Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Shaman King de Hiroyuki Takei

Titre : Shaman King

Auteur : Hiroyuki Takei

Editeur vf : Kana (shonen)

Année de parution vf : 2000-2006 (1e édition) / Depuis 2020 (star édition)

Nombre de tomes vf : 32 – finie (1e édition) / 9 sur 17 – en cours (star édition)

Histoire : Aoyama Manta est un lycéen très intelligent et très doué. Un soir, alors qu’il rentre de ses cours du soir, il passe par le cimetière pour ne pas rater son train. En haut de la colline surplombant le cimetière, il rencontre un curieux jeune homme qui semble avoir son âge et qui fait la fête avec… . les fantômes des morts. Terrifié, Manta s’enfuit, mais le lendemain, il découvre que ce jeune homme est le nouvel élève de sa classe.

Mon avis :

Tome 1 (star édition)

Shaman King est une série que j’avais aimé suivre à ses débuts à l’époque de sa première édition au début des années 2000 mais je m’en étais lassée au fil des tomes et je n’ai donc jamais fini la série. Pourtant, j’ai souvent lu beaucoup de bien sur elle, à part sa fin bancale en France puisque l’auteur n’avait pas édité la seconde fin voulu par l’auteur. C’est chose réparée cette année avec la série de cette nouvelle édition, dite « star édition », 17 volumes doubles à terme avec la vraie fin de la saga. Il était donc temps de redonner sa chance à ce titre culte des shonen mangas.

Shaman King est l’histoire de Yoh, un jeune shaman en apprentissage, un brin nonchalant, qui un jour fait la connaissance de Manta, un lycéen aux faux airs de Kitaro qui passait par le cimetière où il s’était rendu pour admirer les étoiles. Tout comme lui, Manta voit les fantômes et une belle amitié va peu à peu se nouer entre les 2 garçons atypiques chacun dans leur genre. Manta va découvrir le monde des esprits au contact de Yoh et se retrouver embarqué dans l’univers des shamans dont il ne soupçonnait pas la richesse.

On ne va pas se voiler la face, heureusement que l’édition de Kana propose des volumes doubles, parce que le premier tome de l’édition simple n’est pas des plus folichons. Il est ultra classique et a ce format répétitif qui m’agace désormais en tant que lectrice habituée aux shonens. Si je n’avais pas su ce qui se passait ensuite, je n’aurais peut-être même pas été plus loin tant c’est indigeste et fait de chapitres totalement anecdotiques où Yoh et Manta ne brillent pas par leur intelligence et leur dynamisme et où le seul mantra de l’auteur est l’amitié… On repassera.

Heureusement, la seconde partie du tome introduit de nouveaux personnages et élargit l’univers, faisant prendre une toute autre dimension à la série. On comprend enfin ce que Yoh fait là et quel va être le but de cette histoire, ce qui fait vraiment décoller la série. Avec son fantôme samouraï, Amidamaru, Yoh va partir à la conquête du titre de Roi des Shamans pour rencontrer le plus puissant des esprits et vivre ainsi la vie à la cool dont il rêve. Ça peut avoir l’air simpliste et ça l’est mais cela va le conduire vers des rencontres importantes, des duels puissants et beaux moments plein de bons sentiments.

Ici, il fait déjà la rencontre de sa nemesis : Ren, qui a été élevé complètement différemment de lui, ce qui l’a conduit à être un shaman à l’opposé de ce qu’est Yoh. Ainsi tous les oppose. Vient ensuite, la soeur de celui-ci qui va découvrir combien elle est dans l’erreur grâce à Yoh et ainsi nouer une plus belle relation avec son esprit : Lee Pyron. Enfin, nous faisons la connaissance d’Anna, la fiancée haute en couleur de Yoh, Itako en apprentissage qui veut devenir une First Lady respectée et qui a donc besoin que son futur mari soit à la hauteur, ce dont elle compte bien s’assurer. Ces personnages sont tellement caricaturaux que c’en est très drôle. J’adore les nouvelles interactions qui se nouent à leur arrivée à chacun. Ça rend la lecture bien plus sympa.

Côté graphisme, l’auteur n’en finit pas de faire des clins à ses auteurs et séries préférées. On a des personnages issus de l’univers de Shigeru Mizuki (Kitaro), de Hirohiko Araki (Jojo Bizarre’s Adventures), de Kazuhiro Fujita (Karakuri Circus), de Racailles Blues, de Détective Conan,  ou encore DragonBall (Anna étant une C-18 enfant). C’est très amusant de chercher toutes les références qui se glissent dans les pages. Le dessin doux, rond mais détaillé et vraiment dynamique lors des scènes de combat. Chaque personnage a vraiment son identité visuelle et son look bien particulier de la pointe des cheveux aux orteils. Hiroyuki Takei a vraiment sa patte et j’aime ça, même si nous ne sommes qu’au début de ce dont il sera capable de produire.

J’ai donc retrouvé avec un certain plaisir l’univers de Shaman King malgré un début un peu difficile. Le mangaka a ensuite su donner un tournant plus dynamique à sa série, commençant à creuser son univers pour vraiment lui donner corps en sortant des petites histoires sans conséquence du début pour nous embarquer dans une toile bien plus vaste. La série n’a pas encore dévoilée tout son potentiel. C’est ce que j’attendais du titre et je suivrai donc la suite avec plaisir en espérant ne pas me lasser comme la première fois, surtout que l’édition de Kana est simple mais efficace : bon papier, traduction fluide, page bonus sur les personnages et couvertures réversible bien épaisse comme j’aime, le tout pour moins de 10€. Certains pourraient prendre exemple. Par contre, ça va être long d’attendre jusqu’en mai pour la suite…

Tome 2

Quel plaisir de retrouver à nouveau l’originalité de l’univers de Shaman King et en même temps les marqueurs des shonens de ces années-là qui mine de rien m’avaient bien manqué. Pourtant avec ce deuxième tome ce n’est pas encore tout à fait ça, on est encore dans une longue introduction de l’univers qui n’en finit pas.

Après la rencontre de Yoh, Manta et Amidamaru, puis d’Anna, Ren et Jun, voici au tour de Ryu d’être vraiment introduit dans la petite bande. Je n’ai rien contre le personnage, une sorte de loubard repenti qui est là pour la touche furyo, mais ce n’est pas mon perso préféré. Du coup, passer la moitié de ce tome sur une histoire le concernant et faisant très peu voire pas du tout avancer le reste, ça m’a un peu agacée. Heureusement que le fantôme qui le possède est un ancien adversaire revanchard d’Amidamaru ce qui permet de revenir brièvement sur le passé de celui-ci sinon je me serais vraiment ennuyée. Et ce ne sont pas les beaux discours sur l’amitié de Yoh ou des amis de Ryu qui auraient changé ça. A la limite, je préfère 1000 fois les petits moments du quotidien qu’il y a avant et après avec Anna qui fait tourner en bourrique son fiancé ou lui fiche des roustes quand elle croit qu’il l’a déçue. Au moins ça, c’est amusant. Vous l’aurez donc compris toute cette partie hautement clichée ne m’a pas plu.

Heureusement, l’autre moitié du tome vient sauver la chose car enfin on entre dans le vif du sujet avec le lancement des invitations au tournoi pour désigner le Shaman King. Il était temps ! Dans mon souvenir, c’est vraiment ce pan de l’histoire qui m’avait plu alors je rongeais mon frein en attendant que ça arrive. Ici, on va assister dans un premier temps aux sélections, ce qui va permettre de rencontrer le peuple Apache et l’un de ses représentants : Silva. Avec lui, l’auteur décide de montrer d’autres formes d’esprits et d’autres manières d’utiliser ses pouvoirs de shaman le temps d’un duel rapide mais qui claquait bien. Ça c’était vraiment sympa et ça a fait avancer l’histoire ! En plus, Ren est de retour et avec lui, la touche de noirceur que j’aime aussi dans la série. Un autre personnage fait son apparition, un nouveau shaman futur compagnon de Yoh : Horohoro, un représentant du peuple Aïnous qui a un esprit de la nature avec lui. Personnage pêchu qui fait du bien à ce stade et avec lequel l’univers de la série continue à se diversifier. On aime.

Tome de transition, qui offre la fin d’un arc d’introduction un brin trop long à mon goût, on y découvre également enfin les prémices du futur tournoi pour choisir le Shaman King. On va enfin entrer dans le vif du sujet et voir de vrais combats de shamans et donc pouvoir voir leurs pouvoirs à l’oeuvre, j’avais hâte !

Tome 3

Après une introduction un peu longue, le tournoi pour choisir le Shaman King est enfin lancé, place aux matchs pour déterminer celui-ci et Hiroyuki Takei se paie le luxe de faire durer le plaisir en prenant son temps.

Je suis assez surprise de trouver ici, un shonen où l’auteur prend son temps et n’enchaîne pas les matchs à une vitesse vole. Le mangaka à la place instaure une climat tranquille où chaque combat est suivi d’une phase d’entraînement ou d’introspection du héros, ce qui lui permet de grandir comme shaman et comme homme. Pour le lecteur actuel, peut-être pas habitué à ceci, c’est une vraie bouffée d’air frais. Cependant, je trouve également que pour le moment, l’ensemble manque un peu de force et d’impact malgré les tentatives de l’auteur pour pousser son héros à s’endurcir.

Le tome s’ouvre sur un combat plutôt léger entre Yoh et Horohoro, avant de plonger le lecteur dans un long duel bien plus sombre où Yoh affronte un nécromancien. Le premier match n’était donc qu’une mise en bouche et l’occasion de croiser un shaman officiant avec un esprit de la forêt, tandis que le deuxième revêt des enjeux plus importants. Yoh est confronté à un nouveau type de shaman et le lecteur à une nouvelle facette de la mort. On découvre une nouvelle façon d’utiliser l’oversoul et les limites du furyoku, ainsi qu’un Yoh poussé dans ses retranchements, qui n’a plus rien du type nonchalant de d’habitude. Notre héros mûrit dans l’adversité quand ses amis sont en danger et ça fait plaisir à voir même si c’est triste de devoir en arriver là pour ça. Le combat fut par contre bien mis en scène avec un bon mélange d’action, de sentiments et de découverte des personnages.

Ce combat est donc l’occasion pour le héros de tester ses limites et c’est naturellement que l’on retrouve une phase d’apprentissage ensuite. Malheureusement, celle-ci est éclipsée par d’autres scènes surfant sur le burlesque entre Manta qui défit son père, grand magnat japonais par l’argent mais pas par la taille, et Ryu qui l’emmène sur les routes avant de croiser des fantômes pour le moins singuliers aussi bien dans leurs attaques que dans leurs apparences. C’est là où je déchante un peu. J’aime quand c’est rigolo mais je suis frustrée de ne pas assister aux phases de développement du héros en dehors des combats. On parle sans cesse des entraînements drastiques qu’il subit d’Anna ou de son grand-père mais on ne voit rien…

Heureusement, ce tome est l’occasion de rencontrer de nouvelles têtes. Après Horohoro, qui est plutôt à ranger dans la case des sidekicks rigolos proches du héros, j’ai surtout été marquée par Faust VIII, son nouvel adversaire qui s’inspire tout droit du mythe de Goethe. J’ai trouvé sa façon d’utiliser ses pouvoirs originale car reposant sur une stratégie intelligente et même si sa relation avec son fantôme est déjà vue, elle a un potentiel tragique que j’aime. J’espère donc le revoir. La dernière petite nouvelle est Tamao, une autre apprentie du grand-père de Yoh, qui elle aussi est plutôt à ranger dans un registre assez léger, surtout quand on voit ses fantômes, mais l’auteur a le mérite de réutiliser les mythes de façon originale, ici le Tanuki et le renard. Enfin, l’auteur continue de nous faire croiser les personnages vus précédemment créant une joyeuse bande de fous furieux autour de Yoh, que ce soit avec Anna, Ryu ou Tao.

Avec ce nouveau tome, on continue à rentrer lentement et progressivement dans le Shaman Fight mais avec peut-être un peu trop de délayage parfois pour moi. J’ai hâte de voir Yoh tomber sur de plus grosses têtes d’affiches, utiliser des techniques plus dantesques, etc. Je sais qu’on est qu’au début de la série mais l’ayant déjà lue autrefois, mon impatience pointe déjà le bout de son nez.

Tome 4

Je suis toujours aussi frustrée par cette série. Il y a des chapitres et des arcs vraiment géniaux, tendus, denses avec une mythologie intéressante, mais ils sont à chaque fois cassés par des moments bien trop légers qui délayent inutilement la sauve, ce qui fait que ma lecture finit en demi-teinte.

Ici, tout ce qui touche au Shaman Fight est vraiment génial ! L’auteur nous sert le duel tant attendu et il ne mâche pas ses coups. Nous assistons à un très très beau duel entre Yoh et Ren, avec deux philosophie et parcours de vie qui s’affrontent. Alors que visuellement et côté mise en scène, c’est parfois totalement kitch, voire risible et très emprunté à DragonBall, il se révèle petit à petit une grande profondeur de ce qui se déroule sous nos yeux. J’ai beaucoup aimé les choix faits par Yoh et l’intelligence dont il fait preuve. J’ai été touchée par le brutal changement opéré en Ren. J’ai trouvé cela parfait pour conclure cette première partie !

Le hic, ce sont les nombreux chapitres qui ont suivi… Comme je le disais plus haut, c’est bien trop léger. Alors oui, je comprends qu’il faille un peu d’humour pour souffler après toute cette tension, mais ici c’est quand même super lourd. Je veux bien un chapitre en passant pour s’amuser et se détendre, mais la moitié d’un tome normal, c’est un peu trop ! C’est le même défaut que dans My Hero Academia et ça a le chic pour me sortir de l’histoire. Ainsi, même les bribes d’information sur les terribles futurs adversaires de Yoh ou la nouvelle concernant Ryû ne m’ont pas suffit malheureusement.

Heureusement que sur la fin, on repart sur une ambiance bien sombre, avec une plongée dans les méandres de la famille de Ren, qui à elle seule, aurait suffit comme transition avant la prochaine manche du Shaman Fight. Cela permet en plus de voir le fonctionnement d’une autre famille de shamans et de dénoncer une forme de parentalité particulièrement nocive, celle qui consiste à faire reposer tous ses espoirs non réalisés sur les épaules de ses enfants. Le père de Ren est un vrai monstre.

Shaman King reste un shonen de nekketsu dans la plus pure tradition du genre, avec des combats bien orchestrés, une évolution intéressante des héros et de leurs personnages et un humour qui, quand il est bien dosé, m’amuse beaucoup. Je regrette juste le délayage à outrance parfois de l’intrigue, qui a de bonnes inspirations, mais a aussi tendance à se perdre en cours de route et à prendre trop de chemins détournés, ce qui l’empêche d’être un grand titre.

Tome 5

Même si le tome est en quelque sorte plus calme que le précédent, je l’ai trouvé bien plus équilibré, prometteur et du coup passionnant à lire. On monte d’un cran ici.

Tout commence avec une première partie assez sombre sur la famille de Ren, que l’on découvre alors que celui-ci a choisi de s’émanciper en se débarrassant de la tutelle de son père. C’est une évolution classique chez les héros que j’ai apprécié de voir ici, même si j’ai peut-être trouvé le revirement de Ren un peu trop rapide après les horreurs qu’il a commise. Néanmoins, l’auteur ne manque pas d’imagination bien glauque pour mettre en scène et nous faire découvrir la famille Tao. J’ai beaucoup aimé leur résidence, ainsi que la magie d’En Tao. En plus, c’est plein de symboles autour du taoïsme. On sent que l’auteur aime bien reprendre comme ça des thèmes philosophiques ou culturels connus pour les intégrer à son récit et diffuser sa science, c’est chouette pour les jeunes lecteurs curieux.

Après cette mise en bouche déjà bien dense et rythmée, la seconde partie n’en fut que meilleure. Nos jeunes héros se lancent dans une nouvelle étape du Shaman Fight et cette fois, on rentre dans du lourd. D’habitude l’auteur fait une transition un peu lourde et fade entre les différentes parties, ce ne fut pas le cas cette fois. C’était au contraire doux et bon enfant avec un côté « derniers au revoir » qui m’a bien plu. Puis, l’aspect « bande de potes » qui part à l’aventure qui a suivi a donné un côté vraiment entraînant aux débuts de ce nouvel arc.

Ce dernier s’annonce déjà plus sombre encore que le précédent avec la découverte très tôt DU grand méchant de l’histoire, qui vient se présenter de lui-même à Yoh ! L’auteur aime bien casser les codes comme ça à grand coup d’humour et de WTF et ça fonctionne plutôt bien, il faut l’avouer, à l’image de la pauvre coiffure de Ryû. Mais ici, on sent que ça va être sérieux, la preuve Hao, le fameux méchant, a un sacré charisme et beaucoup de mystère l’entoure. L’auteur nous fait peu à peu découvrir ce personnage en parallèle de l’avancement de la nouvelle épreuve du Shaman Fight. C’est assez fascinant de voir le sens du rythme qu’il insuffle ici en mélangeant à la fois mystère, drame, noirceur, humour et création d’une vraie bande de potes.

Ce dernier point est vraiment un élément qui me plaît dans le récit à égalité avec l’univers des shamans qui est développé. Il y a eu au début la rencontre Yoh – Manta, puis la découverte de Ryû, l’intégration de Horohoro et de Ren. C’est maintenant au tour de Lyserg, un personnage encore bien trouvé, qui vient de l’univers de Sherlock et qui a un lourd passé ainsi que des pouvoirs originaux. Ce nouveau souffle dans la bande est prometteur pour les épreuves qui les attendent, tout comme le cadre américain dans lequel nous allons désormais les suivre.

Shaman King monte d’un cran avec ce tome, fini le round d’observation, on entre maintenant dans le lourd et ce ne sont pas les dernières pages qui vont me détromper.

Tome 6

Après des tomes qui montaient crescendo, j’ai senti que l’auteur calmait un peu le jeu ici malgré une lecture encore très chouette notamment grâce à des focus sur Ryû et Hao.

Ce 6e tome représente une lecture assez dense, Hiroyuki Takei, ayant décidé de faire un peu le tour de ses personnages secondaires en attendant le grand affrontement entre Yoh et Hao. Ainsi, il s’ouvre sur plusieurs chapitres mettant en valeur Horohoro et son rapport à la nature, avant un joli focus sur Ryû au cours d’un combat tout sauf mémorable pour ma part. Du coup, c’est l’occasion de revenir sur les zones d’ombres de celui-ci puisqu’il nous était revenu ni vu ni connu après un entraînement secret dont on tardait à voir les effets. Même si cela a un petit côté « épisode filer », ce n’est pas désagréable quand cela concerne un personnage rocambolesque qu’on apprécie comme ici.

Du côté de la légende, nous avons droit à quelques révélations assez importantes sur l’identité de Hao, ses liens avec la famille de Yoh mais aussi ce dont il est capable et ce qu’il a déjà fait. Si cela n’a rien de surprenant pour un lecteur habitué au shonen d’aventure comme ici, cela reste tout de même très bien fait et assené pile au bon moment pour faire monter la tension. En plus, avec la personnalité haute en couleur de celui-ci on casse un peu le mythe du méchant hyper sérieux pour quelqu’un de cool et détendu, ça surprend et ça plait.

En revanche, je suis passée à côté du reste du tome. Je trouve le début de cette nouvelle partie du Shaman King un peu longuette et manquant de rythme et d’enjeu. On nous fait juste patienter et les combats manquent d’impact. Les rivaux que l’on a croisé ont manqué de charisme à mon goût. Certes ça revisite le mythe de Dracula, mais cela n’a rien d’original, idem avec les X-Laws et leurs esprits issus des Archanges. Tout ça me laisse assez indifférente pour le moment, pour ne pas dire un peu blasée même.

J’ai donc connu un vrai ventre mou dans ce tome, alors que je m’attendais à passer à la vitesse supérieure. J’espère pour la suite qu’on se recentre sur l’essentiel, car même si j’aime qu’on développe les personnages secondaires cela a manqué un peu de niaque ici pour vraiment rendre cette lecture dynamique.

Tome 7

Alors que l’intrigue prend un tournant un peu plus vif et radical, j’ai encore eu l’impression de tomber sur un tome de transition…

Hiroyuki Takei nous sert un peu toujours la même recette depuis plusieurs tomes. Sachant que ce sont des tomes doubles, il nous fait découvrir dans chaque moitié un personnage clé qui vient enrichir la troupe et autour de qui tout tourne. Alors soit on accroche, soit on n’accroche pas à ce personnage et ça peut plomber la lecture…

Nos héros sont arrivés au village Pache, ils ont découvert Great Spirit, ils ont donc réussi la première vraie épreuve, alors maintenant place au tournoi. Comme dans un shonen classique, on se retrouve avec un auteur qui réparti ses personnages en différentes équipes, ici de 3, pour s’affronter lors de matchs percutants. Je n’ai rien contre la formule mais je commence quand même à ressentir une pointe de lassitude face à celle-ci quand rien ne vient la pimenter comme ici…

La polarisation des différents clans : Hao, X-Law, Yoh, est un peu trop simple à mon goût. J’ai bien aimé l’apport des deux nouveaux personnages. Chocolove a un humour comme j’aime et le récit de son passé est touchant. Avec Iron Maiden Jeanne, ils apportent une nouvelle dimension aux pouvoirs chamaniques déjà croisés. J’ai aimé voir des pouvoirs qui se transmettent avec Chocolove et qui viennent en plus d’indigènes. J’ai aimé le lien avec la notion de justice et des tortures médiévales avec Iron Maiden. Les deux apportent un certain vent de fraicheur. C’est juste la manière dont ils sont introduits qui ne me satisfait pas.

En effet, après un temps tranquille au village des Paches qui permet de recroiser tout le monde et de former les nouvelles équipes, exit l’entraînement, on fait direct un bon dans le futur pour voir le tournoi. Bof. J’aime bien voir les phases d’entraînement et c’est clairement quelque chose qui manque ici où les héros n’arrêtent pas de monter en puissance dans notre dos. Les deux premiers matchs en plus reposent sur le même schéma : la découverte surprise d’une équipe, un membre qui se met en avant pour affronter ceux en face tout en délivrant sa philosophie de vie. Il va falloir que l’auteur se renouvelle pour la suite…

Ainsi même si je continue à passer un bon moment de lecture car le découpage est fluide, le dessin pêchu, les héros attachants et l’histoire avance, je ne peux m’empêcher de trouver le mangaka un peu fainéant dans sa mise en oeuvre. Cela manque d’originalité et de prise de risque, reposant trop souvent sur du déjà lu / vu. J’attends plus.

Tome 8

Arrivé presque à la moitié de la série, celle-ci ne perd absolument pas en intérêt, au contraire il est grandissant avec ce Shaman Fight qui bat son plein et les nouvelles révélations sur Hao.

Franchement, je n’ai pas vu passer le temps en lisant ce nouveau tome. L’auteur enchaîne les matchs, les révélations, les montées en puissance, les altercations et les développements de personnages, c’est juste passionnant. Alors certes le schéma est vu et revu dans les shonen de ce style mais c’est parfaitement maîtrisé ici dans tous les sens du terme, aussi bien côté tempo, dessin, mise en scène que coup de théâtre. Tout y est pour rendre la lecture hyper agréable.

Le Shaman Fight bat donc son plein et nos héros montent sur le ring. Après l’équipe de Ren, place à celle de Yoh. On découvre enfin le résultat de leur entraînement sous la houlette d’Anna et ça vaut le coup d’oeil. L’auteur offre son petit moment à chacun. Les nouveaux oversouls envoient du lourd et ça fait plaisir de voir leur bel esprit de camaraderie. Décidément Yoh séduit tout le monde ! En plus, j’ai trouvé vraiment agréable d’affronter une équipe composée de shamans venant des pays froids. La mise en scène jouant sur des éléments culturels de ces derniers est très bien trouvée, de même que celle pour montrer la montée en puissance de nos héros. Tout est parfaitement calibré pour offrir un divertissement de qualité mais qui reste humain.

Cette qualité est effectivement au coeur de la série car même si on affronte un grand méchant, qu’il y a pas mal de combats et de morts, ce qui prévaut c’est la vie. J’aime ainsi beaucoup la philosophie de l’auteur qui transpire à chaque chapitre dont Yoh est l’emblème phare. Il suffit de lire le chapitre où il part voir Lyserg pour s’en convaincre. Au-delà de leurs différents, il accepte les gens comme ils sont et ne souhaite que leur bonheur. J’adore !

Cependant, dur dur de rester sur de tels sentiments quand en face on a le mal incarné. Les révélations sur Hao envoient du lourd. Celui-ci est vraiment LA figure classique du méchant qu’on aime détester. On apprend tout ce qu’il a mis en branle pour arriver au pouvoir dément qu’il a actuellement et ça glace le sang, surtout qu’il est prêt à tout pour atteindre son but final, peu importe qui se met en travers de la route. Les X-Laws en font les frais, mais remontent dans mon estime par leur sens du sacrifice pour le plus grand nombre. C’était un très beau (mais trop rapide) match qui les a mis en face et nous a permis de mieux comprendre la nature des pouvoirs de ce terrible adversaire.

L’auteur orchestre ainsi un tome riche en révélations qui envoie vraiment du lourd. Les combats sont superbement orchestrés avec des oversouls et des attaques hyper charismatiques graphiquement parlant. La tension monte de plus en plus. La mythologie se creuse tout en exploitant ce qui se fait de mieux dans le domaine. On sent que l’auteur maîtrise vraiment ce qu’il veut raconter et la forme qu’il emploie pour cela. L’adage c’est dans les vieux pots que se fait la meilleure soupe se confirme donc bien ici !

3 commentaires sur “Shaman King de Hiroyuki Takei

  1. Ah mais c’est une super nouvelle cette réédition ^^ je pensais qu’il n’y avait qu’une édition et qu’elle n’était plus dispo, parce que sur le principe je la vois tout à fait au boulot 🙂 merci Tachan ^^

    Aimé par 1 personne

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