Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Spy X Family de Tatsuya Endo

Titre : Spy X Family

Auteur : Tatsuya Endo

Editeur vf : Kurokawa

Année de parution vf : Depuis 2020

Nombre de tomes vf : 4 (en cours)

Histoire : Twilight, le plus grand espion du monde, doit pour sa nouvelle mission créer une famille de toutes pièces afin de pouvoir s’introduire dans la plus prestigieuse école de l’aristocratie. Totalement dépourvu d’expérience familiale, il va adopter une petite fille en ignorant qu’elle est télépathe, et s’associer à une jeune femme timide, sans se douter qu’elle est une redoutable tueuse à gages. Ce trio atypique va devoir composer pour passer inaperçu, tout en découvrant les vraies valeurs d’une famille unie et aimante.

Mon avis :

Tome 1

Voici la dernière série de Kurokawa qui fait du bruit. Issue du Shonen Jump+, elle était attendue de pieds fermes par bien des aficionados. Je n’en avais jamais entendu parler pour ma part mais le buzz autour m’a intriguée et le côté fun de la série m’a donné envie pour une fois. Je partais donc sans le moindre a priori et je pensais juste passer un bon moment de détente mais en fait je me suis régalée !

Tatsuya Endo, le mangaka, est déjà connu chez nous pour deux titres Tista et The Moon Sword chez Kazé, que je n’ai jamais lu pour ma part, mais à voir les couvertures, on sent que ce sont deux shonen plein de pep’s. Il renouvelle donc l’expérience ici avec Spy x Family, un titre parfaitement formaté pour plaire aux jeunes et aux moins jeunes, bref au plus grand nombre, qui est toujours en cours au Japon avec 5 volumes à ce jour.

D’habitude, je m’emballe difficilement pour les shonens et encore moins pour ceux prétendus humoristiques, mais ici tout a fait mouche ! J’ai eu l’impression de me retrouver dans une version revisitée mais tout aussi drôle de Kingsman (avec Colin Firth et Taron Egerton) qui fait partie de mes films préférés de la dernière décennie. L’auteur joue a fond sur les codes des récits d’espionnages mais en y apportant un tel humour et une telle dérision que j’ai trouvé impossible de ne céder à la tentation de rire tout du long.

Place à Twilight, espion ultra renommé pour ses déguisements et le nombre de missions qu’il a réussies. On lui confie donc un job ultra confidentiel et complexe à réaliser dans un temps très limité : s’introduire dans une école d’élite pour entrer en contact avec un chef politique. Le hic, pour cela il lui faut trouver une femme et un enfant en une semaine ! Qu’à cela ne tienne, Twilight relèvera le défi !

La mise en scène de Tatsuya Endo est vraiment excellente. Du début à la fin, il a un sens du rythme incroyable. On enchaine les pages, les ambiances, les missions, les moments truculents et abracadabrantesques. Tout est référencé. On sent parfaitement l’ambiance film d’espionnage nécessaire à ce genre de récit. On est également dans un univers tout droit inspiré de la Guerre Froide, avec l’Est contre l’Ouest, et les suspicions que cela implique. En même temps, on se retrouve avec un homme qui apprend à être père alors qu’il ne sait pas ce que c’est, qui jongle entre ça et ses missions, et qui trouve encore le temps de tenter de séduire des femmes. On a également droit à un portrait fort savoureux des écoles élitistes à l’européenne, c’est vraiment poilant. Tout est fait pour accrocher et amuser le lecteur.

Les personnages sont tout aussi haut en couleur, entre le père, espion de métier, la mère, tueuse à gages, et la fille télépathe. C’est vraiment un trio improbable et pourtant il fonctionne. J’adore le décalage que chacun crée avec la réalité dans laquelle ils vivent mais également entre eux dans cette famille totalement inattendue qu’ils vont former. La petite fille est ultra choupi et en même temps avec tout ce qu’elle entend, elle grandit à vitesse grand V. Le côté totalement dépassé vis-à-vis de la parentalité du père est tordante aussi, quand on voit qu’il va jusqu’à enfermer sa « fille » pour pouvoir sortir sans elle. La mère, n’est pas en reste, avec sa grande naïveté face aux relations hommes-femmes et sa force brute qui fait peur. Le mélange est explosif !

Ce premier tome fut donc une excellente introduction à l’univers. Moi qui avais peur de m’ennuyer ou de passer à côté parce que je ne suis pas une fan de titres humoristiques, je me suis poilée de bout en bout. J’ai beaucoup aimé le mélange entre missions d’espionnages et vie quotidienne complètement décalée. Ce début est vraiment prometteur. On n’est pas seulement dans un titre reposant sur un comique répétitif, mais plutôt sur une intrigue évolutive avec un comique de situation bien dosé, que je trouve très séduisante par les références qu’elle utilise. C’est donc une très belle surprise pour ma part et un beau coup de coeur !

Maintenant, saluons l’édition de Kurokawa, qui comme toujours est vraiment soignée avec une traduction de Satoko Fujimoto que je trouve excellente dans les jeux de mots qu’elle utilise. Pour le prix d’un shonen normal, on a également droit à quelques pages couleurs, le tout avec une reliure et un papier de qualité, offrant une belle impression au titre. Parfait !

Tome 2

Je m’étais régalée avec le tome 1, malgré mon manque appétence générale pour les titres humoristiques, j’ai remis le couvert avec ce tome 2. Même humour, même pep’s, même loufoquerie. J’adore !

L’auteur continue à développer son univers fait d’espionnage et autres missions d’infiltrations. C’est drôle, dynamique et cela se renouvelle sans cesse. J’avais peur qu’une routine épisodique s’installe, pas du tout, le mangaka déploie un fil narratif simple mais terriblement efficace qui nous tient du début à la fin.

Pour que Twilight réussisse sa mission, « sa fille » doit entrer dans une certaine école élitiste anglaise mais patatras, elle n’est que sur la liste d’attente. L’auteur s’amuse avec nous, tout comme il continue à jouer avec les personnalités hautes en couleurs de ses personnages. C’est vraiment très frais et le petit côté Kingsman que cela donne au récit est vraiment savoureux. Rebondissements en chaîne, personnages complètement barré, humour so british à la sauce japonaise. J’ai eu l’impression de me retrouver dans du Lupin 2.0.

Une fois l’épreuve de l’école passée, on n’est encore pas au bout de nos surprises, puisque c’est la sociabilisation d’Anya qui est mise en scène, elle, la petite fille télépathe. L’auteur joue à fond là-dessus car son pouvoir crée un nombre fabuleux de quiproquo. C’est juste tordant. Mais ce n’est pas la seule évolution du récit, nous découvrons également le frère de Yor, la maman tueuse, qui n’est pas en reste. C’est un vrai psychopathe sous ses airs de gentil frère adorant sa soeur au point que cela soit pathologique.

Ainsi, petit à petit se met en place un récit vraiment drôlatique mais avec une dimension espionnage très bien fichue qui passionne. C’est léger et sombre à la fois. La dichotomie entre les deux est parfaitement gérée grâce à un panel de personnalités variées et rocambolesques. Alors on s’amuse comme des petits fous à être surpris sans arrêt par ce qu’ils arrivent à inventer. Personnellement, j’adore !

Tome 3

Même si je suis toujours aussi séduite par le concept et que l’auteur tente de se renouveler à chaque fois, j’ai été moins séduite par ce tome que par les précédents.

L’idée de base de former une famille avec un espion, un assassin et une télépathe sans qu’aucun ne le sache et alors que chacun a des objectifs différents est original. Tatsuya Endo y ajoute en plus une bonne dose d’humour à la Kingsman depuis le début. Cela rend donc les chapitres savoureux aussi bien lorsque Loyd, l’espion, tente de mener à bien sa mission, que quand ils tentent de passer pour une famille normale.

Cependant dans ce tome, j’ai trouvé que l’ensemble manquait de souffle et que l’humour faisait déjà un peu déjà vu. J’ai donc moins ri et j’ai lu les chapitres avec moins d’allégresse que précédemment. Peut-être est-ce dû au recentrage sur la vie d’Anya à l’école, qui coince l’histoire dans des rebondissements digne d’une enfant.

Ce ne fut pas pour autant une lecture désagréable. Plein de petites choses m’ont amusée et je n’ai pas vu le temps passer. L’épisode avec le frère de Yor était fort amusant grâce au décalage occasionné par les métiers de chacun et les attentes que chacun avait. L’épisode spécial où Yor a reçu une balle dans les fesses est aussi tordant grâce à un bon comique de répétition dû à un malentendu et une absence de communication entre elle et Loyd.

Ce sont vraiment les chapitres se passant dans l’école d’Anya ou centré sur celle-ci qui m’ont moins convaincue, même si celle-ci tente de faire avancer la mission de son papa à tout prix et que l’auteur tente de développer la personnalité de son rival. Il y a cependant une promesse de rebondissement original visant la famille dans les ultimes pages qui me donnent envie de vite lire la suite.

Reposant toujours sur un concept loufoque mais original, Spy x Family reste une lecture sympathique mais moins convaincante que les premiers tomes à cause d’une répétition qui commence à poindre ainsi qu’un rythme qui marque le pas avec Anya qui est désormais à l’école. J’attends de voir comme l’auteur va parvenir à rebondir et insuffler un second souffle.

Tome 4

Alors que j’avais adoré le concept à sa sortie, j’avais senti comme un essoufflement à la longue et le dernier tome m’avait un peu déçue. L’auteur a dû le sentir lui-même car il redonne un second souffle ici grâce à l’ajout d’un personnage inattendu.

Qu’est-ce qu’une famille sans animal de compagnie ? Et qu’est-ce qu’une série sans mascotte ? Tatsuya Endo répare cela en ajoutant à la famille Forger le meilleur compagnon de l’homme. En effet, Anya ayant enfin décroché une étoile à l’école, pour la récompenser ses parents veulent lui offrir un chien, mais rien n’est jamais aussi simple avec eux.

J’ai adoré voir le glissement de l’histoire démarrant sur une tranquille visite dans une animalerie, certes tenue par une agence gouvernementale, et se terminant par un attentat à déjouer. On raccroche au côté complètement fou de la série, ce petit air de Kingsman que j’aime tant, et ça m’a fait un bien fou. Le tome est bien plus drôle et pêchu que le précédent, et le rythme incessant.

Ceci n’aurait jamais eu lieu sans la rencontre entre Anya et une gros chien blanc utilisé par des terroristes, avec d’autres, pour éliminer le ministre des affaires étrangères de Westalis. J’ai de suite beaucoup aimé ce duo décalé. Anya avec ses pouvoirs lit dans les pensées du chien, qui lui-même a des visions du futur car il fut le cobaye d’expériences gouvernementales pour produire des chiens surentraînés et très intelligents. Anya veut donc tout faire pour déjouer ce qui risque de se passer car son père est en danger. Le chien, lui, est certes protecteur mais pas mal nonchalant aussi, ce qui donne un duo détonnant.

Ainsi tandis que Yor cherche partout sa fille disparue et que Loid tente de déjouer l’attentat avec ses collègues des services secrets, Anya se retrouve en plein dedans, en contact direct avec les terroristes. Cela donne une histoire un peu fofolle, où on court dans tous les sens, où la tension est de tous les instants, mais où l’humour ne nous quitte jamais lui non plus tant ce qui se passe sous nos yeux est rocambolesque. L’auteur réutilise tout ce qu’il avait développé autour de ses personnages : la télépathie d’Anya, les talents en déguisement de Loid, la grande force de Yor et son côté bébête, ce qui donne un mélange hyper vif.

Cette petite intrigue visant à déjouer l’attentat m’a tenue en haleine et divertie tout du long. C’était vraiment fun à suivre et le décalage entre le sérieux de l’affaire et le côté loufoque des personnages était savoureux. L’ajout désormais dans la famille d’un chien, m’a beaucoup plu, en plus un chien tel que lui, en parfait décalage avec l’image qu’on aurait pu en attendre. C’est le genre d’intrigue que j’attends ici, ça et les petites scénettes familiales attendrissantes, car quand on retombe dans les histoires à l’école d’Anya, c’est de suite moins percutant…

Ce quatrième tome m’a dont réconcilié avec la série, me faisant reprendre du plaisir et des barres de rire. Il avait ce mélange entre humour absurde, intrigue décalée et action lourdingue mais parfaitement rythmée et mise en scène que j’aime !

(Merci Kurokawa et Sanctuary pour cette lecture)

Ma note : 15 / 20

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©2019 by Tatsuya Endo  / ©2020 Kurokawa

14 commentaires sur “Spy X Family de Tatsuya Endo

  1. C’est vrai qu’on l’a pas mal vu passer ce manga et, apparemment, à juste titre 🙂
    Il était déjà dans ma wish list, mais dans le cas contraire, ta seule référence à Kingsman aurait suffi à me donner envie de le lire parce que si ce n’est pas un de mes films préférés, je l’ai quand même adoré.
    Quant au trio, il semble définitivement à découvrir !

    Aimé par 1 personne

    1. Je peux très bien comprendre, il y a moi aussi des titres que tout le monde vante mais dont le pitch ne me parle pas et que je me vois mal tenter, donc no soucy 😉

      (J’espère tout de même que tu aimeras si tu testes un jour ><)

      J'aime

    1. C’est le compliment qui me fait le plus plaisir ! Ravis de te donner envie 😊
      Après tu peux attendre d’avoir plus de tomes oui, mais je ne pense pas que ce soit le genre de titre où il est dur de gérer l’attente ^^!

      J'aime

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