Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Sailor Moon : Eternal Edition de Naoko Takeuchi

Titre : Sailor Moon : Eternal Edition

Auteur : Naoko Takeuchi

Editeur vf : Pika (shojo)

Année de parution vf : Depuis 2020

Nombre de tomes : 4 / 10 (en cours – pour cette nouvelle édition)

Histoire : Usagi est une jeune fille de 14 ans comme tant d’autres : elle aime dormir, jouer aux jeux vidéo, elle pleure pour un oui ou pour un non et elle ne se passionne pas pour ses études. Mais un beau jour, elle croise le chemin de Luna, un chat doué de parole qui va la transformer en une jolie justicière : Sailor Moon ! La voilà investie de plusieurs missions : elle doit identifier ses alliées, retrouver le légendaire Cristal d’Argent et protéger une certaine princesse… tout en luttant contre de mystérieux ennemis qui sont eux aussi à la recherche du fabuleux cristal aux pouvoirs fantastiques !

 Mon avis :

Tome 1

Sailor Moon fut vraiment l’un des titres phares de mon enfance comme toute une génération d’amateurs et amatrices du Club Dorothée. J’avais autrefois acquis la toute première édition parue chez Glénat, que j’ai lue et relue enfant, puis je m’en suis séparée et la nostalgie jouant, j’ai à nouveau acquis la série lors de sa réédition chez Pika il y a 8 ans. Mais comme je suis faible, j’ai une nouvelle fois craquée devant cette superbe réédition dans un format vraiment plus qualitatif.

Revenons d’ailleurs dans un premier temps sur l’objet livre et comparons un peu les deux éditions Pika disponibles. Avec cette ressortie, Pika propose dans un format plus grand et avec une reliure cartonnée dure, un tome 1 plus volumineux que celui de l’édition précédente, car comportant un chapitre de plus. La couverture a également été remaniée avec une héroïne qui fait plus mature. On sent qu’on ne s’adresse pas forcément à la même catégorie d’acheteurs qu’alors. Nous avons droit cette fois à l’ensemble des pages couleur de l’oeuvre, ce qui n’était pas le cas avant où nous n’en avions qu’au tout début, là chaque ouverture de chapitre est en couleur. Quelques légères retouches ont été faites sur les dessins, comme l’ajout d’un bout de jupon ou le changement de quelques couleurs sur les costumes. Avec le papier glacé proposé, dont j’espère une plus grande résistance au temps que le précédent, les noirs et gris sont moins profonds. La traduction, elle, en revanche est la même pour ce que j’ai pu constater en comparant plusieurs pages du premier tome.

Voici un petit comparatif de la taille des différentes éditions (trouvé sur le net)

Évoquons maintenant un peu le contenu de ce premier tome d’une saga culte pour bien des fans de mangas trentenaires (et autres), mais je vous en épargne le résumé que vous pouvez lire plus haut.

Naoko Takeuchi, dont c’est l’une des toutes premières oeuvres, en s’inspirant fortement des shojo des femmes du groupe de l’an 24, offre un début assez classique mais très dynamique pour un shojo des années 90. On y sent vraiment énormément l’influence de ces années-là, que ce soit dans ces arcades de jeux vidéos ultra présentes, ce goût pour les magical girls un peu passé de mode depuis, la représentation désormais kitch des différentes créatures, l’humour potache qui n’a rien à envier à Rumiko Takahashi, ou encore son goût pour la mode de l’époque très prononcé dans les tenues dont elle affuble ses personnages, etc.

Le format en épisodes courts mais dynamiques permet de vite faire avancer le récit. Ainsi, le premier chapitre est fort riche. Il pose les différents personnages clés, gentils comme méchants, les missions qui vont avoir lieu, les dynamiques entre les personnages, les différents pouvoirs utilisés et il y en a, ainsi que la romance et les mystères qui englobent le tout. La suite des chapitres de ce premier tome n’est pas en reste puisqu’à la fin, toute l’équipe autour de Sailor Moon est déjà constituée et qu’elles ont vaincu plusieurs ennemis. Ça ne mollit pas. Et alors que lors de ma relecture de 2012 cela m’avait vraiment gênée, j’ai apprécié ce rythme cette fois, peut-être aussi parce que je me suis remise à lire des shonen entre temps et que je retrouve ici le rythme rapide de certains d’entre eux.

Mais nous sommes bel et bien dans un shojo et plus particulièrement dans un magical girl. L’autrice s’est vraiment amusée à en reprendre tous les codes entre sérieux et humour. On retrouve ainsi un acolyte animalier, des coéquipières aux caractères bien variées, associées ici à un élément naturel, un homme mystérieux, ami ou ennemi, c’est à voir, des pouvoirs qui évoluent, des attaques avec de drôles de nom, des ennemis très très méchant façon série B 😂, beaucoup de gadgets, une cachette secrète, et des buts encore bien mystérieux de part et d’autres. C’est extrêmement bien ficelé.

Mais Sailor Moon, ce n’est pas que l’histoire d’un groupe de fille qui tuent des méchants en voulant les empêcher de faire du mal aux gens et en protégeant leur princesse et son cristal d’argent aux terribles pouvoirs. La mangaka s’est également amusée à glisser dans chacune de ses histoires un message sur notre société. Elle évoque ainsi tour à tour la folie des soldes, les ravages des cours du soir, la fascination pour les mythes urbains, la perte d’attractivité des temples pour les japonais, la mode des fantômes, ce goût prononcé pour les apparences trompeuses, les jeunes filles fascinées par le mariage, la puissance des médias, ou encore l’addiction aux écrans. C’est donc à la fois un titre d’aventure fantastique et un titre qui parle de notre société moderne.

Dans ce premier tome, on sent que l’autrice s’amuse énormément tout de même avec ce mélange des genres. Elle fait preuve d’énormément d’humour, notamment avec une héroïne totalement stupide qui commet bourde sur bourde et est nulle en classe. Elle propose également des aventures enlevées où nos justicières combattent des méchants différents à chaque chapitre. Pour autant, ce n’est absolument pas décousu. Chaque chapitre est en lien avec le suivant tissant peu à peu une vaste toile dont les mystères se révèlent peu à peu grâce au fidèle personnage de Luna, le chat accompagnant Usagi. Et pour pimenter le tout, elle n’oublie pas les amatrices de belles histoires d’amour avec l’écriture progressive d’une belle romance contrariée avec tous les codes du genre, qui fait battre notre petit coeur de fleur bleue.

C’est d’ailleurs une réussite graphiquement de ce côté-là avec des planches extrêmement romantiques, pleines de douceur et avec de jolis jeux de cadrages et de mises en scène. On est a fond dans un beau drame shakespearien, ma référence en la matière. Mais il est dommage de voir que son dessin est inégal. Les personnages de passage sont dessinés de façon extrêmement grossières. Il y a des problèmes de proportion même chez les héroïnes notamment lors des phases plus légères. Elle soigne ses dessins uniquement lors des phases clés, comme lors des premières transformation, des rencontres amoureuses ou des combats fatidiques et c’est alors vraiment très beaux, doux et poétiques, comme le montre également l’ensemble des pages couleurs ouvrant les chapitres. En cela, cette nouvelle édition, en grand format et sur un papier de qualité, est un régal pour les yeux !

Je me suis donc délectée de cette énième relecture d’un titre culte de mon enfance grâce à cette nouvelle superbe édition de Pika, que je remercie vraiment. J’ai retrouvé toute la fraîcheur et l’émotion de celle-ci, ainsi que le bonheur de me replonger dans un univers fantastique familier mais qui propose à chaque relecture de nouvelle découverte. Un vrai plaisir !

Tome 2

Après un premier tome excellent et bien plus riche en thématiques que dans mon souvenir, le deuxième tome monte encore d’un cran en oubliant son format en épisode pour une intrigue plus filée tout droit inspirée de la mythologie gréco-romaine et de ses drames. On adore !

Avec l’arrivée de la dernière guerrière, l’équipe est au complot. Aucun lecteur n’est dupe de la véritable identité de Sailor V mais nous jouons le jeu aux côtés d’Usagi pour affronter le dernier guerrier de Beryl. C’est alors que tout bascule.

J’ai beaucoup aimé le changement de narration qui s’opère dans ce tome. On tombe dans le drame à la manière des grandes pièces théâtrales inspirées de l’Antiquité. La narration devient ainsi plus dense. Les sentiments sont plus mis en avant ainsi que les destinées. Nous ne sommes plus vraiment dans une critique précise de notre société moderne comme dans les épisodes précédents, mais plus dans une fresque romantique sous fond de protection d’un environnement / d’une nature en danger. C’est très beau et puissant.

Usagi, qui était jusqu’à présent une héroïne bien naïve avec la tête dans les étoiles, devient de plus en plus forte, poussée par son amour pour Tuxedo et ce qu’elle apprend sur sa destinée. C’est une vraie héroïne de tragédie grecque mais à la mode Magical Girl. Un savoureux mélange dans lequel elle gagne en épaisseur. Certes, elle pleure beaucoup mais elle se démène également. A ses côtés, Mamoru est l’amoureux parfait, tout aussi touchant dans la découverte de ses sentiments et de son passé, avec un destin tout aussi tragique. L’autrice les met vraiment bien en scène, avec un dessin vraiment beau, fin et poétique, où l’on a l’impression de suivre le tissage d’un fil très fin. Superbe !

A leurs côtés, les guerrières deviennent de vraies protectrices. C’est une petite garde armée dont je ne me rappelais pas du rôle essentiel dans le manga, tout comme Luna et Artémis bien plus présent que dans mon souvenir. Il me semblait que ça allait tellement vite qu’ils n’avaient pas de rôle bien marqué mais ce n’est pas le cas. Il en va de même pour les « méchants » dont l’écriture recèle une richesse cachée que j’ai aimé redécouvrir. C’était à l’image des deux héros, une très belle tragédie en plusieurs actes. Il n’y a que du côté des « grands méchants » : Beryl et Metallia, que j’ai trouvé l’écriture un peu trop légère et donc décevante.

En revanche, tout ce qui a trait aux pouvoirs et à l’origine des Sailor est vraiment superbe à suivre. L’autrice développe vraiment sa mythologie ici, nous permettant de découvrir, certes un peu rapidement, des pans de leur vie antérieure. Je croyais que seul l’animé m’avait permis cet attachement à cet épisode de leur vie, mais je me rends compte avec cette relecture qu’ici aussi l’autrice l’avait très bien décrit. Le royaume de la Lune fait rêver. La Reine Sérénité fait une belle figure d’autorité. Les liens entre Terre et Lune sont bien décrit et sont une ode à la préservation de l’environnement et au pacifisme. La symbolique des guerres et de leurs enjeux reprend ce que l’on peut trouver dans plusieurs récits mythologiques, l’influence est palpable et réussit.

J’ai également beaucoup aimé la mise en scène tout du long, puissante, dramatique, romantique et parfaite pour ensuite un découpage lors d’une série animée comme ce fut le cas. Je comprends mieux le succès de celle-ci, tout était déjà là. De nos jours, les shojos n’ont pas du tout ce format là. C’est beaucoup plus délayé en général et moins tragique, là l’autrice s’inspire fortement des mangakas des années 70-80 et j’aime beaucoup ce style.

Avec cette superbe réédition, Pika me permet de redécouvrir les richesses cachées d’un titre culte de mon enfance. C’est vraiment un bonheur de suivre à nouveau les aventures d’Usagi et des Sailor. Le premier arc se clôt dans ce tome où la tragédie nous a porté de bout en bout. Un beau combat a eu lieu et de belles amitiés ont été forgées. Mais à peine un combat terminé qu’un nouveau surgit, l’autrice l’a parfaitement compris pour relancer notre intérêt. Ainsi le tome se referme sur une arrivée des plus surprenantes dont on a hâte de voir les effets.

Tome 3

C’est sous les couleurs de Mars, la déesse de la guerre, que nous entamons déjà le deuxième arc de la série. Un arc, qui va très vite prendre une teinte futuriste et dramatique.

Je vais être honnête, l’arc de Black Moon est loin d’être mon préféré dans la saga. Je trouve qu’il démarre beaucoup trop vite et que les motivations des méchants sont bancales. De plus, contrairement aux deux premiers tomes où j’avais perçu une critique sociétale en filigrane et un bel hommage aux dramaturgies antiques, ici on a quelque chose de bien plus classique, du moins au début.

Tout commence avec l’arrivée de la mystère mini-Usagi (Chibiusa), qui tombe littéralement du ciel sur Mamoru et la grande Usagi. En parallèle, de mystérieux cercles apparaissent dans Tokyo et une secte semble monter en puissance. Il n’en faut pas plus à notre justicière en herbe, un peu bête il faut bien l’avouer, pour soupçonner la petite fille. Cependant, celle-ci cache un tout autre secret.

Comme je l’ai dit plus haut, cet arc démarre très vite, trop vite même pour moi. Après un premier arc assez rapide, on était en droit de s’attendre à ce que l’autrice calme le jeu maintenant qu’elle était rodée, mais non. Les premiers chapitres reposent sur un schéma classique où nos guerrières vont à chaque fois lutter contre la menace représentée par la secte Black Moon pour perdre et voir l’une d’entre elles disparaître sous le regard impuissant de Sailor Moon. C’est un peu répétitif et rien n’est vraiment creusé alors. On suit juste une Usagi de plus en plus triste de la perte de ses amies, donc à fleur de peau et donc agressive envers mini-Usagi qu’elle considère comme potentiellement responsable. C’est un passage assez agaçant et pas très glorieux pour l’héroïne. Cependant il ne faut pas s’arrêter là.

En effet, si l’on gratte un peu, ces chapitres sont l’occasion d’installer peu à peu un climat de SF comme seule Naoko Takeuchi pouvait y penser, mélangeant les codes des héroïnes en jupon, ceux des chasseurs d’UFO avec bien sûr un cadre toujours aussi dramatique et mélancolique. On y retrouve aussi des petites touches sociétales assez sympathiques sur l’amour malgré la différence d’âge, sur la jalousie d’une mère pour son enfant, etc.

Mais c’est vraiment dans la dernière partie de ce tome que tout s’accélère, prend forme et que ça devient vraiment intéressant. Alors que c’était assez flou et qu’on enchaînait les combats contre « l’ennemi de la semaine », tout se complique quand il ne reste plus qu’une Sailor en plus de Sailor Moon. L’autrice casse alors le moule préétabli pour faire basculer le récit dans une dimension plus futuriste où l’on parle de voyage dans les temps, entre les dimensions, de planète maudite, de trou noir, de ville futuriste, etc. Alors certes, l’apport de la SF est très très léger, c’est vraiment juste un décor mais dans cette série de magical girl ça donne une vraie originalité absente de ses rivales à l’époque.

J’ai vraiment bien aimé le travail progressif sur les personnages. L’autrice introduit petit à petit une nouvelle génération pour compléter celle du premier arc. Après notre mini-Usagi, place à une nouvelle série, une nouvelle compagne féline, un nouveau couple princier. La psychologie de la petite Usagi est assez bien développé au fil des chapitres, notamment sur la question de l’enfant héritier, pour aboutir à d’ultimes pages marquantes. Sa relation avec sa meilleure amie est touchante, tout comme l’est le lien qu’elle tisse avec Mamoru. J’ai beaucoup aimé voir l’autrice attribuer enfin un pouvoir à ce dernier et lui donner sa place dans la série, autre que celle de l’amoureux dramatique de l’héroïne.

Ma seule grosse déception vient des choix de traduction. J’ai beaucoup de mal avec les noms attribués aux attaques qui ne me font pas du tout vibrer et que je ne parviens pas vraiment à mémoriser. Pour moi, ceux de mon enfance avaient beaucoup plus de panache. Il en va de même pour le nom de certains personnages où la traduction frise le ridicule… Mais il me semble que cela vient d’une directive de l’éditeur japonais pour harmoniser mondialement avec les dérivés animés. C’est quand même triste…

Ainsi malgré un début pas aussi accrocher que je l’attendais, ce fut un plaisir de refaire connaissance avec Chibiusa, cette petite chipie qui va vraiment semer la zizanie. Je n’ai pas été convaincue par les premiers chapitres, trop rapides et classiques, mais dès que la série prend un tournant plus franchement futuriste, elle décolle vraiment et nous avec, le tout dans une esthétique toujours aussi fine, douce, poétique et pleine de tragédie. La fin de ce tome coupe vraiment pile au bon moment pour avoir notre dose de suspens, vivement le mois de mai pour poursuivre leurs aventures.

Tome 4

On ne change pas un modèle qui gagne. Le premier arc de la série tenait en deux tomes, c’est également le cas avec le deuxième que nous sommes en train de lire qui trouve sa conclusion ici. Le format peut sembler un peu rapide aux lecteurs habitués désormais aux séries à rallonge mais l’autrice mène parfaitement sa barque.

En tant que fan de la première heure de Sailor Moon qui avait également regardé l’animé, ce n’est pas sans plaisir que je suis arrivée à ce stade de l’histoire où l’on retrouve notre héroïne à nouveau à la déroute face à ses ennemis. Peut-être est-ce à tort, mais j’avais gardé un souvenir assez sombre de ce moment de l’histoire où ChibiUsa bascule du côté obscur et c’est très bien rendu ici, même si j’ai eu le sentiment qu’il manquait peut-être quelques scènes pour rallonger la sauce. N’y a-t-il pas eu d’ailleurs dans le dessin animé de l’époque des épisodes fillers ?

Pour revenir à l’histoire, dans cet arc Naoko Takeuchi nous offre une belle fable écologique sur fond de tragédie grecque où elle pousse à l’extrême sa revisite du mythe d’Oedipe à travers ChibiUsa se transformant en adulte pour mieux capturer et ensorceler son père. J’ai beaucoup aimé ce changement en Black Lady, une anti-héroïne digne de la Maléfique des films de Disney. C’est caricatural et en même temps pas tant que ça. L’autrice pousse juste le concept de l’enfant jaloux de l’un de ses parents, ne parvenant pas à l’exprimer et à le combattre du fait de sa jeunesse. C’est extrêmement touchant et surprenant de voir comme cela se marie bien avec le récit fantastique aux teintes de SF proposé ici. Les métaphores sur le thème de l’enfant et de l’adolescent qui grandit sont assez fines de la part de l’autrice surtout dans l’espace assez réduit qu’elle a pour y consacrer entre combats et réflexions écologiques.

Car la lutte contre le Wiseman et le Black Phantom font aussi résonance aux thèmes écologiques qu’on trouve régulièrement dans les textes de SF. Nous sommes face à des terres ravagées par l’humanité et/ou face à un individus dont l’action risque de ravager ces terres protégées jusqu’alors. Sailor Moon avec son cristal représente alors l’espoir de resurrection et protection de celles-ci, telle une Messie. Black Phatom, lui, est l’incarnation de nos peurs ancestrales avec sa figure ténébreuse, son emprisonnement rappelant l’emmurement, sa noirceur rappelant les trous noirs et le vide, l’absence de lumière. C’est donc le classique affrontement de la lumière porteuse d’espoir face aux ténèbres obscurantistes porteurs de fléaux.

Un classique parfaitement mené une fois de plus ici, notamment grâce à la figure de ChibiUsa qui est représente la nouvelle génération salvatrice venant apporter son soutien à l’ancien. Dans l’adversité, notre petite héroïne va enfin parvenir à grandir et trouver sa place dans sa famille pour s’émanciper de sa figure de jeune enfant. Le combat face au Black Phantom est donc une belle fable de la lutte de l’enfant pour sortir de sa condition de petit être issu de son père et sa mère afin de devenir un être à part entière. Sailor Moon c’est très philosophique l’air de rien.

Cependant une fois tous les thèmes et idées posés, l’autrice ensuite accélère le tempo et conclut bien rapidement l’ultime combat de nos héroïnes contre le mal, ce que je regrette un peu. J’ai souvent le sentiment de combat précipités vers leur conclusion alors que j’aimerais bien voir les échanges durer un peu…

Du coup, dans ce tome, pour combler les pages restantes, l’autrice et l’édition actuelle nous offrent deux chapitres bonus, déjà présent dans l’édition précédente. Le premier, avec ChibiUsa comme héroïne, est une jolie revisite du mythe de la vampire. La seconde, elle, nous permet enfin de découvrir plus en profondeur le personnage de Rei (Sailor Mars), en évoquant son passé et sa famille. C’est un exercice à reproduire avec chaque Sailor car l’histoire principale n’a pas permis de vraiment les connaitre en tant qu’individus.

Un nouvel arc se conclut donc, nous avons une nouvelle justicière en uniforme qui est venue rejoindre le troupe des défenseuses de la justice. J’ai bien aimé cette partie futuriste, qui change de la précédente qui était plus dramatique et théâtrale. Le thème de l’émancipation des enfants vis-à-vis de leur parent était bien trouvé et bien mené. Maintenant place à l’arrivée de l’un de mes personnages préférés !

(Merci à Sanctuary et Pika pour ces lectures)

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© 2013 Naoko Takeuchi / © 2020 Pika Editions

22 commentaires sur “Sailor Moon : Eternal Edition de Naoko Takeuchi

  1. Dommage que le dessin soit inégal, mais comme c’est son seul défaut, on lui pardonnera aisément 🙂
    Je n’ai pas encore craqué, mais lors d’une visite à la Fnac, j’ai flashé sur l’objet-livre qui est dans ma liste d’achat d’achat de manga post-confinement d’autant qu’à la lecture de ton avis, je suis surprise de la dimension critique sociétale dont je ne me souvenais guère !

    Aimé par 2 personnes

  2. Je n’ai pas craqué car je n’aime pas la couverture rigide, trop éloigné du format manga… question de goût bien sûr. Mais j’adore la série! C’est un incontournable pour qui a grandi dans les années 80/90… L’inégalité des dessins est moins importante que lors de la première édition où l’on voit l’évolution du trait d’un volume sur l’autre pour aboutir à ce qu’on a aujourd’hui. Takeuchi avait repris ses anciennes planches et les avait redessinées pour la réédition précédente afin d’harmoniser le tout, une façon de faire plaisir à ses fans. Mais on sent malgré tout qu’elle a passé de nombreuses années sans dessiner, lorsqu’elle remplissait uniquement son rôle de mère. Que de souvenirs!

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai revendu ma toute première édition il y a longtemps et tu me le fais encore plus regretter, j’aurais aimé constater cette évolution.
      De mon côté vu que j’ai désormais celle-ci et la précédente, pas de souci de confort de lecture et c’est un régal de relire cet incontournable comme tu le dis 😀

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  3. Il faudra que je me l’achète (j’étais sensé la recevoir en SP mais il semblerait qu’il y ait eu un oubli, ce qui n’est pas trop grave non plus vu tout ce que Pika m’envoie), j’ai feuilleté cette édition en magasin, et j’étais surpris de sa beauté !

    Aimé par 1 personne

      1. Oui, je n’en doutes pas. Puis ça me rappellera mon enfance quand je regardais le dessin animé. Evidemment officiellement je disais que c’était un truc de fille et que c’était nul (j’avais moins de 8 ans je pense à l’époque pour ma defense), mais en vrai j’aimais beaucoup.

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      2. Vu que tu l’admets maintenant, je te pardonne !
        Pour ma part, j’aimais autant Sailor Moon que DBZ ou les Chevaliers du Zodiaque que je regardais à la même époque ^-^

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      3. On a vécu la même période compte tenu de nos âges avancés.
        Pour tout avouer, Cat’s Eye était un anime que je refusais de regarder car c’était un truc de fille dans ma tête.
        Mais je ne ratais jamais Dragon Ball Z (ensuite je me suis mis au manga). Pour le reste c’était des épisodes par ci par là, ce qui fait que je ne comprenais rien aux chevaliers du zodiaque par exemple.
        Nicky Larson me plaisait bof, mais j’étais fan de Ranma 1/2 notamment parce que je trouvais Ranma fille trop belle du coup je m’étais convaincu qu’en vrai c’était une fille et qu’à la fin elle resterai fille définitivement.

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      4. J’étais fan de Cats et Nicky Larson que je regardais en rentrant de l’école. Et que dire de Juliette, je t’aime ! J’ai beaucoup ri devant. J’étais moins fan de Ranma à l’époque par contre j’adore lire le manga maintenant, comme quoi les goûts changent 😉

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      5. Oui, c’est le cas pour tout le monde le fait que les goûts changent, et c’est bien normal. Je lis aussi le manga Ranma et pour le moment c’est mon Takahashi préféré.
        Juliette je t’aime, je n’ai jamais regardé. Jeanne et Serge non plus d’ailleurs.

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      6. Deux monuments Juliette je t’aime et Jeanne & Serge qui ont sûrement contribué à mon goût pour les romances et les titres sportifs quand j’y réfléchis. Il faudrait d’ailleurs que je complète mes tomes de Maison Ikkoku et que j’achète Jeanne & Serge 🙂

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      7. Jeanne et Serge s’appele aussi comme ça en manga chez nous ?
        Maison Ikkoku, j’ai le premier de la fameuse perfect edition un peu moche, il faudrait que je continue aussi de les acheter parce que ça m’avait bien plu.

        Par contre rien à voir avec les mangas mais quand j’étais gosse je détestais déjà Inspecteur Gadget et Scoubidoo, et je crois que ça me vient de là ma haine pour les personnages débiles 🤣

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      8. C’est Attacker You! si je ne me trompe pas et ça vient de sortir chez BlackBox 😉
        Moi, j’ai les premiers tomes de Maison Ikkoku dans la belle première édition (qui elle a tout d’une perfect) mais il m’en manque V.V

        Mdr j’étais pas fan non plus des deux séries que tu cites, mais ma soeur si, alors j’ai dû me les farcir lol

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  4. J’avais lu la toute la première édition il y a une bonne dizaine d’années, en bibliothèque. Que de souvenirs o/ J’étais cependant plus familière avec l’anime.
    Comme je n’ai pas acheté la première réédition de Pika je devais forcément craquer pour celle-ci, qui est magnifique ❤
    A part les dessins le manga n’a pas si mal vieilli que ça, et c’est chouette à constater. Il me tarde d’avoir la suite dans mes étagères 🥰

    Aimé par 1 personne

    1. Ce sera effectivement un très bel achat !
      J’avais pour ma part découvert par l’anime, puis lu avec la première édition de Glénat avant de redécouvrir avec Pika, mais clairement la dernière édition est la plus qualitative. Je regrette juste les belles couvertures de la première édition ><

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