Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Sailor Moon : Eternal Edition de Naoko Takeuchi

Titre : Sailor Moon : Eternal Edition

Auteur : Naoko Takeuchi

Editeur vf : Pika (shojo)

Année de parution vf : Depuis 2020

Nombre de tomes : 1 / 10 (en cours – pour cette nouvelle édition)

Histoire : Usagi est une jeune fille de 14 ans comme tant d’autres : elle aime dormir, jouer aux jeux vidéo, elle pleure pour un oui ou pour un non et elle ne se passionne pas pour ses études. Mais un beau jour, elle croise le chemin de Luna, un chat doué de parole qui va la transformer en une jolie justicière : Sailor Moon ! La voilà investie de plusieurs missions : elle doit identifier ses alliées, retrouver le légendaire Cristal d’Argent et protéger une certaine princesse… tout en luttant contre de mystérieux ennemis qui sont eux aussi à la recherche du fabuleux cristal aux pouvoirs fantastiques !

 Mon avis :

Tome 1

Sailor Moon fut vraiment l’un des titres phares de mon enfance comme toute une génération d’amateurs et amatrices du Club Dorothée. J’avais autrefois acquis la toute première édition parue chez Glénat, que j’ai lue et relue enfant, puis je m’en suis séparée et la nostalgie jouant, j’ai à nouveau acquis la série lors de sa réédition chez Pika il y a 8 ans. Mais comme je suis faible, j’ai une nouvelle fois craquée devant cette superbe réédition dans un format vraiment plus qualitatif.

Revenons d’ailleurs dans un premier temps sur l’objet livre et comparons un peu les deux éditions Pika disponibles. Avec cette ressortie, Pika propose dans un format plus grand et avec une reliure cartonnée dure, un tome 1 plus volumineux que celui de l’édition précédente, car comportant un chapitre de plus. La couverture a également été remaniée avec une héroïne qui fait plus mature. On sent qu’on ne s’adresse pas forcément à la même catégorie d’acheteurs qu’alors. Nous avons droit cette fois à l’ensemble des pages couleur de l’oeuvre, ce qui n’était pas le cas avant où nous n’en avions qu’au tout début, là chaque ouverture de chapitre est en couleur. Quelques légères retouches ont été faites sur les dessins, comme l’ajout d’un bout de jupon ou le changement de quelques couleurs sur les costumes. Avec le papier glacé proposé, dont j’espère une plus grande résistance au temps que le précédent, les noirs et gris sont moins profonds. La traduction, elle, en revanche est la même pour ce que j’ai pu constater en comparant plusieurs pages du premier tome.

Voici un petit comparatif de la taille des différentes éditions (trouvé sur le net)

Évoquons maintenant un peu le contenu de ce premier tome d’une saga culte pour bien des fans de mangas trentenaires (et autres), mais je vous en épargne le résumé que vous pouvez lire plus haut.

Naoko Takeuchi, dont c’est l’une des toutes premières oeuvres, en s’inspirant fortement des shojo des femmes du groupe de l’an 24, offre un début assez classique mais très dynamique pour un shojo des années 90. On y sent vraiment énormément l’influence de ces années-là, que ce soit dans ces arcades de jeux vidéos ultra présentes, ce goût pour les magical girls un peu passé de mode depuis, la représentation désormais kitch des différentes créatures, l’humour potache qui n’a rien à envier à Rumiko Takahashi, ou encore son goût pour la mode de l’époque très prononcé dans les tenues dont elle affuble ses personnages, etc.

Le format en épisodes courts mais dynamiques permet de vite faire avancer le récit. Ainsi, le premier chapitre est fort riche. Il pose les différents personnages clés, gentils comme méchants, les missions qui vont avoir lieu, les dynamiques entre les personnages, les différents pouvoirs utilisés et il y en a, ainsi que la romance et les mystères qui englobent le tout. La suite des chapitres de ce premier tome n’est pas en reste puisqu’à la fin, toute l’équipe autour de Sailor Moon est déjà constituée et qu’elles ont vaincu plusieurs ennemis. Ça ne mollit pas. Et alors que lors de ma relecture de 2012 cela m’avait vraiment gênée, j’ai apprécié ce rythme cette fois, peut-être aussi parce que je me suis remise à lire des shonen entre temps et que je retrouve ici le rythme rapide de certains d’entre eux.

Mais nous sommes bel et bien dans un shojo et plus particulièrement dans un magical girl. L’autrice s’est vraiment amusée à en reprendre tous les codes entre sérieux et humour. On retrouve ainsi un acolyte animalier, des coéquipières aux caractères bien variées, associées ici à un élément naturel, un homme mystérieux, ami ou ennemi, c’est à voir, des pouvoirs qui évoluent, des attaques avec de drôles de nom, des ennemis très très méchant façon série B 😂, beaucoup de gadgets, une cachette secrète, et des buts encore bien mystérieux de part et d’autres. C’est extrêmement bien ficelé.

Mais Sailor Moon, ce n’est pas que l’histoire d’un groupe de fille qui tuent des méchants en voulant les empêcher de faire du mal aux gens et en protégeant leur princesse et son cristal d’argent aux terribles pouvoirs. La mangaka s’est également amusée à glisser dans chacune de ses histoires un message sur notre société. Elle évoque ainsi tour à tour la folie des soldes, les ravages des cours du soir, la fascination pour les mythes urbains, la perte d’attractivité des temples pour les japonais, la mode des fantômes, ce goût prononcé pour les apparences trompeuses, les jeunes filles fascinées par le mariage, la puissance des médias, ou encore l’addiction aux écrans. C’est donc à la fois un titre d’aventure fantastique et un titre qui parle de notre société moderne.

Dans ce premier tome, on sent que l’autrice s’amuse énormément tout de même avec ce mélange des genres. Elle fait preuve d’énormément d’humour, notamment avec une héroïne totalement stupide qui commet bourde sur bourde et est nulle en classe. Elle propose également des aventures enlevées où nos justicières combattent des méchants différents à chaque chapitre. Pour autant, ce n’est absolument pas décousu. Chaque chapitre est en lien avec le suivant tissant peu à peu une vaste toile dont les mystères se révèlent peu à peu grâce au fidèle personnage de Luna, le chat accompagnant Usagi. Et pour pimenter le tout, elle n’oublie pas les amatrices de belles histoires d’amour avec l’écriture progressive d’une belle romance contrariée avec tous les codes du genre, qui fait battre notre petit coeur de fleur bleue.

C’est d’ailleurs une réussite graphiquement de ce côté-là avec des planches extrêmement romantiques, pleines de douceur et avec de jolis jeux de cadrages et de mises en scène. On est a fond dans un beau drame shakespearien, ma référence en la matière. Mais il est dommage de voir que son dessin est inégal. Les personnages de passage sont dessinés de façon extrêmement grossières. Il y a des problèmes de proportion même chez les héroïnes notamment lors des phases plus légères. Elle soigne ses dessins uniquement lors des phases clés, comme lors des premières transformation, des rencontres amoureuses ou des combats fatidiques et c’est alors vraiment très beaux, doux et poétiques, comme le montre également l’ensemble des pages couleurs ouvrant les chapitres. En cela, cette nouvelle édition, en grand format et sur un papier de qualité, est un régal pour les yeux !

Je me suis donc délectée de cette énième relecture d’un titre culte de mon enfance grâce à cette nouvelle superbe édition de Pika, que je remercie vraiment. J’ai retrouvé toute la fraîcheur et l’émotion de celle-ci, ainsi que le bonheur de me replonger dans un univers fantastique familier mais qui propose à chaque relecture de nouvelle découverte. Un vrai plaisir !

(Merci à Sanctuary et Pika pour cette lecture)

Ma note : 16 / 20

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© 2013 Naoko Takeuchi / © 2020 Pika Editions

22 commentaires sur “Sailor Moon : Eternal Edition de Naoko Takeuchi

  1. Dommage que le dessin soit inégal, mais comme c’est son seul défaut, on lui pardonnera aisément 🙂
    Je n’ai pas encore craqué, mais lors d’une visite à la Fnac, j’ai flashé sur l’objet-livre qui est dans ma liste d’achat d’achat de manga post-confinement d’autant qu’à la lecture de ton avis, je suis surprise de la dimension critique sociétale dont je ne me souvenais guère !

    Aimé par 2 personnes

  2. Je n’ai pas craqué car je n’aime pas la couverture rigide, trop éloigné du format manga… question de goût bien sûr. Mais j’adore la série! C’est un incontournable pour qui a grandi dans les années 80/90… L’inégalité des dessins est moins importante que lors de la première édition où l’on voit l’évolution du trait d’un volume sur l’autre pour aboutir à ce qu’on a aujourd’hui. Takeuchi avait repris ses anciennes planches et les avait redessinées pour la réédition précédente afin d’harmoniser le tout, une façon de faire plaisir à ses fans. Mais on sent malgré tout qu’elle a passé de nombreuses années sans dessiner, lorsqu’elle remplissait uniquement son rôle de mère. Que de souvenirs!

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    1. J’ai revendu ma toute première édition il y a longtemps et tu me le fais encore plus regretter, j’aurais aimé constater cette évolution.
      De mon côté vu que j’ai désormais celle-ci et la précédente, pas de souci de confort de lecture et c’est un régal de relire cet incontournable comme tu le dis 😀

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  3. Il faudra que je me l’achète (j’étais sensé la recevoir en SP mais il semblerait qu’il y ait eu un oubli, ce qui n’est pas trop grave non plus vu tout ce que Pika m’envoie), j’ai feuilleté cette édition en magasin, et j’étais surpris de sa beauté !

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      1. Oui, je n’en doutes pas. Puis ça me rappellera mon enfance quand je regardais le dessin animé. Evidemment officiellement je disais que c’était un truc de fille et que c’était nul (j’avais moins de 8 ans je pense à l’époque pour ma defense), mais en vrai j’aimais beaucoup.

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      2. Vu que tu l’admets maintenant, je te pardonne !
        Pour ma part, j’aimais autant Sailor Moon que DBZ ou les Chevaliers du Zodiaque que je regardais à la même époque ^-^

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      3. On a vécu la même période compte tenu de nos âges avancés.
        Pour tout avouer, Cat’s Eye était un anime que je refusais de regarder car c’était un truc de fille dans ma tête.
        Mais je ne ratais jamais Dragon Ball Z (ensuite je me suis mis au manga). Pour le reste c’était des épisodes par ci par là, ce qui fait que je ne comprenais rien aux chevaliers du zodiaque par exemple.
        Nicky Larson me plaisait bof, mais j’étais fan de Ranma 1/2 notamment parce que je trouvais Ranma fille trop belle du coup je m’étais convaincu qu’en vrai c’était une fille et qu’à la fin elle resterai fille définitivement.

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      4. J’étais fan de Cats et Nicky Larson que je regardais en rentrant de l’école. Et que dire de Juliette, je t’aime ! J’ai beaucoup ri devant. J’étais moins fan de Ranma à l’époque par contre j’adore lire le manga maintenant, comme quoi les goûts changent 😉

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      5. Oui, c’est le cas pour tout le monde le fait que les goûts changent, et c’est bien normal. Je lis aussi le manga Ranma et pour le moment c’est mon Takahashi préféré.
        Juliette je t’aime, je n’ai jamais regardé. Jeanne et Serge non plus d’ailleurs.

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      6. Deux monuments Juliette je t’aime et Jeanne & Serge qui ont sûrement contribué à mon goût pour les romances et les titres sportifs quand j’y réfléchis. Il faudrait d’ailleurs que je complète mes tomes de Maison Ikkoku et que j’achète Jeanne & Serge 🙂

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      7. Jeanne et Serge s’appele aussi comme ça en manga chez nous ?
        Maison Ikkoku, j’ai le premier de la fameuse perfect edition un peu moche, il faudrait que je continue aussi de les acheter parce que ça m’avait bien plu.

        Par contre rien à voir avec les mangas mais quand j’étais gosse je détestais déjà Inspecteur Gadget et Scoubidoo, et je crois que ça me vient de là ma haine pour les personnages débiles 🤣

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      8. C’est Attacker You! si je ne me trompe pas et ça vient de sortir chez BlackBox 😉
        Moi, j’ai les premiers tomes de Maison Ikkoku dans la belle première édition (qui elle a tout d’une perfect) mais il m’en manque V.V

        Mdr j’étais pas fan non plus des deux séries que tu cites, mais ma soeur si, alors j’ai dû me les farcir lol

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  4. J’avais lu la toute la première édition il y a une bonne dizaine d’années, en bibliothèque. Que de souvenirs o/ J’étais cependant plus familière avec l’anime.
    Comme je n’ai pas acheté la première réédition de Pika je devais forcément craquer pour celle-ci, qui est magnifique ❤
    A part les dessins le manga n’a pas si mal vieilli que ça, et c’est chouette à constater. Il me tarde d’avoir la suite dans mes étagères 🥰

    Aimé par 1 personne

    1. Ce sera effectivement un très bel achat !
      J’avais pour ma part découvert par l’anime, puis lu avec la première édition de Glénat avant de redécouvrir avec Pika, mais clairement la dernière édition est la plus qualitative. Je regrette juste les belles couvertures de la première édition ><

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