destins de chacun. Alors certes, j’aurais aimé que certains morts survivent mais ce n’était pas possible et Hiroaki Samura a su mettre en scène ce drame de superbe façon, collant parfaitement à l’image « romantique » et « romanesque » qu’on se fait des samouraïs ou des guerriers en général. C’est en cela une très belle fin.

C’est donc avec satisfaction mais avec aussi une pointe de tristesse que je dis au-revoir à cette longue saga. J’aurais aimé continuer l’aventure aux côtés de Manji, Lin et de tous ceux qu’ils avaient croisés. J’ai lu qu’une suite était en cours de parution depuis le mois dernier au Japon, mais le mangaka ne fait que superviser le projet alors je ne pense pas que ce sera à la hauteur de la saga d’origine ^^

Ma note : 16,5 / 20

7 commentaires sur “L’habitant de l’infini d’Hiroaki Samura

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