Livres - Fantasy / Fantastique

La main de l’Empereur d’Olivier Gay

Titre : La main de l’Empereur

Auteur : Olivier Gay

Éditeur : Bragelonne (Poche)

Année de parution : 2018 (édition poche)

Nombre de tomes : 2 (série terminée)

Histoire : Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion. Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables. Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre. Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera ? DANS LA MAIN D’UN EMPEREUR, LES MORTELS NE SONT QUE DES PIONS.

Suite dans Les épées de glace (Chroniques)

Mon avis :

Tome 1

L’an passé, je découvrais Les épées de glace d’Olivier Gay, série qui me l’a fait connaitre en Fantasy et pour laquelle j’avais eu un petit coup de coeur. Quand j’ai vu qu’il avait sorti une autre duologie dans le même univers, relatant le passé de son héros, forcément j’ai eu envie de le lire.

On retrouve dans ce premier tome la plume légère et entraînante de l’écrivain. Les pages se tournent vite et l’histoire avance également en même temps. Cependant, je regrette presque dans cette préquelle qu’il aille si vite. En effet, j’ai vraiment eu la sensation d’une oeuvre trop rapide et pas assez creusée, restant trop en surface de tout ce que l’auteur voulait raconter.

On y retrouve le personnage de Rekk, notre cher Boucher qu’on avait découvert et aimé suivre dans Les épées de glace et c’est toute son enfance, puis sa jeunesse et ses premières années d’adulte qui feront sa renommée qui nous sont contées. Mais comme c’est fait en l’espace d’à peine 476 pages ici, tout va trop vite. Oui, je suis contente de savoir d’où il vient, mais on ne voit que très peu l’enfance qu’il a pu vivre. J’aurais aimé le voir vivre auprès de cette prostituée – mère maquerelle, mais on ne voit presque rien. J’aurais aimé suivre son entraînement de futur gladiateur ensuite, mais c’est à nouveau passé à l’as. Quant à ses combats, on n’en voit presque aucun et il est donc impossible de ressentir la fougue qu’on aurait aimé trouver. C’est très décevant. Je m’attendais vraiment à sentir une lente montée en puissance mais ce ne fut pas du tout le cas. De la même façon, sa carrière de « Boucher » n’est vraiment qu’esquissée, les combats et démêlés qu’il peut rencontrer sont juste nommés mais jamais vraiment creusés et ça s’en ressent. Tout est vraiment laissé en surface et je le regrette vraiment.

Il y avait pourtant un potentiel certain ici. Tout d’abord dans la conception et les origines de Rekk qui sont celle d’un beau drame classique. Puis dans la manipulation dont il est l’objet de la part l’Empereur afin de se servir de cet ancien gladiateur renommé pour avoir un bras armé implacable. Il y avait vraiment un potentiel dramatique important qui n’est malheureusement pas exploité ici. De la même façon, je trouve très intéressant cette revisite de l’époque romaine avec un Empereur en guerre contre une « peuple barbare ». J’ai aimé découvrir les affrontements entre les deux camps, les procédés de propagande de l’un, les motivations de vengeance de l’autre, mais encore une fois tout va trop vite et je reste frustrée. De la même façon, j’étais impatiente de découvrir les figures emblématiques de l’entourage de Rekk dont on parlait dans son autre série. Si Dareen a su tirer son épingle du jeu ici, présentée comme une véritable amie pour celui-ci malgré ses sentiments, les autres font pâle figure. Je n’ai pas du tout été convaincue par Bishia, à aucun moment. Je la trouve totalement transparente. Le jeune Rekk est aussi bien trop naïf et manipulable de tous côté. Quant à l’Empereur, il lui reste encore à faire ses preuves de grand manipulateur froid.

Vous l’aurez compris, même si je suis contente d’avoir lu cette préquelle et que les pages se tournaient plutôt bien, je reste énormément sur ma faim. L’univers a un potentiel énorme qui est très mal exploité. Il aurait fallu que l’auteur creuse beaucoup plus ses personnages mais surtout les péripéties qui leur arrivent afin qu’on ressente vraiment toute la dramaturgie de leur histoire. J’espère que cela sera corrigé dans le tome 2 mais j’ai quelques craintes à ce sujet…

Ma note : 14 / 20

Tome 2

J’ai eu le sentiment d’un léger mieux avec cette suite directe de La main de l’empereur mais tout comme celle-ci, je persiste à trouver que l’histoire aurait mérité d’être plus creusée.

En effet, dans ce tome, plus accès sur les relations entre Rekk et l’Empereur Bel, on nous balance à nouveau une kyrielle d’événements dont on avait entendu parler dans Les épées de glace, mais sans vraiment les approfondir. Les récits des batailles, des trahisons et des souffrances subies par Rekk sont bien brèves, et jamais le sentiment d’une certaine précipitation ne m’a quittée ce qui est quand même dommage.

L’univers reste intéressant. Bien que cousu de fil blanc, j’ai trouvé intéressant de voir cet ancien gladiateur bâtard gravir les marches du pouvoir au fur et à mesure que celui-ci souhaite l’utiliser. Il y a en plus en parallèle un petit côté tragédie grecque en coulisses assez jouissif. On voit Rekk refuser puis accepter de repartir en guerre, mais pour un conflit mineur. Puis, il prend le commandement de la milice de la Capitale pour rétablir l’ordre, mais sans la moindre subtilité comme il sait le faire. Il va donc petit à petit allonger encore sa liste d’ennemis potentiels et ainsi creuser le trou dans lequel il va tomber, ce qui est vraiment plaisant à anticiper. Tout cela jusqu’à sa prévisible chute finale que l’on connait si on a lu Les épées de glace.

Rekk est LA figure de cet univers, celui autour de qui tout tourne et celui qu’on a plaisir à suivre. Ça, Olivier Gay l’a vraiment réussi. C’est un personnage vraiment sympathique malgré toutes les horreurs qu’il peut commettre parce qu’au fond il reste très naïf et surtout fidèle à son code de l’honneur. On le voit défendre par monts et par vaux les gens en qui il croit, mais attention à ne pas le trahir sinon sa vengeance sera terrible et j’ai vraiment aimé cela. J’ai d’ailleurs trouvé que dans l’ensemble, les personnages étaient mieux caractérisés dans ce tome même si ça reste assez léger.

Pour conclure, honnêtement si l’auteur avait pris le temps de plus creuser les terribles événements qui arrivent pour leur donner plus d’impact, la série aurait pris une toute autre dimension. Là, la série reste un simple divertissement et j’en suis la première déçue, parce que ça me plaisait de lire de la fantasy sans magie dans un univers antique. Tant pis, ce sera pour une autre fois !

Ma note : 14,5 / 20

9 commentaires sur “La main de l’Empereur d’Olivier Gay

      1. Oui, ce sont des lycéens, tout comme dans la Magie de Paris… Mais du coup, la légèreté (qui est bien présente…) est compensée par l’omniprésence d’humour, l’action, les personnages principaux (uniquement les principaux) et l’ambiance.

        Aimé par 1 personne

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